Un muscle, c’est comme un ampli classe A : Ca dégage … de la CHALEUR !!!

Radiateur personnel

Radiateur personnel

Un rappel de ma passion pour la musique en général et les amplificateurs de guitare en particulier, association qui m’est venue en courant ce matin. Je vais faire une intro à ce post qui n’a rien à voir avec la choucroute car le vrai sujet ce sont mes impressions personnelles du semi de Boulogne, qu’en plus je n’ai même pas fait.

Non, non, je ne suis pas en train de délirer suite à une acidocétose. Bear with me for a minute.

Ingénieur, musicien, mais piètre utilisateur du fer à souder, j’ai quand même appris sur papier les rudiments de l’amplification.  Je pourrais sans doute vous faire un post de 4 pages sur les différentes techniques d’amplification du son et leurs vertus comparées, mais Randall Smith, le fondateur de Mesa Boogie, l’a déjà écrit, et lui il sait manipuler un fer à souder. Pour ceux que ça intéresse (si, si, j’ai des lecteurs musiciens, d’ailleurs pourquoi pas ?), l’article est ici et voici un petit schéma de son auguste main :

La classe ... A

La classe … A

J’ ai donc un Mesa Boogie à la maison. Pas besoin de chauffage dans la pièce quand on le met en marche, ça fait radiateur en plus, et d’autant plus radiateur qu’on ne s’en sert pas : C’est quand aucun signal ne sort qu’il consomme le plus, et au mieux un ampli Classe A transforme 50% de l’énergie électrique qu’il consomme en chaleur. Pas très écologique, mais ça sonne fabuleusement bien.

L’informatique et la curiosité ont eu raison de mon purisme musical et je suis passé de l’autre côté du miroir en embrassant complètement la modélisation et aujourd’hui je trouve mon bonheur musical (et j’économise mes disques intervertébraux) avec ça :

Fractal, comme les alvéoles dans mes poumons !

Fractal, comme les alvéoles dans mes poumons !

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Ben parce qu’à chaque fois que je cours en hiver, j’ai droit à des regards étonnés, et des commentaires qui vont de «Ha quel courage» (ce qui est toujours sympathique et me fait kiffer même si je fais mon faux modeste) aux blagues plus ou moins subtiles : « t’as oublié ton t-shirt ? » ou « est-ce que tu enlèves le short en été ? »

Mes joyeux congénères de CAP semblent ignorer que quand nous faisons un effort d’endurance, la production d’ATP est extrêmement exothermique et de fait … 75 à 80% de l’énergie produite par la contraction musculaire se transforme en … chaleur, tout simplement.

C’est pour ça que nous n’avons plus de fourrure et plein de glandes sudoripares.

L‘évaporation de l’eau à la surface de notre peau permet de réduire la température extérieure (changement de phase = baisse de la température, vous vous souvenez des la loi des  gaz parfaits ? PV = nRT, et pour ceux qui ne savent pas, c’est comme ça que fonctionne le compresseur de votre frigo ou de l’air conditionné dans votre voiture) et refroidir le sang, qui lui même fait fonction de fluide de refroidissement  et réduit la température interne du corps. Qui sinon monterait à des niveaux qui peuvent amener à une syncope.

Autre fausse idée reçue au passage : le « gouverneur central » nous fait cesser tout effort avant que la température atteigne un niveau fatidique pour notre organisme – dans l’effort évidemment, il n’y a en réalité aucun risque de mort par hyperthermie. Si on tombe dans les pommes dans le désert c’est une autre paire de manches. Et si on boit trop de flotte (hyponatrémie) aussi …

Donc,  amis coureurs : ce matin par 4 degrés, température perçue 2, un vent de 10 km heure et une humidité de 87%, je suis parti faire ma dernière séance significative avant mon marathon la semaine prochaine, vêtu uniquement d’un short et d’une paire de chaussures.

La preuve par 4 !

La preuve par 4 !

Oui, je ne sais pas où ma femme de ménage a mis mes gants … donc pas de gants non plus. Et de fait, comme d’habitude, passé les quelques premières minutes où j’ai l’impression d’avoir installé un tapis roulant dans un entrepôt frigorifique, je me sens super bien pendant l’heure ½ que durera ma sortie, que je vais entreprendre de raconter maintenant si j’ai encore un lecteur attentif …

Phase 1

Hier j’ai fait une super séance de 400, la meilleure en efficacité (rapport vitesse moyenne / FC moyenne) en testant des nouvelles chaussures, des Inov-8 qui pèsent 155 grammes.

Des canaris de 155 grammes ...

Des canaris de 155 grammes …

Inutile de dire que l’amorti est minimal, le drop aussi, et que je suis sans doute un peu con de tester des pompes comme ça une semaine avant un marathon mais on ne se refait pas … et puis il faut se faire un peu peur dans la vie aussi (post à venir sur le sujet – l’intérêt de la réponse hormonale à une situation de stress intense mais temporaire – fight or flight).

Au réveil ce matin, mes articulations de la cheville se rappellent à moi. Je préfère éviter de penser que j’ai de l’arthrose naissante … mais en tous cas ça tire un peu pendant les premières minutes. En plus j’ai oublié le plan (c’est pourtant pas compliqué …. Je sais que c’est une heure 15, donc c’est des phases de 15 minutes … le plus logique est de faire un LMVML, c’est ce que je vais faire.

Arrivant sur le pont de Sèvres, j’hésite à faire mon parcours habituel mais je ne résiste pas à l’appel des quais de seine déserts ! je prends donc sur la gauche et me retrouve totalement seul. Quel pied ! Ca ressemble à ça :

Vue peu courante des quais !

Vue peu courante des quais !

Je croise les volontaires pour le ravito emmitouflés et frigorifiés. Quelques regards étonnés, personne ne me dit rien. Ca me rappelle cet album de BD de Valérian et Laureline, le premier je crois, La cité des eaux mouvantes, où ils sont dans un NY totalement déserté.

Seuls au monde, ou presque ...

Seuls au monde, ou presque …

Je ne sais pas pourquoi mais j’adore cette sensation.  C’est un peu comme une salle de concert vide pendant qu’on fait la balance – on sait que toute la configuration va changer bientôt mais pour l’instant c’est le calme absolu.

Je vais me payer le luxe de passer sous le portique du mi parcours, pensant furtivement aux champions qui courent en tête (mais avec une meute à leurs trousses). C’est pas tout à fait la même perspective que d’être dans un peloton.

Quelques douleurs vont et viennent. C’est toujours un grand soulagement, quand une douleur apparaît (en l’occurrence sur le psoas) de la sentir se stabiliser puis disparaître. Mystère de la chimie interne et des neurotransmetteurs, et léger flip par rapport à Dimanche prochain.

Phase 2

Je fais demi-tour avec l’idée de croiser les élites, mais dans l’autre sens. Je vais les voir en revenant sous le Pont de Sèvres. D’abord quelques gars … on a toujours l’impression que c’est facile et qu’ils ne vont pas très vite alors qu’ils dépotent à plus de 20 à l’heure. Des africains costauds des brindilles recouvertes de plusieurs couches de vêtements, y compris une capuche.  Je ne peux pas m’empêcher de repenser à nos ancêtres qui couraient dans la savane. Bon, nous avons aussi des ancêtres qui couraient dans doute dans la neige lors de la grande glaciation il y a 10 -15.000 ans.

Et qui vois-je ? Jean, sur son vélo. Tricheur, Jean ! (en fait non – il accompagnait Carmen mais je ne l’ai pas vue …)

Puis Thierry dans un groupe compact.

Puis Nico …

Puis Yves, de X-run, avec un joli drapeau dans le dos disant : 1:35.

Bon : je suis facile à reconnaître : torse nu et à contre-sens.  C’est dans doute les 5 minutes où je me fais le plus voir. Une fois que mon narcissisme est remonté à bloc, je fais demi tour et je me fonds dans la masse.

Demi tour

Etrange de se retrouver dans la course après avoir été seul. L’ambiance est différente. Sensation de troupeau, odeurs de camphre, bruit du piétinement. Je fais doctement un petit cours de thermodynamique aux quelques coureurs qui s’inquiètent de ma froidure, mais ça doit surement les faire chier, et ne pas les empêcher de penser que je suis frapadingue.

Toujours beaucoup de coureurs complètement sur/mal équipés : plusieurs couches, Camelbak, casques audio de taille diverse, gels en batterie. Bien que musicien, j’ai vraiment du mal à comprendre qu’on fasse un semi en écoutant de la musique, mais j’ai bien vu des gens passer des coups de fil avec leur portable pendant un marathon … et avec des postures qui mériteraient un sacré travail de PPG !!!.

J’ai bien fait de décider de ne pas m’inscrire parce que dès que je suis dans le groupe j’ai envie d’accélérer alors qu’au contraire il faut que je me calme. Après quelques minutes de discussion avec Yves, je lève le pied, passe entre deux barrières et retrouve tout le quai pour moi … je suis encore avant les élites.

Ils n’arriveront pas à me rattraper avant que je ne rentre à la maison.

Mon semi à moi tout seul :-)

Mon semi à moi tout seul 🙂

🙂

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2 commentaires pour Un muscle, c’est comme un ampli classe A : Ca dégage … de la CHALEUR !!!

  1. Arnaud Jalby dit :

    Toujours un regard intéressant sur le sujet. J’ai moi-même hésité hier avant de finalement m’emmitoufler avec précaution. Je n’ai quand même pas osé le bonnet, le buff a fini au poignet au bout de 2 kilos et les gants ne m’ont servi que pour l’échauffement. Cependant, même si je ne le regrette pas car mon objectif a été atteint, la prochaine fois je laisserai respirer mes gambettes et peut-être mes bras…mais sans aller jusqu’au bout de ton idée, il faut que je puisse accrocher mon dossard ! 😉

    • paleophil dit :

      ha ha le dossard ça s’accroche très bien sur le short. et tu aurais peut être fait mieux sans tout ce bordel à trimballer … J’ai fait le marathon de paris torse nu et je vais faire la rochelle pareil; Pour le marathon du pôle nord je mettrai peut être un t-shirt 🙂

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