Marathon, terrorisme, religion : méditation du week-end

Les deux responsables présumés de l’attentat au marathon de Boston, l’un mort, l’autre arrêté. Origine Tchetchène, bons musulmans, sportifs, que tout le monde trouvait sympa, 19 et 26 ans, deux frères.

C’est étrange tout de même, ça ne colle pas à notre typologie. Le cerveau rapide dit : ils devraient être barbus ou porter un costume de super héros ou appartenir à un groupuscule frigide barjot quelconque. Ben non.

Alors émerge rapidement la théorie du complot (réaction du père, « on a piégé mes fils »), on se dit, effectivement ça ne colle pas.

Et puis on lit qu’il y a eu des armes automatiques, des grenades, des centaines de balles échangées, deux meurtres, un témoin de la mort du frère ainé, qui s’est jeté sur les policiers avec une bombe artisanale autour du thorax … tout ça ne fait pas partie des comportements de base du post-adolescent, même aux USA. Et une info, non encore confirmée, de liens avec des groupes islamistes radicaux.

Je suis curieux de savoir ce que va dire Dzhokhar Tsarnaev, si il est en état de parler un jour.

Nous avons besoin de croyances pour donner du sens au monde qui nous entoure, longtemps totalement incompréhensible pour nous, et qui le reste en grande partie : essayez donc de vous représenter le fait que des particules émergent spontanément du vide à partir du moment où le vide en question récupère suffisamment d’énergie … pas vraiment trivial et intuitif.

Ces croyances sont utiles à la survie de l’individu et de l’espèce mais quelquefois ça se met en travers. Ca s’appelle la folie, et les psys ont toute une taxonomie sur le sujet : bouffée délirante, délire paranoiaque, etc.  – et ça pose aussi le problème de la responsabilité. Un schizophrène qui tue quelqu’un de 50 coups de couteau peut expliquer ensuite que des voix dans sa tête lui ont donné l’ordre de le faire, et être considéré comme irresponsable. Mais cette folie peut être socialisée, voir devenir acceptable ou admirable dans certains contextes.

La religion, par exemple, est une puissante justification pour aller assassiner ses semblables, peut être même plus que l’origine ethnique, comme on l’a vu au cours de l’histoire.  On verra si Tsarnaev en appelle à une divinité quelconque pour expliquer ce qu’il a fait (si c’est lui) …

Hier j’en ai pris une grosse dose : France Inter sur les problèmes au Bangladesh entre pro islamistes et pro laïques,  un gars interviewé qui disait « si je dois choisir entre blasphémer et tuer mon fils, je préfère tuer mon fils ». Ca fait froid dans le dos, même si c’est loin et il ne le ferait sans . Mais ensuite on voit les énervé anti mariage homo qui disent que « Hollande veut du sang, il va en avoir » et là ce n’est pas à l’autre bout du monde. Je ne pense pas qu’il y ait des masses d’athées ou d’agnostique dans ces manifs. En dinant avec des amis on rediscute de l’affaire du grand rabbin,  et de la faillite morale que ça représente, alors qu’il est censé justement, pour sa communauté, donner l’exemple d’une moralité irréprochable. Quelle tristesse.

Bref, je  pars sur une méditation sur cet horrible attentat, et j’atterris sur les excès humains justifiés par la religion. Je me pose souvent la question rhétorique : si la religion n’existait pas, comment la folie violente de certains humains s’exprimerait-elle ?

Est-ce la croyance qui crée la violence, ou la violence qui utilise la croyance pour se justifier ? Je ne sais pas.  Mais les études sociologiques semblent montrer qu’il y a une corrélation inverse entre le niveau de violence d’une société et son niveau de religiosité.

Une lecture sociologique ...

Une lecture sociologique …

En tous cas, appréhender la religion en tant que phénomène social est déjà une première étape pour se prémunir de « je fais ça car dieu me l’a ordonné », ou de se faire manipuler sur le sujet par une autorité morale qui va promettre le paradis en échange d’un suicide visant à tuer le plus de monde possible en même temps.

Et aussi se poser la question de sa propre moralité. N’en déplaise à ceux pensent avoir besoin d’en référer à une entité supérieure pour bien se comporter, elle repose sur de solides bases … biologiques, partagées avec nos cousins primates.

 

 

 

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