Comment on devient coureur paléo ?

Qu’est ce que me donne envie d’écrire un blog ? Un intérêt pour plusieurs thèmes qui se recoupent, dont on pourrait dire que leur point commun, leur pierre angulaire, est la théorie de l’évolution comme grille d’explication du monde, et ses applications dans les domaines  concrets qui m’intéressent, plus précisément la course à pieds, la diététique, la santé, et le comportement humain en général. Avec une incise sur la technologie, autre sujet qui me tient à coeur et est aussi mon gagne-pain.

Un mot d’explication en forme de parcours … tout ça n’arrive pas subitement, dans mon cas ça a pris un temps certain, et je vais essayer d’expliquer mon cheminement intellectuel en décrivant cette évolution, justement.

Nous, humains,  sommes tous curieux,  et je ne fais pas exception à la règle.

Nous analysons notre environnement et le rendons intelligible à travers à des « systèmes explicatifs »,  dont nous sommes plus ou moins conscients (plutôt moins que plus, d’ailleurs) . Les systèmes d’explication sont à plusieurs niveaux et emboités les uns dans les autres, les premiers étant innés, les autres construits avec l’expérience de la vie. Le cerveau du nouveau né humain possède des rudiments de physique, de numération, et de grammaire, qui vont être la base sur laquelle tout le reste se construit.

L’homme paléolithique a besoin d’identifier les signes de son environnement et de leur donner du sens : manifestation de prédateurs,  nourriture (manger et ne pas être mangé : toute l’histoire de la vie sur terre) , mais aussi dans la foulée (si j’ose dire) il va utiliser et développer ces systèmes pour expliquer pourquoi le soleil se lève et se couche, pourquoi la rivière déborde, et pourquoi un autre petit humain sort du ventre de sa compagne … Ce ci produit  des concepts de plus en plus complexes, qui vont amener à des formes hautement symboliques dont certaines nous sont uniques : langage élaboré oral puis écrit, humour, ironie, art, empathie… Enfin, presque uniques, puisque plusieurs espèces accèdent à certaines de ces capacités, mais évidemment dans des proportions sans commune mesure avec les humains.

Notre cerveau est une machine à donner du sens, au delà de sa fonction primale de nous permettre de nous mouvoir. C’est une thématique que j’aborde régulièrement dans le blog; Nous nous forgeons des certitudes, parce que c’est assez épuisant et compliqué de remettre en question les prémisses sur lesquels notre interprétation du monde est construite. Certains systèmes sont plus globaux que d’autres. La religion, par exemple est un système très complet : avec dieu, on explique tout. Bon c’est parfois un peu rapide :   « les voies de dieu sont impénétrables » c’est une explication qui n’en est pas une, mais Adam et Eve c’est déjà plus construit. On va retrouver les mêmes systèmes de certitudes dans les autres champs qui m’intéressent … par exemple la nutrition, avec ses chapelles et ses écoles prétendant toutes détenir une vérité absolue à coup de témoignages qu’on pourrait comparer aux miracles des religions, d’ailleurs.

Donc, au sortir de l’adolescence, je cherche du sens,  à défaut de chercher ma voie (toute tracée, puisque je suis bon en maths et fils d’enseignants). Sans que je sache trop pourquoi, bien que faisant des études d’ingénieur, la science à l’époque me parait barbante et je vais aller chercher mes clés du monde dans la psychologie.

A 20 ans je découvre donc la psychanalyse –  tendance Reichienne : le monde va mal parce que les masses n’ont pas une sexualité épanouie, et c’est à cause du capitalisme. Les humains souffrent de la Peste Emotionnelle et moyennant quelques changements de société assez radicaux et des orgasmes réguliers, tout ira bien dans le meilleur des monde. A la même époque Marcuse était aussi à la mode, et on parlait du « système » et il fallait tout foutre par terre. Mick Jagger crie « Street Fighting Man » et cette rébellion me fascine… ce sont les années 70 et 80, pas 60, mais il reste un parfum … Ce programme me convient bien : j’aime la référence au corps,  je ne suis pas très à l’aise avec le mien à l’époque et  je ne fais absolument pas de sport. Pour le coup cela permet de l’envisager en dehors des repères sociaux classiques, beau, pas beau, musclé ou pas.

Mettre l’orgasme au centre d’une théorie, comme ma jeune sexualité est encore peu épanouie, ça me va bien et ça a un délicieux goût provoquant.  J’y crois pendant un moment et participe à quelques stages où je tape sur des matelas en poussant des cris de bête féroce et en maudissant mes géniteurs. J’ai l’impression de découvrir un nouveau monde, plus dense et plus intéressant. C’est sur que dans un stage Reichien il se passe des choses peu ordinaires … Je vais donc me plonger là dedans pendant quelques années et faire pas mal de prosélytisme imbécile (là dessus je ne change pas :-)) vis à vis de mes potes et de ma famille, sans trop de succès, je dois l’avouer.

Mais tel le militant communiste devant se rendre à l’évidence  qu’il se passe des trucs pas clairs lors de l’invasion de la Tchécoslovaquie en 56 … les Canons à Orgone pointés vers le ciel pour résoudre des problèmes allant du cancer à la dépression vont déclencher mon propre « bullshit-o-meter »  qui tire l’alarme … et je passe à autre chose.

A la même époque je commence à faire du sport. Un sport assez primitif.  Ayant passé ma scolarité avec deux ans d’avance, le sport à l’école a toujours été un pensum  humiliant et j’ai cherché ma socialisation dans les groupes de potes  en étant dans un déni total, quand on a des muscles on n’a pas de cerveau, etc.  Pour autant,  initié à la course d’endurance par un copain athlétique quand j’avais 18 ans, j’ai vaguement couru une fois par semaine.

Ma première motivation sportive, comme pour beaucoup, sera la santé et la préoccupation du poids. Commençant un métier commercial et aimant la bonne chère, a 28 ans je  fais mon premier régime Montignac (très à la mode à l’époque), mais je craque assez vite sur l’absence de glucides : normal, je viens de la province où le pain est craquant et a un petit goût acide, et on mange du riz, des pommes de terres, des pâtes, et on boit du vin. Vivre sans pain ? Impossible.

A l’approche de la trentaine un médecin me conseille de courir 3 fois par semaine 40 minutes. Je m’y mets sans trop de conviction, même si j’ai toujours un réel plaisir à courir. Un jour sortant faire mes courses je vois passer le Marathon de Paris et j’ hallucine :  42 bornes ? Je rentre chez moi perplexe et avec une vague envie, que se cristallera plus tard, notamment en discutant avec un collègue qui à l’époque tourne en 2:35 et à part ça a l’air tout à fait normal !

En attendant, je suis orphelin de théorie, et donc …

Partageant ma vie avec une psychanalyste , je tente le coup Lacanien. Il y a des vrais morceaux de math dans Lacan, c’est tentant pour un ingénieur ! Là encore des trucs assez mystérieux : un maitre qui écrit des livres que personne le comprend, des concepts obscurs, un rapport au discours très personnel, et des jeux de mots en pagaille qui sans nul doute ont un sens caché et sont l’expression directe de notre inconscient (le non-dupe erre)  mais qui ont tout pour me séduire, moi qui adore les mauvais jeux de mots.

Et surtout la connivence avec ceux qui se disent qu’ils savent me fait envie. Moi aussi je veux être initié au  secret  du Grand Autre !!! Mais j’ai rapidement deux problèmes. D’abord : je ne comprends rien, et je n’ai pas la patience de passer 2 jours à comprendre une phrase.  Et puis voir les Lacaniens se déchirer entre eux sur l’interprétation des textes du Maitre et passer des week-ends sur une phrase du séminaire à se demander dans quel sens le noeud borroméen est noué, tout en créant des sous-sous-sous écoles … me fait comprendre que tout cela fonctionne comme une religion, qui plus est intégriste, avec ses exclusions, ses relectures et interprétations diverses des mêmes textes encore et encore.

Du coup commence à se préciser pour moi la notion de modèle explicatif. Freud emprunte à la machine à vapeur (la technologie de l’époque) et  pour Lacan, la base expérimentale clinique (qu’on peut d’ailleurs contester vigoureusement pour les deux) va être associée à des emprunts divers, notamment à la topologie, science mathématique fort complexe et absconse, idéale pour brouiller les pistes et donner l’impression du génie. Mais tout ça reste des modèles de la réalité, parce que la réalité, on ne peut jamais l’appréhender directement. Et la psychologie humaine, ça reste un sacré sujet. Comme la nutrition ou l’entrainement d’ailleurs !

Les théories psychanalytiques gardent pour moi un arrière-goût de modèle mal ficelé mais je comprends aussi qu’une fois que le modèle existe et qu’une personne ou un  groupe en tire un pouvoir et/ou une source de revenus, il n’a pas tellement d’autre choix que le défendre à tout prix – Cf la religion, les gourous paléo ou d’autres écoles de nutrition – Ca ne me satisfait pas.

Mes méditations sur ces questions sidérales ne m’empêchent pas de perdre mon job. Ouch. Et de décider d’arrêter de fumer, un médecin m’ayant gentiment prévenu que si je continuais à ce rythme, le cancer m’attendait aux alentours de la cinquantaine. Il avait raison … mais s’est trompé d’organe. Donc je tourne en rond, je suis énervé, je suis gros : il me faut un challenge. C’est décidé, je vais faire un Marathon … après quelques mois d’entrainement très aléatoire à coup de séances de 20 minutes.

Je le terminerai sur les rotules en pas loin de 5 heures.

Mais j’ai aimé. Tout. Courir, le dépassement de soi, le regard des autres. Le truc me botte et je vais m’entrainer régulièrement et faire plusieurs Marathons sur les années qui viennent avec un record personnel à Berlin en 1997 (3:09). Et les blessures qui vont avec l’entrainement sans entraineur et l’envie d’en découdre avec mon propre corps.

Etant assez inculte sur le sujet, incompétent et arrogant, j’accumule les conneries.  Yo-yo divers, tentative de me faire mon propre régime dissocié, et avec les entrainements pour le marathon, il faut charger la bête en glucides, et vas-y  pour les assiettes de pâtes, voire me lever la nuit pour manger du pain la nuit pour surcharger en glycogène pour le lendemain. C’est mon fonctionnement, je fais des repas « glucides only » en me disant qui si je ne mange pas de gras avec, ça ne fait pas grossir et ça fait du carburant pour les muscles.

Comme tous les coureurs solitaires, je vais trop vite lors de mes séances, ne fais pas assez d’endurance, mets le paquet quand je pars en vacances pour rattraper le temps perdu … et donc me blesse avec régularité, tout en faisant de savants tableaux Excel pour calculer mes allures de course.

Toujours orphelin de théorie, même si la course et l’alimentation commencent à me faire bifurquer vers la physiologie : la première fois que j’entends « Cycle de Krebs » c’est dans un bouquin sur le Marathon …

Un jour, par hasard si je me souviens bien, je tombe sur « The Moral Animal » de Robert Wright rapidement suivi de  « The Selfish Gene » de Dawkins … et là, bingo  : une théorie simple et élégante qui explique beaucoup de choses sur notre fonctionnement et qui s’applique aussi bien au niveau moléculaire que social.

La perspective « nous sommes agis par nos gènes puisque les gènes qui amènent le comportement le mieux adapté en fonction du milieu sont ceux qui passeront à la génération suivante » est limpide et d’une élégance assez sidérante. L’homme qui a tous les talents mais pas de désir de reproduction ne passe pas ses gènes à la génération suivante, et donc les autres gènes disparaissent. C’est un peu réducteur … mais vous voyez l’idée, c’est plus facile à comprendre que Lacan, et le modèle marche assez bien (surtout quand on réalise qu’on a 50% de gènes en commun avec une mouche et 99% avec un chimpanzé). Et au passage je comprends que c’est normal d’avoir le regard attiré vers les poitrines féminines, ce qui me déculpabilise grandement !

Donc je creuse le sillon « psychologie évolutionniste » et je trouve enfin un système de pensée qui me convient (jusqu’à maintenant) et qui va curieusement un peu plus tard opérer une synthèse avec mes autres préoccupations sportives … et graisseuses.

Avec le temps qui passe,  la motivation pour la course s’émousse, les copains grossissent aussi et les bobos s’accumulent : à 45 ans je dois être trop vieux pour faire un marathon, et puis trop en faire ça use le corps, discours faux mais souvent entendu. La graisse aussi s’accumule, les compétitions se raréfient et je finis par peser 80 kilos et vaguement faire un jogging une fois par semaine.

Mais on a une telle capacité à ne pas se voir comme on est  … c’est  une photo avec mes enfants, en maillot de bain, à l’époque entre 17 et 20 ans, qui me fait réaliser l’état de ma dégradation physique. Mais qui sur le coup m’apparait normale et inévitable. Après tout, la vieillesse est un naufrage, non ?

En 1999  j’achète complètement par hasard « Born to Run » dans un aéroport aux US. Je le dévore en quelques heures et  découvre les indiens Tarahumara qui courent pieds nus et font des 100 miles dans les montagnes pour le fun. Au début je crois à un canular et je cherche sur Internet … merde, c’est vrai ! Du coup ça me fait repenser ma foulée, et 3 ans après je suis toujours en train d’essayer de comprendre comment il faut courir, mais je me rends compte que l’attaque talon qu’on m’a appris quand j’avais 18 ans est une connerie, et mon admiration pour Nike … se cantonne au niveau marketing : quel génie pour le business, mais pour la santé des coureurs ?

Ensuite  plusieurs rencontres se télescopent. Mon copain Thierry fait de l’ultra, un marathon à côté c’est du pipi de chat. Dire que je suis trop vieux pour en faire c’est une connerie. La lecture de Jared Diamond et l’idée toute simple que l’agriculture est une invention si récente à l’échelle de l’humanité (10.000 ans versus au moins 1 million de chasse et de cueillette … sans féculents) qu’on a bien du se débrouiller autrement avant, et que ça a du marcher, sinon on ne serait pas là.

Alors ça, c’est une révélation ! Il y a plein d’autres choses passionnantes chez Jared Diamond, et d’autres scientifiques, médecins notamment, qui ont réfléchi à la possibilité de s’alimenter avec très peu de glucides (notamment des travaux sur les épileptiques dans les années 30-40, rejetés dans l’oubli avec l’invention de molécules qui font le boulot plus ou moins bien). Il se trouve que mon fils a été épileptique, et qu’il se nourrit massivement de coca et de pâtes … .

Du coup quand je tombe  sur Art De Vany (The New Evolution Diet), puis sur Mark Sisson (The Paleo Blueprint) et plein d’autres, et les choses se mettent en place : faire du sport, manger, courir de manière conforme ce à quoi notre évolution nous adaptés. C’est tellement évident !

Et je retrouve aussi le pont vers les dimensions psychologiques et sociologiques qui m’intéressent aussi.  Course, alimentation, lecture de la société dans laquelle je vis, tout se tient et résonne. C’est génial !

Je refais un marathon en  2011 et je mets plus de 5 heures, m’étant entrainé sur mon elliptique parce que j’avais la flemme de sortir en hiver. Ca sera ma dernière grosse connerie (jusqu’à maintenant …) et j’intègre une vraie structure d’entrainement, x-run, même si il me reste toujours mon fond d’arrogance (ou plus justement de questionnement des vérités qui paraissent acquises pour tout le monde – puisqu’en général elles sont auto-alimentées).

J’ai couru mon dernier Marathon (2013) en  3:21 et persuadé que je peux revenir à mon niveau d’il y a 15 ans … et sans doute faire mieux.

Une précision : je n’ai pas envie de vivre comme un homme de cro-magnon, j’aime la technologie, les guitares hi-tech, le vin et la bonne bouffe,  mais si je peux vivre mieux et plus longtemps, en forme et pas dans une dégénérescence programmée juste parce que je suis des consignes diététiques dont on peut questionner la pertinence, parce qu’elles sont régies par des intérêts économiques plus que par un souci de bonne santé générale, ça vaut la peine d’essayer, non ?

J’ai encore des tas de choses à apprendre sur le fonctionnement de notre corps, la bonne manière de se nourrir, l’entrainement, et tout cela me passionne et irrigue également mon regard et mes analyse sur le monde dans lequel je vis, qui ne se limite pas à bien courir et bien se nourrir.

et comme disent les moines zen : le but c’est le chemin. Et dans ce cheminement tortueux et compliqué, j’ai appris beaucoup de choses et il est clair que je n’ai pas fini, et que c’est sans doute apprendre qui m’intéresse le plus. En tout cas plus que de vouloir défendre une vérité : les vérités que je défendais à 25 ans me paraissent absurdes aujourd’hui … donc restons modestes et continuons à apprendre et partager.

C’est pour ça que je fais ce blog.

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21 commentaires pour Comment on devient coureur paléo ?

  1. benberg dit :

    Approved! Et apres le sucre… le sel… le trop-manger et les benefices d’une restriction calorique bien pensee… regimes vs changements d’habitudes alimentaires… et les BEANS! 😀

    • paleophilo dit :

      Aah mon premier lecteur … qui d’autre que toi ? Bon je suis pas forcément d’accord pour les « beans », mais la restriction calorique et la capacité à changer de régime, c’est sur ! Mais l’important, c’est d’essayer et de voir comment le corps réagit : ça tue moins que de se gaver de coca et de frites 🙂

      • benberg dit :

        Les beans ce sont des carbs a faible index glycemique. Tres important. Car ce dont on parle peu mais qui est une consequence directe d’une alimentation trop riche en sucres (en tous genres, pain compris) c’est le diabete. Une vraie saloperie, relativement facile a eviter si j’en crois mes sources. Et sur le meme theme, ce qui me fascine c’est cette comprehension emergente que ce ne sont pas la consommation de graisses et de cholesterol « naturel » (oeufs, fruits de mer, poissons) qui seraient la cause premiere des maladies cardio-vasculaires, mais bien le syndrome metabolique, comme pour le diabete. Syndrome metabolique cause par une surcharge du systeme pendant des annees…
        Sur la relation de plus en plus tenue entre consommation d’oeufs et « mauvais’ cholesterol, voir par exemple: http://www.sciencenews.org/view/generic/id/7301/title/Reevaluating_Eggs_Cholesterol_Risks

  2. FredTheBig dit :

    2ème lecteur… Bon, moi, je suis juste au début du cycle à 80kgs avec des guitares… Je sens que je vais avoir de la lecture 😉

    • paleophilo dit :

      Félicitations cher deuxième lecteur et compagnon temporaire d’entrainement de course, n’est-ce pas, et merci de prendre le temps de me lire. Il faut quand même que je viennes voir ces guitares un de ces jours. Et la bonne nouvelle pour les 80 k, c’est qu’en fait l’exercice physique, en tous cas le jogging tel qu’on le pratique, ne sert pas à grand chose pour perdre du poids, contrairement à ce qu’on pense. On peut dire que c’est 80/20 entre alimentation et exercice. Et qu’il faut mieux faire un exercice intense et court que courir pendant une heure.Un bon sujet d’article à venir.

  3. paleophilo dit :

    Pas sur que les beans servent à quelque chose – effectivement le faible index glycémique évite le pic d’insuline mais l’insuline est fabriquée quand même, sur la durée et pas de manière instantanée. Mais bon … Ok pour le cholesterol. Ce n’est pas le cholesterol qu’on mange qui fait le cholesterol dans les artères (d’ailleurs ce n’est pas du cholesterol, ce sont des molécules qui transportent le cholesterol, les LDL, et VLDL et HDL, …) et de toute façon on a du cholesterol partout et on en a besoin, notamment au niveau du cerveau; C’est l’état inflammatoire provoqué par l’excès de glucose dans le sang qui provoque l’accumulation de HDL sur les parois des vaisseaux. Et les études qui font le lien entre maladie cardio vasculaires et cholesterol ont une histoire étrange, pas forcément d’une rigueur scientifique extraordinaire. Mais tant que tout le monde se gave de statines, tout va bien. Et le syndrome métabolique n’est pas lié à l’excès de gras. En fait on fait n’importe quoi depuis une cinquantaine d’années …

    • nfkb (@nfkb) dit :

      syndrome métabolique = disease mongering et/ou nosologie approximative pour Titres & Travaux magazine.

      Pour l’athérosclérose, l’inflammation à bas bruit & cie voilà le problème… (notez que dans les textbooks classiques on incrimine plutôt les LDL rouillés comme composants de la plaque

      • paleophil dit :

        LDL rouillé par l’inflammation à bas bruit provoquée par la surcharge régulière en glucides ? je dois dire qu’après une période « paléo à donf » je suis un peu moins sur de moi sur ce sujet en ce moment …

  4. Grégo dit :

    Quelle belle surprise ! Tu sautes le pas de faire partager tes idées et tes découvertes. Yes ! Au plaisir de te lire très vite.

    • paleophilo dit :

      Pour être honnête j’ai aussi vu que tu avais un blog 🙂 et je me rends compte que FB n’est pas un bon outil pour ça. et effectivement, j’ai envie de partager, peut-être aussi d’être lu ? Je pense que sur cet aspect je vais déchanter assez vite. Mais en ce moment j’accumule tellement d’info, c’est aussi une manière de trier et de digérer les choses, et de garder une trace de ma propre évolution. En attendant, ce matin, fractionné, et il faut encore nuit. Pas top …

  5. kinhérisson dit :

    Bravo pour cette initiative constructive!
    Je lis ,à travers tes commentaires sur facebook, le fond de ta pensée depuis dèjà pas mal de temps.Je partage ce que tu dis, sur bien des domaines .Ensuite ,et le plus dur , est d’harmoniser tout ça dans notre vie sociale!
    J’essaierai d’apporter quelques idées dans « mon domaine » quand elles se présenteront.
    Par exemple ,en conférence à l’INSEP samedi dernier j’apprends que pour récupérer d’un effort sportif soutenu , tu as une demi-heure pour manger glucides et proteines (source de physiologistes chercheurs confirmés).A débattre?

    • paleophilo dit :

      Philippe merci pour ton commentaire. Et si effectivement des spécialistes peuvent contribuer dans leur domaine, c’est tant mieux. Moi je suis juste un amateur curieux, et intéressé aussi par la dimension sociale (politique …) de tout ça. C’est marrant que tu parles de l’Insep,c’est un de nos clients, ils font des modules e-learning pour former les sportifs, et je vais les associer à une opération marketing que je vais faire pour le semi de boulogne. Ils ont des chambres froides à -30, -60 et -110, pour la récup, j’aimerais bien tester ça …
      La fenêtre de récup d’1/2 heure pour recharger en glucides et en protéines, je l’ai effectivement lu. La question que je me pose c’est : combien de glucides ? idéalement il faudrait juste recharger les muscles qui ont travaillé. Si sur une heure d’entrainement on consomme mettons 700 calories, et que la moitié de l’énergie vient du glycogène, ça fait 350 calories, soit 87 grammes de glucides. Mais je ne sais pas bien quel est le rapport gras/sucre en fonction de l’effort; Quand je m’étais fait tester chez V Billat, elle parlait de « vitesse crossover » qui représente la vitesse à laquelle on consomme 70% d’énergie de glucides et 30% de lipides, et ça correspond en gros à une FC de 75% de FC max. je soupçonne qu’il est plus important de prendre des protéines pour favoriser la réparation des fibres musculaires. Si tu as des infos plus précises je suis preneur.

      • kinhérisson dit :

        Je vois que tu es bien documenté sur le sujet.Malheureusement il s’agissait d’une vulgarisation pour coureurs.Je pourrai ,si tu le souhaites, te donner les références des 2 physiologistes qui sont intervenus.Je pense qu’ils ont beaucoup de choses à dire…
        Quant au froid , les résultats sont très probants mais rien de nouveau.Les russes l’utilisent depuis plusieurs décennies!
        A Saint-Pétersbourg il y aurai 90 équipements identiques…
        Je crois que tu peux tester pour un prix relativement modique.
        Pour le reste , électrostimulation, contentions et autres sont du domaine du placebo….mais donc utiles!

  6. paleophilo dit :

    Je veux bien les noms des physiologistes. Le monde de la muscu est probablement plus calé sur le sujet que celui des coureurs puisqu’ils sont a fond dans la croissance de masse musculaire (et qu’en course à part se gaver de pates et limiter les graisses on entend pas grand chose de nouveau depuis 30 ans). Mais quand on regarde … ca fait peur au vu de la quantité de suppléments qu’ils absorbent. Electrostimulation placebo ? J’ai un compex que j’utilise peu, mais c’est surtout parce que c’est chiant de se balader avec des électrodes partout, mais j’avais l’impression que mes muscles se contractaient vraiment :-). Contention ça ne m’étonne pas. A la vitesse à laquelle circule le sang dans le corps quand on fait une course, je vois pas bien en quoi le fait de serrer un pouillième les veines va changer grand chose. Et puis qu’est-ce que c’est moche 🙂 Par contre en récup je pense que c’est utile.
    Bonne journée – c’est l’heure de ma sortie du Jeudi LMVL 🙂

  7. paleophilo dit :

    Il a l’air intéressant ce blog. Personnellement j’essaye de de pas être dogmatique et de me faire ma propre opinion à partir de mes expériences. De toute façon, je bois du vin (trop …) et je mange du fromage (fromage : sujet débattu chez les paléo) et mon expérience dans d’autres registres (la musique notamment) me prouve quotidiennement que la capacité des humains à dire à d’autres humains « t’es con, t’as rien compris, tes chiffres sont faux, tes études sont bidon, etc, etc, » est universelle et applicable dans tous les domaines. Et je suis en train là de découvrir le fait de manger des graines germées, il va falloir que je teste ça un de ces jours (graines de chia germées – cf born to run – avant de faire un ultra dans le Copper Canyon :-)). Je crains juste que Suzana décide que je suis cliniquement fou .. Je vais essayer avant les tomates en culture indoor 🙂

  8. Julien dit :

    La précision pour finir est capitale et tellement évidente que l’on ne peut que l’approuver!!!
    Très belle article

  9. gillmad dit :

    Est ce que:

    . La musique
    . Le sexe
    . Ta femme
    . Tes enfants

    ne sont ils pas des sources de compréhension (en plus) ?
    Tu ne les mentionne pas.

    Il n’y a pas que les beans/absence de beans, après tout !
    😉

    • paleophil dit :

      Il y a forcément un biais dans cette auto description, que j’ai réécrite plusieurs fois, puisqu’au départ elle était uniquement focalisée sur la démarche intellectuelle et j’ai rajoutée la partie sportive ensuite.

      L’existence est un tout et que toute tentative d’analyse est forcément limitante. D’ailleurs, ta propre conclusion « il n’y a pas que les beans » est elle-même assez réductrice par rapport à ce que je décris de ma démarche, qui est un sacré binz, d’ailleurs (ça y est, je l’ai placé mon jeu de mots pseudo-lacanien).

      Pour te répondre :

      – La musique en tant que telle est plutôt un objet de plaisir et d’étude mais ne contribue que très marginalement à mes analyses. Et depuis que je blogge avec frénésie j’ai moins de temps dispo pour jouer.

      – Le sexe est évoqué. C’est effectivement un objet dense et complexe, si j’ose dire. Biologie, culture et désir … on est en plein dedans. Ceci dit les quelques posts que j’ai commis sur le sujet ont eu peu d’écho.

      – Femme et enfants : bien sur. Je pourrais faire un blog sur les relations de couple, et un autre sur les relations parents / enfants. Ma vie de mari, de père et de beau-père m’a posé beaucoup de questions, et que les grilles d’analyse que je développe dans le blog m’ont servi pour essayer de trouver la posture ou l’analyse juste, quand j’ai le temps de réfléchir à la manière dont je me comporte. D’ailleurs, un des premiers livres qui m’a amené à la vision « évolutionniste » était « les hommes viennent de mars, les femmes de vénus », qui n’est pas exactement du Jared Diamond ! Mais il pose bien le problème de différence des attentes entre l’homme et la femme, et l’auto-centrisme qui consiste à attendre de l’autre qu’il te donne ce que toi tu attends.

      En fait tout ça se tient. Mais tu t’en doutais. Mes reflexions, d’une certaine manière, ne sont là que pour me permettre d’être en équilibre, et donc en harmonie et le moins dysfonctionnel possible avec mon environnement affectif, autrement dit les gens que j’aime.

  10. marcgourmelon dit :

    Bonjour
    Je ne résiste pas à poster un commentaire après ma lecture de ton texte même si le temps a passé depuis le dernier commentaire ( plus de 2 ans !!!)
    Je suis arrivé sur ton blog par un confrère ( je suis généraliste) : http://www.nfkb0.com ; que je suis depuis pas mal de temps.

    Pourquoi ce petit mot ?
    Parce que d’abord nous sommes de la même génération ( je viens d’avoir 56 ans ) et ensuite parce que je cours depuis environ 15 ans avec des hauts et des bas et que j’ai aussi fait un marathon pour des motivations assez proche de toi. Par contre je n’en est fait que 2 en tout.
    Ensuite parce que je suis aussi passionné par la nutrition et que enfin, le paléo m’interpelle.
    Enfin, parce que je viens de lire me fait penser que nous sommes sur la « même longueur d’onde » même si nous sommes éloigné par notre quotidien.

    Je vais donc, arrivant tardivement, me mettre à lire l’ensemble de tes textes car ce que je viens de lire me fait envie d’aller plus loin pour apprendre .

    Détail important, je ne suis pas anglophile et donc lis l’anglais que très difficilement et donc pas suffisamment bien pour « lire dans le texte » . C’est un handicap que je n’arrive pas à combler et cela me désole, mais je crois que c’est ainsi .
    Dernière précision, j’ai lu Born to run ( en français évidemment) , essayé le minimaliste sans résultat et reste persuadé que l’excès nuit même en activité physique ( attention, je fais actuellement 7 heures d’activités physiques par semaine mais sans « forcer » comme dans mes plans d’entrainement quand je faisais parti d’un club et faisais des compétitions).
    Je suis par contre d’accord que l’on peut aller à sa fréquence max jusqu’à un âge avancé ( j’ai fait un mémoire récemment pour un DU avec activité physique et vieillissement comme sujet ).

    Avec cette petite présentation, je vais donc « m’atteler » à te lire.
    Je suis sur que je vais apprendre plein de chose.
    A bientôt j’espère

    Marc

    • paleophil dit :

      Bonjour Marc et merci pour cette « introduction ». la page d’accueil ne génère pas tellement de commentaires, les lecteurs réagissent plutôt aux articles. Au fil des articles tu verras que ma posture par rapport à la médecine a évolué au cours du temps, sous l’influence de mes lectures mais aussi de Remi et d’autres (et de mon fils qui est en 4ème année de médecine). Je suis évidemment d’accord avec le problème des excès (la dose c’est le poison) mais effectivement, faire 7 heures de sport va paraitre excessif à beaucoup de monde alors qu’en fait c’est peu, et en aucun cas comparable à ce que font les sportifs professionnels qui se tapent 6 à 8 heures d’entrainement par jour (cf les tennismen) et sont « démolis » à 30 ans. Sans parler du dopage etc. Moi je cherche juste à déplacer un peu les frontières dans cette histoire, et montrer qu’on peut le faire – et que c’est bon de le faire, plutôt que de blâmer ses gènes ou autre chose. Ca m’intéresserait d’avoir ton mémoire puisque le sujet vieillissement et sport m’intéresse de plus en plus (au fur et à mesure où je vieillis évidemment :-)). Je pense que la décrépitude et la mort qui s’ensuit sont des programmes et que moyennant une stimulation adéquate de l’organisme on peut les repousser longtemps. Même si je sais que les taux d’IGF et de Testostérone ne seront jamais les mêmes à 55 ans qu’à 25, et que mon thymus s’atrophie quelle que soit la quantité de sport que je fasse ! Bonne ballade sur le site et n’hésite pas à commenter, que ce soit pour pointer des erreurs ou faire part de ta propre vision sur ce que je raconte ! Et si tu veux échanger en direct, mon adresse perso est phil point delanghe at gmail point com. A bientôt !

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