Erreurs de Type I, erreurs de Type II

Un peu de psychologie, pour changer. Une explication lumineuse des raisons de nos perceptions erronées.

Traduit assez librement de « Caveman Logic » – de Hank Davis.

Globalement, il y a deux manières de faire une erreur de perception : on peut ne pas voir quelque chose qui est là, ou voir quelque chose qui  n’est pas là. C’est une erreur dans les deux cas, mais leurs conséquences sont très différentes.

Imaginons que vous êtes chargé de mettre en place un système judiciaire pour une nouvelle société. Si vous décidez que la pire chose qui puisse arriver est de laisser un assassin en liberté, vous serez assez peu exigeant sur la qualité des indices requis pour la condamnation. De cette manière, vous attraperez sans doute tous les meurtriers et personne ne passera entre les mailles du filet. Le problème est que vous attraperez sans doute quelques innocents également. Considérons cela comme des erreurs de « Type I », des « faux positifs ».  En autorisant quelques erreurs de Type I, vous vous assurez du fait qu’il n’y aura aucun meurtrier qui ne sera pas condamné. Ce type d’erreur serait de « Type II », et vous les avez éliminées dans votre système.

Mais imaginons un instant que votre système judiciaire aie d’autres priorités : ne jamais condamner un innocent ? Dit autrement, les erreurs de Type I sont inadmissibles. Dans ce cas le seuil de qualité de preuve devra être très élevé pour garantir qu’aucun innocent ne sera condamné par erreur. Bien sur, en adoptant cette stratégie, il y aura aussi quelques meurtriers qui s’en sortiront.

Cette simple leçon de statistique met en évidence un point très important. Les probabilités d’erreurs de type I et de type II sont liées. Vous décidez ce qui est le plus important pour vous et réglez les seuils en conséquence. Il y a toujours des risques d’erreur lorsqu’on prend des décisions basées sur des informations incomplètes.  Mais vous devez simplement décider quel type d’erreurs est le plus tolérable.

J’ai beaucoup d’amis qui discutent de l’efficacité du test PSA pour la détection du cancer de la prostate. Ce test ne laisse passer aucun cancer, mais il génère aussi beaucoup de « faux positifs ». En tant que potentiellement victime de la maladie, est-ce que vous préférez être sur que tout va bien au prix d’une inquiétude pour une maladie que vous n’avez pas ?

La sélection naturelle sur le système perceptif humain a du faire face à ce type de problèmes il y a quelques centaines de milliers d’années et le choix qu’elle a fait entre privilégier les erreurs de type I et II est très clair.

Imaginez le scénario suivant. Un de vos ancêtres se promène dans la forêt et voit quelque chose en bordure du chemin. Peut-être un prédateur, mais peut être aussi des feuilles déplacées par le vent, ou un animal inoffensif. S’il pense que c’est dangereux, il réagit en conséquence : il s’immobilise ou qu’il prend ses jambes à son cou. Résultat positif : il survit à une rencontre potentiellement meurtrière et peut continuer à vivre et à fonctionner. Le pire qui puisse arriver ? Un « faux positif ». Il s’est fait une grosse frayeur pour rien, le cœur à fond les ballons, caché derrière un arbre avec sa lance à la main, pour un tas de brindilles sur le chemin. Il a aussi dépensé quelques calories inutiles. Mais il peut rentrer chez lui, diner, et faire un câlin avec sa chérie.  Ca lui fait peut être même une bonne histoire à raconter à la tribu.

Maintenant imaginons un scénario alternatif. Le même individu voit quelque chose qui peut – ou pas – être une menace. Au lieu d’imaginer le pire, son système perceptif ne réagit pas aux  formes en tant que menaces potentielles. Le mieux qui puisse lui arriver ? Il aura sauvé quelques calories et peut être fier d’avoir un système perceptif qui fonctionne bien. Le pire ? Un « faux négatif », ou une erreur de type II. En n’interprétant pas ce stimulus comme une menace, il ne s’enfuit pas. Dans ce contexte, les erreurs de type II  sont fatales. Cet hominidé hypothétique a moins de chance d’être l’ancêtre de qui que ce soit.

En bref, la précision de la perception n’y jamais fait partie des priorités de la sélection naturelle. La survie et la reproduction, oui. La vision du monde de ce dernier hominidé était sans doute plus précise que celle de son voisin qui décampait à toute occasion et qui voyait des visages dans les nuages.  Mais, encore une fois, la précision n’était pas l’objectif prioritaire.

Sur la durée, la sélection naturelle a donc privilégié les systèmes perceptifs et les détections de motifs qui étaient suffisamment hyperactifs pour commettre des erreurs de type I. Mais dans un monde dangereux, les erreurs de type I coutent bien moins cher à l’espèce.  Et une des devises de la sélection naturelle c’est « une erreur vaut mieux que la mort ».

A suivre …

 

 

 

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Test matos: nouvelles Brooks PureFlow 2

Bande de veinards, vous allez lire un test de chaussures qui ne sont pas encore dispo en France !

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Running is a skill

La lecture simultanée de deux livres consacrés à l’entrainement en course à pied est en train de modifier fondamentalement l’importance que j’accorde aux exercices type « PPG » et « éducatifs » , et m’amène à une réflexion un peu plus générale sur la course à pieds, notamment par rapport aux autres sports.

Débutant

La course à pieds a ceci d’unique, en tant que sport, qu’elle ne nécessite aucune compétence spécifique pour démarrer. Tout le monde a couru (et court) dans sa vie, que ce soit pour jouer aux cow-boys et aux indiens à 10 ans ou pour attraper un train ou un métro quelques décennies plus tard. Lire la suite

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Une minute de science …

Un article pointé par Greg sur le fonctionnement du cerveau « sous fructose ». Allez hop, un coup de résonance magnétique nucléaire après un shoot de HFCS (High Fructose Corn Syrup, très présent dans la nourriture industrielle aux US) et que voit on ? les centres de la satiété aux abonnés absents, et donc, on a toujours faim malgré l’absorption de nutriments. Fructose, fructose …

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Dans la série « polémiques autour d’un morceau de viande crue » : une autre lecture sur l’aspect sectaire, avec une pincée d’écologie.

« Bon mais ton truc paléo, ça veut dire que tu manges beaucoup de viande, et ça c’est mauvais pour la planète, non ? pas très écolo, ton histoire. Et puis ces chapelles, avec des mecs qui ont des idées bizarres, contraires aux recommandations diététiques (Cinq fruits et légumes par jour …) c’est pas très rassurant ».

C’est une bonne question, puisqu’on peut légitimement penser que le retour à une alimentation proche de celle de nos ancêtre relève d’une démarche écologique, mais en ce qui me concerne ce n’est pas ma préoccupation première – qui est plutôt de l’ordre de la bonne santé et d’éviter tant que faire se peut de s’empoisonner avec de la bouffe industrielle.

Mais on va voir qu’il y a des ponts subtils avec les préoccupations écologiques.

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Publié le par Phil D | Laisser un commentaire

Paléo ayatollah ?

Même si Gary Taubes et beaucoup d’autres mettent en évidence qu’une alimentation pauvre en glucides est loin d’être une grande nouveauté (voir mon post sur le sujet), vouloir en discuter lors d’un diner n’est pas toujours simple et entraine des incompréhensions, ce qui m’est arrivé plusieurs fois récemment, à mon grand dam.

Je suis sans doute tellement passionné par le sujet que je me retrouve dans une posture d’ayatollah (croyant + fanatique) … et c’est dommage, parce que ma démarche n’est ni dans la croyance, ni dans le fanatisme. Mais je dois mal m’y prendre 🙂

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La diète intermittente contre le cancer ? et quoi d’autre ?

je tombe par hasard sur cet article sur les bienfaits de l’ « intermittent fasting ». Rien de bien nouveau, mais des confirmations de la pertinence de la démarche paléo – nos ancêtre ne prenaient pas un petit dej « avec plein d’énergie qui se libère dans la matinée pour éviter les coups de barre » avant d’aller chasser le déjeuner ….

Libération prolongée de glucides ...

Libération prolongée de glucides …

Un résumé rapide de l’article :

  • La restriction calorique a effet significatif sur l’augmentation de la longévité des animaux (pas uniquement les vers de terre et les souris, aussi les macaques) et a diète intermittente est plus efficace que la restriction calorique permanente. Et personnellement je trouve plus facile de ne rien manger pendant 24 heures et de bafrer ensuite plutôt que de compter les calories à chaque repas, ce qui nécessite un côté maniaque que je n’ai pas !
  • La diète retarde l’apparition des maladies dégénératives comme Alzheimer (cf le post sur le rapport avec la résistance à l’insuline quelque part sur le blog)
  • La diète limite la production d’insuline et de l’hormone associée IGF-1 (tout comme les régimes pauvres en glucides). Ces deux hormones sont liées à l’apparition des cancers.  Des diètes de 48 heures chez des souris cancéreuses ralentissent le développement de 5 types de cancers sur 8. Il est également probable (mais non démontré que cela réduit la probabilité d’apparition des cancers)
  • Des personnes obèses avec de l’asthme réduisent leurs symptômes d’asthme en pratiquant une diète intermittente (et évidemment, ils maigrissent aussi !)
  • La diète intermittente a un effet bénéfique sur le fonctionnement du cerveau, générant un leger stress qui stimule massivement la fabrication d’une protéine (brain derived neurotrophic factor)  qui permet la génération de nouveaux neurones et la réparation de ceux qui ont un coup dans l’aile … et on sait que le cerveau fonctionne plutôt mieux avec des cétones qu’avec des glucides, donc une fois habitué, on a plutôt une meilleure concentration et capacité mentale en étant sous alimenté que bourré de glucides.

Voila voilà … On ne recommande pas une diète de plus de 48 heures. Personnellement je n’ai jamais fait plus de 24 heures. C’est assez facile de prendre un bon diner, et de sauter le petit déj et le repas de midi, surtout les jours où on travaille.

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Témoignage d’une pure carnivore diabétique …

Un témoignage d’une personne contactée par Greg … pour ceux qui pensent que paléo c’est trop !

Je suis diabétique de type II, et j’utilisais  beaucoup d’insuline – 4 fois par jour, ainsi que des statines et des médicaments pour baisser la pression artérielle. J’étais constamment fatiguée, maux de tête et d’estomac chaque jour. J’avais aussi vraiment du mal à stabiliser mon taux de sucre sanguin, en dépit du régime prescrit  par la Clinique du diabète. Un jour, je suis tombé sur un forum , et ce que j’ai lu il ya littéralement changé ma vie.

Il se compose d’un groupe de personnes qui mangent principalement de la viande grasse. Certains, comme moi, mangent aussi des œufs, du fromage et de la crème. Tout produit d’origine animale est autorisée. Je mange comme ça depuis 8 mois maintenant, et j’ai abandonné tous mes médicaments après le premier mois. Mon taux de sucre sanguin s’est stabilisé, je n’ai pas eu d’hypoglycémie en 8 mois, ce qui est fantastique. Ni maux de tête ni brûlures d’estomac. Mon niveau d’énergie est fantastique, tous les jours!

En lisant les sujets du forum, vous trouverez beaucoup d’informations et d’études prouvant que c’est un moyen incroyablement efficace de manger. En plus de perdre du poids (j’ai perdu 16 kg à ce jour), il y a aussi la preuve que beaucoup d’autres maux et maladies peuvent être guéries ou empêchées en mangeant de la viande grasse. Par exemple la maladie d’Alzheimer, la goutte, etc…

Il y a une personne sur le forum qui a 2 garçons, âgés de 3 et 5 ans. Ils n’ont jamais  rien mangé d’autre que de la viande, et n’ont jamais eu un mal de gorge, une fièvre, une toux ou quoi que ce soit. Ils n’ont jamais vu un médecin non plus.

La graisse animale est une partie très importante de l’alimentation. Si la viande est un peu maigre, j’ajoute un morceau de beurre, ou même du fromage  ou de la crème fraiche. Demandez au boucher de vous vendre du gras  supplémentaire, et vous pouvez en faire frire des morceaux avec un peu de poivre noir, c’est un délicieux plat d’accompagnement!

J’ai toujours de la viande cuite dans le réfrigérateur – un rôti, tranché, ou émincé (j’ai l’habitude de mélanger le boeuf, l’agneau et le poulet, et quand j’ai faim, je peux ajouter des oeufs pour améliorer la texture), le gigot d’agneau fonctionne aussi bien, ou des côtelettes de viande, en fait tout que vous aimez. Les tranches de porc sont également très bonne option car il est très gras. C’est la graisse qui donne de l’énergie et provoque la perte de poids.

 

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Une synthèse intéressante de Mike Geary sur l’alimentation

Mike Geary est un peu lourd avec les mails qu’il envoie tous les jours et les références croisées sur les sites de ses potes qui vendent des méthodes pour maigrir et des compléments alimentaires, mais souvent ses articles sont de bonne qualité. Par exemple celui-là, qui synthétise pas mal les concepts de nutrition.

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Gary Taubes : Why we get fat

Difficile d’échapper à Gary Taubes quand on s’intéresse au low-carb. Il a écrit deux bouquins : Why we get fat – plutôt facile –  et Good calories, bad calories, plus compliqué.

Je viens de lire « Why we get fat ». 557 customer reviews sur Amazon, donc un des bouquins les plus lus sur le sujet.  Il faut regarder les avis sur le site US parce que le bouquin n’est pas traduit en français. Si vous voulez voir, c’est ici.

Why we get fat ...

Why we get fat …

Après une dizaine de bouquins sur la nutrition, je commence à ne plus m’attendre à des surprises, mais Taubes a réussi à m’intéresser : au delà des études cliniques, il a une approche historique, oserais-je dire épistémologique, du sujet qui est assez rafraichissante.

La conclusion est toutefois la même qui tous les autres : si vous voulez être en forme et pas trop grossir, allez y mollo sur les glucides, surtout rapides et raffinés. Pas vraiment une surprise. Mais vous le saviez déjà 🙂

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