Expériences frigorifiques

Sortie longue à La Clusaz - 2h30, 2500 mètres

Sortie longue à La Clusaz – 2h30, 2500 mètres

Quoi de mieux qu’un dimanche printanier pour faire un bilan de mes sorties dans le froid?

Mon intérêt pour l’exposition au froid pendant l’effort a démarré un peu par hasard. L’an dernier, à la fin d’une sortie longue par -5 / -7, j’avais couru torse nu pendant 10 minutes, et j’avais été étonné de ne ressentir aucune sensation de froid, alors que j’utilisais toujours bonnet, gants, multiples couches etc.

Ensuite j’ai été intrigué lors de la lecture de « 4 hour body », des expériences faites par Ray Cronise qui a perdu 20 kilos en 6 mois en prenant des bains d’eau glacée. 80 % de l’énergie que nous consommons sert à notre métabolisme de base, et notamment à réguler notre température interne, qui fluctue dans une fourchette assez étroite : la température normale est de 37, on meurt d’hyperthermie au delà de 42% et d’hypothermie en dessous de 32). Un corps humain à 37% plongé dans un milieu froid va donc consommer plus d’énergie pour conserver une bonne température. Classiquement, les lipides sont utilisés comme carburants.  C’est pour cela que les nageurs consomment une quantité monstrueuse de calories : ils passent 3 à 4 heures par jour dans l’eau froide (sachant que la conductivité thermique de l’eau est 25 fois plus élevée que celle de l’air). Donc en théorie l’exposition au froid doit favoriser la réduction de masse grasse.

Deux autres éléments intéressants sont apparus au fil de mes lectures :

L’exposition au froid stimule le système immunitaire. On croit en général qu’on tombe malade parce qu’on « attrape froid » … mais ce sont des virus qui nous attrapent, et qui d’ailleurs vont plus se développer dans la chaleur du domicile que n’importe où ailleurs.  D’ailleurs avec le recul je me demande d’où vient cette association si commune, mais c’est un autre sujet.

Enfin, l’exposition du corps aux UV est le facteur le plus important de synthèse de la vitamine D – qui entre autres propriétés stimule justement le système immunitaire et a des vertus anticancéreuses.  Sous nos latitudes 75% des gens sont déficients en vitamine D, surtout en hiver.

Donc m’exposer au froid, dehors, en courant, à la lumière, pourrait remplir 3 objectifs :

  • Mobiliser ma matière grasse comme carburant
  • Stimuler mon système immunitaire
  • Augmenter ma synthèse de vitamine D

Un autre intérêt du froid est son rôle anti-inflammatoire et analgésique,  provoqué notamment par la vasoconstriction des vaisseaux superficiels. Tous les sportifs connaissent les packs de glace, et j’ai moi même beaucoup utilisé les sacs de petits pois Picard pour mes tendons endoloris après les sorties longues.  A l’époque où je faisais de l’équitation, j’avais bien remarqué qu’on douchait les membres de chevaux à l’eau froide. Et l’INSEP utilise la cryothérapie (chambres à -10, -60 et … -110 degrés (!!!)) pour les athlètes, tant pour la récupération que pour les blessures.  Donc une bonne douche froide après une sortie longue ne peut pas faire de mal, même si ma douche ne produit pas encore de glaçons !

Pendant tout l’automne et l’hiver, j’ai donc fait toutes mes sorties torse nu et en short. Les plus basses températures que j’ai eues étaient de l’ordre de -3, -4, lorsqu’il a neigé sur Paris et que je suis allé faire des sorties longues en montagne. Les seules protections utilisées étaient des chaussettes (les orteils ont tendance à geler) et des gants légers.

Au début je mettais un petit blouson en attendant d’être un peu échauffé, et rapidement j’ai pris l’habitude de sortir directement torse nu.  Sachant que 75% de l’énergie dégagée par la contraction musculaire est transformée en chaleur, il est évident qu’on ne reste pas froid très longtemps quand on court. Ceci étant cela me fait douter de l’effet «thermogénèse»  puisque le réchauffement du corps est induit par l’effort et pas une réaction spécifique.

Bilan provisoire

Je ne sais pas dire si il y a vraiment un effet sur le métabolisme des lipides : je n’ai pas maigri, mais je ne mesure pas précisément ma consommation de calories non plus.  Je pense qu’en fait, comme la température interne de mon corps s’élève à cause de l’effort physique, il n’y a pas de consommation supplémentaire de calories. Le seul moyen de le savoir serait de courir avec un « respiromètre » et voir la quantité de CO2 que je dégage et c’est un peu compliqué.  Le plus efficace par rapport à cet aspect est sans doute d’aller marcher dans la fraicheur ou bien sur nager.

J’ai constaté avoir été nettement moins malade que les années précédentes, alors que sur les deux derniers mois j’ai eu une charge d’entrainement plus élevée que d’habitude (5 sorties par semaine), ce qui est un facteur de risque accru. Le bureau a connu ses épidémies de rhumes, de grippes, de gastro et je suis passé au travers, avec deux ou trois fois l’apparition des premiers symptômes mais qui n’ont jamais dégénéré.  Ca reste empirique et ça manque de test en double aveugle.

Mes tendinites régulières se sont calmées, alors que je n’utilise plus de packs de glace, juste des douches froides tous les matins, en passant 2 à 3 minutes sur les membres inférieurs. Ce qui a l’avantage également de me réveiller très efficacement. J’attends toujours un miracle pour les valises sous les yeux mais pour l’instant bernique J

Je n’ai mesuré de mes niveaux de vitamine D : il faudrait que je le fasse mais là encore je n’ai pas de comparaison avec les années précédentes.

Evidemment mon rapport au froid a changé. J’aime toujours autant la chaleur du soleil ou d’une couette, mais ces sorties ont augmenté considérablement la qualité de ma perception du froid et ses variations subtiles, où le moindre rayon de soleil ou bourrasque de vent donne l’impression d’une variation de 10 degrés !

Et évidemment ne se pose plus la questions « qu’est-ce que je vais mettre ce matin pour aller courir », ce qui est un gain de temps significatif !

Pour ceux que ça intéresse, il y a un hollandais qui fait des expériences nettement plus extrèmes : Wim Hof.

J’irai peut être faire un stage avec lui un de ces jours 🙂

A moins que je ne fasse le marathon du pôle nord

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2 commentaires pour Expériences frigorifiques

  1. Bourda dit :

    Bon ok je vous comprends mieux maintenant, mais je vais de ce pas…. me faire un bon chocolat chaud ! Grrrrr 😉

  2. Ping : Expériences frigorifiques (2) | Paleo, Running, Bio (logie), Techno …

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