1:29:26

Parlons un peu du semi de Boulogne.

tout est prêt …

Ca fait 3 ans que je fais ce semi, j’ai fait 1:50 il y a deux ans, 1:40 l’an dernier … et donc un peu moins d’1:30 cette année.

Entrainé pour le marathon de NY en  3:30 ( qui reste à réussir …),  1:34 au semi de Paris en Février et un peu moins d’1:30 au 20K de Paris. 4 kilogrammes de moins et quelques mois d’entrainement devraient permettre de gratter quelques secondes, voire minutes. Un semi en moins d’1:30, ça veut dire 4:15 au kilo, un peu plus de 14,1 km/h de moyenne. Sur 21 kilomètres. Vitesse que je tiens facile sur des 3*3000 – mais 21 k ? je l’ai déjà fait, certes, mais il y a plus de 15 ans  … en toute inconscience.

Etat intérieur un peu ambigu – objectif atteignable, mais grosse marche par rapport à ma dernière course. Les secondes au kilomètres ne se gagnent pas de manière linéaire.

La veille, lors de l’entrainement X-Run : je discute avec Carmen qui tourne au semi en 1:14. Son conseil : « Il faut que tu aies mal à partir du 15ème kilo, et sur les trois dernier, ça va être vraiment dur ».  Fida’a m’avait un peu toisé – « Hmmm … 1:30 ? t’es sur ? tu fais combien au 400 ? »

Je ne suis pas hyper-compétitif, dans la vie comme dans une course. Je m’arrête aux entrainements avant de dégueuler. Rationalisation : je n’ai pas envie de mourir d’un infarctus pour gratter quelques secondes sur une course, mais c’est une fausse barbe. Vraie angoisse à sentir la limite maximale, d’autant plus qu’il n’y a pas un tigre aux dents de sabre qui me court derrière et que ma vie n’est pas en danger. L’organisme est prudent et toujours focalisé sur l’économie d’énergie et la préservation, donc pour pousser  à fond il faut vraiment une bonne raison. Bref. Je ferai un post sur la muscu un de ces jours, sur le thème des répétitions jusqu’à l’échec …

La veille au soir je mange des pâtes, histoire de faire le plein de glucides.

Le matin, grosse douleur à la cheville gauche, qui ne s’est toujours pas remise de mes excès barefoot cet été. Je peux à peine poser le pied par terre. J’ai couru très vite pendant 5 minutes la veille (3:28 au kilo) , malgré la glace, j’ai sans doute un peu forcé. Quel con ! Comment je vais tenir 21 bornes ? Envie de retourner me coucher… Ce type de douleurs peut passer assez vite après le réveil … ou devenir intenses et intolérables à l’effort.

Après avoir avalé deux cafés, je me prépare une boisson à base de « superstarch« , produit révolutionnaire qui permet de stocker les glucides sans pic d’insuline … sur un semi c’est peut être un peu too much mais ça ne peut pas faire de mal. Et je verrai bien si j’arrive à le digérer.

Programmation du GPS pour avoir la cadence instantanée, moyenne au kilo , et la vitesse depuis le début de la course. Pas de fréquence cardiaque, histoire de me fier à mes sensations et de ne pas m’auto-censurer … Ca m’avait pas mal réussi au semi de Paris, et j’ai pris ma décision : je vais partir à 4:15 au kilo, et essayer de tenir jusqu’au bout. Si ça explose, on verra.

Je retrouve Thierry … mon mentor, pour une petite photo motivationnelle 🙂

Normalement je suis derrière ces mecs là, pas devant !

Préparation indispensable – le découpage du sac poubelle pour ne pas avoir trop froid en attendant :

En vrai avant la course c’est plutôt comme ça :

Avec quelques un des clients invités …

Bonne nouvelle, il y a des meneurs d’allure. Je suis dans le sas 1:30, je me rapproche du gars au drapeau(un p’tit jeune tri-athlète qui tourne au marathon en 2:40 …) et  je vais lui coller au train sans me poser de questions. Il pleut mais il ne fait pas froid; Suzana est là et m’encourage – go for it.

Flottement habituel avant le coup de pistolet et … c’est parti. Ma première perception :  c’est rapide !!!

Il faut que je fasse un effort conscient pour coller au train. Pas violent, mais un effort quand même. Sur 2 3 kilos ça va aller, mais sur 21 ??? Je ravale mes états d’âme et essaye de me concentrer sur les fondamentaux : foulée, posture, mouvement des bras, être fluide et « dedans »; je me permets de papoter un peu avec mon camarade au drapeau. Bien dans son rôle, comme Thierry lors du marathon de NY – concentré , aller à la bonne vitesse mais pas trop – « on est bien, on est bien ». C’est difficile de respecter une allure ! Et la capacité de calcul mental diminue assez vite avec le déficit d’oxygène …

Les kilomètres s’enchainent assez facilement. Le parcours est super roulant. Juste des flaques d’eau pas toujours faciles à éviter, comme je cours sans chaussettes de toute façon j’ai déjà les pieds trempés. Des grappes de coureurs à dépasser, et toujours le drapeau. Des fois juste derrière, des fois à droite ou à gauche, ou … devant; je reste libre sur l’allure et essaye d’être détendu. Mal nulle part, pas de crampes, pas de point de côté. C’est bon : tenir une allure soutenue sans douleur est un grand plaisir. Pluie, vent, peu m’importe. Chaque kilomètre pris me rapproche de l’arrivée. Notre allure est très régulière : à part un ralentissement entre le 9ème et le 10ème, nous sommes entre 4:10 et 4:15.

Le meneur s’arrête au 11ème (il a un marathon la semaine suivante …) et est remplacé par un lièvre tout frais. Qui met le turbo et nous fait avaler les 3 kilomètres suivants en 4:06 : on lui fait gentiment remarquer et il se calme. Je flippe, ça va se payer à la fin, mais on est déjà au 15ème. Mon chemin de croix doit commencer mais si je suis arrivé jusque là … 6 bornes c’est 3 plus 3 dont une qui ne compte pas parce que c’est la fin, donc c’est jouable.

Je ne pense plus à rien … d’autre que la fierté que j’éprouverai si j’arrive à finir cette putain de course en moins de 1:30 et j’essaye de me visualiser à l’arrivée. Quand je pense trop, je ralentis et je me force à coller au train du meneur, voire à le dépasser de temps en temps. C’est la partie avec le pont de Sèvres, donc en plus il y a des côtes. Accélération dans les descentes. Je retrouve Lapin  qui a l’air d’en chier grave (il a fait un marathon la semaine précédente …), mais qui tient. Je le passe au bout de quelques centaines de mètres, profitant lâchement de la situation.

Vers le 17ème je retrouve un des clients que j’ai invité, qui jure comme un charretier parce qu’il a des crampes. Je mesure mon bonheur, l’abandonne à son triste sort, et continue à suivre mon meneur d’allure.

Il reste 3 bornes et je suis dans les clous. Merde, je vais y arriver !

Un 3.000, j’ai fait ça tellement de fois. Un p’tit test VMA. Je peux le faire !!!

Passant devant l’immeuble Canal au 20ème kilo je jette ma gourde (qui m’a permis de ne pas m’arrêter aux ravitaillements) en me disant que je la retrouverai plus tard, et que finir  sans rien va être un peu plus facile. Km 19 et 20 en 4:07 et 4:10 au kilo.

Je n’ai pas mal. Km 20 en 4:01. C’est fini, il reste un gros un kilomètre, c’est rien : deux fois 400 et 200. Deux tours de piste 1/2. Vive les maths :-). J’accélère. Je peux peut-être faire 1:29 ? Juste l’idée de savoir qu’il reste à peine une ou deux minutes et l’instinct du chasseur pour remonter quelques places dans le classement.

A 100 mètres de l’arrivée Suzana est sur la gauche et hurle – j’ai les larmes aux yeux, on est en général assez émotionnel près de l’arrivée … Je vois les gros chiffres du compteur officiel 1:29 ha ha ha c’est bon j’y suis. 300 derniers mètres en 3:47, coeur au bord des lèvres mais ça tient. Je passe en 1:29:45 – temps réel 1:29:26.

Ca me met 50ème sur 555 dans ma catégorie – premier décile et 593 sur 5000 au classement général.

Après analyse de la FC, j’aurais sans doute pu gagner une poignée de secondes : j’arrive à une FC de 180 au dernier kilo et je ne dépasse pas 182 à l’arrivée alors que je peux monter à 185. Et je n’ai pas eu de courbatures le lendemain, jusque les chevilles un peu raides.

Mais bon, on ne va pas bouder notre plaisir. Et planifier le prochain en 1:28 ?

La course sur garmin connect

Plus  de photos … quand j’en aurai !

On remballe et on se casse !

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Einstein, agnostique, croyant ou athée ?

Einstein, agnostique, croyant ou athée ?

C’est un grand classique d’utiliser un scientifique de renom pour justifier de la religion. Einstein n’y a pas échappé avec « Dieu ne joue pas aux dés » et autres « La religion sans la science est aveugle et la science sans la religion est boiteuse » … cet article du Gardian détaille la lettre qu’il a écrit avec le fameux aphorisme.  Et tant que j’y suis, allez donc voir le blog de Sam Harris, avec un très bon article sur un neurochirurgien qui a approché la mort de près et en déduit l’existence de dieu.

Et je ne le répèterai jamais assez, une fois qu’on a lu « Et l’homme créa les dieux »  .. de Pascal Boyer, on ne voit plus les hommes et les dieux de la même façon. On peut aussi lire « The God Virus », plus polémique mais passionnant.

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L’intelligence humaine sur le déclin ?

L’intelligence humaine sur le déclin ?

Je tombe par hasard sur ce post, qui reprend une idée de Jared Diamond sur la « pression de sélection », où en gros l’argument et que comme il est devenu beaucoup plus facile de survivre maintenant qu’il y a 10 ou 20.000 ans, la sélection naturelle va plutôt sélectionner les personnes ayant des gènes qui leurs permettent de résister aux maladies provenant du bétail qu’on élève (ou du blé qu’on cultive) plutôt que d’avoir la capacité à se résoudre des problèmes indispensables à la survie; C’est assez polémique (d’ailleurs il y a 400 réponses au post …) mais un peu rafraichissant par rapport à notre vision toute puissante de nos propres capacités intellectuelles. Mark Sisson en parle aussi dans son « Primal Blueprint » avec la règle « Don’t do stupid things ». C’est vrai que la société est un cocon bien confortable. Et que souvent, une fois adulte, on se rend compte que ce qui fait avancer et grandir, ce sont les difficultés auxquelles ont fait face, et que plus elles sont importantes, plus on progresse; Dilemme classique du parent aimant et sur-protecteur … Ceci dit, j’ai un fils et une ex-femme qui n’auraient pas survécu il y a 100 ans. Food for thought …

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Frenchman in New-York

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Everything else is a warm-up … when it happens !

Pas de marathon, mais une semaine étrange et pleine de surprises.

Les copains d’abord

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La position du photographe concentré …

D’abord une semaine passée avec Greg à discuter de course, de paléo et de plein d’autres choses – un vrai bonheur de pouvoir partager ses passions du moment sans avoir l’impression d’être un martien ou de parler chinois. Un plaisir rare que je pense nous avons apprécié tous les deux (les commentaires sont autorisés sur ce post).

Course

J’ai couru dans Manhattan de long en large et de haut en bas, seul ou en groupe, fait trois fois le tour de Central Park,  en plein soleil et sous la neige. 95 km en 6 jours, soit un peu moins de 16 kilomètres par jour et un peu plus de deux marathons.  Et je ne compte pas les kilomètres de marche – mais sans doute 3 à 6 par jour. On dira que c’était pour la récup.

Ca aurait été mieux sans la barrière …

Dimanche nous avons couru sur le parcours de la deuxième moitié du marathon, dans Manhattan, en petit groupe. Sortie un peu surréaliste. On croise des grappes de coureurs qui font le parcours dans l’autre sens, quelques New-Yorkais encore un peu endormis nous applaudissent au passage. Malgré notre carte du parcours, on se paume un peu dans le Bronx parce que le pont pour revenir sur Manhattan n’est pas ouvert aux piétons. Un papy de 64 ans nous rejoint et nous raconte un peu sa vie, il tourne à l’aise à 4 :40 au kilo et nous fait accélérer. Nous ratons l’entrée de la « Marathon Route » dans Central Park et la prenons à l’envers … Plusieurs milliers de coureurs tournent autour de l’arrivée du Marathon dans les deux sens et tout le monde y va de sa photo près de la bannière d’arrivée.  Au final 25 ou 26 bornes à 12,1 de moyenne (4 :58 au kilo) et une FC moyenne de 145, ce qui laisse bien augurer d’un marathon tenu en 3:30, mais cela reste encore à prouver !

J’affine ma stratégie vestimentaire – je cours avec la veste Gore sans t-shirt et quand je suis échauffé, je l’enlève et la noue autour des hanches tel la joggeuse du dimanche. Ca me permet de courir torse-nu et franchement c’est super agréable,  même par 40 °F, voire moins comme Jeudi matin où on était sans doute proche de zéro Celsius avec quelques rafales de vent.

Oui, c’est de la neige par terre. Non, ce n’est pas un montage !

A chaque sortie j’étais bien et j’avais envie de continuer à courir. Ca reste une bonne manière d’explorer une ville, et Manhattan est tellement divers qu’on ne s’en lasse pas.

Lundi Greg me propose de nous retrouver vers Chelsea pour déjeuner et je décide de faire une reconnaissance en courant en endurance histoire de récupérer de la sortie de la veille. 9ème Avenue pleine de travaux et de camions, slalom entre passants et voitures.  Arrivé au Chelsea Market, vers la 14ème  rue,  tout va bien et je continue donc à descendre, passe Canal Street, m’enfonce dans Greenwich Village puis Soho, petits immeubles et arbres dans les rues, contraste saisissant avec Uptown. Tant qu’à faire, autant aller jusqu’en bas de Manhattan et faire un tour près de Ground Zero et le Financial District.  Je découvre au passage Battery Park  avec vue sur la statue de la liberté et Ellis Island, avec quelques joggers et promeneurs, c’est totalement surprenant et 5 minutes après je suis à Ground Zero et des camions pompeurs d’eau et des bétonneuses. Retour par le Lower East Side, NoLita et NoHo, tentation de prendre le Williamsburg bridge pour aller dans Brooklyn mais ca ne serait vraiment pas raisonnable. Ensuite Broadway all the way up. Une petite vingtaine de kilomètres au total – regardez sur la carte.

Le Mardi nous allons courir dans Central Park.  Je découvre la ballade « tour du réservoir Jacqueline Kennedy Onassis », avec des vues superbes sur la ville, et nous rentrons en faisant les fous dans une espèce de labyrinthe qui est un hybride entre le bois de Boulogne et le parc des Buttes-Chaumont.

Le Mercredi matin (il ne neige pas encore) je décide de faire le tour complet de Central Park en allant un peu plus vite. Après un petit échauffement je me cale à 4 :30 au kilo, mon allure de semi,  et la fin du parc arrive vite. L’avenue Malcom X me tend les bras et je remonte tout Harlem. Quelques kilomètres à 4 :20  et 160 – 165 puls… pour faire un marathon en moins de 3 heures, il faut tenir 4 :15 pendant 42 bornes.  Encore pas mal de travail en perspective … Au final 19 bornes à 4 :45.

Jeudi matin, après la tempête de neige, il faut retourner voir Central Park sous la neige ! Manque de pot, c’est fermé. Nous essayons de rentrer quand même, mais nous sommes aux US – nous nous faisons toper au bout d’une minute et éjecter vite fait.  Nous nous contenterons d’un tour du parc – 13 bornes, en admirant  la neige de loin. Et une petite séance de photo pour avoir un souvenir.

Restaurants

Greg est un aficionado de la côté de bœuf « grass-fed » et comme nous sommes tous les deux branchés low-carb, il y aura beaucoup de viande rouge lors de ce séjour !

Le premier soir il veut m’emmener dans le « meatpacking district » … mais Sandy oblige, il n’y a plus d’électricité après la 14ème rue. Nous remontons un peu bredouilles.

Samedi soir, une churrascaria excellente, assez comparable à ce qu’on trouve au Brésil. Pour un diner chez une amie de Greg le Lundi soir nous irons dans Brooklyn à la recherche du meilleur boucher de NY – où on nous présente un train de côté de bœuf qui sera découpé à la scie sauteuse.

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Il est pas beau, mon train de côtes ?

Mardi soir nous allons dans un super steak-house près de l’hôtel. Pas sur que la viande soit vraiment « grass-fed » – mais la côte et l’entrecôte valent le déplacement.

Le Mercredi soir (soirée « bonus » puisque nous être dans l’avion) une taverne assez peu touristique où nous partageons une côté de bœuf gargantuesque, assis au bar, dans un fracas épouvantable, servis par un serveur français,  venu pour passer un mois et jamais reparti – « la restauration est un métier très dur, en France on le fait au Smic, ca vaut pas le coup, ici au moins on peut gagner sa vie correctement » Même discours de notre serveur lorsque nous prenons un brunch Dimanche au Waldorf – Claude est arrivé il y a 30 ans et n’est jamais reparti. Et pourtant on sent que la ville est brutale, et que la vie est difficile. Mais l’énergie coule à flots.

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La ration de protides … pour la semaine !

Et à part ça, il  a des odeurs de nourriture absolument partout dans NY. Du vendeur ambulant de pretzels et de saucisses à chaque coin de rue aux cuisines des restaurants qui exhalent une odeur de friture souvent brutale, les narines sont sans arrêt stimulées … voire agressées.

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Sucre à tous les étages et sous toutes les formes possibles

Croissance et reproduction

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Bon OK, elle a été faite 1000 fois mais on ne s’en lasse pas.

Les mêmes magasins sont partout. Et il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de lieux pour manger. Croissez et multipliez, business et adipocytes, même combat ! Starbucks à chaque coin de rue, maintenant Au Bon Pain et évidemment les MacDo, mais aussi Chipotle (tex mex plus ou moins organique), Dunkin Donuts,  et tous les autres où nous ne nous sommes pas arrêtés. On a une idée de concept, on le teste sur un ou deux, et hop, on conquiert le monde ; Ca vaut aussi pour les fringues avec les Gap, American Apparel, Levis, etc.

A chaque fois le concept est plus raffiné, et c’est une espèce de compétition darwinienne pour remplir l’estomac (et vider les poches) des américains. Les restaus pullulent, la compétition doit être féroce, et les chaines doivent raffiner leurs concepts en permanence pour continuer à attirer les clients. Par contre quand on descend dans Chelsea ou les autres quartiers du sud, là on va trouver des petits restos avec un côté très artisanal.

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P’tit coin de paradis … sous la neige.

Elections

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Le mythe du leader dans toute sa splendeur !

C’est la semaine des élections … Même si nous ne sommes pas scotchés devant la télé, il est difficile d’y échapper. Mardi soir il  y aura des émissions live à Times Square avec des écrans géants. F, l’amie Française de Greg avec qui nous dinons Lundi soir, nous explique qu’Obama est un dangereux socialiste à cause de medicare. Il sera pourtant réélu Mardi …  On parle des mensonges de Romney … et tout cela est théâtralisé à outrance, en fait quand on regarde les débats on a l’impression de voir un film d’action.

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Ta Daaaaa ! Bataille ! Baston ! Grok !

Rencontres

Le Mercredi il fait un temps épouvantable : une vraie tempête de neige. Greg me traine pendant une paire d’heures dans Nolita, au bout d’un moment j’en ai ma claque et je rentre en taxi. Je perds mon téléphone dans le taxi qui conduit comme un crétin. Coup de bol incroyable, Suzana appelle, tombe sur le client suivant qui me propose de le récupérer chez lui, 149 Bowery.

Nous retrouvons nez à nez avec ce couple gay dans un appartement magnifique, parlant français, mais ils ne nous inviteront pas pour l’apéro, dommage. Après un diner trop copieux nous décidons de rentrer à pied, probablement 5 kilomètres sous la neige, mais le spectacle est dément. En remontant la 5ème nous tombons sur une salle de crossfit accolée au magasin Reebok …

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Un amateur de crossfit anonyme …

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Au moins on manque pas de place …

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32 kilos la verte. Ouch.

Salle vert fluo et noir, en sous-sol, et des balaizes de la mort qui lèvent de la fonte à minuit. Très sympas, ils nous invitent à revenir le lendemain matin (à 5 ou 6 heures du mat, comme on veut), pour un cours de crossfit. Nous regardons avec respect les kettlebells de 32 kilos (ouch),essayons les agrès (aie) et nous replions prudemment et poliment, on ne déconne pas avec un mec qui a des biceps de la taille de mes cuisses.

Epilogue

Pas de marathon mais plein de course et de rencontres. Le choc de NY (comme dirait Nougaro) comme toujours. Tous les contrastes qu’on prend en pleine figure mais qui restent fascinants, et renvoient plein de questions sur notre modèle européen. Et l’envie de recommencer. Mais si je fais le marathon je ne pourrai pas courir autant …

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Good-bye … we will come back …

Si vous voulez voir plus de photos …

Des rues

Des bâtiments et paysages

De lieux de nourriture …

De la soirée electorale

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Motion de synthèse en 7 points

Maintenant que je me retrouve plongé dans la nutrition je découvre un monde bien complexe et … contradictoire.

Partant de mon absence de savoir et l’arrogance qui allait avec,  comme je le raconte dans un des premiers posts, je suis resté longtemps sur le « il faut réduire le gras » ou l’ « astuce » du régime dissocié (glucides à midi, steak béarnaise le soir).

Là je découvre le paléo un peu par hasard, plus par principe philosophique qu’autre chose, même si ma photo en maillot de bain à 80 kilos il y  a quelques années a eu un effet douche froide certain. Un jour j’oserai la montrer …

Je me retrouve bien dans le paléo/low-carb (et en plus ça marche, ce qui est le plus important) et en regardant par-ci par-là (notamment en écoutant les podcasts de Jimmy Moore, dont j’ai déjà parlé), je découvre de nombreuses variations, pas toujours cohérentes entre elles mais c’est assez typique d’un champ en cours d’investigation.

Alors j’ai trouvé quoi d’autre ?

  • Le AGE-less (voir le post sur le sujet)
  • Plusieurs théories centrées sur l’allergie à certains aliments, ou groupes d’aliments, proposant de les supprimer pendant quelques semaines puis de les réintroduire petit à petit, et évidemment de ne pas réintroduire ceux qui ont des effets néfastes (avec des trucs hallucinants genre acné, douleurs articulaires, problèmes de sommeil …)
  • Le Slow-Carb cher à Tim Ferriss et à Ben Bergeret qui est un genre de low carb qui autorise les féculents type lentilles et haricots et un jour de bombance par semaine où on peut manger une pizza au pain avec des tortillas et de la chantilly dessus.
  • La diète : Intermittent Fasting, manger une fois par jour dans une fenêtre de 4-5 heures toutes les 24 heures. Avec l’idée, communément admise et qui semble être prouvée par des études sur les singes et les souris, qu’une restriction calorique de 20 à 30 % a des effets très positifs sur la longévité.
  • L’importance des abats, bouillons etc : qui nous amènent tout un tas de protéines utiles qui ne sont pas dans mon rumsteack du Dimanche midi …
  • Bon évidemment il y a aussi des végétariens … vaste autre sujet

Alors comme disent les analystes financiers, c’est quoi le consensus ?

Sur l’attitude :

 Première leçon : penser mode d’alimentation, pas régime.  

Il faut penser notre alimentation pour être en bonne santé, pas continuer à faire ce qu’on a toujours fait et trouver un ou deux trucs et astuces pour ne pas grossir et/ou se sentir mieux. Moi j’ai longtemps pensé qu’on allait un de ces jours inventer la pilule qui me permet de ma bâfrer de carbonara le soir et continuer à peser 65 kilos ; peut-être qu’elle arrivera, mais maintenant je réalise que c’est une erreur de méthode grossière.  Ou le régime en mode panique pour perdre 3 kilos avant les vacances pour rentrer dans mon jean blanc … Plus je vois les impacts sur tous les aspects de la santé, plus il est évident que le problème c’est pas de perdre des kilos, même si c’est souvent la voie principale qui amène à se poser ces questions. Quand on réalise que l’excès de sucre a un impact sur le système immunitaire et favorise l’inflammation et les douleurs articulaires … et je vais pas parler d’alzheimer … ou de l’autisme …

 Deuxième leçon : expérimenter.

Ca c’est cool. On essaye. Si ça marche, on continue. Et puis on peut faire une petite variation ici et là. Et on peut combiner le « bon » et le « bon goût ». Je n’ai jamais essayé plus de recettes que ces derniers mois. Ca permet de réellement devenir acteur de notre alimentation,  au lieu d’être bombardé par les messages publicitaires et les demandes biochimiques de notre cerveau qui ont la fâcheuse tendance à se transformer en cravings.

On a même le droit d’essayer de regarder ce qui se passe à l’intérieur. D’ailleurs je vais ramener un glucomètre des US. Et si je pouvais tester mes ketones et AGE en plus, ça serait encore mieux.

 Troisième leçon : ne pas sombrer dans le radicalisme.

Une fois qu’on a trouvé ce qui convient, il ne faut pas psychoter dessus (oui, je sais, venant de moi ça peut paraître étrange) et une sortie de route de temps en temps fait partie du jeu. Après ce qui est marrant, c’est que manger un gâteau quand on est low-carb la plupart du temps donne l’impression de prendre du sucre en poudre à la cuillère et beaucoup d’aliments se mettent à révéler des saveurs sucrées.  Actuellement si je prends du chocolat noir normal (je prends du 90% tous les jours) j’ai l’impression du manger un morceau de sucre.

 Quatrième leçon : utiliser sa tête aussi et garder son sens critique.

On n’est pas dans le champ lexical de la religion (même si la grégarité et la groupitude humaine peuvent très vite surgir entre les tenants du calories in-calories out et ceux de la trinité insuline-leptine-ghreline) et il n’est pas interdit d’essayer de comprendre ce qui se passe, même si de solides connaissances en biochimie peuvent vite se révéler indispensable.

Sur la cuisine :

 Cinquième leçon : bannir le sucre et réduire les hydrates de carbone.

Il y a bien sur des variations sur les « grains », (complets, acceptables, interdits à cause des phytates), et les fruits (haro sur le fructose) mais de la pile de bouquins que j’ai lu depuis 6 mois, la quantité d’hydrates des carbone recommandée varie entre 0 et 100 -150 grammes par jour, et modération sur les fruits et abstinence sur les sodas. Et les sodas light sont aussi mauvais, voire plus toxiques que les sodas avec du vrai sucre dedans (belle démonstration ici : http://www.dietdoctor.com/is-pepsi-max-bad-for-your-weight)

 Sixième leçon : réapprendre la cuisine traditionnelle

Nos ancêtres et nos grand-mères avaient un savoir ancestral qu’on a complètement perdu en deux ou trois générations. Le bouillon fait avec une parure de veau ou une carcasse de poulet est plein de collagène et autres protéines d’excellente qualité que nous allons immédiatement intégrer.  Ca ressemble à de la pensée magique analogique (si je mange du cartilage, c’est bon pour mes cartilages) mais ça a l’air de marcher.

 Septième leçon : bannir la bouffe industrielle

Au restau : fast-food évidemment mais à la maison aussi. Plats préparés pleins d’huiles hydrogénées, d’OGM, d’AGE. On n’a pas encore droit au HFCS en France mais ça va bien nous arriver.

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Prendre de l’AGE …

Avez-vous entendu parler des AGE ?

Cet acronyme signifie « Advanced Glycation Endproducts », également appelés glycotoxines. La glycation est un nom générique pour toutes les réactions chimiques qui vont avoir lieu entre une molécule de glucose et  peu près n’importe quoi d’autre qui est dans notre organisme, donc protéines ou acides gras. Au total plus d’une centaines de composés différents.

Voilà ce qui se passe : la molécule de glucose se lie facilement à d’autres molécules, par exemple des protéines (vous avez tous remarqué que de l’eau sucrée, ca colle) ; Avec le temps et /ou de la chaleur, la liaison chimique devient permanente : l’eau sucrée chauffée devient du caramel. Il se passe la même chose dans notre organisme.

Les AGE ont plusieurs particularités :

  • Ils peuvent être fabriqués par l’organisme ou ingérés dans les aliments
  • Ils donnent bon goût aux aliments (grillé, caramélisé, …) et sont donc très largement utilisés dans l’alimentation industrielle.
  • Un de leur principal impact physiologique est qu’ils sont générateurs de « raideur », car ils lient entre eux des protéines qui sont normalement mobiles.  Sur la peau c’est une chose, dans une artère, c’est une autre paire de manches …
  • Ils sont difficilement excrétés du corps, surtout si on en absorbe/produit plus qu’un certain seuil par jour, et restent sur place … et perturbent le fonctionnement de l’organisme de plus en plus. Un peu comme une grève des éboueurs dans une grande ville.

Le point important est que la quantité d’AGE présente dans le sang est directement corrélée aux marqueurs d’inflammation – et que la valeur des marqueurs diminue quand la quantité d’AGE diminue. Et que tous les patients souffrant des maladies « modernes » (diabète, hypercholesterolémie, hypertension, Alzheimer)  ont systématiquement des taux d’AGE sanguins très supérieurs à la moyenne.

On commence donc à associer les AGE … au vieillissement, leur excès dans les cellules entrainant les dysfonctionnements habituellement associés à l’age : perte de la souplesse de la peau, cararacte, artères rigides, athérosclérose, etc.

AGE fabriqués par l’organisme …

Pas de surprise, on reste dans la logique low-carb : plus la glycémie est élevée, et plus on fabrique d’AGE. Les AGE se collent sur les parois des vaisseaux sanguins ou attaquent les molécules de LDL empéchant leur recyclage, induisent un état inflammatoire dans les vaisseaux, et hop, athérome. Et pour les amateurs de fruits ou involontaires consommateurs de HFCS (High Fructose Corn Syrup), le fructose est 10 fois plus réactif que le glucose sur la production de d’AGE. Ouch.

AGE ingérés.

Là ca devient plus intéressant et ouvre à la controverse. La quantité d ‘AGE dans les aliments dépend du type d’aliment (légumes : epsilon – graisses et viande rouge : beaucoup) et du type de cuisson. Les AGE se forment lors de la cuisson à haute température (le steak à la poêle ou au barbecue), c’est assez logique puisque la chaleur va catalyser la réaction chimique qui va créer les AGE à partir des composants présents ; et les AGE … c’est ce qui donne le bon goût : le caramel, le grillé. Ha merde ! le poulet vapeur et le steak bouilli … Mais pour donner des ordres de grandeur : nous sommes capables de « processer » sans problèmes environ 5 à 8000 « kU » d’AGE par jour.

Quelques exemples :

  • Deux tranches de bacon frit en amènent 11.000. Ouch.
  • Un bon steack grillé : 6.000. Mariné et cuisiné à la provençale, basse température : 900. Bon, j’aimerais bien savoir de quelle viande on parle : il n’y a pas grand chose en commun entre une vache industrielle nourrie au HFCS et bourrée d’antibiotiques et de stéroides et une qui pait tranquillement dans la campagne – même si il semble que de plus en plus de bétail en France soit nourri au soja transgénique. Un autre sujet.
  • Un plat de pâtes : 250
  • Poulet frit : 5200. Mariné et poché : 700 (pour exactement la même quantité de viande)
  • Beurre : 1800 pour une cuillerée à soupe (mais huile de coco : 200)
  • Amandes, noix : assez élevé aussi …

Il y a des astuces de cuisine : mariner une viande dans un liquide acide (vin, citron, vinaigre) va réduire drastiquement la quantité d’AGE présents dans l’assiette.

Au final on met l’accent sur le mode de cuisson, avec peu de chaleur, et on se retrouve avec une espèce de diète méditerranéenne où les glucides lents sont OK, mais pas la viande rouge, ni les produits dérivés de graisses animales (fromage, beurre). Pas d’interdiction pour autant, mais une maitrise de la quantité pour ne pas dépasser le seuil de 5 à 8000 par jour. Evidemment, on part en courant vis à vis de toute la bouffe industrielle.

Les exemples donnés dans le livre montrent que sans aucun changement de quantité de calories ingérées, les personnes qui passent sur une alimentation « age-less » perdent en moyennent 3 à 5 kilos et ont tous leurs marqueurs (glycémie, cholesterol, inflammation) qui redescendent à la normale.

Pour en savoir plus :

« Deep Nutrition – Why your genes need traditional food » par Catherine Shanahan – quelques pages sur le sujet, le bouquin est un peu space mais mérite le détour.

Et surtout : « The AGE-Less way » par Helen Vlassara. Je suis tombé dessus en écoutant un podcast de Jimmy Moore avec Jaime Urribari, un des co-auteurs du livre.  Le podcast est audible et vraiment intéressant.

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The Perfect Runner – it’s not me :-)

J’ai regardé « The Perfect Runner », de Niobe Thompson, passé sur Arte il y a quelques semaines en DVD.  Rien de révolutionnaire, les idées exposées sont quasi-identiques à celles de « Born to Run » de Christopher Mc Dougall (traduit en français, je le rappelle) mais quand il est question de course, l’image apporte un sacré plus.

Qu’est-ce que je savais déjà ?

L’adaptation à l’effort d’endurance et à la course est ce qui nous différencie des autres mammifères et de nos proches cousins les chimpanzés. Pour la bipédie, ça paraît évident, mais pour la course ?

  • Perte des poils, accroissement du nombre de glandes sudoripares permettant  l’évacuation de la chaleur sur une longue durée : quand on fait un effort d’endurance 75% de l’énergie chimique est transformée en chaleur.
  • Augmentation de la taille des muscles des cuisses et des fesses : le Gluteus Maximus, muscle de la fesse et le quadriceps sont les muscles les plus puissants du corps humain. Il n’y a pas que du gras dans les fesses ! C’est tout un système de ressort qui permet le stockage et la restitution de l’énergie élastique entre la plante du pied, le tendon d’Achille, les mollets , les cuisses et les fesses qui va nous permettre de courir pendant des heures.
  • Raccourcissement des bras et renforcement des muscles du cou permettant d’avoir le tronc et la tête quasi-immobiles lorsqu’on court.
  • Système de régulation de l’effort qui nous arrête lors d’un effort trop long. Un peu primitif, j’en conviens : sortie plus ou moins rapide du contenu du tube digestif par l’une ou l’autre de ses extrémités. Celui qui n’a jamais eu envie de gerber après une séance de VMA ou qui ne s’est pas caché dans les fourrés au 35eme km d’un marathon est surement un menteur :-). Ca peut faire marrer, mais le chien ou le cheval n’ont pas ces systèmes de défense : un marathonien qui va faire un sortie un  peu rude avec son chien va tout bonnement le tuer.
  • Enfin la bipédie nous amène un avantage énorme par rapport aux quadrupèdes : la décorrélation des rythmes respiratoires et cardiaques.  Une antilope qui court vite contracte son diaphragme au rythme de sa course, un humain non.

Cette adaptation a été facteur de survie et aussi de progrès exponentiels.

La survie, ça paraît évident : l’hominidé de 80 cm de haut qui sort de la forêt tropicale et qui va dans la savane pleine de lions et de tigres n’est pas vraiment outillé pour la survie. Bonne chance pour gagner une course contre un guépard. Mais la capacité à suivre un herbivore sur une longue, voire très longue distance, jusqu’à l ‘épuisement et l’achever à coup de lances, a permis une alimentation garantie, et très riche en protéines  et en graisses animales (j’y reviendrai). C’est une des hypothèse pour le développement considérable de notre cerveau par rapport à un régime végétarien et pauvre en gras (notre corps est fait majoritairement de gras, de protéines et d’eau, est il utile de le rappeler ?). et je passe sur les capacités d’interaction sociale dans le groupe, et et le développement du langage, la chasse étant plutôt une activité collective.

Le bon geste de course est d’atterrir sur le milieu du pied, pas sur le talon. L’expérience avec le calcul de l’onde de choc sur le tapis est sans appel.

Bref, nous sommes l’animal le plus adapté à la course en endurance. Cela nous a permis de survivre et de nous adapter dans tous les coins de la planète. Notre corps est « conçu » pour ça, entre autres, mais on peut aussi ajouter : quelques sprints (au cas où un autre prédateur se pointe, ou pour finir d’épuiser la proie) et un peu de « levage d’objets lourds » (essayez donc de trainer 50 kilos de viande sur votre dos).

On comprend mieux qu’un mode de vie sédentaire nous tue, indépendamment de notre alimentation. Et on retrouve les principes de Mark Sisson : faites par semaine 3 à 5 heures d’exercices aérobie tranquille (et une chasse à l’antilope, une),  une séance de sprint fractionné anaérobie (merde, un lion !) et une ou deux séances de muscu (bon c’est pas tout, maintenant il faut ramener le steak  à la maison).

Et ce que je ne savais pas ?

Les reportages dans les tribus d’Afrique et de Sibérie sont assez sidérants. Pour l’Afrique, c’est un peu l’image d’Epinal des racines de l’humanité … mais la violence du milieu est frappante : chaque espèce animale passe son temps à manger, éviter d’être mangée, et se reproduire de temps en temps, et sinon se repose en étant toujours sur le qui-vive. Bon c’est une lapalissade, mais quand on passe notre temps à se plaindre du stress au boulot ou des conditions de vie inhumaines … on a juste oublié de là d’où on vient. Non, je ne suis pas un libertaire forcené, je suis quand même content de payer des impôts.

Quand à  la vie en Sibérie …. Les nomades qui suivent leur troupeau de rennes, en attrapent un régulièrement au lasso, en courant dans un marécage 8 heures par jour avec des bottes en caoutchouc et  le dépècent en direct live : là c’est moi qui suis une chochotte et qui ai oublié là d’où je viens. Et en étant bien incapable de faire pareil – je réalise que l’état normal de l’humain, c’est la restriction calorique, l’alimentation irrégulière, et je me demande bien où ils trouvent leurs glucides, en Sibérie.

Plus supportable mais toujours brutal, la fabrique d’athlètes en Ethiopie. Voir les jeunes faire des éducatifs comme moi sur mon stade le Samedi matin au milieu de la forêt, mais avec plus de tonus, avec des survets de récup, et courir avec cette foulée ample et rapide, pieds nus quand ils sont enfants à surveiller des troupeaux, et avec des chaussures quand ils intègrent un club, c’est magique et triste à la fois. Magique parce que quand on voit ces images on sent bien qu’on touche à quelque chose d’universel, une fondation, et c’est ça que je retrouve quand je cours dans la nature. Et triste parce que c’est leur seule chance de sortir leurs familles de la pauvreté, comme la boxe ou le rap pour les noirs américains, ou le foot pour les brésiliens. On voit ce jeune gars dont les parents vivent dans une hutte qui foire un 10.000 de sélection pour une épreuve internationale, il a tout donné mais ça ne suffit pas.

Un autre enjeu que de vouloir gratter 20 minutes au marathon pour se rapprocher des performances de sa jeunesse.

Le bonus ce sont les coureurs d’ultra.  Un 120 miles au Canada, réputé un des plus difficiles du monde ; l’ultra c’est pas trop mon truc, peut être trop proche de notre animalité justement  … On voit cette femme de 50 – 55 ans, arrivant un ravito vers le 80eme mile, expliquer qu’elle a des grosses crampes voire une déchirure à la cuisse. Elle chope un rouleau de « duct tape », ce gros ruban adhésif qu’on vend dans les magasins de bricolage, se fait un strapping maison avec trois tours, et repart.

Dans les bonus du DVD elle est interviewée et explique qu’elle est épileptique. Un jour sentant arriver une crise elle a pris ses chaussures et est partie courir et elle n’a pas eu de crise. Alors elle s’est mise à courir pour contrôler son épilepsie. Est-ce l’effort, l’oxygénation du cerveau,  on ne sait pas mais maintenant elle est championne d’ultra, et à mon avis pas prête de s’arrêter !

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Abondance

Quand on passe un peu de temps aux US, même après le passage de Sandy, on ne peut pas ne pas être frappé par l’abondance de tout. Je veux acheter un jean … juste chez Levis il y a une dizaines de coupes différentes, du super slim au méga loose et après entre 5 et 10 couleurs de chaque. et la même chose chez Gap, chez Abercrombie, chez Hollister et ce ne sont que les marques que je connais. Du coup je passe 2 heures à me tirer des balles pour savoir ce que je veux. Et je passe une énergie mentale considérable pour quelque chose de globalement inutile (même si c’est toujours cool d’avoir des nouvelles fringues, surtout quand on a perdu deux tailles 🙂 ).

A midi – exceptionnellement, brunch au Waldorf. Une quantité de nourriture hallucinante; que choisir à manger ? 

Je vois bien que j’ai du mal : j’ai envie de tout. Et nous mangeons plus que nous avons besoin, puisque le prix est le même, et que donc il faut en profiter !

Nous sommes construits pour la pénurie, qui a été l’état typique de notre espèce jusqu’il y a une centaine d’années, et l’est encore pour 80% des humains, et que cette abondance nous rend fous parce qu’on ne sait pas la gérer. 

Enfin moi, en tous cas. même si j’y travaille. Mais je suis encore très très loin du moine bouddhiste qui vit dans le dénuement total… même si il a surement raison. 

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Le marathon qui n’a pas eu lieu …

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Le marathon de NY 2012 sera donc la course qui aurait du avoir lieu.

Alors évidemment c’est les boules quand on a prévu une semaine pour venir, qu’on s’est entrainé pendant 3 mois.Voyons voir ce que je pensais il y a 2 jours et que je voulais poster :

C’est toujours la galère les quelques jours pré-marathon. L’épreuve se rapproche et induit tout un tas de douleurs plus ou moins factices et d’interrogations plus ou moins ridicules.

Je fais un footing hier, je me sens lourd. Ça passe assez vite, mais du coup je me dis « et si c’est comme ça au marathon ? 

Je ne sais pas si je mets mes anciennes chaussures ou les nouvelles : j’ai une petite ampoule douloureuse au petit orteil droit, et c’est une gène. Ca va faire quoi après 40 bornes en courant ? Mais les vieilles sont trouées, notamment au gros orteil gauche.

J’ai toujours une gène au niveau du soleus. J’ai fait mieux que d’habitude, mis de la glace tous les jours mais j’aurais pu me masser, et je ne l’ai pas fait. Ca a été sur ma sortie longue de 30 bornes mais sur 42 ?

Et je passe sur les désagréments du carbo-loading … 

Qu’est ce qui se passe dans la tête d’un athlète qui veut gagner, c’est à dire être meilleur que tous les autres ? Mon seul enjeu réel, c’est de faire le temps que je voulais faire. Et donc me donner des « points de sagesse » vis à vis de moi-même : le renforcement de la perception que j’ai de pouvoir construire une stratégie rationnelle pour atteindre un objectif.  Et de pouvoir partager mon expérience et échanger avec mon entourage qui a les mêmes préoccupations que moi.

Alors évidemment quand la course n’a pas lieu et qu’on relit ça, c’est un peu ridicule. On fait contre mauvaise fortune bon cœur et finalement on peut en tirer quelques leçons de vie positives quand même.

Dans la vie, on ne contrôle rien. Tout peut arriver n’importe quand et n’importe comment et même si ça nous plait pas, on peut toujours essayer de téléphoner à Bloomberg (ou à dieu) pour dire qu’on est pas d’accord mais ça ne change rien. Donc autant essayer d’en tirer parti d’une manière où d’une autre.

Moi, j’ai l’impression qu’on s’est fait avoir. Tout le monde est venu et a payé et est maintenant à NY et fait le touriste, donc c’est carton plein pour la ville. Ceci dit Bloomberg s’est fait déborder par d’autres politiciens qui lui étaient opposés et qui ont fait monter une mayonnaise sur le thème « c’est un scandale qu’on s’occupe de coureurs qui font ça pour le fun alors qu’il n’y pas d’eau/ d’électricité/de ramassage des ordures dans tel ou tel quartier ». Genre « soyons solidaires de la douleur et des difficultés des victimes de Sandy ». C’est un gros joke. Hier soir, il y avait un monde fou à Times Square, et les gens allaient au concert, voir le match de basket, au resto … pas vraiment une ambiance de deuil et de solidarité avec des personnes qui ont des problèmes à 20km de là (et on ne parle même pas des autres pays).

Le business tourne, et les lumières sont allumées. C’est pire de courir dans Brooklyn que d’aller au Madison Square Garden ? Nous étions dans Brooklyn hier, juste à côté de la route marathon, et là aussi les boutiques étaient ouvertes et tout tournait. Au final l’association des NYRR s’est faite épingler sur le thème « vous allez utiliser des générateurs pour mesurer le temps de passage des coureurs alors qu’ils pourraient servir à aider des familles en détresse », OK c’est vrai mais un peu hypocrite quand même. Personne n’est en danger de mort.

Ce matin nous sommes partis  pour faire la deuxième partie du Marathon dans Manhattan, nous étions un groupe de 4 personnes et à moment donné nous nous retrouvons avec un papy, avec le t shirt marathon, qui commence à taper la discute. Il vient du New Jersey, il n’y a pas d’électricité ni d’eau courante dans sa maison, et il vient courir quand même tout seul. Accessoirement il a 64 piges et court à 13 à l’heure. Belle rencontre. Ensuite nous arrivons dans Central Park et là il y  peut-être 10.000 personnes qui tournent sur les 2 ou 3 dernier miles du Marathon. C’est un peu ridicule, mais émouvant et sympathique quand même. Au lieu de faire la gueule, tout le monde est venu essayer d’en profiter un petit peu.

On se demande ce qu’il va advenir des médailles, et des vêtements millésimés 2012 ? CA va devenir des collectors ? Il y a eu une vente à 50% aujourd’hui au village marathon de vestes ASICS et on se dit « merde, on aurait du y aller » – juste pour faire une bonne affaire. Pourquoi on aime faire des bonnes affaires ? Pour se sentir plus malin que les autres qui ont payé plein pot ? C’est la seule explication que j’ai en stock.

Bon au final nous avons fait une course sympa (25 bornes dans Manhattan c’est pas tous les jours), l’annulation de l’événement est devenu un événement, je ne saurais jamais si j’aurais pu le faire en 3 :30 mais … il va  y en avoir d’autres !

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Le sucre rend-il aveugle ?

Une chose qui continue à me surprendre est notre aveuglement collectif par rapport à notre alimentation. Il y a un truc qui est complètement cassé à ce niveau dans notre culture.

Le développement du goût et l’accumulation de connaissances sur les aliments qui nous permettent de fonctionner correctement en tant qu’entités biologiques s’est fait sur des centaines de milliers d’années. Nos ancêtres avaient développé un savoir empirique sur les plantes et les aliments qui étaient bons pour eux. L’agriculture a changé ce rapport et nous mis dans une posture d’efficacité et sans doute aussi de toute-puissance : ramasser des plantes sauvages est peut être meilleur pour la santé, mais c’est aléatoire et ça ne  nourrit pas beaucoup de monde par hectare.

Cultiver du blé et élever des animaux a permis d’accroitre ce rendement et une croissance exponentielle de la population humaine (la population humaine totale n’a jamais dépassé 15 millions avant 10.000 ans avant JC) et la structuration de la société par la création de stocks.

Mais même si l’agriculture a rendu la santé des humains plus précaire, l’accroissement massif l’a compensé. J’ai souvent des regards incrédules quand j’explique que l’homme du paléolithique était en meilleure santé que l’Européen en 1800. « oui, mais l’espérance de vie ? ». On oublie que 70% des décès étaient provoqués par une mort violente, prédateur, accident ou baston avec un autre humain … paradoxalement notre société actuelle est infiniment moins violente que celle des chasseurs cueilleurs, mais c’est un autre sujet.

Depuis 50 ans il y a un autre phénomène qui se passe, plus visible aux US qu’en France, mais pas d’inquiétude, c’est en train d’arriver chez nous : l’industrialisation de la nourriture et sa « saturation » en glucides. Regardez votre supermarché avec un oeuil critique, que vous soyez préoccupé par une alimentation équilibrée ou amateur de chips et de bière : Jus de fruits (frais, mais bourrés de sucre), céréales (complètes et renforcées aux vitamines, mais avec un index glycémique supérieur au glucose …), pâtes, riz, pommes de terre, chips, pains de tous types et formes, pâtisseries, plats préparés, en-cas de tous types, mais toujours sucrés (en ce moment, la pub kinder : « la barre de céréales au chocolat pour la faim d’après-midi), fruits génétiquement sélectionnés pour avoir une concentration élevée en fructose,  et on ne parle pas des soft drinks. Difficile à éviter. Par contre le rayon « noix et noisettes » représente 50 cm de linéaire (sauf dans les magasins bio, où je vais de plus en plus souvent …)

Le discours social (et politique) est : modération, notamment et surtout sur les graisses saturées et animales, qui en fait ne posent pas de problèmes à partir du moment où elles ne sont pas mangées avec des tonnes de glucides.

Fromages et yaourts 0%, coca light ou zero. Mais vous pouvez manger des « healthy grains » (céréales bonnes pour la santé, complètes). Et aux US  en plus ils ont le bonheur d’avoir du sirop de fructose dans la plupart des plats préparés. Et depuis 30 ou 40 ans l’obésité monte en flèche, le diabète (80 millions aujourd’hui), les cancers. On supprime le gras, complètement diabolisé (n’est il pas instinctif de dire « je vais manger léger » ? regardez autour de vous le nombre de gens qui prennent une assiette de frite avec un coca light) … il faut bien le remplacer par quelque chose : des glucides.

Peut-être qu’il  a un truc qui ne va pas ?

Quand j’essaye de dire ça dans un diner, qu’en fait notre corps n’est pas prévu pour cette avalanche de sucres en tous genres et que c’est peut-être ça qui est la cause de tout un tas de maux,  on me regarde comme un martien ou un terroriste islamique. Et quand j’en discute avec des amis qui sont dans la même mouvance, ils me disent la même chose.

Résumé : nous mangeons des trucs qui nous rendent malade, nous nous plaignons de notre prise de poids, manque d’énergie, digestion difficile, système immunitaire déficient, cholestérol élevé, et hop, chez le médecin, et hop, la vie n’est pas juste, je suis malade, et hop, des petites pilules qui sont censées résoudre le problème.

Evidemment les trucs qui rendent malade ont bon goût. Et sont addictifs : une alimentation chargée en glucides nécessite un approvisionnement permanent, le pic d’insuline résultant de la glycémie élevée entrainant une diminution de la glycémie, et donc un signal au cerveau qui dit : « glucose, glucose, vite, vite ».

Mais comment expliquer cela ? J’ai souvent l’impression que c’est un discours qui ne peut pas être entendu.

Les preuves scientifiques sont là, et si on essaye on voit bien que ça marche. Alors, c’est peut être la dépendance qui nous agit. Quand je prends une cigarette, j’ai l’impression de décider mais ce n’est pas vrai. Une baisse d’un neurotransmetteur va envoyer un signal quelque part qui va se transformer en pensée consciente « ha je fumerais bien une petite clope là ». Je pense que pour l’alimentation c’est pareil. L’addiction au sucre fonctionne sur le même principe, et c’est peut-être ça qui nous rend sourds à sa toxicité.

Et bien sur le poids de la culture. « Le pain, mauvais pour la santé ? t’as fumé quoi aujourd’hui ?  » – et l’odeur des croissants du dimanche, et la baguette qui croustille, etc.

Si vous êtes un peu curieux (et pour ça le corps est un terrain d’expérience intéressant), essayez donc. En ce qui me concerne la base de mon alimentation a été pâtes, riz, pain pendant plus de 30 ans. J’ai arrêté il y à peu près deux ans et je me porte très bien. Et surtout : ça ne me manque pas.

Il y a dans cette histoire quelques paradoxes amusants mais assez grinçants : les progrès techniques de notre société nous amènent de la bouffe qui nous empoisonne et des médicaments qui sont censés nous aider à être moins empoisonnés, ça fait gagner de l’argent aux grandes sociétés mais pas aux états qui financent la sécu … Et en parallèle la science et la meilleure connaissance de notre métabolisme que nous avons nous prouve que l’alimentation de nos ancêtres était bien meilleure pour nous, et que nous pouvons résoudre tout un tas de problèmes en mangeant différemment.

Je reste très étonné du vite de discours politique sur le sujet : c’est pourtant un putain de sujet !

Et pour ceux qui pensent que je suis définitivement givré – le gouvernement suédois a travaillé sur le sujet et recommande une alimentation LCHF (low carb high fat). Et les suédois s’y mettent. C’est donc que c’est possible …

Googlez « LCHF sweden », vous risquez d’être surpris …

A suivre …

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