Marathon de Paris, 2:38 … il y a longtemps

Un inconnu avec un t-shirt vert

Jeudi dernier, vers 20 heures, je suis dans la rue en train de boire une bière (pause sacrée au milieu de la répète) et passe sur le trottoir un mec qui arbore fièrement le t-shirt vert électrique du dernier Marathon de Paris. Ca ne se rate pas. Il le porte comme un vêtement normal, rentrant visiblement de quelques courses au Franprix du coin de la rue.

D’humeur causante, je l’aborde « super, le t-shirt », pensant déclencher un classique entre coureurs : pour reconnaitre un t-shirt d’un marathon, il faut l’avoir fait et donc on peut rapidement se retrouver à parler courses et kilomètres comme des pipelettes. 

Là ce n’est pas tout à fait ce qui se passe … il est un peu étonné, s’arrête, je lui lance « ha c’est un joli t-shirt que vous avez là, c’est le marathon de paris de cette année ». Et se pose et, sans rien me demander,  me raconte en quelques minute qu’il fait des marathons depuis longtemps, parle du bon vieux temps où on avait pas besoin de finir la course pour avoir le t-shirt, mais c’était du coton, pas de la fringue technique … qu’il a fait paris 18 fois mais que maintenant qu’il vieillit c’est de plus en plus difficile, cette année il a fait plus de 3 heures et il a du mal. Et comme il a un travail difficile et physique, c’est compliqué de s’entrainer.

C’est étonnant, on sent la fatigue et la résignation dans son regard un peu lointain et qui flotte sur je ne sais quoi, c’est assez émouvant.  Je m’apprête à me lancer dans une de mes homélies sur « mais non, l’endurance ça ne diminue pas tant que ça avec l’âge, mon bon monsieur » et de lui citer Ed Whitlock qui à 80 ans révolus tourne en 3:15 (mais qui s’entraine 3 heures par jour en faisant des tours de cimetière, sans doute pour se motiver à ne pas s’arrêter !!!), mais il me lâche que son meilleur temps c’est 2:38, il y a très longtemps,  et ça me fige tout net dans mes starting blocks.

Je lui décerne mon expression la plus respectueuse, le salue et retourne gratter ma guitare.

Hey Joe !

Pour autant, tout ça tombe assez à pic avec la série de posts de Joe Friel sur son blog, qui en fait quelques uns sur le vieillissement justement (note : mon anniversaire approche, ça doit être pour ça que j’y pense autant). Il dit quoi pépé Joe ?

Il présente une étude faite sur des athlètes de haut niveau suivis entre 50 et 70 ans, qui donne les résultats suivants :

  • Ils ont tous perdu entre 10 et 15 puls de FC Max.
  • Ils ont perdu entre 8 et 15 % de leurs capacités aérobies.
  • Ceux qui ont continué à s’entrainer intensivement n’ont pas eu de modification de répartition de masse corporelle, ceux qui ont levé le pied on pris un peu de gras (2 à 2,5 de gras en plus)
  • Ceux qui faisaient de la muscu n’ont pas eu de réduction de leur densité osseuse, les autres si.

Les études sur des sportifs de haut niveau qui arrêtent de s’entrainer montrent une baisse du VO2Max qui est comparable à celle des sédentaires, alors que ceux qui continuent à s’entrainer régressent moins, et, chose amusante qui sera le sujet d’un prochain post, leurs télomères raccourcissent moins vite.

« Pépé, rentre à la maison, tu vas te faire du mal ! »

Si il est sur que l’âge entraine une réduction des performances physiques, c’est aussi lié sans doute au moindre désir qu’on peut avoir de se faire vomir en faisait des séries de 400 à 70 ans qu’à 25.  En plus culturellement, après un certain âge, la société vous vois plus en en train de tailler les fleurs de votre jardin ou de vous abrutir en regardant la télé que de s’aligner sur un triathon. Cette idée du « repos bien mérité » après une « dure vie de labeur » … qui vous entraine directement dans la tombe (à ce propos, il y a un super TedTalk de Charles Eugster dont je crois que j’ai déjà parlé ici).

Personnellement je n’ai jamais vu aucun de mes grands-parents faire du sport, ni mes parents se prendre une suée autre qu’en bêchant leur jardin ou en faisant une rando en montagne.

Pour autant, comme dit Friel, en ce qui concerne l’adaptation du corps c’est « use it or lose it » que je traduirais librement par « le corps humain ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ». Donc à tout âge un exercice vigoureux et régulier est fortement recommandé, et en ce qui concerne la course à pied, le fractionné rapide est plus efficace que la sortie longue (qui est plus efficace que rien du tout).  Et rajoutez moi quelques swings avec une kettlebell histoire de travailler aussi le haut du corps, merci.

Le diagramme suivant montre que la diminution de performance sur marathon (très liée à  VO2Max) est à peu près linéaire entre 45 et 70 ans, et que ça se casse la figure ensuite.

Evolution du record du monde de marathon = f(age)

Evolution du record du monde de marathon = f(age)

Bon ben j’ai pas fini de faire des tours de piste moi. Ceci dit, j’ai du retard à rattraper !

J’ai trouvé l’image sur ce site.

Le blog de Joe Friel est ici.

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2 commentaires pour Marathon de Paris, 2:38 … il y a longtemps

  1. Je suis au top statistiquement !
    Content en tout cas de trouver des données a priori fiables sur l’évolution des performances avec l’âge.

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