America

Après quelques 6 semaines aux USA, à la fois en vacances et dans un environnement quotidien, j’ai plein de choses à raconter. Je ne sais pas exactement dans quel ordre mais … vous avez l’habitude. Disons que je vais partir sur un axe sportif qui va sortir des sentiers battus, ou plutôt, les parcourir dans tous les sens.

It all start with shoes …

J’avais lu quelques bonnes feuilles de l’autobiographie de Phil Knight, le fondateur et PDG de Nike pendant 40 ans il y a quelques mois dans une revue de running.

img_9565Etant en vacances et en mode « un vrai livre papier, ça pourrait être sympa pour contribuer à la detox informatique », je l’ai acheté à Salt Lake City, dans une vraie grande librairie. J’avais un peu oublié qu’on peut errer pendant un certain temps avant de trouver ce qu’on cherche et de se rendre compte qu’il est en grosses piles à l’entrée. Mais bon, même le vendeur a dû regarder sur son ordi pour savoir où il était. Difficile de savoir si c’est un best-seller, et dans quelle catégorie le ranger – bio, sports, business … et d’ailleurs, c’est tout ça à la fois.

Vous le savez sans doute si vous avez lu quelques post sur ce blog, je ne suis pas un grand fan de la marque qui a inventé les semelles à amorti, même si c’est avec des grosses air max que j’ai commencé à courir.

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Si, si j’ai couru avec ça …

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Et ça aussi !!!

Mais l’histoire est quand même incroyable, et je n’avais aucune idée de qui était vraiment Phil Knight avant d’ouvrir le livre, Bill Bowerman –je me souvenais juste d’avoir vu d’immenses photos de lui au siège Europe de Nike, où j’avais été vendre (sans succès) des outils pour produire des modules e-learning il y a des temps immémoriaux.

Le livre est passionnant. Enfin, c’est l’histoire qui est fantastique mais Knight la raconte très bien, et je pense que c’est lui qui a écrit le livre.

(lien vers les commentaires des lecteurs sur Amazon)

Il y a plein de choses qui méritent attention et réflexion dans cette histoire, et je vais vous les livrer en vrac.

Innovation

Contrairement à mon opinion (fondée sur pas grand-chose), Nike a été créée sur une vraie passion pour améliorer les chaussures des coureurs. A l’origine la société s’appellait Blue Ribbon sports, nom inventé en temps réel lors de sa première réunion avec Onitsuka, qu’il avait été voir au flan pour leur proposer d’importer leurs chaussures aux US en 1962.  Knight était un coureur de demi-fond, et a continué à tester les chaussures sur son « 6 mile run » quotidien. Bowerman, coach de l’équipe olympique US à plusieurs reprises, et actionnaire initial à 49% parce qu’un Phil Knight tremblant avait été lui proposer d’être son associé sans croire qu’il allait accepter … était obsédé par l’amélioration de la chaussure pour l’amélioration des performances des athlètes. C’est sans doute pour cela que le livre s’appelle « Shoe Dog » que je ne saurais pas vraiment traduire autrement que « fondu de la semelle », peut-être.  On trouve sur le web plein de photos de Bowerman en train de fabriquer des chaussures (c’était sans doute un cordonnier refoulé !) comme celle là:

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Les cordonniers sont les plus mal chaussés !

Même si au début Knight s’est contenté d’importer des chaussures japonaises, ils ont vite proposé leurs propres designs, et les testaient en permanence sur les coureurs de la fac de Portland.

Cette passion pour le bidouillage va amener la première « waffle sole » (semelle avec des picots pour une meilleure traction) faite, comme la légende l’indique, dans le moule à gaufres de Madame Bowerman.

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Modification « à l’arrache » !!!

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Prototype historique

Suivront plein d’autres innovations, dont la semelle « Air » en fait inventée par un chercheur fou qui un beau jour vient présenter son invention à Knight, il n’y croit pas du tout (de l’air dans une semelle ??? WTF ???) mais part quand même faire son 6 mile run avec et il  signe le deal  (4 cents par paire de chaussures vendues) juste parce que Adidas (la nemesis) était aussi intéressé. Le premier modèle vendu comportait 12 innovations différentes mais la peinture n’était pas sèche et ils ont du toutes les reprendre parce qu’un matériau abrasif niquait (oui j’ai osé) la semelle sous pression qui faisait pschitt.

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Le brevet air

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Ca ressemble à une grosse bite gonflable non ?

La morale que j’en tire, c’est que l’innovation technique est toujours au cœur d’une entreprise qui réussit, au moins au début. Nike a pu signer des deals avec des athlètes d’abord parce que ses chaussures étaient meilleures que celles des concurrents.

Passion

D’ailleurs Knight ne se décrit pas comme un visionnaire, un as du marketing ou du management, rien de tout cela. Il se trouve médiocre, timide, faisant des conneries dans des moments critiques.  Mais animé par une passion féroce, sur le sujet chaussure et pour faire vivre et son entreprise, gagner. Les débuts sont réellement épiques, en mode startup total, vivant à crédit en permanence et dans une situation de précarité dingue. Chaque commande de chaussures à Onutsika est faite à crédit, et le double de la précédente, jusqu’à ce que le banquier l’envoie péter, et ça dure pendant un paquet d’années. Il ne veut pas mettre sa société en bourse pour garder son indépendance, se fout de devenir riche, et ne le fera que quand il n’y pas d’autre solution possible (et deviendra très riche). Il passera toutes ces années en expliquant à sa femme qui s’il plante la boite, il pourra toujours redevenir comptable dans un cabinet d’audit, mais qu’au moins, il aura essayé de toutes ses forces. Et en traitant ses employés comme sa famille, embauchant au début des « outcasts » comme lui, passionnés de sports et de chaussures pour la plupart, comme son premier employé, Jeff Johnson.

Chance

Ca prend une saveur particulière pour le logo (acheté 35 USD à une étudiante de la fac, qui sera plus tard payée en actions), parce qu’il faut bien un logo pour acheter des pubs dans les magazines.

NikeLogoInitial.jpgQuand au nom, Nike, qu’il doit trouver à cause de problèmes légaux avec Onitsuka, c’est une agonie sans fin, lui veut appeler la société Dimension 6 et c’est Jeff Johnson, encore lui qui vient avec « Nike », 30 secondes avant qu’il faille envoyer le nom pour l’usine Japonaise qui fabrique les chaussures. C’est raconté avec une candeur totale … Même si il explique aussi qu’il a fait le tour du monde en 62 avant d’aller au japon et qu’il a passé beaucoup de temps en Grèce, et qu’il est passionné de stratégie militaire.

Donc ce qui paraît après coup comme une stratégie murement réfléchie (le nom de la société et son logo, en B2C ce n’est quand même pas rien) est fait à l’arrache, avec deux bouts de ficelle.

Dialogue avec Bowerman :  il veut appeler une  chaussure « Aztec » parce que ce sont les JO de Mexico mais Adidas a un modèle avec un nom similaire et les menace de procès. Bowerman « c’est qui le général espagnol qui a foutu la pilée aux Aztèques ? » « Cortez » « Bon, ben on va appeler la chaussure Cortez et on va foutre une pilée à Adidas ».  Hop, vendu. Histoire racontée ici et ici et ici.

Humilité

Knight a la rage de vaincre, de gagner (Nike finira par être plus gros qu’Adidas) mais donne l’impression d’être toujours à l’affut et conscient de ses propres limites, en délégant massivement dans les domaines où il ne s’estime pas compétent.

Pré

C’est donc assez fascinant à lire, et on sent aussi dans le livre la passion du sport et pour les athlètes – lui qui a vite vu qu’il était trop médiocre pour intégrer le niveau international mais qui voulait avoir dans sa vie l’adrénaline de la compétition sportive. On retrouve Steve Préfontaine (Pre) qui va se tuer à 24 ans dans la voiture qu’il a acheté avec son premier salaire de « Directeur des Relations Publiques » chez Blue Ribbon, puis Nastase, Connors, Tiger Woods, Jordan, etc, etc.

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Pre au sommet de son art (en Nike)

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Pre et Bowerman

Tiers monde

Il y a quelques pages intéressantes sur le fait de fabriquer à l’étranger. Ils font un super coup en allant en Chine en 1980 et en proposant de sponsoriser les athlètes chinois en échange du droit d’y fabriquer des chaussures. Et la perspective sur l’exploitation des populations du tiers monde n’est pas celle des médias, Knight arguant que partout où Nike a fait travailler des sous-traitants, les conditions de travail ont été améliorées, ce qui est sans doute vrai.

Origines

Et puis … il y a une phrase au début du livre qui m’a beaucoup fait méditer, et qui fait le lien avec le reste de mes vacances et beaucoup d’autres choses.

Knight et Bowerman sont originaires de l’Oregon, état de l’Ouest, l’avant dernier avant le Pacifique. Ils sont nés dans les années 40, leurs parents au début du siècle, et donc ce sont leurs grands-parents ou arrières grands parents qui sont arrivés le long d’un chemin poussiéreux et semé d’embuches et qui se sont arrêtés là et ont fondé une ville, Portland.

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Bowerman l’encapsule très bien, je vous traduis un petit passage de la première page, c’est Phil Knight qui médite avant son run du matin :

« Regardant autour de moi, je me disais : c’est vraiment un bel endroit où être né. Calme, vert, paisible, j’était fier d’être de l’Oregon, fier d’être né dans la petite ville de Portland. Mais j’avais aussi quelques regrets. Certes magnifique, l’Oregon était souvent perçu comme une région où rien d’intéressant ne s’était jamais passé – et rien ne se passerait jamais. Si nous étions célèbres pour quelque chose, les Oregoniens, c’était pour un vieux, vieux chemin qu’il avait fallu parcourir pour arriver là. Depuis, pas grand-chose ne s’était passé. Le meilleur professeur que je n’ai jamais eu (note : Bowerman), une des personnes les plus remarquable que j’ai connues, parlait souvent de ce chemin. Il ronchonnait – c’est notre droit de naissance. Notre caractère, notre destin, notre ADN.  Les couards ne sont jamais partis, me disait-il, et les faibles sont morts en route – il reste nous »

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Alors évidemment quand on fait des randos en montagne aux US après avoir lu ça, on y pense. Surtout qu’on emprunte des sentiers et autres passes ou au détour d’un panneau d’information on apprend que les premiers colons sont passés en 1865, ou qu’i y a eu une bataille sanglante avec des indiens, ou un hiver terrible.

Dans l’ouest américain cette histoire est présente partout, sans doute parce que leur colonisation par les blancs est bien plus récente quà l’est. En 1850 il n’y a rien, enfin, si, des Indiens et des bisons assez mécontents de se faire massacrer et envahir.  Et même si j’ai vu des séries de cow-boys et d’indiens et lu tous les « Blueberry » dans ma tendre jeunesse, cette fois ça prend une autre résonance, plus d’ampleur.

Il est évident que cette construction sociale a un impact très fort sur la culture du pays – je ne me hasarderai pas à parler de sélection naturelle sur quelques siècles, mais il fallait des sacrées raisons pour traverser la mer puis monter dans un chariot et partir à l’ouest dans l’espoir d’une vie meilleure. La situation n’était pas terrible en Europe, mais la plupart sont restés … et certains sont morts en route, comme le rappelle Bowerman.

Mobilité

Cet esprit mobile, pionnier et conquérant, optimiste, est courant dans le business et par exemple très prégnant dans la Silicon Valley, dont Google est un bon exemple (allez les gars, on va vaincre la mort, hop ! mais avant, créer une intelligence artificielle pour nous aider, comme ça on ira plus vite).

On a du mal à le percevoir dans les banlieues à l’infini de strip malls et de fast foods ou certains sont tellement gros qu’il y a une voiturette de golf pour les amener de Nike à Under Armour – ma nouvelle marque préférée de T-shirts technique, qui veut sans doute faire la peau à Nike, y’a pas de raison !

Quand on s’aventure dans les grandes plaines, les ciels s’agrandissent, les distances et l’horizon aussi.

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On voit sur les Interstates plus de semi-remorques que de voitures de tourisme.

img_8331Celles qu’on croise ou double sont souvent des pick-up qui trimballent une moto, des vélos, un bateau, une caravane.

Des motos aussi, des grosses bécanes roulant à 60 miles à l’heure, conduites par des papys harley-davidsonisés de la tête aux pieds, sur des bécanes couvertes de chrome.

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En route …

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Pause pipi …

Des centaines de kilomètres, et puis, à moment donné, une ville. Souvent petite (Montana et Wyoming sont des états très peu peuplés). Qui aura été fondée sur la mise en place du chemin de fer (Cheyenne),

 

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Cheyenne

une ruée vers l’or éphémère (Philipsburg), des mines de cuivre (Butte, la bien nommée), ou une religion étrange qui a poussé ses fidèles à s’installer là où personne n’allait les emmerder parce que c’était invivable (Salt Lake City).

 

Et puis on trouve tous ces minuscules villages (Population : 345. Altitude : 6000 pieds) avec Main Street et 1st Avenue, des rues non asphaltées et même pas de mac do (estimation personnelle : pour retrouver les « classiques » alimentaires comme Starbucks ou Subway ou Burger King, il faut 2000 habitants mini).

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Philipsburg

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Village inconnu

Ca permet de mesurer l’importance de l’infrastructure pour construire une société fonctionnelle. Il y a d’abord eu les sentiers (mine de rien un travail d’intelligence collective). Puis le rail. Puis l’électricité. J’étais resté sur l’idée que les US sont un pays où le déplacement est en voiture pour les courtes distances et aérien pour les longues, mais j’ai vu des convois de trains gigantesques, trimballant sans doute des matières premières et évidemment des villes construites sur des points névralgiques de cette infrastructure. La route, les poteaux électriques, et le chemin de fer de concert, une vision fréquente tout à fait symbolique.

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Perspective …

On a rangé les chevaux, sauf pour gérer les troupeaux … et les rodéos.

Et puis, invisible, il y a le mobile et internet, qui fonctionnent difficilement d’ailleurs … parfois pas de signal pendant 50 ou 100 bornes. Une bonne expérience de débarquer dans un « cabin », de demander s’il y a le wifi et d’avoir un sourire à peine contrit. Mais il reste les stations-service et les mac do en cas d’urgence, petites oasis de connectivité (et de glucides tous azimuts).

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Wifi ? quel wifi ?

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Pas de wifi, mais la clim. Faut choisir ses priorités !

Cette campagne, c’est une autre Amérique.

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Hit the road, Jack !

Pas de gros, pas de pollution, peu de bruit.

Un rapport à la nature, et une envie de la préserver.

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Grand Teton National Park

Il est remarquable que Yellowstone soit devenu un parc national en 1872 – sur la volonté du gouvernement fédéral de préserver cet espace naturel incroyable. D’une part, ruée vers l’or, mines en tous genres, et d’un autre, protection draconienne. D’ailleurs l’intérieur des parcs est impeccable et tout le monde joue le jeu de ne pas laisser de détritus.

 

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Priorité au bison !

Il y a plus de 50 parcs nationaux aux US. Glacier, plus au nord, a été créé un peu plus tard (1910) et traverse la frontière canadienne. Quand aux parcs canadiens (Banff et Jasper principalement), l’histoire est un peu différente : ce sont les compagnies de train qui y ont vu une opportunité pour que les gens se déplacent (si on ne peut pas déplacer le paysage, on amènera les gens !) pour venir admirer les montagnes, et on construit une infrastructure d’accueil. Très vite le gouvernement a courbé la logique de « un lieu orienté tourisme » vers  « la préservation intacte de la nature ». On peut quand même trouver un salon de thé à « Lake Agnes » après un trail de 3 miles assez pentu, à 2500 mètres d’altitude que les fumistes peuvent faire à cheval, et l’immense hôtel du Lake Louise, qui est quand même une exception, bien laide de mon point de vue.

Et là, on peut effectivement apprécier, dans une solitude paisible, des paysages incroyables. Sur un trail de 20 kilomètres, rencontrer 10 ou 20 personnes (OK, nous sommes des lèves tôt) et pas mal de « vrais » randonneurs sur des ballades de plusieurs jours en autonomie complète.

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Sentier à Banff

Les animaux sont rois et partout, y compris dans les villes d’ailleurs. On voit beaucoup d’antilopes le matin tôt, et des quantités invraisemblables d’écureuils (mais qui sont impossibles à photographier !!!). Et évidemment bisons … et ours.

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A Cody …

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Pour les ours, on est content de ne pas se trouver nez à nez avec, même en arborant le spray à poivre à la ceinture. Les consignes : ne pas courir, toujours faire face et au pire, se mettre sur le ventre et faire le mort. Heu, depuis que j’ai vu « The Revenant », je ne suis pas sûr que cette stratégie fonctionne !

 

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Bouquetin à Glacier, à 7:30 du matin

Nous avons tout vu en plein été et je me demande bien ce que ça donne en hiver. En hiver, il fait froid, il y a du vent, et même si tout le monde a des gros 4×4, c’est une autre paire de manches, surtout pour les camions.

Le long des autoroutes (toutes gratuites d’ailleurs, vive le capitalisme sauvage et débridé) on croise d’étranges palettes verticales qui sont des « filtres à neige » permettant de réduire la fabrication de congères sur la route.

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Filtre à neige

Mon ami Loic Robineau, exercant la noble profession de camionneur entre les US et le Canada, m’a bien dit que la I80 était l’autoroute de la mort en hiver. Une grosse bourrasque sur une remorque de 20 mètres de long sur une route verglacée, ça fait mal effectivement.

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Politique

Bon et puis en même temps il y a les élections. J’ai suivi, trop sans doute. Ecouté les discours de Trump et de Clinton dans leurs conventions respectives. Vu les torrents d’info et de désinformation déversés sur les médias sociaux et à la télé (mais la télé c’est insupportable, il y a de 10 minutes de pub toutes les 5 minutes). Ca me laisse vraiment perplexe, l’empilement de discours et de perceptions contradictoires. Trump a une rhétorique de merde (peur, accusation, mensonge, paranoia) mais qui parle aux électeurs en colère contre « le système ». Clinton, pour qui j’avais au début un à priori très positif (une femme ! 30 ans de politique !) a un tel paquet de casseroles aux fesses et génère une telle avalanche de saloperies (les 30.000 emails ! parkinson ! caca dans la culotte ! commotion cérébrale !) qu’au final ça finit par faire douter. Et ses quintes de toux aussi.

J’en tire que c’est vraiment triste qu’une démocratie puissante et avancée (quoi qu’on en dise) comme les USA ne soit capable de produire comme candidats que deux septuagénaires passant leur vie à s’insulter via twitter et autres médias. C’est sûr qu’à 70 balais on est un peu amorti (par contre à 56 on est en pleine forme J ) . Ce qui est triste aussi, c’est la difficulté à reconnaître que ça ne va pas si mal (après tout, il n’y a pas eu de guerre mondiale depuis 1945, c’est bien quand même non) et la perpétuelle frustration des humains sur leurs conditions de vie (avantage évolutionnaire certain, si on n’avait jamais été frustrés, on vivrait encore avec des peaux de bêtes je suppose) et cette attitude finalement très infantile de tout rejeter sur « le système ».En contraste singulier avec les origines des USA, des gens qui partaient pour trouver et essayer de construire un monde meilleur.

C’était il y a quelques centaines d’années, ça ne fait pas longtemps mais des fois j’ai l’impression que tout le monde l’oublie.

People

Même si cette perspective macro est négative, au niveau individuel on a fait des rencontres fantastiques.

Notre hôte AirB&B qui recrée une ville western à Anaconda (près de Butte) après avoir claqué la porte du monde corporate, passionnée, pleine d’énergie et de volonté.

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Si, si, j’ai dormi là !

Un français, près de Banff, qui fait du stop avec son sac à dos, et qui nous explique que depuis 8 ans il part plusieurs mois en vacances en dépensant 1 dollar par jour, et qu’il y arrive, et qu’il adore ça (je lui ai conseillé de faire un blog J )

Un couple qui fait du vélo pendant 2 mois avec la tente avant de retourner travailler 10 mois à NYC.

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Une amie de Suzana, qui tient une boulangerie française à Iowa City, Deluxe Cakes & Pastries et qui nous explique que c’est plus important pour elle de faire travailler quelques handicapés dans sa boulangerie que de gagner beaucoup d’argent (et c’est vrai) et que c’est cool de dire « what the fuck »  🙂

Les innombrables inconnus, caissiers, pompistes, whatever, qui me demandent d’où je viens (malgré tous mes efforts, j’ai toujours un accent même si je m’entraine tous les matins à dire « howdy ») et vont avoir une seconde de surprise amicale : Paris ? France ?  

Le policier qui fait demi-tour, me suit toutes sirènes dehors et m’arrête pour un excès de vitesse carabiné (si j’ose dire) et qui après 15 minutes de conversation dans sa voiture mode mad max (gros PM à l’arrière) me laisse repartir avec un avertissement.

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Et puis Richard Nikoley (http://freetheanimal.com) avec lequel j’ai noué une relation épistolaire assez intense via Facebook, et discute de tout un tas de sujets plus ou moins américains, et qui m’entraine sur la dangereuse pente libertarienne :-).

Happy ending

Gardez l’esprit pionnier : occupez-vous de vous, de ceux que vous aimez, essayez d’être autonomes autant que vous le pouvez, confrontez-vous à votre propre dissonance cognitive, et pour ce que vous ne maitrisez pas ou n’avez pas d’influence, répétez 20 fois en fermant les yeux
« IDGAF ».

Howdy !

 

 

 

 

 

 

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3 commentaires pour America

  1. nfkb (@nfkb) dit :

    Howdy !

    Tu as l’air paisible et ressourcé après ce séjour 🙂 C’est cool.

    J’aime et je pratique ton dernier conseil. Le piège c’est que notre société et ses croyances mettent en exergue la possibilité de changer les choses, la démocratie, le travail, tout ça… et y’a du vrai mais faut se rendre compte qu’il y a des limites (la chance, les réseaux, le temps, etc.)

    cheerz !

    P.S. ton copain Richard Ni mange-t-il vraiment tous les compléments qu’il recommande dans son store Amzn ? Il doit avoir un colon de compétition pour gérer toutes les fibres qu’il avale !! (et il bouffe trop de zinc, c’est un supplément délicat en matière de posologie)

  2. Bernard Bel dit :

    Superbe récit de voyage !
    Note : Le lien vers http://freetheanimal.com/ est à corriger car il inclut la parenthèse fermante.

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