La formation continue des diététiciens aux US …

Payée par MacDonalds, Coca-Cola, etc.

Pas si étonnant, mais retirer une licence de nutritionniste parce qu’elle « ne suit pas les règles » alors qu’elle obtient des résultats, well, ça pose question. Ou pas, d’ailleurs: ca confirme le biais.
via Why Giving up My Dietitian’s License Was the Healthy Choice

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Saturée ou pas (le gras, pas la guitare)

Trouvé vite fait dans mon mail ce matin, un article du NYT sur les graisses saturées :

Qui dit que bon, c’est quand même pas si bon, bla bla bla, il faut mieux des graisses non saturées et réduire le fromage et les laitages. J’ai pas trop la patience de lire les études (j’ai un business plan sur le feu) … alors je regarde les commentaires vite fait.

Il y en a un qui est éclairant : (Ms Brody est l’auteur de l’article; et Dr Sack a fait la méta analyse en référence de l’article)

Ms. Brody, like some president, when you are wrong, you simply refuse to admit it, but rather, just double down, huh?
From the jacket of your old book, Jane Brody’s Good Food Book: Living the High-Carbohydrate Way:
“For countless readers, the best-selling Jane Brody’s Nutrition Book became their “Bible,”…in which Jane Brody demonstrated that our diet should lean more heavily on complex carbohydrates—starchy foods such as potatoes, rice, pasta, beans, and bread—than it now does.”

So how well did that potato-pasta-&-bread thing work out for America’s obesity and diabetes rates?
How much responsibility do you and Harvard’s elderly men have for those rates?

You write: “Dr. Sack’s team summarized the results of four “core” trials conducted in the 60s…”
Yes, Dr. Sacks, well over 70 years old, ignored literally hundreds of studies over the last 50 years in this latest diatribe to go back to the incorrect studies of the 1960s. The 60s.

News flash: In the 50 years since, science has advanced!
Turns out fats are actually generally good for you, not bad for you. And saturated fats are basically neutral. This is what hundreds of better, more modern studies say.
See, e.g., https://www.youtube.com/watch?v=j2DaqrKq6e0. If you want to read the literature itself, try: PMID 27547428, 26268692, 24723079, 20071648, 16467234 & 22208554.

Ms. Brody, you too are well over 70. Move passed the 1960s.

Toujours amusant de voir à qui profite le crime et de la difficulté de changer de position. Ce qui vaut pour moi aussi j’en conviens !

Publié dans Alimentation | 1 commentaire

WOD et rencontres matinales

C’est intéressant d’être en décalage par rapport au reste du monde. J’ai toujours beaucoup aimé travailler la nuit, me régalant de l’élasticité imaginaire du temps quand il n’y a pas de lumière.

Là c’est l’inverse : coucher relativement tôt et lever autour de 6 heures du matin, ce qui est pour moi un sérieux challenge. Lever 6 heures 20, séance de CrossFit à 7 heures. Boum. Certains matins sont plus durs que d’autres, mais le soir ça me met la pression pour aller me coucher à une heure raisonnable.

6:20

Quand le réveil sonne, il y a toujours la tentation de «et si je restais douillet sous ma couette», surtout quand il pleut dehors … mais je sais que je vais me maudire toute la journée si je ne sors pas de mon lit … et sans doute me faire charrier le lendemain, donc en général ça passe même si c’est de plus en plus difficile au cours de la semaine. En plus mon épouse fait pareil (voire pire, elle se lève à 5 heures du mat pour aller faire du sport à 5 :45) donc je vais pas faire le petit bras.

Sur la route

Rouler en me-mover dans Boulogne Billancourt endormie est toujours un spectacle. On croise assez peu d’humains à cette heure-là à pied. Les boutiques ouvrent … non, je ne vais pas vous faire la chanson de Dutronc mais y’a un peu de ça : les camions qui déchargent la bouffe, les restos qui sortent les tables, l’apprenti qui se grille une clope en attendant de rentrer dans la boulangerie rutilante.

Oui, il y a une boulangerie sur mon parcours, meilleur ouvrier de France en plus ! je passe donc tous les matins devant cet étal de baguettes croustillantes et de croissants, à l’aller et au retour. Les seules fois où je me suis laisser aller c’est quand un coach en amène à 8 heures à la box. Dans mon imaginaire, le croissant offert par un coach super fit est plus acceptable que si c’est moi qui vais l’acheter sans doute !

Caméo-croissants

L’autre jour, image irréelle (et motivation première pour écrire ce post). Un jeune homme au comptoir, obèse, vêtu d’un survêtement mode treillis militaire, en train d’acheter des viennoiseries. Concentré de ce qui déconne chez les humains et de comment on fait tous semblant de pas le voir.  Petite analyse symbolique: survet treillis = athlète et armée (force, discipline et rigueur). Obésité et croissants du matin = satisfaction immédiate et impossibilité de la discipline.

Combien on en voit (surtout aux US) de jeunes gens dans une condition physique épouvantable arborant des t-shirts de footballeurs célèbres qu’ils payent une fortune et/ou habillés de Nike de pied en cap, portant des vêtements bourrés de technologie et de marketing (dri fit , multi-layer, bla bla, air, amorti, etc.) et dont l’exploit sportif du week-end consiste à aller au mall pour faire des emplettes. Génie du marketing de Nike d’abord, suivi de près par Adidas et maintenant Under Armour – qui brouillent toutes les pistes en faisant du street-wear qui est clairement plus à vocation sportive mais qui garde l’aura athlétique. Et qui est souvent assez moche.

Mea culpa

Ceci dit moi je porte quasi exclusivement des Inov-8 minimalistes (et j’ai fait nettement pire avec les 5 fingers en cuir de kangourou …) à la ville … voire un t-shirt Reebok acheté à New-York, donc je suis aussi piégé par ces symboles que le gars qui achète ses croissants. J’ai même osé voyager en survet la dernière fois que je suis parti au Brésil (et je me suis fait engueuler par ma femme). Je peux vous donner mille raisons rationnelles du pourquoi du comment ; mais lui aussi sans doute !

Les fous sont lâchés

Il y a les rencontres en allant à la box et les rencontres pendant le WOD, qui sont toujours intenses. Nous avons régulièrement des exercices qui comportent une part de course, 200, 400 ou 800 mètres et donc il y a cette bande de fous furieux qui courent comme des dératés au milieu des passants à 2 de tension, en ce moment dans le noir et parfois sous la pluie.

Il y a aussi le « partner carry » qu’on a fait cette semaine, 200 mètres à porter le partenaire sur le dos, au milieu des gamins et des parents qui vont à l’école. Ça c’est plutôt rigolo. Et fatiguant.

J’ai un vif souvenir d’il y a deux jours, en courant, croisé le regard d’une dame d’un certain âge emmitouflée dans sa doudoune à poils, la clope au bec et qui m’a lancé un regard mélange d’incrédulité et de réprobation (j’étais torse-nu et assez luisant dans l’obscurité, faut dire) – et j’ai sans doute fait pareil. Ayant ré-arrêté de fumer il y a finalement peu de temps, je suis hyper-sensible à la vue de la clope dans la rue et même si je ne me vois pas, mon regard est sans doute tout autant agressif et désapprobateur. Et sans doute hautain, même si je suis en train d’en baver comme pas possible. Les flots d’hormones et de neuro-transmetteurs provoqués par l’effort physique intense font monter mon niveau d’agressivité intérieure de quelques ordres de magnitude.  Tu es en train de te suicider, connasse. Ce qui n’est pas très empathique, j’en conviens. Mais tout cela reste intérieur.

Et le sport dans tout ça ?

Faut quand même que je parle un peu des WODs. Même si au final on retrouve toujours les mêmes types de mouvements, le nombre de variations et de combinaisons est infini et entre ça et l’exploitation de toutes les filières énergétiques par la durée de l’effort, c’est toujours différent et surprenant.

Et difficile.

Le pire WOD et celui dont je sais que je ne vais pas finir dans le « cap time » ; ou où je suis sûr d’être dernier au bout de 5 minutes (et qui en dure 30). Comme celui d’hier : 400 mètres de run, 30 box jumps et 30 wall-ball. Repeat 5 times. Même si je tiens mon rang sur la course, faire des box jumps à fond la caisse nécessite une explosivité que je n’ai jamais eue (même si maintenant je sais qu’on peut changer le type de fibres musculaires en fonction de l’entrainement, merci Andy Galpin). Le WOD devient donc un long moment de solitude, où on voit les copains gratter un exercice, puis deux, puis un tour complet. Rien à voir avec un marathon où il y aura toujours quelques milliers de clampins derrière moi.

Un peu d’ocytocine pour finir en beauté !

Et quand on fait le dernier tour … en dernier … la « récompense » est d’être encouragé par tous ceux qui ont déjà terminé. Pour aussi l’avoir fait dans certains cas, c’est sincère. On sait que celui qui n’a pas fini en chie des ronds de carottes et c’est cette contrainte imposée volontairement qui entraine le respect. Et où on peut toujours gratter un petit dépassement de soi, qui vaut de l’or. En l’occurrence enchainer les wall-ball en deux séries de 15 au lieu de 3 séries de 10. Y’a pas de petites victoires !!!

On pourrait aussi être encore au lit ou fumer une clope emmitouflés dans une doudoune.

 

Publié dans crossfit, sport | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Drogues et perception irrationnelle

Sans faire de long post (j’ai un business plan sur le feu) je suis toujours surpris comme on prend pour des évidences ou des vérités absolues des affirmations qui sont en fait modelées par une histoire dont nous n’avons pas conscience, parce qu’elle est méconnue ou oubliée.

Je ferai quand j’aurai le temps un post sur l’histoire du fitness, qui m’intéresse de plus en plus, suite à l’écoute de « Body of knowledge », un super podcast sur ce sujet justement.

Le débat force vs cardio vs régularité vs intensité … tout çela a une histoire, avec des individus qui se foutent sur la gueule parce qu’ils sont tous persuadés d’avoir raison, et il y en a qui gagnent et d’autres qui perdent – comme en nutrition qui est aussi un sujet bien teinté d’irrationalité. Ca s’est passé il y plus de 50 ans et tout le monde l’a oublié, mais les idées sont restées dans l’inconscient collectif : « lever de la  fonte c’est dangereux pour les articulations » … « faire du jogging c’est bon pour perdre du poids », etc, etc, vous pourrez mettre votre propre croyance dans les commentaires si vous voulez.

Le seul moyen (imparfait) de sortir de la croyance, c’est la science et elle est souvent complexe à mettre en oeuvre sur ces sujets, même si elle progresse indéniablement.

Là l’exemple est sur une autre thématique : les drogues. Encore un vaste sujet, qui, quand on regarde l’histoire de la civilisation humaine, la traverse totalement : les peuplades primitives encore existantes ont régulièrement des cérémonies chamaniques largement à base de produits hallucinogènes, on ne peut pas dire que ce soit un phénomène récent.

Ce qui est récent c’est :

1. la législation; à moment donné, l’Etat dit « Halte là les petits gars, la défonce OK mais uniquement avec certains produits et pas d’autres » et

2. l’aspect récréatif et moins « magique ». Quand on se saoule entre potes ou qu’on fait tourner un joint, on est dans le festif pur (enfin, tant qu’on est pas en train de vomir) – et pour les autres modificateurs d’état de conscience comme la MDMA (Extasy), pareil, c’est pour « passer un bon moment ». On peut se poser la question de cette « translation » de l’usage, globalement permis par nos conditions de vies nettement plus confortables et moins dangereuses que celles de nos ancêtres… mais qui nous fait perdre de vue l’inévitable dangerosité des substances qui altèrent notre état de conscience.

La conscience, c’est utile. Rouler en voiture bourré ou défoncé, c’est suicidaire.

Ce qui est intéressant dans le papier du WaPo c’est que … la législation n’est pas logique et ne fait pas de corrélation directe entre la dangerosité et rigueur de l’interdiction. Deux drogues très dangereuses, le tabac et l’alcool, sont en vente libre (mais contrôlée par l’Etat qui prélève sa dime au passage, 80% de taxes sur le paquet de cigarettes je crois), et par ailleurs le cannabis est considéré par la loi au même titre que l’héroïne. Je ne vais pas oser vous dire que fumer de l’herbe c’est bio alors que l’héro c’est un immonde produit industriel permis par la chimie moderne, mais bon. On n’est quand même pas dans la même dimension.

C’est une manière intéressante de reposer le débat sur prohibition/légalisation. L’Etat a toujours la posture de vouloir protéger ses citoyens, en autorisant certaines choses et en en interdisant d’autres. Mais on voit à travers cet exemple que ces décisions sont largement induites par des contingences historiques et politiques, et pas toujours rationnelles.

L’article qui m’a inspiré est ici, et je l’ai trouvé dans une newsletter d’analyse de financement de startups. On vit dans un monde étrange … mais ce qui est sur c’est que l’économie du cannabis est en train d’exploser aux USA, suite à la dépénalisation dans certains états et l’autorisation de l’utilisation médicinale dans d’autres.

Si vous avez la flemme de lire, le schéma explicatif est ici :

Drugs

Il y a pas mal de substances que je ne connais pas, et je ne sais pas vraiment ce que les stéroïdes anabolisants viennent faire dans cette liste. Mais c’est pas ls sujet principal,quoique ce serait sans doute la solution la plus rapide pour moi pour prendre de la masse musculaire:-).

Allez y, commentez.

 

Publié dans Réflexions diverses | Tagué , , , , , , , , , , , , | 1 commentaire

Statistiques et statines …

Statin Wars:  have we been misled about the evidence?

Un papier de fond sur les statines publié dans le British Journal of Sports Medecine, par Maryanne Demasi, journaliste et docteur en médecine, qui tire les sonnettes depuis un moment par rapport aux statines.

L’article complet est accessible en pdf ici.

Une version simplifiée pour les flemmards:

Part 1 – Statin Wars: the secret data

Part 2 – Statin Wars: influence of Big Pharma

Ca vaut le coup d’être lu.

Sans être conspirationniste, si j’étais PDG d’une société qui a un produit qui se vend comme des petits pains sur une cible donnée (taux de cholestérol >x)  je ferais tout pour faire grossir la cible en question … donc en essayant de réduire x.
Ca coule de source non ?

A noter le toujours intéressant utilisation du risque absolu par rapport au risque relatif. Un taux de mortalité passe de 2% à 1%, hop, le médicament réduit le risque de 50%.

Enfin, pour avoir traduit une conf TED sur les essais cliniques, je sais que 50% des essais cliniques ne sont jamais publiés. C’est quand même beaucoup, et la science progresse plus vite avec de la transparence que si chacun interdit aux autres d’accéder à ses données, non ?

Quand Trump refuse de présenter ses impôts, on pense quoi ?

Quand un labo interdit l’accès aux données de ses essais cliniques, il faut penser quoi ?

Publié dans Maladies, Medecine, Non classé | 2 commentaires

Sports extrêmes my ass !

Allez j’ai pas trop le temps de blogger là mais un bon ami m’envoie un lien vers un article du monde sur « le sport extrême, un moyen de se surpasser ». Comme je ne suis pas abonné, je ne peux pas tout lire mais tout est résumé dans le titre.

Le chapô dit ça « Dans les salles d’entraînement, CrossFit, boxe thaïe et autres activités extrêmes sont à la mode, traduisant un besoin de repousser ses limites. »

Ironie du click-bait, sur la page de l’article il y a un lien vers un publi-reportage qui dit « Surpoids, fatigue : Un ingénieur grenoblois aurait découvert une formule pour perdre un peu de graisse tous les jours » avec une photo de geek devant un tableau où visiblement il essaye de démontrer le théorème de Pythagore. La société qui fait la pub propose une n-ième méthode pour maigrir, sur le thème « on nous cache tout on nous dit rien » avec un joli vernis conspirationniste.

La juxtaposition est grinçante.

Mettre dans le même panier CrossFit et boxe thaïe, c’est une méconnaissance des sports en question. Greg Glassman, le fondateur de CrossFit, explique à qui veut l’entendre que sa méthode s’adresse à tout le monde et qu’il vaut mieux apprendre à faire des squats avant 75 ans plutôt que de se retrouver à se faire torcher le cul par une infirmière parce qu’on n’est pas capable de se lever du siège des toilettes. Bien sur, il y a les CrossFit games avec des gros costauds sans doute stéroidés capables de faire 90 snatch et plus en moins de 10 minutes avec des charges croissantes. C’est le WOD que j’ai fait ce matin, et comme je suis vieux et pas très musclé j’en ai fait 85 et pas 90+ avec des charges ridicules (15 puis 25 kilos).  C’était effectivement extrême, à mon niveau extrêmement limité!

Présenter le CrossFit et le besoin de se surpasser comme des conséquences de la « modernité » est à mon avis un contre-sens total.  Le besoin du dépassement de soi est ancré dans les gènes, sinon on serait toujours dans des cavernes vêtus de peaux de bêtes.

Foin de psychologie à deux balles, même si elle est vraie. C’est surtout que notre corps a besoin d’être poussé dans ses retranchements pour rester fonctionnel, tout simplement. Notre aspiration au confort (alimentation en permanence, température régulée, aucun effort physique à fournir) tue notre espèce de manière à peine insidieuse. Les 600 millions de diabétiques à horizon 2040 n’existeraient pas s’il repoussaient les limites de leur alimentation et de leur sédentarité. Et je ne parle pas des obèses, des cardiaques, etc, etc.

Donc si on ne souhaite pas que la vieillesse (qui commence vers 20 ans …) soit un long naufrage vers l’incapacité motrice et/ ou cérébrale, le meilleur moyen de l’éviter, c’est de se bouger le cul avec un minimum d’extrémisme, si j’ose dire; c’est à dire se mettre dans le rouge régulièrement, parce que c’est le seul signal physiologique que l’organisme entend pour investir de l’énergie dans la maintenance de la machine.  Il faut transpirer, il faut haleter, il faut se demander si on va y arriver, il faut se mettre dans l’inconfort. Ce que nos ancêtres faisaient « naturellement », n’ayant pas le choix du confort, et devant donc régulièrement se sortir les doigts pour trouver à bouffer, ne pas se faire défoncer par la tribu d’à côté, ou échapper à un tigre à dents de sabre.

Et pour reboucler sur l’aspect psychologique, le cerveau a servi à bouger avant de servir à réfléchir … La réflexion « initiale » étant d’ailleurs pour élaborer des stratégies de mouvement pour attraper des proies ou échapper à un prédateur; le journalisme arrive un peu plus tard dans l’échelle temporelle.

Donc pratiquer un sport réputé extrême est aussi une manière d’entretenir ses neurones de manière au moins aussi efficace que de faire des mots croisés ou des sudoku.

Bref, soyez extrémistes, votre corps vous en sera reconnaissant.

Si un lecteur est abonné au Monde, je veux bien une copie de l’article complet 🙂

Publié dans crossfit, Evolution, longévité, Société | 7 commentaires

Trois articles intéressants en passant

Je vais moins poster sur FB et plus sur le blog, parce que sur FB tout disparait très vite, y compris pour moi quand je me dis « tiens, j’ai lu tel ou tel article, où est le lien ? »

Donc entre hier soir et ce matin, quelques pistes de réflexion que je partage avec vous …

  • Peter Attia sur la démarche scientifique. Avec en prime une vidéo bien vintage de Richard Feynman, un grand physicien américain qui explique en une minute ce qu’est la méthode scientifique. Un must-see pour votre prochain diner-débat avec des fans d’astrologie ou de créationnisme. L’article est ici. Vous pouvez creuser son site, il a plein de trucs passionnants sur l’alimentation en général et la cétose en particulier.
  • Art de Vany sur le rôle du glucose comme signal … pour faire du gras. Art trace son sillon depuis un moment, et a toujours des approches originales. Et si la boisson de récup après l’exercice faisait … grossir ? Lui, si j’ai bien compris, attend 4 heures avant de manger (après le sport) pour favoriser les mécanismes d’autophagie.  Voilà l’abstract du papier :« Glucose, muscle, stem cells and fat tissues.

    High glucose exposure sends stem cells that regenerate muscle along a differentiation path that leads them to become apipocytes instead of muscle. In other words, a muscle stem cell that ought to become a muscle cell or new myodomain in muscle transdifferentiates under glucose stimulation to become a fat cell. That is how your muscles undergo fatty degeneration and glucose is the culprit.

    Regeneration of mesenchymal tissues depends on a resident stem cell population, that in most cases remains elusive in terms of cellular identity and differentiation signals. We here show that primary cell cultures derived from adipose tissue or skeletal muscle differentiate into adipocytes when cultured in high glucose. High glucose induces ROS production and PKC activation. These two events appear crucial steps in this differentiation process that can be directly induced by oxidizing agents and inhibited by PKC siRNA silencing. The differentiated adipocytes, when implanted in vivo, form viable and vascularized adipose tissue. Overall, the data highlight a previously un-characterized differentiation route triggered by high glucose that drives not only resident stem cells of the adipose tissue but also uncommitted precursors present in muscle cells to form adipose depots. This process may represent a feed-forward cycle between the regional increase in adiposity and insulin resistance that plays a key role in the pathogenesis of diabetes mellitus.

    Aguiari, P., Leo, S., Zavan, B., Vindigni, V., Rimessi, A., Bianchi, K., et al. (2008). High glucose induces adipogenic differentiation of muscle-derived stem cells. Proceedings of the National Academy of Sciences, 105(4), 1226–1231. »

    Pour les courageux, l’article complet est ici. C’est une étude avec des boites de pétri, un modèle animal et 8 candidats (des rats) donc ça ne va pas révolutionner les pratiques nutritionnelles du sportif demain :-). Mais quand même …

  • Josh Mittledorf qui est moins connu, mais que je suis depuis quelques années, qui travaille plutôt sur la longévité avec une approche de statisticien (son métier d’origine) et qui a fait un bouquin intéressant sur le sujet. Et là il nous sort un post sur l’importance considérable des relations sociales, le couple, la famille, les amis pour la longévité. C’est pas un scoop parce que c’est une caractéristique des Blue Zones, mais savoir que vos télomères vont rétrécir plus vite si vous êtes stressés, et si vous vous engueulez avec votre moitié, ça devrait inciter à une vie plus zen. Article ici.

Special bonus (ca c’est la semaine dernière et les trajets en voiture) :

  • Dans la même mouvance, un podcast très intéressant de Sam Harris sur le thème « on est plus heureux quand on a conscience qu’on va mourir ». Un peu contre-intuitif au premier abord 🙂 mais très vrai.  C’est ici.
  • Et vous voulez vraiment vous mettre les neurones en ébullition, le dernier podcast sur la conscience avec Anil K. Seth (3 heures …) est remarquable, même si après deux écoutes j’ai l’impression d’avoir compris 25% du contenu.
Publié dans longévité, Low-carb, Psychologie evolutionniste | 12 commentaires

Un dimanche après-midi à Paris

Un post dédié à ….

Toutes les personnes que j’ai croisées dans Paris cet après-midi, emmitouflées dans moult couches, bonnets, doudounes, gants et j’en passe.

Et aussi au policier qui m’a gentiment faire remarquer que c’était interdit par la loi d’être torse nu et en short dans Paris.

Rencontres

Près du Pont Alexandre, je me-move sagement dans le couloir de bus après m’être fait dépasser par un immonde et puant « BigBus » ; Je savoure d’avoir retrouvé toute la largeur de la voie … mais une voiture de police s’approche et se met à ma vitesse. D’habitude les policiers sont plutôt sur le mode « waou » quand ils voient un mec torse nu en plein hiver sur un engin à trois roues étranges.

Là je m’attendais à un truc du genre « c’est rigolo votre engin » mais en fait j’ai droit à 
« vous savez que c’est interdit d’être torse-nu en ville ? »

Heu, non, mens-je. Ha bon ?
« Oui m’sieu, c’est juste autorisé sur les plages ».
Je saisis une perche imaginaire « … Sur les quais juste en bas c’est Paris Plage »
… mais d’abord c’est même pas vrai.
Je prends mon air contrit, genre, j’le f’rai plus m’sieu, promis …
Il repart en me lançant « Je compte sur vous ».

On se retrouve trois feux rouges plus loin, devant le Musée d’Orsay. Il a la flèche pour tourner et je le laisse passer.
Il s’arrête de nouveau « M’enfin, vous exagérez !!!»
Pardon ? J’ai fait quoi encore ?
« Je vous ai dit de remettre votre t shirt ».
C’est vrai que j’ai une boule de fringues accroché devant : un bonnet, des gants et un t-shirt … qu’on voit à peine.
Je tente le coup « mais je n’ai pas de t-shirt, ça fait 10 ans que je fais ça et personne ne m’a jamais rien dit ».
Le pandore prend un air soupçonneux (il a raison) – « c’est pas un t-shirt ça ?  »
« non, non, ce sont des gants et un bonnet ».
J’ai droit à un regard noir et ça commence à me gaver, je glisse …
« vous savez, c’est bon pour la santé, le froid, je fais faire des économies à la sécu ! »
Ils ont sans doute autre chose à faire que me coller un PV pour attentat à la pudeur, et nos routes se séparent.

Ce qui est marrant c’est que j’ai croisé des centaines de policiers (y compris aujourd’hui) lors de mes pérégrinations torsenuesques dans Paris. Qu’est-ce qui fait qu’un policier décide de me faire une remarque, on un pouce levé ? Est-ce qu’un jour je vais réellement prendre une prune pour attentat à la pudeur … A suivre 🙂

A part cet épisode marée-chaussesque, j’ai eu quelques interactions plus ou moins marrantes aujourd’hui. Il y a le classique « vous allez prendre froid » qui cette fois m’a été lancé par un éboueur.
Il y a aussi la réaction des enfants « mamaaaaaan ! Il est tout nu le monsieur » (à noter la confusion très fréquente. Je ne suis pas tout nu).

Quelques pouces levés de conducteurs, des sourires, des « c’est génial ce truc » et même une voiture qui a ralenti pour prendre une photo près des Tuileries.

Un gros con que je contourne près de l’Alma et qui me lance « y’a une piste cyclable !  » Ben oui connard, sauf qu’elle est pleine de piétons, de mômes en trottinette et de touristes qui font des selfies en veux-tu en voilà.  C’est d’ailleurs super irritant de voir comme personne ne respecte les couloirs de vélo.

Il y a plusieurs endroits à Issy les Moulineaux où il y a bien deux voies vélo et une voie piéton. Ben non, les piétons sont toujours sur la voie vélo. Et évidemment le dimanche après-midi il y a beaucoup d’enfants en train d’apprendre vélo, roller, sous un contrôle plus ou moins laxiste des parents. Bon vous allez me dire si j’ai envie de faire une perf j’ai qu’à aller à Longchamp, et vous aurez raison. Je n’ai percuté personne, ni gamin fonçant sans rien regarder, ni mamie en vélo électrique zigzaguant sur les deux voies.

Et en rentrant mon voisin, marathonien septuagénaire qui sort ses poubelles et me mitraille de questions sur ma machine bizarre. Lui en son temps il faisait du … ski à roulettes pour s’entrainer au ski de fond. Sans freins 🙂

Expériences sensorielles

Le vélo et le me-mover m’obligent à une attention visuelle qui me fait être plus sensible aux détails (morceaux de verres sur la route et humains en mouvements sur des trajectoires et des objets divers susceptibles de me percuter) et à la beauté visuelle en général.

C’était difficile de ne pas s’arrêter toutes les 3 minutes aujourd’hui parce que la lumière était absolument fantastique. J’ai fait des photos que je poste ici et pour une fois je n’ai rien retouché. Tant la lumière de l’après-midi que du soir étaient fabuleuses.

J’ai pas pu m’empêcher de faire quelques selfies débiles, c’est ainsi. Allez, on y va  !

IMG_8217

Première vue de la Tour Eiffel des quais. Nuances de vert sur le pont.

 

IMG_8364

J’ai pas eu la patience d’attendre le passage du métro aérien !

IMG_5434

Pierre et or. Ca rigole pas là haut. Y’a du mouvement !

IMG_1757

Je ne vais pas me plaindre mais quand même, c’est pas cool pour les voitures.

IMG_0873

Notre Dame côté arrière. Je vais peut-être finir par me convertir. 

IMG_7572

Et une selfie qui ressemble à un montage, une !

IMG_0874

On est encore en mode crue, même si il y a 50 cm de moins qu’en début de semaine …

IMG_0876

Le Grand Palais …

IMG_0877

Réverbère et or

IMG_0881

Tour Eiffel en feu …

 

En ce qui concerne le froid … j’ai passé un peu plus de deux heures par 5-7 degrés, à une vitesse entre 15 et 25 km/heure.

J’avais un peu peur pour les mains, et finalement …  je n’ai pas eu froid du tout. Malgré les nombreux arrêts photo.

Alors évidemment quand je croise les gens emmitouflés de la tête aux pieds, y compris en courant ou en faisant du vélo je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle avec la nourriture et ce paradoxe qui nous fait rechercher le confort (pour de bonnes raisons il y a 30.000 ans) et qui nous affaiblit tellement aujourd’hui.

IMG_0886

Non non je ne suis pas congelé 🙂 Mais surement un peu givré !

Pour ce ceux qui auront lu ce post jusqu’au bout, la morale de l’histoire est que  le froid
« tempéré » n’est pas notre ennemi. Faire ça par -30 serait une toute autre histoire mais tant qu’on est autour de zéro pour quelques heures on peut vraiment voyager léger.

parcours

Le parcours

That’s all folks.

Je vais de ce pas aller lire la version française du livre de Wim Hof 🙂

Publié dans Petites histoires | Tagué , , | 8 commentaires

Addiction et motivation

Ca fait un bout de temps que je fais des cercles (ou que je tourne en rond), tel le vautour cherchant sa proie, autour de la thématique addiction / alimentation / décision / discipline  et comme je suis enfin un peu en vacances …  je me suis dit que j’allais m’y atteler et produire un petit billet bien bordélique et confus.

Qui est dédié à moi même personnellement, mais aussi tous mes amis, enfants, proches qui soit …

…Fument comme des pompiers en me disant c’est pas grave ça tue pas/j’arrête demain/chuis trop stressé là tuwa mais dès que ma vie est plus facile promis ou

…Picolent trop mais c’est pas grave parce que c’est socialement acceptable et puis l’alcool c’est convivial  ou

…Fument des joints toute la journée en disant c’est mon choix et ça me va très bien  ou

…Mangent des glucides 12 fois par jour, prennent du poids et m’expliquent que c’est parce qu’ils ont des mauvais gènes ou des os trop lourds.

Les mauvais esprits me demanderont pourquoi je ne mets pas les sportifs orthorexiques dans le lot mais la mortalité liée à l’excès de sport par rapport à celles causées par le tabac, l’alcool, et l’excès de nourriture est un pouillème d’epsilon donc c’est vraiment pas le débat même si un mec qui fait un triathlon par jour pendant un mois est surement un peu cogné, mais c’est pas ça qui va le tuer (et personnellement, j’aurai plutôt tendance à admirer ce type de folie).

Vous pourrez trouver cela un peu éloigné de mes thématiques habituelles (surtout l’addiction) mais pour moi tout est lié. En tout cas dans ma vie personnelle ça l’est, et c’est ce que je vais essayer de montrer dans ce  post. Vous me direz si pour vous c’est pareil (mais je suspecte que oui …).

Non mais vraiment, t’as tous ces défauts ?

Ancien fumeur qui, après 15 ans d’abstinence totale, à part un joint de temps en temps, se retrouve régulièrement dans un cycle « je reprends, j’arrête ». Je recommence, une ou deux, trois semaines après je suis à 15 par jour, je me dis que c’est complètement con, j’arrête, et puis trois mois après j’en reprends une ou deux, etc. et c’est comme ça depuis deux ou trois ans.

Je suis aussi un ancien « gros ». Je ne suis pas trop inquiet par rapport a fait de reprendre subitement 20 kilos mais on ne sait jamais, après 10 ans sans fumer je ne pensais jamais que je pourrai reprendre un jour, et pourtant, c’est le cas.

Et puis quand j’ouvre une bouteille de vin le soir, si je ne fais pas attention, elle s’évapore très vite.

En ce qui concerne le sport j’ai eu des périodes on et off. La plus grande période off ayant été … de 2 à 30 ans, étant gamin je haissais le sport, et il me le rendait bien.

Le virus de la couse m’a pris à 34 ans, et avant ça j’ai fait un peu d’équitation. La course quand on a des objectifs c’est facile, on prend son plan et hop, il suffit de savoir lire (un peu) et compter en minutes au kilomètre. Le crossfit c’est plus compliqué, quand on est en WOD on peut se laisser porter (enfin, façon de parler)  mais c’est plus dur à l’extérieur (en voyage ou en vacances par exemple).

Vous avez donc face à vous un individu somme toute furieusement ordinaire :

  • Quelques objectifs dans la durée pour lesquels j’ai du mal à avoir la discipline que je voudrais avoir (et donc que je vais avoir du mal à atteindre).
  • Un quotidien  ponctué de batailles consommatrices d’énergie autour de comportements que je considère addictifs et qui me font chier ; j’en gagne certaines, j’en perds d’autres … et je ne suis pas satisfait du score.

Algorithmie

On va commencer par essayer de décortiquer un peu l’addiction, ou disons les désirs non désirables, et on passera à la discipline après…

La cigarette illustre plusieurs mécanismes qui se déroulent à la suite et se renforcent mutuellement :

  • Contextes déclencheur : le café, l’apéro avec les potes,…
  • Emergence de l’envie : « Aaah j’ai envie de m’en griller une petite, tiens. »
  • Illusion de contrôle par rapport à ce qu’on désire et dont on sait qu’on ne devrait pas y succomber (merde je me mets à parler comme un télévangéliste de l’Alabama). Allez, juste une. Demain j’arrête. Seigneur, délivrez-nous de nos tentations !
  • Pilote automatique. Passé les bornes y’a plus de limite. Une devient deux puis trois et le processus se stabilise chez moi autour de 10,15, ce qui doit correspondre à un seuil chimique de saturation de certains récepteurs du cerveau…
  • Capacité à inventer un narratif pseudo-rationnel totalement bidon pour justifier le comportement et réduire la dissonance cognitive associée. Pour les autres et surtout pour soi-même – et pour quelque chose qui n’amène pas de plaisir autre que de satisfaire l’addiction.

De la survie à l’addiction : de la vertu au vice …

On va retrouver exactement les mêmes processus avec des produits moins (ou différemment) toxiques que la cigarette : l’alcool, toutes les autres drogues, mais aussi ceux nécessaires à la survie, comme … les aliments.

Et c’est une des clés, parce que le paléo qui sommeille en moi sait qu’un des deux master algos qui pilotent notre existence est le désir de survie (et de donc de prolonger notre existence le plus longtemps possible).  Si les mêmes principes s’appliquent pour un comportement indispensable à la survie mais qui peut aussi devenir mortifère (l’alimentation) et une addiction qui vous emmène directement dans le cercueil, il y a du détournement  de processus mentaux dans l’air.

Le premier point à réaliser est la surpondération du présent par rapport au futur lors d’une prise de décision, qui est un biais fort du fonctionnement cognitif. Une expérience faite avec des enfants sur le principe de « je te donne un bonbon tout de suite, si tu peux le garder jusqu’à demain je t’en donnerai un autre, si tu le manges tout de suite, tu n’en auras pas demain » montrait qu’une grande partie préférait la gratification immédiate. Même si certains pouvaient attendre sans problème, ce n’était pas la norme.

Ça s’explique simplement – le cerveau fonctionne en mode « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ». Dans un environnement dangereux où la ressource énergétique est limitée c’est une stratégie rationnelle. Si je ne mange pas la carcasse d’animal que je viens de trouver tout de suite en me disant que demain je vais en trouver une meilleure, je prends un risque inutile. La notion de plaisir est directement liée à ça – le désir (et le plaisir qu’on tire de l’action) renforce des comportements vertueux pour la survie. Satisfaire sa faim immédiatement (et pas plus tard) ou prendre du plaisir lors d’un rapport sexuel sont les deux idées les plus évidentes, mais je pourrais aussi citer des comportements sociaux comme se mettre en valeur / se sentir utile dans une communauté … ou cancaner – qui sont des fonctions sociales super importantes et si vous ne me croyez pas allez donc clore votre compte Facebook et arrêtez de vous plaindre de votre boss 🙂

Le cerveau est en mode anticipation permanente et quand un stimulus se présente, boom. Le désir arrive vite et doit être satisfait tout de suite, pas demain.

Dopamine et mécanismes de renforcement

Le master neurotransmetteur responsable de tout ça c’est la dopamine, que nous produisons en masse pour alimenter le système de récompense, qui sont dans des structures que nous partageons pour la plupart avec les autres mammifères dont je vais vous épargner les noms savants. Le point important c’est que le système est fait pour nous pousser à l’action, et qu’il se renforce tout seul et que pour les fonctions basiques comme la nourriture, il est largement inconscient.  Et il ne connaît pas nos objectifs à long terme – il fonctionne dans l’immédiat. Et évidemment en cas de fatigue ou de stress (excès de cortisol) il est plus difficile de résister à l’appel de la dopamine, qui a quelques autres caractéristiques intéressantes :

  • Les comportements de récompense immédiate se renforcent les uns les autres. Les addictions sont souvent multiples. Difficile de dire si cette « cross-stimulation » a une explication évolutionnaire ou pas (de toute façon on s’en fout) mais ce qui est sûr c’est que dans notre environnement super stimulant, craquer sur une récompense immédiate a des effets collatéraux.
  • Evidemment la satisfaction est de courte durée (puisque le but est de nous pousser à réitérer l’action autant que possible).
  • La dopamine est indispensable à l’apprentissage et autre fonctions importantes et sa carence est dangereuse (maladies dégénératives) donc il faut de toute façon stimuler nos centres de plaisir d’une manière ou d’une autre, mais tant qu’à faire, en essayant de ne pas se détruire !

Le fonctionnement des neuro-transmetteurs dans le cerveau est subtil mais finalement basé sur peu de molécules : Chemical-Structures-of-Neurotransmitters

Il y a un ballet perpétuel entre dopamine, sérotonine, et endorphines dans notre cerveau, et il faudrait que je regarde cela d’un peu plus près pour en parler de manière intelligente. Et ce schéma ne montre pas les autres hormones (comme le cortisol) qui vont avoir une influence globale sur tout ce système.  Mon point, c’est que nous sommes une usine moléculaire et que tout ce que nous ressentons, notamment les désirs, est piloté par de la chimie même si nous avons l’illusion que c’est nous qui décidons.

D’ailleurs un paradoxe étonnant des humains c’est à quel point nous valorisons les émotions non rationnelles (être éperdument amoureux, fou de rage, ému aux larmes …) qui sont 100% chimiques et hors contrôle cortical – alors que c’est le cortex et notre capacité à agir rationnellement et pas dominé par nos instincts qui nous différencie (en général …) du règne animal … en tout cas, qui fait de nous, pour l’instant, l’espèce qui a le mieux réussi à se développer et l’hyper-prédateur ultime.

Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais c’est encore un autre sujet.

Hyper-stimulation

Un point qu’on a tendance à oublier c’est le bombardement cognitif que nous subissons en permanence. Nous réagissons vivement aux stimuli visuels, les aires visuelles sont les plus développées dans le cerveau comparativement aux autres sens.  On oublie que l’invention de l’image reproduite (la photo) est somme toute récente et son utilisation à des fins promotionnelles encore plus.  Les circuits neuronaux affinés pendant quelques centaines de milliers d’années pour reconnaître un fruit ou un légume comestible, se jeter dessus, et se sentir bien après pour avoir envie de recommencer nous servent principalement maintenant à analyser des images, ou sinon le contenu de notre frigo. Baladez-vous en ville et essayez de compter la quantité d’images d’aliments (ou de boissons) que vous voyez en 5 minutes. Je ne vais pas parler ici de l’hyper-stimulation sexuelle avec notamment la pornographie parce que ce n’est pas le sujet mais c’est le même principe.

Le problème de l’hyper-stimulation c’est qu’elle « sature » les circuits de récompense et on en devient accro – pensez aux likes de Facebook qui fonctionnent sur le même principe (sauf que là on détourne l’aspect « reconnaissance sociale par le groupe » qui était aussi un facteur important de survie).

Donc … pas si étonnant qu’on bouffe trop et mal, qu’on picole, qu’on fume et qu’on passe trop de temps sur les réseaux sociaux  puisque notre cerveau de primate reçoit en permanence des messages appellant à une gratification immédiate, et qu’il n’est pas vraiment formaté pour gérer ça. Et que le marketing des grosses sociétés qui produisent de la bouffe industrielle ou des applications, si il fait bien son travail, s’appuie sur ces processus pour nous rendre accro. Et comme si il fait mal son travail le directeur du marketing se fait lourder ou la société se fait bouffer par un concurrent, y’a pas de raison que ça s’arrête de sitôt.

En ce qui me concerne, pour la bouffe, je vais réagir à 80% à des stimuli visuels (ouvrir mon frigo me donne envie de manger ce qu’il y a dedans) et 20% olfactifs (l’odeur des croissants devant la boulangerie, ou du plat qui mitonne dans la cuisine).

Tromper nos instincts ?

Heureusement, nous avons un cortex pré-frontal plus développé que les autres primates, et qui peut nous aider à mettre à distances ces comportements instinctifs qui deviennent dysfonctionnels dans notre monde moderne.  Les clés pour résister sont conceptuellement simples et pratiquement difficiles à mettre en œuvre. Mes petites recettes personnelles …

  1. Le mieux pour résister c’est de ne pas avoir à résister !Ne pas s’exposer à la situation. Si je sais que j’ai tendance à me jeter sur une tablette de chocolat quand je suis énervé ou fatigué, s’il n’y en a pas dans les placards de la cuisine, mon désir ne sera pas assez fort pour me faire prendre ma voiture et de trouver un magasin ouvert 24×7 pour en acheter (ça c’est plutôt un truc de fumeur – merde c’est dimanche soir il me reste une cigarette dans le paquet et le tabac vient de fermer).
  2. Si on ne cède pas le désir en fait passe rapidement.Le cerveau envoie un signal espérant déclencher un comportement, si le comportement n’a pas lieu, il va passer à autre chose. Se donner une pause de 5 ou 10 minutes lorsqu’on a une envie urgente, ça marche assez bien.
  3. Si par contre on cède, c’est open bar.On croit se débarrasser de l’envie en l’acceptant et c’est le contraire qui se passe. Je suis sidéré de voir comme je peux manger, boire ou fumer de manière totalement mécanique, sans aucun focus sur ce qui est censé déclencher le comportement, à savoir éprouver du plaisir, une fois que j’ai commencé. Comme si le fait de céder à mon envie me faisait passer en pilote automatique sur le mode « on ne sait pas combien de temps ça va durer, profitons en ».
  4. Avoir un objectif de niveau supérieur et plus lointain qu’on peut brandir et dont on tire une satisfaction supérieure.Genre « je veux perdre 5 kilos en étant en alimentation cétogène » ou « je vais courir un marathon dans 3 mois ». Pour la cigarette ça coule de source : « je ne veux pas m’empoisonner et littéralement voir partir mon argent en fumée ». C’est évidemment plus difficile que la non exposition, parce que la bataille intérieure a lieu et le dialogue entre le moi présent et le moi futur est toujours délicat.
  5. L’importance du groupe social auquel nous nous identifions et avec lequel nous passons le plus de temps. C’est un peu la même chose que le point 1, mais en mode collectif.Je discutais du post avec mon épouse ce matin (non, je ne remonte pas le temps, je suis en train de ré-éditer le post) et elle m’expliquait comme elle se comporte différemment en fonction du groupe social dans lequel elle évolue, et comme la discipline qu’elle recherche dans la vie est plus ou moins possible selon qu’elle est dans un environnement ou un autre. C’est vrai pour tout le monde. Déjà, il y a cette idée intéressante, dont je ne sais pas si elle est vraie, qui est que « nous sommes la somme des 5 personnes avec lesquelles nous passons le plus de temps ». Si votre groupe de potes de références ce sont des obèses mangeurs de pizza, buveurs de bière et fumeurs, qu’est-ce que vous allez faire quand vous allez passer une soirée avec eux ? Leur expliquer que vous êtes en alimentation cétogène ? Non, vous allez vous empiffrer de pizza et vous finir à la bière. Juste pour satisfaire la pression de conformité sociale. Ou réduire votre propre dissonance cognitive.

    J’ai la particularité d’avoir toujours été « multi-groupes » avec ces dernières années un pied dans le business, un dans la diététique, un dans le sport (oui ça fait beaucoup, je suis un quadrupède qui s’ignore) et je mesure bien l’influence que ces groupes de référence ont sur mon comportement. Ma récente chute dans la marmite crossfit me le montre bien. Je n’ai osé dire que je fumais que le jour où un camarade de WOD (que je ne dénoncerai pas) a sorti son paquet de tabac à rouler lors d’une conversation post-exercice. Sinon, j’avais honte, tout simplement. Mais avec les potes musiciens et la bière de fin de répète, pas de souci. Par contre ils m’ont toujours pris pour un dingue par rapport à mes activités sportives mais c’est pas grave ce ne sont pas les seuls 🙂

    Un très bon moyen de combattre vos addictions est de vous inclure dans un groupe qui les rend impossible à assumer au quotidien, et qui va valoriser le fait des les dépasser. Le groupe « ketogains » sur FB qui fait une promotion intensive de l’alimentation cétogène et des kettlebells très lourdes est plein d’anciens obèses (littéralement) dont la vie a été sauvée par ce groupe de support. Un genre d’alcooliques anonymes pour obèses.  Hors le fait que je pense de plus en plus que la muscu est une excellente activité pour être heureux et en bonne santé longtemps et que donc j’ai envie de faire partie d’une branche de cette tribu-là … choisissez un groupe de référence dans lequel les addictions que vous voulez combattre sont juste pas possibles, ça aide grandement.  Et vous génèrerez plein de dopamine quand vos camarades vous inciterons à lever des poids plus lourds, plutôt que de vous griller une dernière pour la route.

Le retour de la dissonance cognitive

Quand on en discute avec un fumeur (ou quand je me regarder fumeur), la capacité à se raconter des histoires pour limiter la dissonance cognitive est hallucinante. « Mais non c’est pas si toxique que ça » ou « bah je crois en la science, je suis sûr qu’on aura trouvé un traitement avant que j’aie un cancer » ou « oui, tu as raison, j’arrête la semaine prochaine (mais il dit ça depuis 10 ans)». Je vous laisse deviner quel est mon argument préféré ….

Notez bien que je ne suis pas en train de critiquer sur le mode « c’est dingue d’être aussi con », non, je reste plutôt sidéré par notre irrationalité, qui est en fait une rationalité détournée et utilisée à mauvais escient.

Synthèse qui n’en est pas une

Bon j’ai dit quoi ? Que nous sommes programmés pour réagir positivement à des stimuli censés être vertueux mais que dans notre environnement actuel ils sont détournés. Ce mécanisme très puissant de désir et de recherche de satisfaction immédiate s’active sur des actions qui vont nous certes nous donner du plaisir (ou nous donner l’impression de nous donner du plaisir, dans le cas de la cigarette) mais qu’il vaudrait mieux pour nous  ne pas désirer. Et qu’une des clés pour résister est d’avoir des objectifs clairs qui permettent d’acter « non je ne vais pas le faire pour telle et telle raison ».

On est dans un empilement qui ressemble à ça :

  • J’ai envie de ça / je fais faire ça (manger le croissant, fumer la cigarette);
  • Je voudrais ne pas en avoir envie;
  • J’invoque un objectif rationnel et plus lointain pour résister;
  • Des fois ça marche, des fois pas.

Décisions, image de soi et état intérieur

En fait nous sommes constamment en train de faire ce type d’arbitrages. Là je suis dans un avion en train d’écrire un post. C’est une activité pour moi agréable – plaisir immédiat de l’écriture et plaisir différé de l’appréciation que j’espère en recevoir socialement. Mais je pourrais aussi prendre du plaisir à regarder un film de super-héros complètement con avec des cascades  de malade. Il se trouve que j’aime ça, j’avoue, j’ai vu tous les Fast& Furious.

Pourquoi écrire et pas regarder le film ? Sans doute parce que j’accorde globalement plus de valeur à l’écriture qu’à regarder des films, parce que c’est un acte créatif et pas passif, et que ça marque beaucoup de points sur mon auto-évaluation personnelle, mon image idéale, le « qui ais-je envie d’être » et le « comment je désire être perçu socialement ».

La capacité à résister va dépendre aussi largement de l’état mental. Fatigué et/ou tendu, ou avec un bon jet-lag dans la tronche, les petites batailles deviennent beaucoup plus difficiles.

Les comportements addictifs sont largement construits sur des mécanismes inconscients à l’origine vertueux et une des clés pour s’en débarrasser est de s’auto-programmer des objectifs qui seront incompatibles avec et de réussir à y accorder suffisamment de valeur et vont imposer une discipline de vie.  Nous y voilà.

Discipline

La motivation et la discipline : c’est encore tout un autre sujet.

Nous admirons en général les personnes qui arrivent à faire des trucs exceptionnels et/ou  font preuve d’une volonté de fer. Quand on creuse un peu le sujet, le fait d’arriver à faire des choses hors du commun passe par une obsession pour le sujet et la capacité à absorber répétition après répétition routinière – que ce soit des gammes à la guitare, des séances de course à pieds ou du kipping à la barre fixe. Ou des formules de math.

La discipline est une de mes bêtes noires.

Même si j’ai su m’astreindre à des plans d’entrainements marathon (et survivre à 3 ans de prépa !), mon fonctionnement mental normal est plutôt de partir le nez au vent à la découverte du grand inconnu ! J’ai longtemps cru que le talent et la performance étaient indépendants de l’énergie investie … C’est complètement faux, qu’on parle de performance intellectuelle, sportive ou artistique. Certes nous sommes tous différents et plus ou moins doués pour performer sur tel ou tel sujet;  mais c’est la pratique qui fait tout, et qui permet d’intérioriser suffisamment la tâche à accomplir pour la faire au mieux et la mécaniser totalement. Travailler comme une bête pour donner l’impression d’une simplicité absolue disait Ségovia, le grand maitre de la guitare classique.

Donc il faut pratiquer. Il faut de la discipline.  L’objectif est en fait moins important que la capacité à accepter le plan. Dire « je veux courir un marathon en moins de 3 heures » ne vaut rien si on ne sais pas se coller au plan d’entrainement idoine.  C’est plus efficace de dire « je vais m’entrainer 10 heures par semaine » et accorder de l’importance au respect du volume de temps à passer que d’obséder sur l’objectif et ne pas faire ce qui faut pour : blessure et frustrations garanties.

Il y a là encore un autre paradoxe que je comprends intellectuellement mais pour lequel il est difficile de franchir le pas : plus une vie est structurée volontairement, et plus on est libre … d’une certaine façon. Disons que c’est une manière d’être libre qui va produire des résultats. Parce qu’on s’impose la structure volontairement et que la pratique va nous rendre meilleurs et nous permettre d’atteindre nos objectifs. Et qu’avoir de la structure au quotidien réduit les « frictions », les micro-décisions qui consomment un peu d’énergie mentale à chaque fois. C’est pour ça que si on veut maigrir c’est bien de simplifier les menus (limiter les options) … ou que certains businessmen préoccupés par le devenir du monde ont une garde-robe de vêtements tous identiques (Jobs ou Zuckerberg) histoire de ne pas se demander le matin comment s’habiller. Bon, y’a aussi sans doute du travail de marketing de l’image perso aussi, hein.

La capacité à formaliser des objectifs et des règles de vie simplifie grandement les processus de décisions personnels et en fait disparaître un certain nombre, et permet de conserver son énergie mentale pour des choix plus importants.

Les objectifs sont éminemment personnels ; chacun son truc pour trouver sa place dans son écosystème relationnel et social et chacun ses envies. On ne va pas avoir les mêmes désirs à 30 et à 60 ans – mais ce qui est sûr c’est que plus on vieillit et plus on est conscient que la vie est une course contre la montre qu’on finit toujours par perdre.

Ce qui chez moi fait émerger l’idée que l’important c’est le chemin, et le chemin, c’est la discipline quotidienne. Avoir des objectifs clairs et réalistes permet de structurer le quotidien et de se le réapproprier. Et ces objectifs doivent se décliner sous forme de routine. La difficulté, c’est de réussir à prendre du plaisir dans des activités routinières, ou de réussir à ne pas se poser la question.

Conclusion ?

Bon … je ne suis pas sûr qu’il y aie une conclusion claire à cette histoire. A part que c’est bientôt la nouvelle année et que c’est un bon moment pour réfléchir à ce qu’on a fait et ce qu’on voudrait faire. Et ne plus faire. Et essayer d’y arriver.

A part ça je n’ai pas touché une cigarette depuis que je suis monté dans l’avion, il y a une semaine, sans difficulté. Par contre, ne pas boire de bière, au Brésil c’est très difficile … et avoir une discipline sportive quotidienne, quand on est en groupe familial c’est pas trivial non plus.

Si vous avez vos propres recettes / expériences vécues par rapport à ces problématiques, les commentaires sont ouverts !

Publié dans Petites histoires, Psychologie evolutionniste, Réflexions diverses | Tagué , , , , , , , , | 11 commentaires

Cross (neo) phyte

Pour tous mes potes (et les autres) qui me regardent bizarrement quand je leur dis que je « me suis mis » au CrossFit et que je ne cours pratiquement plus. Une petite explication, en espérant qu’elle soit inspirante pour votre propre pratique sportive.

Sandy et Grego

Mes premiers contacts avec le CrossFit remontent à un paquet d’années, 2012 pour être précis. C’est Grego (https://firstquartilerunners.wordpress.com) qui m’avait trainé dans la box Reebok sur la 5ème avenue et j’avais découvert avec surprise ce monde de kettlebells, barres d’haltères et autres agrès. C’était l’année de Sandy, marathon annulé, et nous avions déambulé (et couru) dans Manhattan pendant une semaine. A l’époque, Grego commençait sa journée par quelques KB swings, un paquet de pompes et une douche froide et je le regardais faire en me demandant qui était le plus barré de nous deux.

IMG_0397

Back in the day …

Et puis il m’a offert « Power Speed Endurance » de Bryan Mc Kenzie, crossfit appliqué au triathlon. J’ai regardé le bouquin avec intérêt : Bryan parlait de la méthode « Pose » pour courir, zero drop et sentir la chute vers l’avant et ça me parlait bien. Par contre, Box Jump, Squats et autres, aucun intérêt et je suis retourné faire mes tours de piste en essayant juste d’aller plus vite sans me blesser (note : j’ai pas réussi). J’ai quand même acheté quelques kettlebells et un bouquin sur le sujet et je me suis mis à faire quelques swings et autre cleans dans mon jardin, et puis, la course a repris le dessus.

Movnat

J’ai aussi regardé MovNat dont j’ai été fan pendant quelques mois (ceci dit je pense toujours que c’est une excellente méthode de culture physique). J’ai écrit quelques posts sur le sujet après mon stage d’initiation, et là encore, le soufflé est retombé.

Mais une idée d’Erwann Le Corre est restée gravée dans ma mémoire : bouger, c’est vital, et quand on est expert dans un seul compartiment (mettre un pied devant l’autre le plus vite possible et le plus longtemps possible), ça limite les possibilités et ça atrophie beaucoup de choses. Quid de grimper, de soulever, de sauter ?

Il n’est pas interdit de réfléchir …

Plusieurs autres concepts ont évolué en parallèle dans mon univers personnel …

Le cerveau sert à bouger avant tout, la pensée consciente est un plus évolutionnaire mais absolument pas sa fonction première. La dichotomie cerveau/corps, fruit de l’hypertrophie de notre cortex préfrontal est une vaste connerie (Oui, Descartes, c’est à toi que je pense). Les expériences sensorielles et la confrontation à des mouvements inconnus et nouveaux sont au moins aussi importantes que la lecture ou la réflexion pour l’entretien du paquet de gras, de flotte et de protéine qui nage entre mes deux oreilles. Pour le pur intello que j’ai été longtemps cette découverte est une sacrée épiphanie mais comme dit l’autre y’a que les cons qui ne changent pas d’avis !

Je vieillis, comme tout le monde autour de moi. La sarcopénie me guette ! Bon, elle finira par gagner, mais pas sans quelques batailles. Mes autres lectures  « évolutionnaires » montrent bien que l’organisme est en arbitrage permanent pour allouer les ressources là où cela parait nécessaire compte tenu des stimuli qui sont appliqués.

Qui vois-je comme modèles de personnes qui vieillissent bien (ie avec un cerveau et un corps qui fonctionne toujours correctement) ? Certes quelques coureurs, mais aussi des gens comme Art de Vany, dont j’avais dévoré le « new evolution diet » lors de sa parution et qui, à 80 balais bien sonnés, affiche toujours une patate de dingue et un cerveau super affuté. Et il fait quoi comme activité ? il lève de la fonte, et a toujours été très critique de l’endurance et de ses effets à long terme.

Ajoutons à cela deux ou trois études qui établissent une corrélation directe entre le pourcentage de masse musculaire et la probabilité de décès à court terme et ça peut motiver un peu pour, à défaut de prendre de la masse musculaire, essayer d’éviter de la perdre trop vite …

La perspective de continuer à chasser une poignée de secondes sur des courses ne m’excite plus tellement. Ca serait cool de me tester sur un ironman, mais je n’ai pas le temps de m’entrainer 15 heures par semaine et je nage comme une enclume. Il y a l’ultra bien sur mais là encore l’entrainement consiste à enchainer des séances à faible allure et à faire encore et toujours du volume … ce qui m’excite encore moins, même si c’est sans doute intéressant de faire des longues courses.

Bienvenue au Trapèze

Tout ça combiné m’a amené à pousser la porte du trapèze il y a quelques mois. Faut dire que le fait d’avoir une box à 10 minutes de vélo de la maison est super pratique.

Les premiers contacts sont à la fois rudes et chaleureux.

Rudes parce que … à part courir, je ne sais rien faire de mon corps ! Bon j’exagère, quelques pompes, une demie traction, à peine sauter à la corde.

Il faut aussi rentrer dans je jargon infernal et toutes ses abréviations : DU, OHS, AMRAP, RFT, DL … et après … faire les exercices.

DSC02654

Qui a dit « jargon » ??? (box à Iowa City) 

La mobilisation de mes ressources (bien limitées) de proprioception est une nécessité vitale. La première barre posée sur les épaules fait mal et pèse 20 kilos, même à vide. Sur les premiers squats j’ai les quadris en feu, littéralement, et pourtant c’est pas la partie de mon corps qui est la plus faible, merde, ça fait 20 ans que je cours.

Du coup il y a cette énorme remise à zéro des compteurs : je ne sais rien faire.

La bonne nouvelle, c’est que je m’en fous et que je suis là pour apprendre, et qu’il y a toujours une version « mode dégradé » des exercices, donc matière à transpirer et à progresser quelque soit le niveau. Tu sais pas faire des tractions ? pas de souci, voilà un élastique (ou une box) pour commencer. Pas d’OHS (pompes avec le corps à la verticale) ? no problemo, tu vas faire une variante.

Et puis … on est en groupe, avec un coach. Une fois avalé la pilule du non ego et compris que de toute façon chacun travaille à sa propre progression, quel que soit son niveau, il y a matière à challenge tous les jours, et la présence du coach, qui peut rectifier telle ou telle position (et te gueuler dessus à la fin quand t’en peux plus) est précieuse. C’est pour la bonne cause, donc on va mettre ça aussi dans la catégorie « chaleureux » 🙂 et non, je ne vise personne 🙂

Everyday is a surprise

Chaque séance est différente, même si le format échauffement / compétence / force / endurance est toujours généralement respecté. Et peut poser un challenge à chaque fois : soit pour exécuter des mouvements inconnus, soit pour décider à quel point charger les barres, soit la pure endurance (le coureur n’imagine pas comme le cardio peut monter dans les tours quand on lève des charges lourdes, mais je vous assure qu’on arrive au SV2 en moins de temps qu’il n’en faut pour faire 5 backsquats). Une fois apprivoisée la peur de la blessure (qui ne garantit pas, hélas, qu’elle n’arrivera pas, mais pour l’instant je m’en sors mieux qu’en courant) c’est plutôt la peur de l’échec qui rode et qu’il faut maitriser ; dialogue intérieur toujours complexe pour se sortir de sa zone de confort, mais pas trop.

DSC02653

Qui a dit « zone de confort » ?

Un des points qui m’étonne le plus et qui a dézingué quelques un de mes préjugés sur l’imbécillité de la musculation c’est la complexité des mouvements et l’intelligence corporelle (et la connaissance de l’anatomie) nécessaires pour une bonne exécution.

Lever une barre, c’est compliqué, très technique, et très intense. Qu’on travaille en force pure ou en endurance.

Bizarre comme la barre pèse de plus en plus lourd à chaque round. Il faut aller chercher l’énergie je ne sais pas où … Comme je crois vraie la théorie du « gouverneur central » (le cerveau alloue plus ou moins d’énergie à l’effort en fonction de l’arbitrage nécessité de l’effort / risque pour l’organisme) cette confrontation est permanente. Allez, encore un.

C’est un peu comme un fin de marathon ou de séance de fractionné finalement, où il faut juste regarder la fenêtre de temps immédiate – je finis cette série, après on verra. Sauf qu’il faut garder une « forme » propre, ce qui n’est pas le cas en course.

Skills

Comme on travaille sur plein de dimensions simultanément (force, puissance, agilité, endurance) les challenges et la combinatoire sont infinis. Et l’organisme va faire ses propres arbitrages, personne n’est excellent partout. Moi par exemple, je suis nettement plus souple que la plupart de mes petits camarades :-). Et du coup, on apprend plein de choses. La mécanique du mouvement est disséquée dans tous les sens.

Tribu

La tribu des crossfitters est assez différente de celles des runners (sans blague ?) …  Même si je ne suis pas le seul a avoir ma collec de t-shirts marathon.

Evidemment, la dimension athlétique du sport par rapport à l’optimisation de la masse musculaire du marathonien (tout dans les cuissots, le moins possible ailleurs) donne des morphologies assez antinomiques, je ne m’étendrai pas là-dessus, on va croire que je ne fais ça que pour voir des éphèbes en nage :-).

La densité de tatouages est également nettement plus élevée 🙂 mais j’attendrais de d’être capable de faire quelques WODs à Rx avant de commencer à me pencher sur le sujet sérieusement sur mon cas personnel :-).

Non, le plus étonnant et intéressant est la passion pour le sujet et cette camaraderie forgée dans l’effort commun (surtout à 7 heures du matin …) . Ca donne un peu l’impression que tout le monde est en apprentissage permanent et en recherche d’optimisation. Ce qui est plutôt cool.

Un cocktail intéressant d’individualisme et de collectif… que je défriche à peine. Mais ayant pratiqué à Boulogne et à … Iowa City …  j’ai retrouvé la même passion des coachs et diversité des participants. Et le « well done » à la fin du WOD, qui est toujours un grand moment rituel 🙂 .

Un peu l’équivalent de la prière avant le repas, d’une certaine manière.  Juste apprécier et acter le moment présent.

Crossfit en liberté

Et puis s’il n’y a pas la box, on peut juste se faire son WOD tout seul en combinant quelques mouvements simples. A partir du moment où on combine intensité, explosivité et on va finir dans le rouge, on est bon.

Pumpkin Battle

Je suis passé ce matin à la box qui organisait une compétition amicale avec une autre box en région parisienne. En spectateur …

J’ai pris quelques photos. C’était juste une épreuve (les équipes s’affrontent sur plusieurs). 100 sauts à la corde double (à partager entre les deux membres de ‘l’équipe), 10 « wall climb » (5 chacun, il faut faire les pieds au mur et toucher le mur avec le ventre, et pendant ce temps le partenaire tient un disque de 20 kilos) et le plus possible de lever de barre à 60 kilos si j’ai bien compté. Et ceci en 3 minutes, avec une minute de récupération entre chaque et le dernier à 4 minutes. Le gagnant est celui qui a totalisé le plus de levé de barre.

DSC03036

Ze battle …

DSC03040

Echauffement …

DSC03043

Master of Ceremony … No Bull !

DSC03060

Double under

DSC03050

Wall Climb

DSC03056

1, 2, 3, … 50, 51, …

DSC03066

Explosivité, endurance …

DSC03070

Ca passe …

DSC03053

On va chercher la dernière rep …

Alors, ça vous tente ?
Ou après avoir lu le post et les photos vous trouvez vraiment ça trop barré ?

J’en ferai d’autres 🙂

 

Publié dans crossfit, sport | Tagué , , | 4 commentaires