(titre en référence respectueuse à la super vidéo de MovNat, « the workout the world forgot »)
Je suis un coureur de route qui s’entraine dans un parc avec des sentiers. Donc habitué des sentiers, des cailloux, d’être attentif à là où je mets les pieds.
Cette semaine, nous sommes à Majorque, dans la partie montagneuse.
Ce matin, je pars faire une sortie. Comme habituellement dans ce cas là, je vais demander à la réception de l’hôtel où c’est qu’on peut courir dans le coin. Le réceptionniste me regarde, et me dit : « sur la route ». Moi « ben, et les sentiers, alors ? » (dont on parle sur les sites web, qui disent que Majorque est le nouveau paradis de la marche nordique). Il m’explique gentiment que marcher et courir ce n’est pas la même chose (il a raison d’ailleurs) et m’indique vaguement une direction.
C’est parti …
Etant optimiste mais prudent, je mets exceptionnellement une paire de chaussettes, une casquette et me voilà parti.

Le terrain de jeux
Et là je découvre des sentiers qui n’ont évidemment rien à voir avec ceux du Parc de Saint Cloud. Evidemment, il y a le dénivelé (500 m D+ et D- sur une sortie de 90 minutes), mais ce n’est pas ça qui me saute au visage. C’est la complexité de l’exercice.

Il est où le chemin ?
Il faut être attentif, très attentif, à tout ce qu’on voit. Repérer les cairns, les traces de peinture qui indiquent le chemin, et quand on se paume (ce qui va m’arriver plusieurs fois) repérer les indices de là où on est passé …

Passage obligé …
Il faut se baisser, enjamber des obstacles, des troncs d’arbre morts, des clôtures.

Des troncs, des troncs !
Il faut essayer de ne pas se casser la gueule dans des zones glissantes de terre desséchée couvertes d’aiguilles de pin …

Le mort et le vivant …
Il vaut évaluer les différentes options possibles (ça a l’air plus court par là mais où vais-je atterrir ? )

Donc, à moment donné quasiment à 4 pattes pour passer sous un tronc, j’ai l’impression d’être dans une vidéo de MovNat (enfin, modestement, hein) et les exercices qu’ils pratiquent, de porter un tronc, de marcher dessus en équilibre, de sprinter puis de se mettre à 4 pattes me paraissent évidents : c’est pratiquement ce que je suis en train de faire.

Merci la tronçonneuse quand même !
Tout ça n’est pas bon pour la moyenne, mais on s’en fout un peu. C’est par contre assez jouissif de retrouver ce côté nature, en remarquant quand même que je n’ai pas de prédateur aux fesses, pas peur de rencontrer un congénère qui va me casser la tête parce que je suis sur son territoire sacré, et qu’une assiette m’attend quand je rentre.
Je réussis même à me faire une petite séance de fractionné sur une zone un peu plate : un pur bonheur. Et je ne parle pas des parfums, de la vue, des sons …

Ca a l’air tortueux ? Ca l’est !
Morale de l’histoire
La réflexion que cela m’amène, c’est que même si tous les coureurs (dont moi) pensent que courir c’est une activité ancestrale, naturelle, etc. la course (telle que devait la pratiquer nos ancêtres) est très éloignée de nos pratiques actuelles, même du trail (on ne va pas parler de la course sur route, évidemment). Et à plus à voir avec un sport complet, mettant en jeu beaucoup d’autres chaines musculaires que juste les membres inférieurs, l’agilité, l’acuité visuelle, l’équilibre, et j’en passe.
Dit comme ça c’est assez trivial, mais en le vivant dans l’instant ça m’a donné envie de le partager ici. Et de faire un stage MovNat bien sur, qui m’apparait d’un seul coup bien plus logique et pertinent par rapport à mes réflexions actuelles.
Un peu de maths pour conclure, quand même !
Sur la fin je décide quand même de faire un peu de route (5K), histoire de comparer les sensations. Bon évidemment c’est tellement simple que ca en serait presque ennuyeux, j’en profite pour faire des calculs !
Faisant un parcours en aller-retour, je peux noter la différence de vitesse sur la montée et la descente. Sur un dénivelé de 5% environ, à iso FC je cours à 10,7 en montée et à 13,9 en descente. Comme le cosinus de 6 degrés est d’environ 0,1, je ne sais pas si on peut dire que la montée ou la descente est comparable à une augmentation ou une perte de poids de 10% ? 7 kilos de moins, augmentation de vitesse de 13% ?
C’est assez compliqué pour moi de perdre 7 kilos, par contre il faudrait que j’essayer de courir avec une veste lestée pour voir si le raisonnement est juste ou complètement débile. En tout cas si c’est vrai, ça voudrait dire qu’avec 3,5 kilos de moins (et en supposant que tout ça soit linéaire, ce dont je ne suis pas vraiment sur), je pourrais aller plus vite de 7% à iso-effort, soit passer la barre des 14 Km/h sur marathon.
Bon … suis pas encore tout à fait prêt pour MovNat, moi. J’ai encore des comptes à régler !
Note : évidemment je n’ai pas pu prendre ces photos en courant ! Je suis retourné sur les lieux du crime l’après-midi avec Suzana, et nous avons mitraillé comme des malades.
Dont ces quelques photos supplémentaires :

Paré à plonger !
La suite logique :

Allez hop, à l’eau !
Où on se rend compte que sur les zones de rocher, ça rigole pas !!!
Mon moment de mégalomanie :

Maitre du monde 🙂
Mais tout se mérite quand on veut impressionner sa compagne (ce qui toujours une bonne chose, même quand la période de reproduction est terminée :-))

Y va tomber ou pas ?
Et une minute de pub (après celle pour MovNat) : des Five Fingers, pour ce type d’exercice (je parle de la ballade mi aquatique sur les rochers), ça reste topissimme !
Le lien garmin sur la sortie est là.
En espérant que ça vos donne envie de sortir des sentiers battus 🙂