Souvenirs, souvenirs : VO2 Max avec Véronique Billat et le LEPHE en 2011

Un post écrit en 2011, il y a deux ans – juste avant le Marathon de Paris. Dommage, je ne retrouve plus les photos, mais j’en ai mis quelques unes post marathon.

Véronique Billat va sortir un nouveau bouquin à la rentrée sur le VO2 max … stay tuned !

Tests préliminaires ce matin au labo de Veronique Billat pour étalonner le matériel que nous allons avoir sur le dos pendant le marathon, avec un test VMA en prime !.

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Une médaille bien méritée !!!

Après un périple chargé (vive le GPS), un batiment qui ne paye pas de mine et qui nous accueille avec une forte odeur de … souris, qui comme moi peuvent courir sur un tapis roulant pour livrer les secrets de leur métabolisme. Un lieu universitaire rappellant mes années à la fac : du matos partout, des bouquins partout, des posters avec les publications remarquables sur tous les murs … et des étudiants partout aussi, notre test faisant partie d’un de leurs travaux pratiques (et la cafetière glougoutant de manière sympathique, mais pas de café avant de prendre la tension).

On commence par 3 méthodes différentes pour calculer la masse grasse, pas moyen de se cacher derrière son petit doigt, même un peu boudiné. 20%, ça fait quand même 14,6 Kg de bon gras bien lipidique. Le vrai coureur est plutôt à 10%, ça fait 7,3 kg de moins, soit 65 kg total. Hum. il va falloir arrêter le rosé plus que 4 semaines avant la course. Et fabriquer un peu de muscle, tant qu’à faire. Prise de tension, et ensuite on rentre dans le dur … gommage exfoliant pour avoir une transmission optimale du signal donné par les 7 ou 8 capteurs que nous portons (on a de la chance, pour d’autres protocoles le gommage de la peau est fait au scotch-brite), electrodes fixées avec de l’adhésif puis un « fishnet » découpé à la main …

Qui a dit sado maso ?

Qui a dit sado maso ?

Ca fait un peu look bondage de science-fiction, avec nos collants de course, et c’est complet avec le joli masque bleu (non, ce n’est pas du latex !) qui va permettre de mesurer en temps réel la consommation d’O2 et le rejet de CO2. Ajoutez quelques mêtres de fil pour relier tout ça, un transmetteur à l’avant et des batteries à l’arrière, deux cardios avec capteurs, un accéléromètre sur la chaussure, des sangles dans tous les coins parce que quand on court, on bouge,et nous voilà fin prêts pour aller faire nos tours de piste.

Du matos, du matos !

Du matos, du matos !

Ca ne serait pas la vraie vie si il n’y avait pas les avatars classiques de toute technologie : la pile déchargée, la connexion bluetooth qui déconne et le firmware uploadé précipitamment et qui fait tout planter : j’ai l’impression d’être à une balance de concert, ayant tout vérifié 10 fois et ayant oublié l’alim spéciale 5 volts alternatif de la pédale bidule, c’est plutôt marrant.

Une fois harnachés, vérifiés, étalonnés (et vraiment déguisés en martiens) nous sortons du labo pour aller sur un stade proche pour faire notre test de VMA. Putain, il fait froid de chez froid et il y a un méchant vent de face.

Je suis *modérément* stressé: j’ai fait 22 bornes deux jours avant, mes tendons ne veulent vraiment pas que je les oublie, et j’essaye de chasser de mon esprit le scénario d’épouvante – un claquage du mollet en tournant à 12 à l’heure et finir le tour à cloche pied. On respire, on se concentre sur une pensée positive. Enfin, on essaye de respirer parce qu’avec le masque j’ai plus l’impression de me préparer à aller voir un mérou qu’à faire des tours de piste.

Le protocole est diaboliquement simple : 2 minutes à vitesse fixe, derrière un vélo, une minute de récup, et hop, vitesse = vitesse + 1 et roulez jeunesse. Bon, on commence à 8 à l’heure, c’est même difficile d’allez aussi lentement. A chaque arrêt une nuée d’étudiants s’abat sur nous : prise de sang pour les lactates, relevé de la FC, et questionnaire qualitatif : « sur une échelle de 6 à 20, comment classez-vous cet effort ? » « heu, avec le masque ou sans ? ». Toutes proportions gardées et toute modestie mise à part, je me sens comme une formule 1 qui rentre au stand pour faire le plein et changer les pneus. Mais personne ne veut me mettre de l’oxygène pur dans mon masque, donc pour le plein il faudra attendre. En plus ils nous encouragent, ça fait une ambiance de course sympa et utile quand on commence à approcher des 15 km/h. Et moi qui expectore une quantité certaine de mucosités lors de l’effort (litote), je suis un peu comme un con avec mon masque : j’ai le choix entre avaler et avaler, ce que je fais, aux sens propre et figuré.

Je sais que les choses vont se corser à partir de 16 à l’heure. Quand je fractionne rapide, ce que je en fais pas assez de toute façon, les fractions sont de 100 ou 200 metres, donc au max 50 secondes et entre 50 secondes et 2 minutes, c’est pas du tout la même chose; et en plus je sais que je ralentis. Là il y a le vélo et il faut coller, pas possible de se raconter des histoires. Le 16 passe bien… le 17 aussi … mais quand le cardio atteint le 180 je sais qu’il n’y a plus grand chose sous le pied, si j’ose dire. Je tente le 18 que je vais tenir une bonne minute mais la tétanie pointe son nez dans les cuisses et la nausée qui monte a raison des dernières dizaines de mètres. Je vais pas gerber dans le masque quand même … et je laisse filer le vélo. C’est fou comme ces secondes là sont longues et comme il est difficle de gérer le mélange compliqué de vraie difficulté physiologique, d’angoisse latente (claquage ! tendon ! bobo !) et de signal primitif d’alerte : « stop, j’en peux plus ». Si j’étais pourchassé par un prédateur au lieu de suivre un vélo j’aurai surement fait les 200 mètres qui manquent, voire plus, mais c’est une autre histoire.

Mes compagnons de test font un peu mieux (18) voire carrément (20) mais il y a un moment que j’ai compris que personne ne choisit ses gènes et que l’idée c’est de faire au mieux avec ceux qu’on a.

Ahh avec un bon entrainement je pourrai sans doute gratter 1, p’tet 2 km, mais déjà avec ces valeurs je peux viser un marathon autour de 3 heures …en fait ce sont les mêmes qu’il y a 15 ans, ce qui est plutôt sympa. Chris Mc Dougall, Monsieur Born to Run, explique dans un conf sur TED que l’endurance diminue très peu avec l’age, que le pic de perf est à 25 ans mais qu’à 60 on peut avoir la même perf qu’à 19, son hypothèse étant que l’aptitude à la course est une adaptation qui a permis la chasse « à l’usure » en groupe, et que dans le groupe il fallait bien qu’il y aie les anciens aussi, porteurs de la connaissance. Je ne sais pas si c’est vrai mais c’est intéressant comme idée.

Photo de groupe, retour au labo, douche, ravitaillement et debrief à chaud. Ce qui est génial c’est la masse de données hallucinantes qui est recueillie. Le responsable du test nous montre quelques courbes vite fait – dont la consommation en temps réel des sucres vs graisses, en fonction de la vitesse. Oh surprise, dès mon allure de jogging je suis presque à 100% sur les glucides; zut, il faut que je coure moins vite !!!

Cette aventure m’aura permis de faire la connaissance de Greg … devenu depuis compagnon de course et de discussions enflammées sur l’entrainement, l’alimentation et plein d’autres choses !

Super Greg !

Super Greg !

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2 commentaires pour Souvenirs, souvenirs : VO2 Max avec Véronique Billat et le LEPHE en 2011

  1. Grégo dit :

    Gros souvenir en effet ! Mais tu l’avais bien mieux appréhendé que moi. En ce qui me concerne ce marathon a été un supplice et je ressens ces sensations en revoyant la photo : qu’est-ce qu’il faisait chaud !!!!

    • paleophilo dit :

      Ca a été un supplice pour moi aussi. Et une grosse déception de ne jamais avoir de retour sur les mesures. Ceci dit Véronique Billat dot sortir un nouveau livre à la rentrée … on trouvera peut être nos stats dedans !

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