Boston – tristesse

Au moment où je mettais la dernière main à l’article d’hier, je découvre à travers Facebook qu’il y a eu un attentat au Marathon de Boston. 2 ou 3 morts, plus d’une centaine de blessés.

Un attentat est toujours tragique, stupide, incompréhensible, une des pires expressions de la violence inhérente à notre espèce. Une forme qu’on ne retrouve pas chez les animaux : ils n’ont pas un cerveau suffisamment développé pour penser « je vais tuer d’autres humains sans aucune raison logique, sans qu’ils ne m’aient menacé d’aucune manière, juste pour qu’on parle de moi indirectement » ou « pour aller au paradis des guerriers »…

En général on le met à distance en se disant « c’est loin de chez moi », « je ne prends jamais cette ligne », afin de minimiser notre implication émotionnelle. Enfin, c’est comme ça que moi je m’en tire, habituellement.

Là, évidemment, ce n’est pas possible. Je pense au marathon de Boston depuis des années, un de mes buts cette année était d’avoir un temps qualifiant pour pouvoir le faire en 2014 … Et là, il y a quelqu’un qui vient faire péter des bombes à l’arrivée ???  Vouloir tuer des supporters, des inconnus ou des membres de la famille venus encourager le papa, l’ami, qui vient de se taper 42 bornes juste pour se prouver qu’il en est capable, et d’essayer d’être un meilleur humain, juste pour lui ?

Ma femme m’a attendu au finish à Paris il y a deux semaines. Elle serait sans doute venue avec moi à Boston en 2014. Elle pourrait être morte ou avec une jambe en moins parce que quelqu’un a pensé, pour une raison obscure et incompréhensible, que c’était une bonne idée de faire péter une bombe à l’arrivée d’une course.  Je pense à tous ceux à qui c’est arrivé hier. Quelle horreur absolue.

Le peuple des coureurs de fond est tranquille, peu médiatisé, peu propice aux excès en tous genres. Les champions éthiopiens ramènent les gains des courses pour faire vivre leur village, et les coureurs du dimanche épinglent leur médaille quelque part et affichent fièrement leurs courbatures le Lundi matin. Tout le monde fait des tours de stade en souffrant, juste pour le bonheur d’un chrono dont la majorité de la planète se fout totalement.

Bref, quelle que soit la manière dont on le regarde, les coureurs ne font chier personne, à part bloquer une ville une fois par an pendant une demi-journée. Je n’arrive pas à imaginer que puisse germer l’idée d’un attentat sur la ligne d’arrivée, non revendiqué.  Le principe du terrorisme c’est de tuer des « innocents », des gens qui n’ont aucune relation causale avec le problème du terroriste. Là ce sont des innocents réunis dans la joie et l’intensité, qui basculent dans l’horreur en un millième de seconde.

Sur le Facebook de la page du marathon de Boston, la récupération par différents groupes religieux pour organiser messes, prières etc.  est assez écoeurante aussi.

Bon. je vais penser à toutes les victimes de cette tragédie pendant longtemps. Toute mon empathie, même si c’est totalement inutile.

C’est pas une bonne journée.

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