10 K de Boulogne

 

Souffrance ? L'arrivée est proche ...

Souffrance ? L’arrivée est proche …

 Un 10K 4 semaines après un Marathon ? Pourquoi pas ? Suggestion de Jean, histoire de reprendre un peu de vitesse et de se mettre dans le rouge sans que ça dure trop longtemps. Lire la suite

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Marathon, terrorisme, religion : méditation du week-end

Les deux responsables présumés de l’attentat au marathon de Boston, l’un mort, l’autre arrêté. Origine Tchetchène, bons musulmans, sportifs, que tout le monde trouvait sympa, 19 et 26 ans, deux frères.

C’est étrange tout de même, ça ne colle pas à notre typologie. Le cerveau rapide dit : ils devraient être barbus ou porter un costume de super héros ou appartenir à un groupuscule frigide barjot quelconque. Ben non.

Alors émerge rapidement la théorie du complot (réaction du père, « on a piégé mes fils »), on se dit, effectivement ça ne colle pas.

Et puis on lit qu’il y a eu des armes automatiques, des grenades, des centaines de balles échangées, deux meurtres, un témoin de la mort du frère ainé, qui s’est jeté sur les policiers avec une bombe artisanale autour du thorax … tout ça ne fait pas partie des comportements de base du post-adolescent, même aux USA. Et une info, non encore confirmée, de liens avec des groupes islamistes radicaux.

Je suis curieux de savoir ce que va dire Dzhokhar Tsarnaev, si il est en état de parler un jour.

Nous avons besoin de croyances pour donner du sens au monde qui nous entoure, longtemps totalement incompréhensible pour nous, et qui le reste en grande partie : essayez donc de vous représenter le fait que des particules émergent spontanément du vide à partir du moment où le vide en question récupère suffisamment d’énergie … pas vraiment trivial et intuitif.

Ces croyances sont utiles à la survie de l’individu et de l’espèce mais quelquefois ça se met en travers. Ca s’appelle la folie, et les psys ont toute une taxonomie sur le sujet : bouffée délirante, délire paranoiaque, etc.  – et ça pose aussi le problème de la responsabilité. Un schizophrène qui tue quelqu’un de 50 coups de couteau peut expliquer ensuite que des voix dans sa tête lui ont donné l’ordre de le faire, et être considéré comme irresponsable. Mais cette folie peut être socialisée, voir devenir acceptable ou admirable dans certains contextes.

La religion, par exemple, est une puissante justification pour aller assassiner ses semblables, peut être même plus que l’origine ethnique, comme on l’a vu au cours de l’histoire.  On verra si Tsarnaev en appelle à une divinité quelconque pour expliquer ce qu’il a fait (si c’est lui) …

Hier j’en ai pris une grosse dose : France Inter sur les problèmes au Bangladesh entre pro islamistes et pro laïques,  un gars interviewé qui disait « si je dois choisir entre blasphémer et tuer mon fils, je préfère tuer mon fils ». Ca fait froid dans le dos, même si c’est loin et il ne le ferait sans . Mais ensuite on voit les énervé anti mariage homo qui disent que « Hollande veut du sang, il va en avoir » et là ce n’est pas à l’autre bout du monde. Je ne pense pas qu’il y ait des masses d’athées ou d’agnostique dans ces manifs. En dinant avec des amis on rediscute de l’affaire du grand rabbin,  et de la faillite morale que ça représente, alors qu’il est censé justement, pour sa communauté, donner l’exemple d’une moralité irréprochable. Quelle tristesse.

Bref, je  pars sur une méditation sur cet horrible attentat, et j’atterris sur les excès humains justifiés par la religion. Je me pose souvent la question rhétorique : si la religion n’existait pas, comment la folie violente de certains humains s’exprimerait-elle ?

Est-ce la croyance qui crée la violence, ou la violence qui utilise la croyance pour se justifier ? Je ne sais pas.  Mais les études sociologiques semblent montrer qu’il y a une corrélation inverse entre le niveau de violence d’une société et son niveau de religiosité.

Une lecture sociologique ...

Une lecture sociologique …

En tous cas, appréhender la religion en tant que phénomène social est déjà une première étape pour se prémunir de « je fais ça car dieu me l’a ordonné », ou de se faire manipuler sur le sujet par une autorité morale qui va promettre le paradis en échange d’un suicide visant à tuer le plus de monde possible en même temps.

Et aussi se poser la question de sa propre moralité. N’en déplaise à ceux pensent avoir besoin d’en référer à une entité supérieure pour bien se comporter, elle repose sur de solides bases … biologiques, partagées avec nos cousins primates.

 

 

 

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Souvenirs, souvenirs : Marathon de Paris 2011 avec le LEPHE

Quoi ma gueule, qu'est ce qu'elle a ma gueule ?

Quoi ma gueule, qu’est ce qu’elle a ma gueule ?

A l’époque je ne savais pas ce qu’était un blog et je croyais encore que sur facebook on pouvait écrire un texte de plus de 3 lignes. J’ai retrouvé ça hier soir. C’est assez marrant en regard du Marathon de Paris d’il y a 15 jours.

On respire, on respire !

On respire, on respire !

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Boston – tristesse

Au moment où je mettais la dernière main à l’article d’hier, je découvre à travers Facebook qu’il y a eu un attentat au Marathon de Boston. 2 ou 3 morts, plus d’une centaine de blessés.

Un attentat est toujours tragique, stupide, incompréhensible, une des pires expressions de la violence inhérente à notre espèce. Une forme qu’on ne retrouve pas chez les animaux : ils n’ont pas un cerveau suffisamment développé pour penser « je vais tuer d’autres humains sans aucune raison logique, sans qu’ils ne m’aient menacé d’aucune manière, juste pour qu’on parle de moi indirectement » ou « pour aller au paradis des guerriers »…

En général on le met à distance en se disant « c’est loin de chez moi », « je ne prends jamais cette ligne », afin de minimiser notre implication émotionnelle. Enfin, c’est comme ça que moi je m’en tire, habituellement.

Là, évidemment, ce n’est pas possible. Je pense au marathon de Boston depuis des années, un de mes buts cette année était d’avoir un temps qualifiant pour pouvoir le faire en 2014 … Et là, il y a quelqu’un qui vient faire péter des bombes à l’arrivée ???  Vouloir tuer des supporters, des inconnus ou des membres de la famille venus encourager le papa, l’ami, qui vient de se taper 42 bornes juste pour se prouver qu’il en est capable, et d’essayer d’être un meilleur humain, juste pour lui ?

Ma femme m’a attendu au finish à Paris il y a deux semaines. Elle serait sans doute venue avec moi à Boston en 2014. Elle pourrait être morte ou avec une jambe en moins parce que quelqu’un a pensé, pour une raison obscure et incompréhensible, que c’était une bonne idée de faire péter une bombe à l’arrivée d’une course.  Je pense à tous ceux à qui c’est arrivé hier. Quelle horreur absolue.

Le peuple des coureurs de fond est tranquille, peu médiatisé, peu propice aux excès en tous genres. Les champions éthiopiens ramènent les gains des courses pour faire vivre leur village, et les coureurs du dimanche épinglent leur médaille quelque part et affichent fièrement leurs courbatures le Lundi matin. Tout le monde fait des tours de stade en souffrant, juste pour le bonheur d’un chrono dont la majorité de la planète se fout totalement.

Bref, quelle que soit la manière dont on le regarde, les coureurs ne font chier personne, à part bloquer une ville une fois par an pendant une demi-journée. Je n’arrive pas à imaginer que puisse germer l’idée d’un attentat sur la ligne d’arrivée, non revendiqué.  Le principe du terrorisme c’est de tuer des « innocents », des gens qui n’ont aucune relation causale avec le problème du terroriste. Là ce sont des innocents réunis dans la joie et l’intensité, qui basculent dans l’horreur en un millième de seconde.

Sur le Facebook de la page du marathon de Boston, la récupération par différents groupes religieux pour organiser messes, prières etc.  est assez écoeurante aussi.

Bon. je vais penser à toutes les victimes de cette tragédie pendant longtemps. Toute mon empathie, même si c’est totalement inutile.

C’est pas une bonne journée.

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Interview de Carmen Oliveras, première française au Marathon de Paris 2013

Juste après la course, elle peut encore causer !

Encore de l’énergie pour parler juste après la course !

Pratiquer la course à pied en s’entrainant avec X Run, c’est être coaché par des entraineurs et des athlètes de haut, très haut niveau, comme Carmen Oliveras et Jean De Latour, que je vois tous les samedis, pour faire de la PPG et des entrainements spécifiques.

Bénéficier de leur  expérience quand on est un coureur lambda, est précieux.

Réaliser que Carmen arrive 9ème au Marathon de Paris avec une vitesse moyenne sur le parcours de 16,5 km/h – ce qui est à peu près la vitesse que je peux soutenir sur un 1000m … laisse rêveur.

Certes, la loterie génétique n’a pas tiré les mêmes dés pour elle et moi, mais les questions qui se posent sur la gestion de course, l’alimentation, l’entrainement, etc. ne sont elles pas identiques pour tous ?

J’ai eu envie de savoir comment Carmen avait préparé et vécu son marathon et elle a eu la gentillesse de répondre à mes questions.

Je me suis permis de faire quelques commentaires personnels sur certains points, j’espère qu’elle me pardonnera et qu’elle ne se vengera pas lors du prochain entrainement en me faisant faire des 3000 à 150% de ma VMA 🙂 Lire la suite

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Expériences frigorifiques

Sortie longue à La Clusaz - 2h30, 2500 mètres

Sortie longue à La Clusaz – 2h30, 2500 mètres

Quoi de mieux qu’un dimanche printanier pour faire un bilan de mes sorties dans le froid?

Mon intérêt pour l’exposition au froid pendant l’effort a démarré un peu par hasard. L’an dernier, à la fin d’une sortie longue par -5 / -7, j’avais couru torse nu pendant 10 minutes, et j’avais été étonné de ne ressentir aucune sensation de froid, alors que j’utilisais toujours bonnet, gants, multiples couches etc.

Ensuite j’ai été intrigué lors de la lecture de « 4 hour body », des expériences faites par Ray Cronise qui a perdu 20 kilos en 6 mois en prenant des bains d’eau glacée. 80 % de l’énergie que nous consommons sert à notre métabolisme de base, et notamment à réguler notre température interne, qui fluctue dans une fourchette assez étroite : la température normale est de 37, on meurt d’hyperthermie au delà de 42% et d’hypothermie en dessous de 32). Un corps humain à 37% plongé dans un milieu froid va donc consommer plus d’énergie pour conserver une bonne température. Classiquement, les lipides sont utilisés comme carburants.  C’est pour cela que les nageurs consomment une quantité monstrueuse de calories : ils passent 3 à 4 heures par jour dans l’eau froide (sachant que la conductivité thermique de l’eau est 25 fois plus élevée que celle de l’air). Donc en théorie l’exposition au froid doit favoriser la réduction de masse grasse.

Deux autres éléments intéressants sont apparus au fil de mes lectures :

L’exposition au froid stimule le système immunitaire. On croit en général qu’on tombe malade parce qu’on « attrape froid » … mais ce sont des virus qui nous attrapent, et qui d’ailleurs vont plus se développer dans la chaleur du domicile que n’importe où ailleurs.  D’ailleurs avec le recul je me demande d’où vient cette association si commune, mais c’est un autre sujet.

Enfin, l’exposition du corps aux UV est le facteur le plus important de synthèse de la vitamine D – qui entre autres propriétés stimule justement le système immunitaire et a des vertus anticancéreuses.  Sous nos latitudes 75% des gens sont déficients en vitamine D, surtout en hiver.

Donc m’exposer au froid, dehors, en courant, à la lumière, pourrait remplir 3 objectifs :

  • Mobiliser ma matière grasse comme carburant
  • Stimuler mon système immunitaire
  • Augmenter ma synthèse de vitamine D

Un autre intérêt du froid est son rôle anti-inflammatoire et analgésique,  provoqué notamment par la vasoconstriction des vaisseaux superficiels. Tous les sportifs connaissent les packs de glace, et j’ai moi même beaucoup utilisé les sacs de petits pois Picard pour mes tendons endoloris après les sorties longues.  A l’époque où je faisais de l’équitation, j’avais bien remarqué qu’on douchait les membres de chevaux à l’eau froide. Et l’INSEP utilise la cryothérapie (chambres à -10, -60 et … -110 degrés (!!!)) pour les athlètes, tant pour la récupération que pour les blessures.  Donc une bonne douche froide après une sortie longue ne peut pas faire de mal, même si ma douche ne produit pas encore de glaçons !

Pendant tout l’automne et l’hiver, j’ai donc fait toutes mes sorties torse nu et en short. Les plus basses températures que j’ai eues étaient de l’ordre de -3, -4, lorsqu’il a neigé sur Paris et que je suis allé faire des sorties longues en montagne. Les seules protections utilisées étaient des chaussettes (les orteils ont tendance à geler) et des gants légers.

Au début je mettais un petit blouson en attendant d’être un peu échauffé, et rapidement j’ai pris l’habitude de sortir directement torse nu.  Sachant que 75% de l’énergie dégagée par la contraction musculaire est transformée en chaleur, il est évident qu’on ne reste pas froid très longtemps quand on court. Ceci étant cela me fait douter de l’effet «thermogénèse»  puisque le réchauffement du corps est induit par l’effort et pas une réaction spécifique.

Bilan provisoire

Je ne sais pas dire si il y a vraiment un effet sur le métabolisme des lipides : je n’ai pas maigri, mais je ne mesure pas précisément ma consommation de calories non plus.  Je pense qu’en fait, comme la température interne de mon corps s’élève à cause de l’effort physique, il n’y a pas de consommation supplémentaire de calories. Le seul moyen de le savoir serait de courir avec un « respiromètre » et voir la quantité de CO2 que je dégage et c’est un peu compliqué.  Le plus efficace par rapport à cet aspect est sans doute d’aller marcher dans la fraicheur ou bien sur nager.

J’ai constaté avoir été nettement moins malade que les années précédentes, alors que sur les deux derniers mois j’ai eu une charge d’entrainement plus élevée que d’habitude (5 sorties par semaine), ce qui est un facteur de risque accru. Le bureau a connu ses épidémies de rhumes, de grippes, de gastro et je suis passé au travers, avec deux ou trois fois l’apparition des premiers symptômes mais qui n’ont jamais dégénéré.  Ca reste empirique et ça manque de test en double aveugle.

Mes tendinites régulières se sont calmées, alors que je n’utilise plus de packs de glace, juste des douches froides tous les matins, en passant 2 à 3 minutes sur les membres inférieurs. Ce qui a l’avantage également de me réveiller très efficacement. J’attends toujours un miracle pour les valises sous les yeux mais pour l’instant bernique J

Je n’ai mesuré de mes niveaux de vitamine D : il faudrait que je le fasse mais là encore je n’ai pas de comparaison avec les années précédentes.

Evidemment mon rapport au froid a changé. J’aime toujours autant la chaleur du soleil ou d’une couette, mais ces sorties ont augmenté considérablement la qualité de ma perception du froid et ses variations subtiles, où le moindre rayon de soleil ou bourrasque de vent donne l’impression d’une variation de 10 degrés !

Et évidemment ne se pose plus la questions « qu’est-ce que je vais mettre ce matin pour aller courir », ce qui est un gain de temps significatif !

Pour ceux que ça intéresse, il y a un hollandais qui fait des expériences nettement plus extrèmes : Wim Hof.

J’irai peut être faire un stage avec lui un de ces jours 🙂

A moins que je ne fasse le marathon du pôle nord

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Marathon de Paris : Bilan rapide et provisoire

Pour tous ceux qui se demandent ce qui se passe avant et pendant un Marathon … dans la tête d’un coureur : courir est une des activités de base des humains depuis quelques centaines de milliers d’années, mais ça ne veut pas dire que ça ne fait pas gamberger !

Plus que 100 mètres

Plus que 100 mètres

Qu’est ce que je peux raconter d’intéressant sur cette course ?

Embuches

Je suis très content d’avoir évité tous les écueils classique du marathon. Pas eu besoin de pisser trois fois avant le départ, ni pendant d’ailleurs, pas de temps perdu pendant les ravitaillements, pas de crampes, pas de douleur insoutenable qui fait s’arrêter au 35ème en claudiquant, pas d’ampoules ou de blessures de frottement, pas de vomi à 4 pattes ou de caca impossible à contenir, et pas de brancardier à l’arrivée. Présenté comme ça, ça fait peur, hein ? Mais ça fait partie de la routine de l’épreuve, et à partir du 30-35ème kilomètre il peut se passer des choses assez étranges et surtout imprévues, puisque par définition on ne court jamais sur des distances pareilles à l’entrainement.

Autre point : pas de rhume l’avant-veille, ce qui m’est arrivé à Paris l’an dernier et à Berlin il y a quelques temps. Et je peux vous dire que ça fout vraiment les boules d’attraper la crève 24 heures avant une course pour laquelle on s’est entrainé pendant 6 mois !!! Ma stratégie d’exposition au froid y est sans doute pour quelque chose, donc je vais continuer à courir en petite tenue dans la neige 🙂 Article à suivre sur le sujet un de ces jours …

Donc mis à part la nécessité d’aller aux toilettes 3 fois le matin même (stress + orgie glucidique je suppose) tout s’est passé comme sur des roulettes. Cette idée de « bonne gestion de course » est super rassurante et va sans doute me permettre de prendre plus de risques sur d’autres épreuves.

Une coureuse m’a quand même fait un croche pied involontaire au km 19 et j’ai vraiment me failli me casser la figure, elle ne s’est même pas excusé cette conne. J’aurais eu l’air malin avec une entorse ou une grosse gamelle. Quoique, torse nu et dégoulinant de sang, ça peut le faire pour se rendre remarquable (ce que je ne déteste pas, avouons le).

Le coin des matheux (spécial dédicace Greg :-))

j’ai agonisé pendant 48 heures sur mon choix de vitesse et la méthode de monitoring. Jean De Latour m’a dit de partir eu 4:30 au kilo mais ça m’a fait un peu flipper, ça fait un marathon en 3:10 et je n’en suis pas capable … mais j’avais devant moi un meneur d’allure en 3:15 et comme ma femme m’a traité de « chicken » ça m’a motivé à le suivre (qu’est ce qu’on ne ferait pas pour impressionner sa femme, hein, c’est bien caveman logic ça tiens) et comme mon objectif réel était de le finir en moins de 3:30 pour faire un temps qualifiant pour Boston … Du coup je l’ai suivi « tranquillement » tant que j’ai pu et ça a quand même duré pendant 26 bornes. Après, entre le tunnel des quais qui dure un certain temps et des douleurs au niveau des psoas, j’ai un peu levé le pied, ayant peur d’avoir des crampes avant d’arriver. En fait j’ai été entre 4:30 et 4:40 pendant les 26 premiers kilos. Et après c’est entre 4:45 et 5:15. C’est ce que je retrouve sur la plupart des marathons, NY c’était pareil. C’est difficile de se forcer à aller plus vite qu’une allure « naturelle » quand on a mal, surtout à un endroit imprévu. J’avais eu des douleurs monstrueuses aux psoas lorsque j’avais refait mon premier marathon à Cheverny en 2011. Et c’est un muscle qui ne me pose aucun problème d’habitude, même sur les sorties longues. C’est sans doute lié à ma foulée, je « tire » sur le psoas plus que je ne « pousse » avec les ischios. Donc une piste d’amélioration à travailler …

Au niveau FC je ne suis pas tellement rentré dedans … je ne suis jamais monté au delà de 170 puls, avec une moyenne à 164.  ceci dit à NY la moyenne était de 154. En toute logique sur les 3 -4 derniers kilomètres je devrais pouvoir monter à ma fréquence max, ce que je fais pas.

Au niveau poids, j’ai pris 3 kilos (!!!) en 3 jours en faisant la surcharge glucidique. Ca fait beaucoup … ça voudrait dire que j’ai pris 750 grammes de glycogène, ce qui semble beaucoup. Et je me suis pesé en rentrant à la maison, je pesais 68 pour 67 il y a 3 jours. Donc pas de déshydratation en vue, et j’aurais sans doute pu boire moins. J’ai discuté avec un coureur professionnel Vendredi, 55 kilos pour 1:70 : ça fait quand même 12 kilos de moins que moi !!! Je ne sais pas faire le calcul du gain en énergie en transportant 12 kilos de moins sur 42 bornes mais ça doit être significatif. Il ne me parait pas raisonnable de viser de perdre 12 kilos, à moins d’aller faire un stage d’entrainement dans un camp de travail en Sibérie … mais 3 – 4 kilos de gras en moins ferait quand même une sacrée économie énergétique. Il me semble que la dépense énergétique est proportionnelle au poids, donc avec 5% de poids en moins, je pourrai courir 5% plus vite à iso dépense énergétique ? Ca ferait facile 10 minutes sur un marathon.

Monitoring

J’ai enfin trouvé  la bonne méthode pour suivre ma performance tout au long de l’épreuve (avec l’aide de Fida’a Chaar, avouons le). Trois paramètres : le temps total, la vitesse moyenne par lap en mn.s au kilo, et la FC, avec un lap à chaque kilomètre. Le gros avantage de suivre en temps au kilo, c’est que ça facilite les calculs. Si on perd 15 secondes sur un kilomètre, on sait qu’il faut en rattraper autant au kilo d’après. Alors que si on mesure la vitesse en km/heure, ce n’est pas linéaire et impossible à calculer. Et l’intérêt d’avoir la FC est qu’en descente ou en montée, on peut accélérer ou ralentir tranquillement en vérifiant que la fréquence ne bouge pas trop.

Alimentation

Je ne suis pas allé au bout de la logique low-carb. Les gels ayant bien marché sur NY – et ayant lu dans le bouquin de Tim Noakes que le cerveau interprétait la présence de glucides sur la langue comme un signe permettant de fournir un effort plus soutenu (un genre de placébo que quelque sorte) – j’en ai consommé 4 consciencieusement pendant la course avec un peu d’eau, et je me suis fait une grosse platrée de pâtes la veille. Il faudra que je voie, si je n’ai pas de problèmes musculaires sur une épreuve à venir, si j’arrive à ne pas ralentir sur la fin, et ensuite ce que ça donne de faire une course sans rien bouffer; visiblement les coureurs d’élite ne mangent absolument rien.

Impressions

Un marathon seul c’est une sacrée tranche de méditation solitaire. Le temps s’écoule de manière absolument non linéaire. Les premiers kilomètres sont avalés rapidement (subjectivement s’entend) avec le seul souci de ne pas aller trop vite, de trouver les ouvertures pour dépasser, et une attention soutenue à la posture (pour la première fois) et une écoute des éventuelles douleurs qui pourraient devenir handicapantes; le tendon qui tiraille, petite douleur à l’avant pied … il faut rester zen, ne pas flipper et rentrer dans une spirale d’angoisse, et se dire que ça va passer. Ce qui a été le cas – excepté pour les psoas. Entre les indispensables coups d’oeuil à mon cardio, toutes les 20 ou 30 secondes, je m’occupe en regardant les autres coureurs : à mon niveau, spectacle inénarrable. Des mecs couverts de trois couches de vêtements, des foulées improbables, des gels en batterie dans les petites ceintures qui font penser aux cartouchières des films de cow-boys, un spiderman, des serveurs de bistro, une perruque… Sans intention de me la péter, parce que j’ai aussi plein de défauts, 90% des coureurs devraient prendre des cours … de course à pied.

Si je peux oser un petit parallèle, on voit des investissements dans des méthodes plus ou moins magiques (un bon exemple étant les collants de compression sur les mollets, qui ne servent sans doute à rien en compétition) et en même temps un déni total des fondamentaux : foulée, posture. Je me demande si ce n’est pas une caractéristique des humains. Hier en révisant quelques slides de médecine avec Steven, sur le diabète, il était également frappant de voir que la solution était simple (régime, exercice) mais que les patients ne voulaient pas l’appliquer et préféraient prendre des pilules magiques … qui ne servent peut être à rien non plus. Mais je m’égare.

A moment donné je vois Greg avec son appareil photo. Il prend 3 4 photos, court avec moi 100 mètres, me double pour reprendre des photos, deux fois; c’est assez énorme et très drôle de le voir courir avec son pardessus et ses Weston comme si de rien n’était. Ca ne dure pas plus d’une minute mais c’est un super moment.

A partir du 26 – 28ème, la perception change. On voit le bout de l’épreuve, en se disant que si on a tenu 28 ou pourra faire les 14 qui restent,  mais la lassitude et les douleurs s’installe et la foulée devient plus pesante. Compte à rebours : plus que 12 … plus que 10, que je découpe en rondelles (10 c’est 7 plus 3 et les trois derniers, ça ira de toute façon, donc passons les 7 …) en essayant toujours de me recentrer sur la foulée, les bras, la posture. Et je regarde avec un mélange d’angoisse et de satisfaction sadique tous ceux qui commencent à flancher sur les côtés.

Mon ami Farouk devait me rejoindre au 35ème et finir la course avec moi. Malheureusement on se rate, coup au moral, et je me crispe sur mon cardio pour essayer de ne pas passer sous la barre des 5 au kilo, ce que je réussis plus ou moins bien.

les 2 3 derniers kilos sont … particuliers. Je sais que je suis au bout,  je ne ferai pas 3:15 mais je suis sur de faire les 3:30, peut être 3:20 mais je ne me sens pas capable de pousser plus, même si mon cardio m’indique que je pourrai. Peut être sur une autre épreuve sans enjeu, prendre le risque de me mettre plus dans le rouge et voir ce qui se passe.

A 200 mètres de la fin, j’entends et je vois Suzana qui crie. Séquence émotion. allez, je vais quand même faire une petite accélération histoire de, de toute façon plus rien ne peut m’arriver maintenant.

Ligne d’arrivée passée, 3:21:22 à mon cardio. Je n’ai pas encore le temps officiel, mais à une minute près ça devrait être bon. Je peux à peine marcher, mais ce n’est pas grave. Je récupère un t shirt, un poncho et une médaille, échange quelques mots et poignées de mains avec des inconnus, et me dirige vers la sortie, entre tentes de massages, brancards et une ambulance.

Morale philosophique

Ca reste une épreuve exceptionnelle. et ça donne envie à la fois de voir comment je peux faire mieux parce que ça reste un gros kif, et aussi d’essayer d’autres choses. Un ultra, peut-être  ?

C’est aussi une leçon sur la différence et la variabilité dans notre espèce. les champions ont des VMA de 25, moi de 17. Question de quantité de mitochondries et de répartition de fibres musculaires, principalement, et aussi bien sur de culture et de mode de vie, mais dans une bien moindre mesure. Suzana me faisait remarquer que dans les élites il y a vraiment très peu de coureurs … pas plus de 1000 coureurs en moins de 3 heures, sur 40.000 ! Ca serait intéressant de comparer la courbe de Gauss de la répartition de VMA sur un échantillon de population et voir si elle est identique à la répartition des temps des coureurs sur un marathon.

Et sans doute ce que je préfère : on ne peut pas tricher. Enfin, si, on peut se doper, bien sur, mais en ce qui me concerne le résultat est un savant mélange d’une connaissance et d’une acceptation de ses propres limites, et du désir de les repousser, juste pour voir ce qu’on a dans le ventre. Ou dans les jambes. et ça se résume en trois chiffres : trois, vingt et un, vingt deux. Dont je tire une fierté légitime, tout en étant conscient du caractère très relatif de cette performance.

Special thanks …

Suzana (en plus c’était son anniversaire aujourd’hui, et comme cadeau, se peler 4 heures dans le froid, c’est assez moyen de ma part), Thierry Adeline (qui m’a redonné envie de courir, frère de coeur au sens figuré et aussi des pulsations), Gregory Molinaro (pour l’esprit analytique et l’envie de comprendre, quand est-ce qu’on en fait un ensemble ?), Farouk Hemraj (même question), Jean De Latour (pour les conseils que je commence enfin à écouter), Fida’a Char (idem), tout X-run, et … ma maman (pour les mitochondries et le reste). Et On pour les chaussures aussi :-).

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Réveil 6 heures 45; avec le changement d’heure, nuit encore noire.
Balance – 67 tout rond. pas mal. Glycémie – 90. Parfait.
Café, miel, exceptionnel – veille de marathon, temps de stocker un peu de carburant.
Le jour se lève rapidement, j’enfile mes chaussures.
Sortir de la maison – rentrer dans un frigo. Pas désagréable, juste une sensation intense. Surtout le vent. Sol mouillé, étrange, je lève la tête – des flocons. Il neige ! Deux trois flocons par ci par là, et dans le parc certains endroits sont recouverts d’une fine couche.  Incroyable. Je me remplis du calme et de l’atmosphère feutrée. Le temps reste indécis, vraie neige ou flocons épars ? Je suis en éveil, posture, fréquence cardiaque, éventuelles douleurs, aussi sur l’extérieur, les oiseaux, les plantes, le ciel, les flocons … En arrivant vers la maison, une belle éclaircie avec la lumière qui augmente subitement. Superbe. J’ouvre la porte de la maison – je rentre dans un four … envie de retourner au lit ! Une bonne douche froide me réveillera pour la deuxième fois de la journée …

 

 

 

Publié le par Phil D | Laisser un commentaire

Attentat à la pudeur

Une séance bien dure ce matin : 12 fois 400 avec une minute de récup, encadrés par 2 fois 20 minutes en endurance. Ayant voyagé hier et couché à pas d’heure, j’ai une grosse flemme ce matin et je procrastine joyeusement, surtout que le temps a l’air assez maussade. Mais une séance, c’est une séance et je pars tranquillement vers le stade du Pré Saint Jean à Saint Cloud, appréciant d’avoir un stade à portée de main (ou de pieds) dont le temps pour y aller correspond à peu près à l’endurance nécessaire à l’échauffement. Quel luxe !

Pour autant, ça caille un peu, il y a un petit vent et je frissonne en sortant de la maison.  Température perçue, 3 degrés, humidité 81%. Comme d’habitude au bout de quelques minutes le froid n’est pas un problème et je savoure ma sensation de liberté, tout en appréhendant un peu la séance à venir.

Arrivé au stade, complètement désert, un gardien me fait signe de m’arrêter. Lire la suite

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Pattern recognition

Un petit post rapide sur un sujet qui me titille, avant que j’oublie.

Le cerveau humain est très bien adapté à la reconnaissance de motifs (patterns, en anglais) et à leur donner du sens . J’en avais une compréhension assez théorique, ayant lu ça dans plusieurs bouquins, notamment ceux de Pinker et de Kahnemann.

Je l’ai expérimenté récemment dans des contextes très différents.

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