Ce qui nous tue aujourd’hui …

J’ai plutôt l’habitude de citer Niesche (ce qui ne te tue pas …) mais qu’on soit fort ou pas ou finit toujours par mourir.

Intéressant de voir les causes, de manière globale mais aussi pays par pays si vous voulez  sur ce super article  du blog « our world in data ».

Sans surprise, les trucs qui nous obsèdent (homicides, terrorisme, …) sont bien bas sur la liste des causes. Il y a plus de suicides dans le monde que d’homicides ou d’accidents de la route (en France, 12.000 suicides, 4.000 accidents, et pour avoir une idée des ordres de grandeur, plus de 400.000 morts entre cancer, diabète, démence et maladies cardio-vasculaires).

Si on considère que la plupart des maladies cardio-vasculaires sont des maladies de civilisation et une bonne partie des cancers aussi, (au moins 20% sont des cancers des voies respiratoires donc directement imputables au tabagisme)  … on ferait mieux de dépenser du pognon en prévention et en explications sur l’hygiène de vie plutôt qu’en portiques de détection de bombes dans les aéroports. Je sais, ça coute pas le même prix et ça rapporte pas autant non plus.

Quand à la démence, qui en France est la troisième cause de mortalité (plus de 60.000 personnes par an) … ca serait intéressant de savoir ce qui est du à la prise massive de médocs et/ou une alimentation inadaptée (je me permets de rappeler que l’alimentation cétogène a des effets remarquables sur ce type de pathologies, tout comme le jeûne).

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Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, mais le confort et l’abondance que nous chérissons tant et qui nous met dans une homéostasie béate nous tuent silencieusement et efficacement.

On dirait que ça ne choque personne. Quand on essaye de secouer ce status quo (mangez moins de glucides les gars, levez de la fonte, whatever) on rencontre  peu de résonance, beaucoup de mépris, surtout de la part du corps médical (Cholestérol, diabète ? Ne changez rien, prenez des statines. Mal au dos ? Reposez vous, allez surtout pas lever des barres).

C’est râlant qu’on arrive à un tel niveau de civilisation et qu’on soit toujours piégés par nos instincts de chasseurs-cueilleurs et des mécanismes de refus de la dissonance cognitive.

Moi je m’en fous, je viens de front squatter 55 kilos en 5 x 4 reps et je suis super content. Et je sais que ça ne me rend pas immortel pour autant, même en faisant la méthode de muscu de supers héros Marvel !

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L’haltérophilie : une médecine de poids !

Je tombe sur cet article superbe de 2011 que je n’ai pas le temps de traduire, mais pour les lecteurs anglophones qui ont passé le demi-siècle, il vaut le temps de sa lecture. Et pour mes potes qui se demandent pourquoi j’ai troqué les runnings pour le cross-fit, pareil 🙂

« Instead of slowly dwindling into an atrophic puddle of sick fat, our death can be like a failed last rep at the end of a final set of heavy squats. We can remain strong and vital well into our last years, before succumbing rapidly to whatever kills us. Strong to the end. »

Je traduits quand même : « Au lieu de nous recroqueviller lentement dans une flaque de graisse maladive, nous pouvons mourir comme nous échouerions à la dernière répétition d’une série de squats bien lourds. Rester forts et pleins de vitalité dans les dernières années de notre vie, avant de succomber rapidement à ce qui nous tuera. Forts jusqu’à la fin. »

Pas mal comme programme non ?

https://startingstrength.com/article/barbell_training_is_big_medicine

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La formation continue des diététiciens aux US …

Payée par MacDonalds, Coca-Cola, etc.

Pas si étonnant, mais retirer une licence de nutritionniste parce qu’elle « ne suit pas les règles » alors qu’elle obtient des résultats, well, ça pose question. Ou pas, d’ailleurs: ca confirme le biais.
via Why Giving up My Dietitian’s License Was the Healthy Choice

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Saturée ou pas (le gras, pas la guitare)

Trouvé vite fait dans mon mail ce matin, un article du NYT sur les graisses saturées :

Qui dit que bon, c’est quand même pas si bon, bla bla bla, il faut mieux des graisses non saturées et réduire le fromage et les laitages. J’ai pas trop la patience de lire les études (j’ai un business plan sur le feu) … alors je regarde les commentaires vite fait.

Il y en a un qui est éclairant : (Ms Brody est l’auteur de l’article; et Dr Sack a fait la méta analyse en référence de l’article)

Ms. Brody, like some president, when you are wrong, you simply refuse to admit it, but rather, just double down, huh?
From the jacket of your old book, Jane Brody’s Good Food Book: Living the High-Carbohydrate Way:
“For countless readers, the best-selling Jane Brody’s Nutrition Book became their “Bible,”…in which Jane Brody demonstrated that our diet should lean more heavily on complex carbohydrates—starchy foods such as potatoes, rice, pasta, beans, and bread—than it now does.”

So how well did that potato-pasta-&-bread thing work out for America’s obesity and diabetes rates?
How much responsibility do you and Harvard’s elderly men have for those rates?

You write: “Dr. Sack’s team summarized the results of four “core” trials conducted in the 60s…”
Yes, Dr. Sacks, well over 70 years old, ignored literally hundreds of studies over the last 50 years in this latest diatribe to go back to the incorrect studies of the 1960s. The 60s.

News flash: In the 50 years since, science has advanced!
Turns out fats are actually generally good for you, not bad for you. And saturated fats are basically neutral. This is what hundreds of better, more modern studies say.
See, e.g., https://www.youtube.com/watch?v=j2DaqrKq6e0. If you want to read the literature itself, try: PMID 27547428, 26268692, 24723079, 20071648, 16467234 & 22208554.

Ms. Brody, you too are well over 70. Move passed the 1960s.

Toujours amusant de voir à qui profite le crime et de la difficulté de changer de position. Ce qui vaut pour moi aussi j’en conviens !

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WOD et rencontres matinales

C’est intéressant d’être en décalage par rapport au reste du monde. J’ai toujours beaucoup aimé travailler la nuit, me régalant de l’élasticité imaginaire du temps quand il n’y a pas de lumière.

Là c’est l’inverse : coucher relativement tôt et lever autour de 6 heures du matin, ce qui est pour moi un sérieux challenge. Lever 6 heures 20, séance de CrossFit à 7 heures. Boum. Certains matins sont plus durs que d’autres, mais le soir ça me met la pression pour aller me coucher à une heure raisonnable.

6:20

Quand le réveil sonne, il y a toujours la tentation de «et si je restais douillet sous ma couette», surtout quand il pleut dehors … mais je sais que je vais me maudire toute la journée si je ne sors pas de mon lit … et sans doute me faire charrier le lendemain, donc en général ça passe même si c’est de plus en plus difficile au cours de la semaine. En plus mon épouse fait pareil (voire pire, elle se lève à 5 heures du mat pour aller faire du sport à 5 :45) donc je vais pas faire le petit bras.

Sur la route

Rouler en me-mover dans Boulogne Billancourt endormie est toujours un spectacle. On croise assez peu d’humains à cette heure-là à pied. Les boutiques ouvrent … non, je ne vais pas vous faire la chanson de Dutronc mais y’a un peu de ça : les camions qui déchargent la bouffe, les restos qui sortent les tables, l’apprenti qui se grille une clope en attendant de rentrer dans la boulangerie rutilante.

Oui, il y a une boulangerie sur mon parcours, meilleur ouvrier de France en plus ! je passe donc tous les matins devant cet étal de baguettes croustillantes et de croissants, à l’aller et au retour. Les seules fois où je me suis laisser aller c’est quand un coach en amène à 8 heures à la box. Dans mon imaginaire, le croissant offert par un coach super fit est plus acceptable que si c’est moi qui vais l’acheter sans doute !

Caméo-croissants

L’autre jour, image irréelle (et motivation première pour écrire ce post). Un jeune homme au comptoir, obèse, vêtu d’un survêtement mode treillis militaire, en train d’acheter des viennoiseries. Concentré de ce qui déconne chez les humains et de comment on fait tous semblant de pas le voir.  Petite analyse symbolique: survet treillis = athlète et armée (force, discipline et rigueur). Obésité et croissants du matin = satisfaction immédiate et impossibilité de la discipline.

Combien on en voit (surtout aux US) de jeunes gens dans une condition physique épouvantable arborant des t-shirts de footballeurs célèbres qu’ils payent une fortune et/ou habillés de Nike de pied en cap, portant des vêtements bourrés de technologie et de marketing (dri fit , multi-layer, bla bla, air, amorti, etc.) et dont l’exploit sportif du week-end consiste à aller au mall pour faire des emplettes. Génie du marketing de Nike d’abord, suivi de près par Adidas et maintenant Under Armour – qui brouillent toutes les pistes en faisant du street-wear qui est clairement plus à vocation sportive mais qui garde l’aura athlétique. Et qui est souvent assez moche.

Mea culpa

Ceci dit moi je porte quasi exclusivement des Inov-8 minimalistes (et j’ai fait nettement pire avec les 5 fingers en cuir de kangourou …) à la ville … voire un t-shirt Reebok acheté à New-York, donc je suis aussi piégé par ces symboles que le gars qui achète ses croissants. J’ai même osé voyager en survet la dernière fois que je suis parti au Brésil (et je me suis fait engueuler par ma femme). Je peux vous donner mille raisons rationnelles du pourquoi du comment ; mais lui aussi sans doute !

Les fous sont lâchés

Il y a les rencontres en allant à la box et les rencontres pendant le WOD, qui sont toujours intenses. Nous avons régulièrement des exercices qui comportent une part de course, 200, 400 ou 800 mètres et donc il y a cette bande de fous furieux qui courent comme des dératés au milieu des passants à 2 de tension, en ce moment dans le noir et parfois sous la pluie.

Il y a aussi le « partner carry » qu’on a fait cette semaine, 200 mètres à porter le partenaire sur le dos, au milieu des gamins et des parents qui vont à l’école. Ça c’est plutôt rigolo. Et fatiguant.

J’ai un vif souvenir d’il y a deux jours, en courant, croisé le regard d’une dame d’un certain âge emmitouflée dans sa doudoune à poils, la clope au bec et qui m’a lancé un regard mélange d’incrédulité et de réprobation (j’étais torse-nu et assez luisant dans l’obscurité, faut dire) – et j’ai sans doute fait pareil. Ayant ré-arrêté de fumer il y a finalement peu de temps, je suis hyper-sensible à la vue de la clope dans la rue et même si je ne me vois pas, mon regard est sans doute tout autant agressif et désapprobateur. Et sans doute hautain, même si je suis en train d’en baver comme pas possible. Les flots d’hormones et de neuro-transmetteurs provoqués par l’effort physique intense font monter mon niveau d’agressivité intérieure de quelques ordres de magnitude.  Tu es en train de te suicider, connasse. Ce qui n’est pas très empathique, j’en conviens. Mais tout cela reste intérieur.

Et le sport dans tout ça ?

Faut quand même que je parle un peu des WODs. Même si au final on retrouve toujours les mêmes types de mouvements, le nombre de variations et de combinaisons est infini et entre ça et l’exploitation de toutes les filières énergétiques par la durée de l’effort, c’est toujours différent et surprenant.

Et difficile.

Le pire WOD et celui dont je sais que je ne vais pas finir dans le « cap time » ; ou où je suis sûr d’être dernier au bout de 5 minutes (et qui en dure 30). Comme celui d’hier : 400 mètres de run, 30 box jumps et 30 wall-ball. Repeat 5 times. Même si je tiens mon rang sur la course, faire des box jumps à fond la caisse nécessite une explosivité que je n’ai jamais eue (même si maintenant je sais qu’on peut changer le type de fibres musculaires en fonction de l’entrainement, merci Andy Galpin). Le WOD devient donc un long moment de solitude, où on voit les copains gratter un exercice, puis deux, puis un tour complet. Rien à voir avec un marathon où il y aura toujours quelques milliers de clampins derrière moi.

Un peu d’ocytocine pour finir en beauté !

Et quand on fait le dernier tour … en dernier … la « récompense » est d’être encouragé par tous ceux qui ont déjà terminé. Pour aussi l’avoir fait dans certains cas, c’est sincère. On sait que celui qui n’a pas fini en chie des ronds de carottes et c’est cette contrainte imposée volontairement qui entraine le respect. Et où on peut toujours gratter un petit dépassement de soi, qui vaut de l’or. En l’occurrence enchainer les wall-ball en deux séries de 15 au lieu de 3 séries de 10. Y’a pas de petites victoires !!!

On pourrait aussi être encore au lit ou fumer une clope emmitouflés dans une doudoune.

 

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Drogues et perception irrationnelle

Sans faire de long post (j’ai un business plan sur le feu) je suis toujours surpris comme on prend pour des évidences ou des vérités absolues des affirmations qui sont en fait modelées par une histoire dont nous n’avons pas conscience, parce qu’elle est méconnue ou oubliée.

Je ferai quand j’aurai le temps un post sur l’histoire du fitness, qui m’intéresse de plus en plus, suite à l’écoute de « Body of knowledge », un super podcast sur ce sujet justement.

Le débat force vs cardio vs régularité vs intensité … tout çela a une histoire, avec des individus qui se foutent sur la gueule parce qu’ils sont tous persuadés d’avoir raison, et il y en a qui gagnent et d’autres qui perdent – comme en nutrition qui est aussi un sujet bien teinté d’irrationalité. Ca s’est passé il y plus de 50 ans et tout le monde l’a oublié, mais les idées sont restées dans l’inconscient collectif : « lever de la  fonte c’est dangereux pour les articulations » … « faire du jogging c’est bon pour perdre du poids », etc, etc, vous pourrez mettre votre propre croyance dans les commentaires si vous voulez.

Le seul moyen (imparfait) de sortir de la croyance, c’est la science et elle est souvent complexe à mettre en oeuvre sur ces sujets, même si elle progresse indéniablement.

Là l’exemple est sur une autre thématique : les drogues. Encore un vaste sujet, qui, quand on regarde l’histoire de la civilisation humaine, la traverse totalement : les peuplades primitives encore existantes ont régulièrement des cérémonies chamaniques largement à base de produits hallucinogènes, on ne peut pas dire que ce soit un phénomène récent.

Ce qui est récent c’est :

1. la législation; à moment donné, l’Etat dit « Halte là les petits gars, la défonce OK mais uniquement avec certains produits et pas d’autres » et

2. l’aspect récréatif et moins « magique ». Quand on se saoule entre potes ou qu’on fait tourner un joint, on est dans le festif pur (enfin, tant qu’on est pas en train de vomir) – et pour les autres modificateurs d’état de conscience comme la MDMA (Extasy), pareil, c’est pour « passer un bon moment ». On peut se poser la question de cette « translation » de l’usage, globalement permis par nos conditions de vies nettement plus confortables et moins dangereuses que celles de nos ancêtres… mais qui nous fait perdre de vue l’inévitable dangerosité des substances qui altèrent notre état de conscience.

La conscience, c’est utile. Rouler en voiture bourré ou défoncé, c’est suicidaire.

Ce qui est intéressant dans le papier du WaPo c’est que … la législation n’est pas logique et ne fait pas de corrélation directe entre la dangerosité et rigueur de l’interdiction. Deux drogues très dangereuses, le tabac et l’alcool, sont en vente libre (mais contrôlée par l’Etat qui prélève sa dime au passage, 80% de taxes sur le paquet de cigarettes je crois), et par ailleurs le cannabis est considéré par la loi au même titre que l’héroïne. Je ne vais pas oser vous dire que fumer de l’herbe c’est bio alors que l’héro c’est un immonde produit industriel permis par la chimie moderne, mais bon. On n’est quand même pas dans la même dimension.

C’est une manière intéressante de reposer le débat sur prohibition/légalisation. L’Etat a toujours la posture de vouloir protéger ses citoyens, en autorisant certaines choses et en en interdisant d’autres. Mais on voit à travers cet exemple que ces décisions sont largement induites par des contingences historiques et politiques, et pas toujours rationnelles.

L’article qui m’a inspiré est ici, et je l’ai trouvé dans une newsletter d’analyse de financement de startups. On vit dans un monde étrange … mais ce qui est sur c’est que l’économie du cannabis est en train d’exploser aux USA, suite à la dépénalisation dans certains états et l’autorisation de l’utilisation médicinale dans d’autres.

Si vous avez la flemme de lire, le schéma explicatif est ici :

Drugs

Il y a pas mal de substances que je ne connais pas, et je ne sais pas vraiment ce que les stéroïdes anabolisants viennent faire dans cette liste. Mais c’est pas ls sujet principal,quoique ce serait sans doute la solution la plus rapide pour moi pour prendre de la masse musculaire:-).

Allez y, commentez.

 

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Statistiques et statines …

Statin Wars:  have we been misled about the evidence?

Un papier de fond sur les statines publié dans le British Journal of Sports Medecine, par Maryanne Demasi, journaliste et docteur en médecine, qui tire les sonnettes depuis un moment par rapport aux statines.

L’article complet est accessible en pdf ici.

Une version simplifiée pour les flemmards:

Part 1 – Statin Wars: the secret data

Part 2 – Statin Wars: influence of Big Pharma

Ca vaut le coup d’être lu.

Sans être conspirationniste, si j’étais PDG d’une société qui a un produit qui se vend comme des petits pains sur une cible donnée (taux de cholestérol >x)  je ferais tout pour faire grossir la cible en question … donc en essayant de réduire x.
Ca coule de source non ?

A noter le toujours intéressant utilisation du risque absolu par rapport au risque relatif. Un taux de mortalité passe de 2% à 1%, hop, le médicament réduit le risque de 50%.

Enfin, pour avoir traduit une conf TED sur les essais cliniques, je sais que 50% des essais cliniques ne sont jamais publiés. C’est quand même beaucoup, et la science progresse plus vite avec de la transparence que si chacun interdit aux autres d’accéder à ses données, non ?

Quand Trump refuse de présenter ses impôts, on pense quoi ?

Quand un labo interdit l’accès aux données de ses essais cliniques, il faut penser quoi ?

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Sports extrêmes my ass !

Allez j’ai pas trop le temps de blogger là mais un bon ami m’envoie un lien vers un article du monde sur « le sport extrême, un moyen de se surpasser ». Comme je ne suis pas abonné, je ne peux pas tout lire mais tout est résumé dans le titre.

Le chapô dit ça « Dans les salles d’entraînement, CrossFit, boxe thaïe et autres activités extrêmes sont à la mode, traduisant un besoin de repousser ses limites. »

Ironie du click-bait, sur la page de l’article il y a un lien vers un publi-reportage qui dit « Surpoids, fatigue : Un ingénieur grenoblois aurait découvert une formule pour perdre un peu de graisse tous les jours » avec une photo de geek devant un tableau où visiblement il essaye de démontrer le théorème de Pythagore. La société qui fait la pub propose une n-ième méthode pour maigrir, sur le thème « on nous cache tout on nous dit rien » avec un joli vernis conspirationniste.

La juxtaposition est grinçante.

Mettre dans le même panier CrossFit et boxe thaïe, c’est une méconnaissance des sports en question. Greg Glassman, le fondateur de CrossFit, explique à qui veut l’entendre que sa méthode s’adresse à tout le monde et qu’il vaut mieux apprendre à faire des squats avant 75 ans plutôt que de se retrouver à se faire torcher le cul par une infirmière parce qu’on n’est pas capable de se lever du siège des toilettes. Bien sur, il y a les CrossFit games avec des gros costauds sans doute stéroidés capables de faire 90 snatch et plus en moins de 10 minutes avec des charges croissantes. C’est le WOD que j’ai fait ce matin, et comme je suis vieux et pas très musclé j’en ai fait 85 et pas 90+ avec des charges ridicules (15 puis 25 kilos).  C’était effectivement extrême, à mon niveau extrêmement limité!

Présenter le CrossFit et le besoin de se surpasser comme des conséquences de la « modernité » est à mon avis un contre-sens total.  Le besoin du dépassement de soi est ancré dans les gènes, sinon on serait toujours dans des cavernes vêtus de peaux de bêtes.

Foin de psychologie à deux balles, même si elle est vraie. C’est surtout que notre corps a besoin d’être poussé dans ses retranchements pour rester fonctionnel, tout simplement. Notre aspiration au confort (alimentation en permanence, température régulée, aucun effort physique à fournir) tue notre espèce de manière à peine insidieuse. Les 600 millions de diabétiques à horizon 2040 n’existeraient pas s’il repoussaient les limites de leur alimentation et de leur sédentarité. Et je ne parle pas des obèses, des cardiaques, etc, etc.

Donc si on ne souhaite pas que la vieillesse (qui commence vers 20 ans …) soit un long naufrage vers l’incapacité motrice et/ ou cérébrale, le meilleur moyen de l’éviter, c’est de se bouger le cul avec un minimum d’extrémisme, si j’ose dire; c’est à dire se mettre dans le rouge régulièrement, parce que c’est le seul signal physiologique que l’organisme entend pour investir de l’énergie dans la maintenance de la machine.  Il faut transpirer, il faut haleter, il faut se demander si on va y arriver, il faut se mettre dans l’inconfort. Ce que nos ancêtres faisaient « naturellement », n’ayant pas le choix du confort, et devant donc régulièrement se sortir les doigts pour trouver à bouffer, ne pas se faire défoncer par la tribu d’à côté, ou échapper à un tigre à dents de sabre.

Et pour reboucler sur l’aspect psychologique, le cerveau a servi à bouger avant de servir à réfléchir … La réflexion « initiale » étant d’ailleurs pour élaborer des stratégies de mouvement pour attraper des proies ou échapper à un prédateur; le journalisme arrive un peu plus tard dans l’échelle temporelle.

Donc pratiquer un sport réputé extrême est aussi une manière d’entretenir ses neurones de manière au moins aussi efficace que de faire des mots croisés ou des sudoku.

Bref, soyez extrémistes, votre corps vous en sera reconnaissant.

Si un lecteur est abonné au Monde, je veux bien une copie de l’article complet 🙂

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Trois articles intéressants en passant

Je vais moins poster sur FB et plus sur le blog, parce que sur FB tout disparait très vite, y compris pour moi quand je me dis « tiens, j’ai lu tel ou tel article, où est le lien ? »

Donc entre hier soir et ce matin, quelques pistes de réflexion que je partage avec vous …

  • Peter Attia sur la démarche scientifique. Avec en prime une vidéo bien vintage de Richard Feynman, un grand physicien américain qui explique en une minute ce qu’est la méthode scientifique. Un must-see pour votre prochain diner-débat avec des fans d’astrologie ou de créationnisme. L’article est ici. Vous pouvez creuser son site, il a plein de trucs passionnants sur l’alimentation en général et la cétose en particulier.
  • Art de Vany sur le rôle du glucose comme signal … pour faire du gras. Art trace son sillon depuis un moment, et a toujours des approches originales. Et si la boisson de récup après l’exercice faisait … grossir ? Lui, si j’ai bien compris, attend 4 heures avant de manger (après le sport) pour favoriser les mécanismes d’autophagie.  Voilà l’abstract du papier :« Glucose, muscle, stem cells and fat tissues.

    High glucose exposure sends stem cells that regenerate muscle along a differentiation path that leads them to become apipocytes instead of muscle. In other words, a muscle stem cell that ought to become a muscle cell or new myodomain in muscle transdifferentiates under glucose stimulation to become a fat cell. That is how your muscles undergo fatty degeneration and glucose is the culprit.

    Regeneration of mesenchymal tissues depends on a resident stem cell population, that in most cases remains elusive in terms of cellular identity and differentiation signals. We here show that primary cell cultures derived from adipose tissue or skeletal muscle differentiate into adipocytes when cultured in high glucose. High glucose induces ROS production and PKC activation. These two events appear crucial steps in this differentiation process that can be directly induced by oxidizing agents and inhibited by PKC siRNA silencing. The differentiated adipocytes, when implanted in vivo, form viable and vascularized adipose tissue. Overall, the data highlight a previously un-characterized differentiation route triggered by high glucose that drives not only resident stem cells of the adipose tissue but also uncommitted precursors present in muscle cells to form adipose depots. This process may represent a feed-forward cycle between the regional increase in adiposity and insulin resistance that plays a key role in the pathogenesis of diabetes mellitus.

    Aguiari, P., Leo, S., Zavan, B., Vindigni, V., Rimessi, A., Bianchi, K., et al. (2008). High glucose induces adipogenic differentiation of muscle-derived stem cells. Proceedings of the National Academy of Sciences, 105(4), 1226–1231. »

    Pour les courageux, l’article complet est ici. C’est une étude avec des boites de pétri, un modèle animal et 8 candidats (des rats) donc ça ne va pas révolutionner les pratiques nutritionnelles du sportif demain :-). Mais quand même …

  • Josh Mittledorf qui est moins connu, mais que je suis depuis quelques années, qui travaille plutôt sur la longévité avec une approche de statisticien (son métier d’origine) et qui a fait un bouquin intéressant sur le sujet. Et là il nous sort un post sur l’importance considérable des relations sociales, le couple, la famille, les amis pour la longévité. C’est pas un scoop parce que c’est une caractéristique des Blue Zones, mais savoir que vos télomères vont rétrécir plus vite si vous êtes stressés, et si vous vous engueulez avec votre moitié, ça devrait inciter à une vie plus zen. Article ici.

Special bonus (ca c’est la semaine dernière et les trajets en voiture) :

  • Dans la même mouvance, un podcast très intéressant de Sam Harris sur le thème « on est plus heureux quand on a conscience qu’on va mourir ». Un peu contre-intuitif au premier abord 🙂 mais très vrai.  C’est ici.
  • Et vous voulez vraiment vous mettre les neurones en ébullition, le dernier podcast sur la conscience avec Anil K. Seth (3 heures …) est remarquable, même si après deux écoutes j’ai l’impression d’avoir compris 25% du contenu.
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Un dimanche après-midi à Paris

Un post dédié à ….

Toutes les personnes que j’ai croisées dans Paris cet après-midi, emmitouflées dans moult couches, bonnets, doudounes, gants et j’en passe.

Et aussi au policier qui m’a gentiment faire remarquer que c’était interdit par la loi d’être torse nu et en short dans Paris.

Rencontres

Près du Pont Alexandre, je me-move sagement dans le couloir de bus après m’être fait dépasser par un immonde et puant « BigBus » ; Je savoure d’avoir retrouvé toute la largeur de la voie … mais une voiture de police s’approche et se met à ma vitesse. D’habitude les policiers sont plutôt sur le mode « waou » quand ils voient un mec torse nu en plein hiver sur un engin à trois roues étranges.

Là je m’attendais à un truc du genre « c’est rigolo votre engin » mais en fait j’ai droit à 
« vous savez que c’est interdit d’être torse-nu en ville ? »

Heu, non, mens-je. Ha bon ?
« Oui m’sieu, c’est juste autorisé sur les plages ».
Je saisis une perche imaginaire « … Sur les quais juste en bas c’est Paris Plage »
… mais d’abord c’est même pas vrai.
Je prends mon air contrit, genre, j’le f’rai plus m’sieu, promis …
Il repart en me lançant « Je compte sur vous ».

On se retrouve trois feux rouges plus loin, devant le Musée d’Orsay. Il a la flèche pour tourner et je le laisse passer.
Il s’arrête de nouveau « M’enfin, vous exagérez !!!»
Pardon ? J’ai fait quoi encore ?
« Je vous ai dit de remettre votre t shirt ».
C’est vrai que j’ai une boule de fringues accroché devant : un bonnet, des gants et un t-shirt … qu’on voit à peine.
Je tente le coup « mais je n’ai pas de t-shirt, ça fait 10 ans que je fais ça et personne ne m’a jamais rien dit ».
Le pandore prend un air soupçonneux (il a raison) – « c’est pas un t-shirt ça ?  »
« non, non, ce sont des gants et un bonnet ».
J’ai droit à un regard noir et ça commence à me gaver, je glisse …
« vous savez, c’est bon pour la santé, le froid, je fais faire des économies à la sécu ! »
Ils ont sans doute autre chose à faire que me coller un PV pour attentat à la pudeur, et nos routes se séparent.

Ce qui est marrant c’est que j’ai croisé des centaines de policiers (y compris aujourd’hui) lors de mes pérégrinations torsenuesques dans Paris. Qu’est-ce qui fait qu’un policier décide de me faire une remarque, on un pouce levé ? Est-ce qu’un jour je vais réellement prendre une prune pour attentat à la pudeur … A suivre 🙂

A part cet épisode marée-chaussesque, j’ai eu quelques interactions plus ou moins marrantes aujourd’hui. Il y a le classique « vous allez prendre froid » qui cette fois m’a été lancé par un éboueur.
Il y a aussi la réaction des enfants « mamaaaaaan ! Il est tout nu le monsieur » (à noter la confusion très fréquente. Je ne suis pas tout nu).

Quelques pouces levés de conducteurs, des sourires, des « c’est génial ce truc » et même une voiture qui a ralenti pour prendre une photo près des Tuileries.

Un gros con que je contourne près de l’Alma et qui me lance « y’a une piste cyclable !  » Ben oui connard, sauf qu’elle est pleine de piétons, de mômes en trottinette et de touristes qui font des selfies en veux-tu en voilà.  C’est d’ailleurs super irritant de voir comme personne ne respecte les couloirs de vélo.

Il y a plusieurs endroits à Issy les Moulineaux où il y a bien deux voies vélo et une voie piéton. Ben non, les piétons sont toujours sur la voie vélo. Et évidemment le dimanche après-midi il y a beaucoup d’enfants en train d’apprendre vélo, roller, sous un contrôle plus ou moins laxiste des parents. Bon vous allez me dire si j’ai envie de faire une perf j’ai qu’à aller à Longchamp, et vous aurez raison. Je n’ai percuté personne, ni gamin fonçant sans rien regarder, ni mamie en vélo électrique zigzaguant sur les deux voies.

Et en rentrant mon voisin, marathonien septuagénaire qui sort ses poubelles et me mitraille de questions sur ma machine bizarre. Lui en son temps il faisait du … ski à roulettes pour s’entrainer au ski de fond. Sans freins 🙂

Expériences sensorielles

Le vélo et le me-mover m’obligent à une attention visuelle qui me fait être plus sensible aux détails (morceaux de verres sur la route et humains en mouvements sur des trajectoires et des objets divers susceptibles de me percuter) et à la beauté visuelle en général.

C’était difficile de ne pas s’arrêter toutes les 3 minutes aujourd’hui parce que la lumière était absolument fantastique. J’ai fait des photos que je poste ici et pour une fois je n’ai rien retouché. Tant la lumière de l’après-midi que du soir étaient fabuleuses.

J’ai pas pu m’empêcher de faire quelques selfies débiles, c’est ainsi. Allez, on y va  !

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Première vue de la Tour Eiffel des quais. Nuances de vert sur le pont.

 

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J’ai pas eu la patience d’attendre le passage du métro aérien !

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Pierre et or. Ca rigole pas là haut. Y’a du mouvement !

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Je ne vais pas me plaindre mais quand même, c’est pas cool pour les voitures.

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Notre Dame côté arrière. Je vais peut-être finir par me convertir. 

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Et une selfie qui ressemble à un montage, une !

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On est encore en mode crue, même si il y a 50 cm de moins qu’en début de semaine …

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Le Grand Palais …

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Réverbère et or

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Tour Eiffel en feu …

 

En ce qui concerne le froid … j’ai passé un peu plus de deux heures par 5-7 degrés, à une vitesse entre 15 et 25 km/heure.

J’avais un peu peur pour les mains, et finalement …  je n’ai pas eu froid du tout. Malgré les nombreux arrêts photo.

Alors évidemment quand je croise les gens emmitouflés de la tête aux pieds, y compris en courant ou en faisant du vélo je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle avec la nourriture et ce paradoxe qui nous fait rechercher le confort (pour de bonnes raisons il y a 30.000 ans) et qui nous affaiblit tellement aujourd’hui.

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Non non je ne suis pas congelé 🙂 Mais surement un peu givré !

Pour ce ceux qui auront lu ce post jusqu’au bout, la morale de l’histoire est que  le froid
« tempéré » n’est pas notre ennemi. Faire ça par -30 serait une toute autre histoire mais tant qu’on est autour de zéro pour quelques heures on peut vraiment voyager léger.

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Le parcours

That’s all folks.

Je vais de ce pas aller lire la version française du livre de Wim Hof 🙂

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