Homéopathie, homéostasie et Avogadro …

Un nouveau post plus ambitieux que la moyenne.

On va voir si entre la chaleur, les moustiques, la bière et la caipirinha j’arrive à m’en sortir 🙂

Vendredi soir au bureau …

Un pot pour arroser une affaire, quelques conversations qui dérivent. L’homéopathie arrive sur le tapis. J’exprime mes doutes, mais un collègue qui a travaillé chez Boiron m’assène quelques « vérités » : « ça marche sur les animaux ! Et sur les plantes ! Tu vois une plante être sensible à l’effet placébo, sans déconner ? » L’argument a du poids. Je l’ai déjà entendu, ma belle sœur vétérinaire de chevaux de course utilise l’homéopathie de temps en temps. Les canards périgourdins qui finissent en confit dont nous nous régalons sont soignés à l’homéopathie (on appellera ça le paradoxe de l’oscillococcinum, histoire de sourire).

Pourquoi pas ? Je rétorque qu’il me semble qu’il n’y a aucune étude réelle qui prouve l’efficacité du traitement mais que le placebo est très efficace, y compris sur les animaux. Je rappelle le nombre d’Avogadro (nous avons tous fait des études d’ingénieurs autour de la table), et je me fais clouer par un argument imparable : « l’establishment médical est tellement anti-homéopathie que les laboratoires ont arrêté de faire des études comparatives, puisque personne ne voulait les lire ».

Que répondre ?

Deux pensées me traversent.

La théorie de l’esprit, quand elle rentre dans des hauts niveaux de récursivité, permet d’expliquer n’importe quoi et son contraire, mais ça fera l’objet d’un autre post, ça m’intéresse de plus en plus.

Et puis, je me dis que je regarderai sur Internet ce que je peux trouver comme études sur l’homéopathie et son efficacité. L’argument est absurde, mais après tout, il y peut être quelques études qui ont été réalisées.  Je bats en retraite.

Internet est mon ami

Quelques recherches m’amènent sur des sites qui sont systématiquement en mode sarcastique, et puis je découvre Edzard Ernst, un vieux médecin surdiplômé,  avec un pedigree long comme le bras, professeur émérite à l’université d’Exeter, et qui a lui même été osthéopathe et homéopathe avant, justement, de se poser des questions sur l’ efficacité réelle des médecines alternatives. J’achète vite fait son bouquin, trick or treat (que je recommande chaudement à tous ceux qui ont l’esprit critique pour se poser des questions sur le sujet , et tant qu’à faire aussi celui de Rose Shapiro  sur le même thème.

 

N=1

J’ai pas mal utilisé l’homéopathie, pour moi et mes enfants. J’ai eu un généraliste homéopathe, et comme autour de moi tout le monde s’en servait plus ou moins, mes parents, mon épouse, ma sœur, pendant longtemps je ne me suis posé aucune question sur le sujet. J’ai donc donné en tremblant un remède 15 CH à mon fils à peine sorti de couveuse, prescrit par une homéopathe renommée et charismatique, issu d’un gros grimoire plein de noms bizarres (attention, c’est une très forte dilution, il risque de réagir très violemment …). Mon fils a eu aussi droit à des séances d’osthéopathie cranienne. Toute la famille a pris des granions de cuivre, de l’oscillococcinum, du mercurius solubilis et pas plus tard que quelques années l’otorino que j’avais été voir pour une irritation à la gorge récurrente m’a prescrit tout un tas de granules.

Comme je ne suis pas du type obsessionnel, mettre des granules sous la langue toutes les 3 heures ça me gonfle un peu, et mon approche « minimaliste » s’appliquant aussi à mes propres petits bobos, je suis plus sur le mode « si on se soigne, ça met une semaine à guérir, et si on ne se soigne pas, ça met 7 jours », avec une bonne louche de vitalisme dont j’ai un peu de mal à me dépêtrer par ailleurs.

Avogadro, avogadro !

Mais quand même. Une dilution à 15 CH, ça fait 10 puissance 30, donc en gros une chance sur un million d’avoir une molécule (une seule !) dans un granule. Un peu comme de jouer au loto pour garantir ma retraite. Et la mémoire de l’eau dans tout ça ? Bien sur, et comme l’eau est recyclée en permanence, elle a aussi sans doute la mémoire des molécules contenue dans l’urine dont elle a fait partie à moment donné, ou de la pollution qu’elle a rencontré ?

Un peu d’histoire

En fait des études sur l’homéopathie, il y a en a des wagons, pour voir si ça fait mieux que le placebo. Et là on rentre dans des choses intéressantes : ce qui est en jeu c’est le fonctionnement de la méthode scientifique, notamment par rapport à la croyance, et puisqu’on parle de croyance, ça me rappelle furieusement la religion. Et me renvoie à mes propres croyances, à moi, qui ne sont pas forcément plus brillantes ou intéressantes que celles des adorateurs du spaghetti géant. Et à mon propre rapport à la médecine, finalement, et à son histoire, qui est passionnante et éclairante sur nos travers actuels.

La médecine moderne est très récente : 150 ans. Avant, on était justement dans la croyance, que ce soit en orient ou en occident. La saignée comme remède universel, à cause de la théorie des humeurs. On retrouve ici la capacité humaine à générer du sens … dans tous les sens, si j’ose dire, à grand coup de métaphores et de similitudes. D’ailleurs toutes les médecines « ancestrales » fonctionnent sur le même type de thématiques, d’humeurs, de caractères et de fluides « vitaux », association avec les éléments naturels, et l’équilibre des forces en présence.

Hahnemann lui même était complètement dans ce trip, en rajoutant l’idée (étrange quand on y pense) qu’une version très diluée d’un produit qui produit des symptômes guérira lesdits symptômes. Ca partait d’un bon sentiment, c’était un médecin qui voyait bien que la médecine de son époque ne fonctionnait pas ; et c’était avant la découverte des microbes et du nombre d’Avogradro.

La recherche de la « théorie unifiée du tout » est aussi présente en physique : les physiciens théoriques aux prises avec les forces fondamentales cherchent celle qui sous-tend les 4 autres (nucléaire forte, faible, gravité, électromagnétisme, si ma mémoire est bonne). Et le principe de fonctionnement de l’organisme vivant est l’homéostasie, retour à l’équilibre permanent malgré les aléas de l’environnement.

Mais bon : le principe de la science, que j’aime de plus en plus en vieillissant, je dois dire … c’est de se baser sur l’expérience, et d’accepter la remise en question et la réfutation, et pour le coup, en médecine alternative comme en religion, ce n’est pas vraiment au menu. Ca marche parce qu’on a décidé que ça devait marcher, que ce soit parce que c’est écrit dans un vieux livre et/ou inventé par un savant solitaire / un prophète, ce qui revient un peu au même.

L’équivalent médical de l’expérience en physique, c’est le « double blind randomized controlled trial » (étude randomisée en double aveugle), qui va neutraliser l’effet placebo côté praticien et côté patient. Inutile de dire que c’est compliqué à mettre en œuvre et que ça coute une blinde, mais que c’est le seul moyen de savoir si un médicament fonctionne ou pas. On en comprend la nécessité une fois qu’on sait qu’un médicament donné par un docteur en blouse blanche est plus efficace que par un interne en t-shirt, et que les comprimés très gros ou très petits sont plus efficaces que eux de taille « normale ». Placebo un jour, placebo toujours !

Arrivent aussi les méta-analyses, qui vont compiler plein d’analyses sur des populations plus réduites, et là on rentre dans le merveilleux monde de la statistique et des « intervalles de confiance ». Si une méta analyse compile des analyses de merde, le résultat ne veut rien dire, évidemment, et il y a matière à s’écharper sur les résultat.

J’ai beaucoup relayé sur ce blog les questions et doutes entourant, par exemple, les études sur les statines. Ou celle d’Ancel Keys sur l’influence du cholestérol sur les maladies cardio-vasculaires. Mais je dois dire que pour les médecines alternatives (notamment homéopathie, acupuncture, médecines traditionnelles chinoise et indienne), c’est un sacré bordel, et le jeu est inégal, parce que la charge de la preuve n’est pas la même que pour les labos.

Résultat des courses

Je vais vous épargner les détails, et puis si ça vous intéresse, vous pouvez lire les bouquins. Le résumé, c’est que des études il y en plein, et qu’en gros elles montrent qu’aucune de ces médecines alternative ne fonctionne, au delà de l’effet placebo, qui lui est bien réel. Et qu’il y a une sacrée bande de givrés qui trainent dans les parages, sans qu’on sache si ce sont des doux dingues ou des arnaqueurs. Le fondateur de la chiropractie, par exemple, vaut son pesant de vertèbres subluxées. Toute ressemblance avec la psychanalyse n’est pas fortuite !

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes …

Moi qui vis dans un monde gouverné par la loi de Moore, qui m’étonne que le design des guitares électriques n’ait pas changé en 60 ans, comment j’ai-je pu acheter des concepts comme « inventé il y a 200 ans par un génie solitaire et jamais prouvé depuis ? » On peut remplacer 200 par 2000, d’ailleurs. Mon hypothèse est que notre fonctionnement mental a un fort penchant pour l’irrationnel et les explications « rapides » voire « magiques ». Je détecte ça très bien pour la religion, mais je tombe dans le panneau à pieds joints sur le sujet médical.

Et la science dans tout ça ?

En fait, l’esprit critique et la démarche scientifique, comme les mathématiques, sont des inventions très récentes et sans doute notre capital intellectuel le plus précieux. Fruits de nos lobes frontaux, sans doute, alors que les composants plus « instinctifs » de notre pensée apprécient les raccourcis qui nous permettent d’agir vite mais ne favorisent pas une vision rationnelle du monde.

Notre rapport à la science est très ambivalent. Très contents d’avoir des téléphones avec 2 milliards de transistors, mais gobant des gélules sucrées et utilisant des médecines « traditionnelles », fruits de la « sagesse des anciens ». Ca je ne me l’explique pas vraiment, d’autant plus que quand nous sommes vraiment mal, nous courons à l’hôpital (sauf les témoins de Jéhovah et les amish, mais là on ne peut rien pour eux). Un proche de ma famille vient de se faire mettre un foie tout neuf et il n’a pas été anesthésié à l’homéopathie, même si son épouse est une fan des petites pilules en sucre.

Est-ce parce que les médecines « alternatives » promettent une écoute attentive, et que nous restons désespérément en demande de grégarité ? Facebook, acupunture, mêmes attentes ?

Paléo mon cul ?

Je suis un peu en porte à faux là, merci de me le faire remarquer. Mais pas tant que ça finalement : mon ancrage sur le sujet est basé sur une notion scientifique, la théorie de l’évolution. Et doncques que notre organisme a évolué pour fonctionner de manière optimale (ou correcte, allez, trève de superlatifs) dans un environnement très différent de notre environnement actuel, dégoulinant d’énergie immédiatement disponible et de sédentarité à gogo, et qui nous nous oblige entre en autres à stocker l’excès d’énergie que nous consommons (entre autres conséquences désagréables).

Sisson, Asprey, Greenfield et les autres …

Après voir lu quelques livres sur les médecines alternatives, mes héros paléo ne sortent pas indemne de l’aventure. Greenfield qui vend un « cristal synchronisé » sur son site et qui a testé les « coffee enemas » (injection de café dans le rectum …) ; quel crédit accorder aux autres choses qu’il raconte ? Asprey et son café spécial qu’il vend 3 fois plus cher que celui de Carouf et à qui j’ai acheté récemment de la PQQ sur la base de deux témoignages sur son site et d’une étude sans doute bidonnée ? Le discours si classique « je vais vous dire la vérité que tout le monde vous cache » , « je veux votre bien en échange de votre pognon » est en fait cousu de fil blanc. Comme le mec qui m’a tiré 50 euros sur un parking d’autoroute. Le business des médecines alternatives et autres compléments alimentaires est plus important en volume que celui de la médecine, et lui n’est pas régulé, et les arnaqueurs et autres fous furieux sont légions.

Quantified self ?

Moi qui suis plutôt optimiste sur l’impact que vont avoir les capteurs dont nous allons nous équiper pour être en meilleure santé, subitement j’ai un doute. Si nous sommes si indécrottablement irrationnels à propos de notre propre santé et de celles de nos proches, capteurs ou pas, ça ne changera pas grand chose. En tous cas ça ne nous empêchera pas de continuer à croire à la magie.

Autoréplication

L’autre chose qui est assez fascinante, c’est qu’une fois qu’une idée est acceptée, considérée comme vraie par un groupe d’humains, les enjeux des uns et des autres font qu’il devient de plus en plus difficile de faire prendre conscience de son absurdité. Allez prouver à patron de la clinique royale d’homéopathie de Londres que ses gélules ne servent à rien, comment vous pensez qu’il va réagir alors que son statut social en dépend ? Même quand le roi est nu il a des courtisans. C’est la théorie des « mêmes » et aussi de la dissonance cognitive sans doute, qui fait que les personnes qui ont une croyance forte font tout pour la conserver, même quand les preuves objectives sont sous leur nez.

Epilogue

Comment des techniques thérapeutiques totalement inefficaces continuent à être utilisées massivement, voire sont en plein boom ? Pourquoi tant de personnes croient encore à l’enfer et au paradis ? C’est la même chose finalement. Accepter le monde comme il est, que dans plein de cas il n’y a pas d’explication, pas de réponse, que la vie n’a « pas de sens » autre que se perpétuer, c’est insupportable pour beaucoup. Sortir de ce fonctionnement demande un réel effort, difficile.

Pour une fois je vais me mettre dans le lot, parce que je suis aussi pris dans mon système de croyances. Finalement le sens d’une vie (la mienne ?) c’est peut être de se débarrasser des ses croyances, une par une, juste accepter le hasard, l’absence de maitrise, tout en cherchant à comprendre et a analyser, inlassablement.

Et au final rester émerveillé, autant par ce qu’on comprend que parce ce qu’on ne comprend pas.

Post scriptum

J’avais écrit un post sur à peu près les mêmes thématiques en Septembre 2013. Il est ici. J’ai pas tellement progressé finalement, enfin, un peu sur l’humilité quand même 🙂

 

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36 commentaires pour Homéopathie, homéostasie et Avogadro …

  1. Mathieu dit :

    L’être humain semble avoir besoin de croire en quelque chose pour se rassurer… même si ce quelque chose n’existe pas… Dommage.
    Pour l’homéopathie ça me laisse indifférent, si ils aiment le sucre tant mieux! Je pourrais de toute façon pas, c’est pas paléo! 🙂
    Par rapport à la religion c’est autre chose, et là j’ai de la pitié et suis triste pour toutes ces personnes qui laissent leur façon de vivre se faire influencer et limiter par des préceptes issues de fables… Sans même parler des guerres lancées en leur nom… Mais c’est un vaste sujet et je serai rapidement virulent 😉

    Un article sympa sur l’homéopathie: http://blogs.univ-poitiers.fr/n-yeganefar/2014/04/15/comment-se-debarasser-une-bonne-fois-pour-toute-de-lhomeopathie/

    PS: plus beaucoup de post sur la course à pied. Des objectifs en 2015?
    Bonnes fêtes et bonnes vacances!

    • paleophil dit :

      Cher Mathieu,
      un peu de virulence, tant qu’elle est verbale, et pas ad hominem, n’est pas un problème ici :-).
      Merci pour l’article. Concernant la course, en 2015 j’ai des objectifs assez « sociaux » : faire courir son premier semi à mon épouse, son premier marathon à mon patron, faire Londres avec un ami, Amsterdam avec une bande de potes, et si au passage je peux résoudre mes problèmes récurrents de tendinite, claquer un 3:15, et perdre 3 kilos, je serai un athlète comblé :-). Ah oui, une petite Saintélyon aussi peut-être 🙂

      • Martin dit :

        Ah les tendinites… 😦
        De ma très modeste expérience il en ressort que POUR MOI l’alimentation joue un rôle majeur. En période d’entrainement intense si je mange sainement sans entorse je peux enchainer les courses sans problème, mais à la moindre pizza, crac ! tendinite si je ne freine pas le lendemain sur l’entrainement.

      • paleophil dit :

        Intéressant je ne me suis jamais posé la question comme ça. Sainement pour toi c’est quoi ? Je pense qu’il faudrait que je passe un mois ou deux sans boire une goutte d’alcool pour voir ce qui se passe. J’ai une copine qui a une polyarthrite rhumatoide et qui réagit très violemment au moindre verre de vin blanc… Peut être une bonne résolution pour 2015 ?

      • Martin dit :

        C’est quoi manger sainement ? C’est une quête que je mène depuis plus de 20 ans, et pour laquelle je n’ai toujours pas de réponses arrêtées…
        À force d’erreurs, de tâtonnements, de lectures, et d’expériences, j’en suis là :
        2 repas par jour, le matin et vers 14h.
        Viande en petite quantité (environ 100g) à tous les repas, principalement du cœur de bœuf (pas cher et relativement sain), cru. Du foie de bœuf (cru) deux fois par semaine, des œufs mollets, du poisson (sardine ou maquereau) une fois par semaine.
        Un yaourt par repas, avec de l’huile de lin mélangé.
        Des légumes, beaucoup de légumes, crus. Très rarement des fruits ou des légumes sucrées.
        Et comme boisson, le jus de citrons frais mélangées à de l’eau (environ 6 citrons par jours). Jamais d’alcool.
        Je mange cru surtout par goût plutôt que par « idéal » (et puis j’ai horreur de cuisiner…).
        Mon métabolisme de base est très bas à présent. J’ignore combien de calories j’ingère quotidiennement mais je pense être bien en-dessous des recommandations officielles sans pour autant avoir faim, ni être famélique (1m70 pour 60kg)
        Est ce que je mangerai encore ainsi dans un mois un an ou 10 ans ? Je l’ignore. Est ce que c’est sain à long terme ? Là aussi je n’ai pas de certitude.

      • paleophil dit :

        C’est intéressant … même si je ne me vois pas capable de manger comme toi !
        J’ai une répulsion pour les abats, culturelle évidemment et autant je peux manger une tranche de rumsteak cru avec un jus de citron, autant un coeur cru … tu ne mentionnes pas de lipides, tu mets de l’huile d’olive sur tes légumes ? Donc tu es low-carb, avec assez peu de protéines (200 g de viande ça doit faire environ 80 grammes de protéines) et peut être très peu de lipides aussi. Si ton poids est stable c’est que tes entrées énergétiques sont suffisantes … Tu fais beaucoup de sport ?
        Je retiens l’idée de l’eau avec du citron. Et je note aussi qu’il n’y a aucun excitant (thé café) dans ton alimentation … c’est très spartiate (mais sans doute pratique aussi …)

      • Martin dit :

        Je ne suis pas spartiate non plus hein ! Si un morceau de pizza ou un chocolat me fait vraiment très envie , je le mange ! Mais je sais que le lendemain il faut que j’y aille plus doucement sur l’entrainement, et aussi que mon système digestif n’est plus adapté à la nourriture classique, même en quantité normale.
        Concernant les abats, je comprends ta répulsion. Je me souviendrai toujours de mes premières bouchées crues… ce fut horrible… J’avais choisi les abats parce que c’est économique et sain. À présent je trouve ça bon et suis même déçu quant je dois manger une partie plus « noble » de la viande. J’ai essayé aussi les insectes et les vers de terre, mais j’en suis resté au boucher finalement.
        Je prends des lipides dans mes deux yaourts quotidiens, environ une cuillère à soupe d’huile de lin, et il y en a naturellement dans les œufs, le poisson et la viande. rien avec mes légumes que je mange très souvent entier (juste nettoyés), afin de mastiquer au maximum pour faire fonctionner ma mâchoire et ralentir (du moins c’est ce que j’espère car je ne suis pas certaine du tout du résultat) la déminéralisation des maxillaires et des dents, et garder des gencives saines.
        Mon poids est stable, mais je gagne facilement quelques kilos si je mange moins bien (que je perds aussi rapidement une fois un retour à la normale).
        Chose surprenante, alors que je mange finalement peu, et ne suis pas grasse du tout, je me découvre depuis deux ans maintenant capable de sauter plusieurs repas d’affilée sans aucun problème. J’ai faim bien sûr, même très faim au bout d’un jour complet, mais ne connais pas d’hypoglycémie ni de baisse d’énergie (à condition de pouvoir boire tout mon soul). Testé plusieurs fois sur un jour et demi.
        Je m’entraine à jeun tous les matins avant de plonger dans le boulot. Soit de la course à pieds, soit de la muscu, en alternance. Pour la course je fais surtout du fractionné tout en gardant une séance par semaine pour le fond. En moyenne je fait une cinquantaine de km par semaine. Pour la muscu je fais du Lafay. Et une heure d’étirements le soir, tous les jours. Ça s’est l’idéal, mais en réalité, il m’arrive de temps à autre de sauter l’une ou l’autre des séances faute de temps ou parce que une petite gène à tel ou tel endroit m’indique qu’il faut que je laisse ce muscle ou ce tendon tranquille un peu. C’est l’un des avantage des gens qui commence à prendre de l’âge : ils se connaissent un peu mieux qu’à vingt ans 😀

        Attention : je tiens le redire, c’est ce qui me conviens à moi au moment où j’écris ces lignes. Je ne sais pas si cette manière de faire conviendrait à une autre personne, ni si elle me conviendra encore dans le futur, et encore moins si elle est réellement saine à long terme.

      • Mathieu dit :

        Beau programme! De la chance d’avoir pu obtenir un dossard pour Londres.
        Pour les tendinites, j’en ai jamais eu à proprement parler (c’est à dire qui m’empêche de courir), mais j’ai parfois des gènes au niveau du tendon d’achille. Et c’est généralement également chez moi lié à l’alimentation, si j’ai tendance à manger un peu trop protéiné sur une période (même en mangeant énormément des légumes). Si je refais gaffe à baisser mes rations, ça diminue…
        Et bien sûr, beaucoup d’eau…

      • Renaud dit :

        @Martin: Je trouve ton approche très intéressante. Je ne ferais pas la même chose, pour plein de raisons, mais ta diète semble riche en nutriments, pauvre en « toxiques », et bien sûr pas excessive en calorie. Au final, elle semble bien te réussir, ce qui est sans doute le plus important. Mais ce que j’apprécie particulièrement c’est l’accent que tu mets sur le fait que c’est une alimentation « optimale » POUR TOI et POUR LE MOMENT.

        Tu dis à un moment « Mon métabolisme de base est très bas à présent »… c’est un objectif souhaité ? Est-ce que c’est dans une optique de longévité (puisque ton alimentation me semble aussi être une implémentation possible de l’approche CRON http://en.wikipedia.org/wiki/CRON-diet) ?

      • Martin dit :

        @Renaud : Je n’avais pas pour objectif de baisser mon métabolisme de base, mais je savais que ça allait logiquement arriver, et cela m’a semblé une bonne chose : manger moins avec un meilleur « rendement ».
        J’espérais adapter mon système digestif (la micro-faune intestinale plus particulièrement) à cette façon de se nourrir de manière à améliorer l’absorption des différents nutriments et à savoir puiser l’énergie plus facilement dans les graisses. Je ne suis pas assez calée en micro-biologie et en médecine pour en juger réellement, mais j’ai l’impression que ça marche pas trop mal.
        Je ne cherche pas à manger moins de calories, c’est ma manière de manger et l’adaptation qui s’en suit, qui font que je fonctionne avec moins de calories. Pas l’inverse. Au début je me forçais même à manger au-delà de la faim par peur de manquer de quelque chose.

    • paleophil dit :

      Mathieu, je viens de regarder le lien et du coup me balader un peu sur les commentaires et les liens connexes. Les commentaires résument le débat bien mieux que ce que j’ai pu écrire (et je suis admiratif du nombre de lecteurs), et en butinant de lien en lien je viens de lire un article sur benveniste, c’est passionnant. Un vrai roman policier, où on retrouve la superbe du prophète qui à moment donné tord la réalité dans tous les sens pour qu’elle lui donne raison. Fascinant http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1196 Merci pour les liens !

  2. Sergio dit :

    As mentioned in your text, you base alot of your points around the notion that we have been conditioned over thousands of years to live one way, and with an external environment changing ever-quicker, our bodies need time to catch up (plus ou moins).

    That got me thinking, do you remember the case I mentioned to you about the « Hunger Winter » in 44-45 in the Netherlands? With the Dutch food stock quickly comming to an shortage a study was conducted showing that children In-Utero during these few months wtinessed an alteration in their genetic material (embryo). As a direct result of maternal mulnutrition, 60 years later, these ‘once children’, were drastically more prone to obesity and cardio-vascular diseases, due to a hasty in-utero adaptation pushing them to stock every last bit of fat that entered their system. I guess my question is « Why in this isolated case study, did adaptation of genetic material happen so swiftly? »

    If I bring this up, it’s because i’m lost 🙂 and as you know this is far from being one of my areas of expertise.

    Great article and I love the parallel traced between medecin and religion! Food for thought!

    Abraços!

    • paleophil dit :

      Fuck I wrote a long commentary and thanks to the very random nature of the internet in Brasil I lost everything when I posted it … Vivo my ass !!!
      So a shorter answer is : yes it’s true, there is actually an article about it that I just found here : http://www.sciencedaily.com/releases/2014/12/141203110921.htm
      It’s called epigenetics and it is the fact that some genes will trigger the expression of other genes. As the article says :
      « The potential for a gene to become active is mainly determined in the crucial weeks after fertilization. This master regulatory system that determines which genes are on and which are off is called epigenetics and can be compared to a sound technician making adjustments during a recording to get that perfect sound. Environmental factors during development can make a lasting imprint on this system, » noted Dr. Heijmans.
      Keep being curious 🙂

      • nfkb (@nfkb) dit :

        hi

        I would say that epigenetics if the science that studies the way the genetic material is « labeled » to enhance or shutdown some gene expression. We keep the same genetic material but it’s like mother nature putting its bookmarks where it seems the most necessary at a very moment.

        P.S. i’ve already said that this wordpress.com comment system is crap’ 😉
        P.P.S. surgery in a 95 y/o yesterday and 93 y/o today, the gas man in the OR was in fire 😉

  3. Martin dit :

    Clair et rationnel. Merci.
    Je crois que le plus difficile finalement n’est pas de faire preuve d’esprit critique, mais d’accepter l’existence de la part, fut-elle infime, d’incertitude dans nos certitudes, et d’accepter d’avoir aimé un « veau d’or » :
    Croire en la « magie » permet d’éviter l’inconfort des incertitudes, et donc la peur. Rajoute à ça l’inconfort de penser à contre-courant et le besoin de se distinguer par rapport à un autre groupe humain (homéopathie vs non homéopathie par exemple, ou n’importe quel clivage qui permet de dire et « nous » et « eux »), et on obtient l’irrationnel.
    Et le fait même de se dire rationnel, nous catégorise dans un groupe, un clan… la pente est savonneuse aussi alors pour ne pas glisser doucement dans le rationnel à tout prix, de manière irrationnel :-P. D’où la nécessaire acceptation d’incertitude même dans nos certitudes les plus ancrées rationnellement.

  4. paleophil dit :

    C’est très bien résumé 🙂 réussir à être rationnel sans en faire une religion en quelque sorte, ce qui n’est pas une mince affaire. Ceci dit je peux penser que l’homéopathie est une vaste fumisterie tout en restant songeur sur la structure de l’univers, accepter que nous ne comprenons pas comment de la matière a pu être créée à partir de rien, ou me gratter la tête quand on me parle de particules qui remontent le temps, et/ou qui remettent en question le principe de causalité, qui justement sous-tend toute la démarche scientifique. La connaissance est pour moi un ensemble de cercles concentriques et plus on s’éloigne du centre plus il y a de points d’interrogation …

  5. Renaud dit :

    Salut Phil, et merci pour ce post très intéressant.

    Quelques considérations en vrac…

    L’idée d’Hahnemann à la base n’est pas complètement absurde. On peut retracer ça à la légende de Mithridate (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mithridatisation) et à diverses pratiques d’exposition à de faibles doses d’un « poison » pour se prémunir contre lui… qui sous-tend d’ailleurs le principe de la vaccination. À l’époque, aucune connaissance des mécanismes possibles de l’hormèse, ni du système immunitaire… il pouvait sembler logique que diminuer toujours plus les doses soit davantage protecteur encore. Dans le contexte, ça pouvait paraître sensé. Bon, avec ce que l’on sait maintenant il est désormais clair que pour l’homéopathie cette logique a ses limites. 😉

    Ton ancrage basé sur la notion scientifique d’évolution n’est pas aussi rationnel qu’il y paraît. L’un des éléments à considérer est que notre organisme n’a PAS évolué pour fonctionner de manière optimale. Diverses caractéristiques et aptitudes ont été sélectionnées en vertu du bénéfice en terme de survie de l’espèce : donc 1/ pas toujours pour le meilleur bénéfice de l’individu, et 2/ pas nécessairement pour un optimal. Par exemple, notre mode de reproduction avec sa « courte » gestation suivie d’une looooongue maturation n’est pas optimal pour l’individu, mais il l’est pour l’espèce (le jeune humain est longtemps inapte à la survie hors de son cocon social). L’autre exemple que je t’ai déjà donné, c’est celui du SUV qui est une berline ayant évolué une aptitude au « hors piste » : c’est un avantage certain en terme de survie dans certaines circonstances, mais le SUV qui ne sera utilisé que « hors piste » vivra bien moins longtemps qu’un autre… aptitude favorisant la survie, mais ne pointant pas pour autant vers un comportement optimal.

    Question rhétorique : Nous conservons dans notre nature d’omnivore des strates d’évolutions successives nous ayant permis de survivre à diverses époques très reculées. Laquelle de ces strates serait représentative de l’optimal nutritionnel ? La dernière ? Pourquoi ? Il y a plein à creuser en partant sur cette interrogation.

    Reste que nous sommes effectivement bien malmenés par la surabondance moderne de boustifaille. Mais là encore, ce n’est pas le cas de tout le monde. Alors une question se pose : est-ce que le problème de « mismatch » avec notre évolution en mode frugal ne serait pas un relatif faux problème ? C’est certes un pan du mur sur lequel on se cogne, mais la seconde face me semble tout aussi importante : les raisons psychologiques et sociales qui font que certains (beaucoup) sont pris par le « mismatch » là ou d’autres passent totalement à travers !

    Beaucoup d’éléments que tu abordes pointent vers la mémétique (que tu évoques même directement), c’est-à-dire la théorie qui postule un « comportement des idées » similaire à ceux des gènes, cherchant à se répliquer et à s’étendre… c’est un domaine de réflexion captivant. Je connecte ça avec le fait qu’un humain rationnel ça n’existe tout bonnement pas. L’humain est capable de raisonnement, oui. Mais le coût cognitif du raisonnement est exorbitant, ce qui fait que dans la quasi-totalité de nos réflexions nous fonctionnons à l’économie en employant des raccourcis cognitifs que sont la croyance et les raccourcis hâtifs. Le hic, c’est que nous ne voyons pas, en général, où ces béquilles s’immiscent au milieu du raisonnement. Il y a là un parallèle à faire entre la logique formelle (aride, coûteuse, mais sûre) et la rhétorique au sens grec initial d’art de convaincre (convaincre, pas articuler la vérité).

    Tu évoques aussi la dissonance cognitive, et c’est encore un phénomène fascinant ! Encore un truc qui pointe vers notre nature fondamentalement non rationnelle. L’homme cherche du sens, et à travers lui la capacité de contrôle (ou l’illusion de cette capacité, ça fait souvent aussi bien l’affaire : c’est ce que l’on voit avec la plupart des médecines alternatives, ou avec les diètes « nommées »)… au point de préférer adapter inconsciemment sa perception de la réalité plutôt que de s’adapter à elle. Au fond c’est simplement une question de minimisation du coût cognitif.

    Tu cibles bien cette difficulté à accepter qu’au fond les choses n’ont pas de sens, qu’aucun de nous n’a de valeur spéciale, et que nous ne contrôlons quasiment rien. C’est terrifiant à plus d’un titre, entre autres car radicalement hostile au mythe fondateur du système qui nous permet généralement de donner du sens au monde : à savoir que nous sommes un individu rationnel doté de libre arbitre, important et capable de changer le monde.

    Nous ne sommes pas des êtres de raison. Nous pouvons user de raison, un peu, mais nous sommes avant tout des êtres de sens, de croyance. Il n’est alors pas très étonnant que nous usions tellement de la raison pour étayer nos croyances.

    • paleophil dit :

      Merci pour tes commentaires qui font toujours rebondir et ouvrir d’autres portes.
      Brièvement …

      Je ne crois pas à un optimum « naturel » moi non plus (en plus ça serait un peu trop anthropocentrique aussi peut être). L’évolution a sélectionné des caractéristiques qui ont permis la survie de telle ou telle espèce à tel moment, mais comme on ne peut pas reconfigurer le système intégralement à chaque changement de milieu, tous les être vivants trainent l’histoire de toute la vie, à partir d’une souche commune qui se différencie à l’infini … et ça crée un sacré réseau de contraintes. Un peu comme l’évolution d’un système d’exploitation :-). Je crois que le mécanisme de l’insuline existe depuis plus d’un milliard d’années, est présent dans plein d’espèces animales … il y a forcément du « bricolage » là dessous et quelques lignes de code mal documentées ☺.

      Par contre je peux définir mon propre optimum, à moi, objet vivant doté d’une conscience : vivre jusqu’à 120 ans en étant capable de courir 100 km par semaine, sans perdre la mémoire et en ayant des rapports sexuels deux fois par semaine (par exemple). Donc là je fais du reverse engineering, avec toute la dimension fantasmatique qu’il peut y avoir là dedans.

      Par rapport à la longévité « en forme », qui est un sujet qui nous travaille tous en avançant en âge et en voyant autour de nous des Alzheimer et autres cancers divers et variés, je trouve que l’idée la plus intéressante est celle que développe Josh Mitteldorf sur son blog et sans ses papiers, à savoir que la mort est un programme, qui a (a eu) une finalité évolutionniste (survie de l’espèce ne signifiant pas survie de tous les individus). A moment donné l’équilibre chimique de l’organisme le programme pour le détruire, en quelque sorte, et si nous arrivons à « leurrer » notre système interne (qui n’a pas d’autre notion du temps qui passe que le raccourcissement des télomères ou la valeur moyenne de telle ou telle hormone), nous pouvons nous réparer indéfiniment.

      Sur la mémétique : moi aussi je trouve le concept de « les idées se reproduisent d’autant mieux qu’elles sont capables de s’implanter dans un cerveau » assez génial. En tant que musicien … ça coule de source, et la « viralité » dont on nous rebat les oreilles à défaut d’autre chose en est un bon exemple. La religion aussi d’ailleurs. J’ai le livre de Susan Blackmore sur ma table de chevet mais je ne l’ai jamais lu. Il y a une Société Française de Mémétique aussi …

      Je suis d’accord à 200% sur l’aspect non rationnel des humains. La rationalité est mise en avant culturellement par nécessité sociale à mon avis. Si il n’y a plus de rationnel il n’y a plus de libre arbitre et c’est le bordel. Tu me répondras que c’est déjà un peu le bordel et qu’il n’y a pas à aller regarder très loin pour voir plein d’irrationnel, le fanatisme politique ou religieux par exemple. la question à poser est « quel bénéfice cela apporte au niveau de l’évolution » ? La référence sur le sujet pour moi (ou en tout cas ce qui a un peu dynamité mes certitudes d’ingénieur « rationnel ») c’est le livre de Kahnemann. Qui montre bien comme tu le dis le « coût » en terme de CPU de la pensée rationnelle, peu efficace quand il faut prendre une décision rapide pour ne pas se faire bouffer. Ceci dit « est-ce que les mathématiques sont une invention des humains ou la découverte de concepts qui existent indépendamment de nous » est un sujet que j’ai débattu avec un ami matheux sans pouvoir trancher le débat (qui était fort arrosé, faut-il le préciser). Mais je revendique quand même, comme éthique personnelle, de tendre vers un comportement social le plus rationnel possible, ce qui est un idéal comme un autre …

      La terreur par rapport à l’absence de contrôle … comme le dit Rémi il faut peut-être aller voir du côté du Dalaï Lama. Mais en réalité nous le savons tous, que nous ne contrôlons pas grand chose : un proche qui meurt subitement, qui a eu un accident de la route, ce genre de chose … ultime absence de contrôle. Donc on fait avec, semblant de ne pas voir, et personnellement je pense que l’ « instinct de vie » est tellement puissant que ce n’est pas si difficile que ça, croyances ou pas …

      Bon ben voilà, je voulais écrire un post et puis je t’ai répondu ☺

      • Renaud dit :

        Cool, voilà une bien belle réponse !

        Je suis un peu sceptique à propos de Mitteldorf. Ses idées sont intéressantes, souvent très intéressantes même, mais le domaine est tellement complexe et il y a tellement d’explications possibles au vieillissement ! Par ailleurs, je pense que notre organisme dispose de bien plus que le raccourcissement des télomères pour juger du temps qui passe… c’est peut-être le mécanisme dominant au niveau cellulaire, mais au niveau de l’organisme c’est bien plus complexe.

        Le mécanisme de vieillissement, de « mort semi-programmée » est une composante du mécanisme de l’évolution, car une population immortelle (à reproduction sexuée) ne peut rapidement plus évoluer du tout ! Je ne sais pas si on peut dire que le vieillissement a une FINALITÉ évolutionniste, mais sans lui il n’y a plus d’évolution possible.

        Le débat sur les objets mathématiques comme invention ou comme découverte m’a passionné il y a des années de ça… difficile de trancher objectivement, mais ça peut alimenter des discussions interminables !

        Tu dis « Si il n’y a plus de rationnel il n’y a plus de libre arbitre et c’est le bordel ». Pour toi le « rationnel » est un fondement du libre arbitre ?

      • Martin dit :

        @ Renaud
        Si le vieillissement n’existait pas, les populations (animal au sens large) ne seraient pas pour autant immortelles. Ce n’est que très récemment (à l’échelle de la vie sur terre), que les vivants peuvent souvent (pour les humains et les animaux domestiques) mourir de vieillesse. Prédations, accidents, famines, maladies feraient le « boulot ».
        Ceux qui se reproduisent sont ceux qui par chance ou par habilité (intellectuelle ou génétique) passent à travers les mailles du filet.
        J’ai un peu de mal a imaginer que le vieillissement fasse partie de l’évolution. J’ai l’impression qu’il est une donnée logique mais purement co-latérale, et presque fortuite, à cette évolution.
        L’évolution n’est finalement que le fruit de multiples hasards, il n’y a pas de desseins, de buts, ou de « choses bien faites », tout simplement parce que si telle évolution ne fonctionne pas au moment ou elle apparait, les individus la représentant disparaissent tout simplement.
        Tant que le fait de vieillir ne compromets pas la survie des individus se reproduisant, je me demande si se vieillissement ne pourrait pas être repoussé encore et encore tout à fait naturellement ?
        Mais c’est sans doute de l’ordre de la rêverie 🙂

      • paleophil dit :

        L’article que Renaud a mis en lien donne une explication possible. Ce qui est sur c’est que l’immense majorité des être vivants vieillissent, donc si c’est un mécanisme « fortuit », il date de fort longtemps. et qu’il est probable qu’il serve à quelque chose.

        Et il faudra qu’on reparle de ton alimentation et de ton mode d’exercice, qui me sidère totalement. Peut-être par PM. Bon en attendant j’ai mangé mon premier coeur de poulet aujourd’hui. Cuit :-).

      • Renaud dit :

        @Martin: je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait que l’absence de vieillissement ne signifie pas immortalité; Je tenais surtout à mettre cette idée sur le tapis car elle semble un peu trop vite évacuée (non discutée) par Mitteldorf.

        Le fait est que de nombreux mécanismes sont en jeu, et qu’on ne sait pas vraiment le fin mot de l’histoire, ni pour les causes/mécanismes du vieillissement, ni pour l’importance de son rôle dans le processus de sélection et de brassage des gènes (donc de l’évolution).

        Cette lecture n’éclaire pas tout, mais se révèle toutefois fort intéressante : http://rms.medhyg.ch/numero-210-page-1481.htm

      • paleophil dit :

        Excellent l’article, merci pour le lien. Mais où va tu pêcher tout ça ???

  6. nfkb (@nfkb) dit :

    moi je dis que t’es à deux doigts de lire d’autre livre sur le bouddhisme et d’accrocher le wagon 😉

    cheers !

    PS je me faisais la même réflexion que Mathieu en allant au boulot en courant (ou en patinant je ne sais plus bien…) tu cours un peu au Brésil ? période de coupure ? et sur ce thème je pense qu’il y a mieux à faire que la Saintélyon pour se lancer dans le trail, en tout cas moi ça ne m’a pas plu. Plus court et plus de dénivelé, en journée, serait plus dans la logique de la découverte de trail… en tout cas moi j’ai fini de fantasmer sur ces grandes courses natures populaires et/ou mythiques, la populace est désagréable, tout le contraire des gros marathons où le flot te porte

    • paleophil dit :

      Quel wagon ? Je suis en train de finir celui que tu m’as conseillé. Suis un peu mi figue mi raisin. Mais ça reste intéressant, à part la réincarnation avec laquelle j’ai quand même un peu de mal !
      Je cours un peu (je ne peux pas ne pas courir, en fait …) mais j’ai fait mon erreur classique de début de vacances : un fractionne à fond la caisse sur du macadam, puis un concours d’apnée avec mes gamins dans la piscine des grands parents : du coup mes deux tendons d’Achille font carrément la gueule, et je me suis fait une contracture dans un des muscles du cou en tirant les derniers mètres dans la piscine qui me laisse dans un état semi migraineux. Et mes dernières lectures sur les chiropracteurs me donnent surtout pas envie d’y aller 🙂
      Bref je suis un peu en vrac mais je cours doucement avec ma femme tous les matins et je marche beaucoup aussi. Mais pour les sprints à 16 à l’heure on va attendre un peu. C’est fou ce que ça me manque d’ailleurs, et comme je trouve pénible d’avoir des douleurs qui empêchent le mouvement …
      PS : je pensais que tu allais plus réagir sur la dimension « médicale » de mon post. Mais tu as sans doute eu peur du système de commentaires de WP 🙂

      • Martin dit :

        Un mot de plus sur le jus de citron. Si jamais tu veux essayer, il y a deux règles à respecter, surtout si tu le dilues peu :
        – jamais sur un estomac vide (sinon celui-ci risque de protester violemment, de l’eau préalablement avalé peut suffire) ;
        – toujours se rincer les dents à l’eau claire une fois avalé, et ne pas se les brosser tout de suite après (pour préserver leur émail).

      • Renaud dit :

        Le bouddhisme est super vaste… il y a vraiment une déclinaison pour chaque mode de fonctionnement ! Des écoles « populaires » quasi animistes au « summum » du Dzogchen, il y en a pour chaque niveau de maturité intellectuelle et conceptuelle. En cela la « religion » bouddhiste est très pragmatique et peut offrir un support à chacun.

        Rien qu’en restant dans UN bouddhisme tel que le Zen, tu as des différences importantes (mais au fond superficielles) entre les enseignements des divers courants. Par exemple, le courant Rinzaï a recours aux fameux Koans comme outils d’éveil alors que l’école Sôtô les ignore quasi totalement.

        Un très beau texte, très inspirant, pas forcément simple à comprendre… mais comprendre n’est pas le but 😉
        Il figure en bonne place dans mes favoris : http://www.bouddha.ch/shinjinmei.htm (ou pour une traduction différente : http://www.zen-azi.org/node/276)

      • Renaud dit :

        Le bouddhisme est super vaste… il y a vraiment une déclinaison pour chaque mode de fonctionnement ! Des écoles « populaires » quasi animistes au « summum » du Dzogchen, il y en a pour chaque niveau de maturité intellectuelle et conceptuelle. En cela la « religion » bouddhiste est très pragmatique et peut offrir un support à chacun.

        Rien qu’en restant dans UN bouddhisme tel que le Zen, tu as des différences importantes (mais au fond superficielles) entre les enseignements des divers courants. Par exemple, le courant Rinzaï a recours aux fameux Koans comme outils d’éveil alors que l’école Sôtô les ignore quasi totalement.

        Un très beau texte, très inspirant, pas forcément simple à comprendre… mais comprendre n’est pas le but 😉
        Il figure en bonne place dans mes favoris : http://www.bouddha.ch/shinjinmei.htm (ou pour une traduction différente : http://www.zen-azi.org/node/276)

      • nfkb (@nfkb) dit :

        Yo

        I’m back dans les bacs.
        Lorsque je disais accrocher le wagon, je parlais de la philosophie bouddhiste. Les bouddhistes sont très attachés à l’interdépendance de tout. Pour moi cette idée est fortement associée au fait de devoir abandonner l’idée de tout comprendre. Trop de paramètres s’influencent les uns les autres pour pouvoir espérer maîtriser quelque chose.

        Je vois que tu es toujours aussi enthousiaste sur ton engagement physique ça fait plaisir 🙂

        Pour la dimension « médicale » du post, je n’ai pas grand chose à dire. Quand même ça
        – l’homéopathie, je m’en fiche. Si quelqu’un veut se soigner avec, ça m’indiffère, chacun est libre. Seulement, s’il me consulte pour une pathologie sévère, j’insisterai pour qu’il réfléchisse au fait de suivre ma stratégie allopathique. Quant au bla-bla dans les conversations d’apéros, je n’embraye pas sur ce sujet.
        – les RCT c’est bien mais c’est difficile. Certains pensent que c’est la meilleure innovation médicale du siècle. Les pièges sont nombreux aujourd’hui : business, falsification, statistiques alambiquées, communication habile pour « manipuler » les résultats (cf grangeblanche.com et son analyse de certains essais cardios)
        – les méta-analyses sont assez sujettes au tour de passe-passe, donc finalement je les regarde avec de plus en plus de méfiance
        – je rébondis brièvement sur l’anesthésie pour une TH. L’anesthésie est l’un des rares trucs que je connaisse qui fonctionne toujours. On ne sait pas très bien comment ça fonctionne mais tout le monde fait dodo avec nos produits. C’est dingue non ?

        Sinon je ne comprends toujours pas cet intérêt pour les propos de Mittletruc que je je trouve bizarroïde. Je ne comprends pas non plus trop cette mode du jus de citron.

        Et je veux bien des explications sur « La théorie de l’esprit, quand elle rentre dans des hauts niveaux de récursivité, permet d’expliquer n’importe quoi et son contraire, mais ça fera l’objet d’un autre post, ça m’intéresse de plus en plus. » Parce que je ne comprends pas ce propos.

      • Martin dit :

         » Je ne comprends pas non plus trop cette mode du jus de citron.  »
        Bin, si j’aime ça tout simplement et que c’est sain (à priori), ou est le problème ? je ne savais même pas qu’il existait une « mode » du jus de citron, à part peut-être dans les blogs pseudo-médicaux dont l’intérêt ne dépasse guère le temps qu’il faut pour en fermer la page avec répulsion.

      • Renaud dit :

        [REPOST] Le bouddhisme est super vaste… il y a vraiment une déclinaison pour chaque mode de fonctionnement ! Des écoles « populaires » quasi animistes au « summum » du Dzogchen, il y en a pour chaque niveau de maturité intellectuelle et conceptuelle. En cela la « religion » bouddhiste est très pragmatique et peut offrir un support à chacun.

        Rien qu’en restant dans UN bouddhisme tel que le Zen, tu as des différences importantes (mais au fond superficielles) entre les enseignements des divers courants. Par exemple, le courant Rinzaï a recours aux fameux Koans comme outils d’éveil alors que l’école Sôtô les ignore quasi totalement.

        Un très beau texte, très inspirant, pas forcément simple à comprendre… mais comprendre n’est pas le but 😉
        Il figure en bonne place dans mes favoris : http://www.bouddha.ch/shinjinmei.htm

  7. Renaud dit :

    Le bouddhisme est super vaste… il y a vraiment une déclinaison pour chaque mode de fonctionnement ! Des écoles « populaires » quasi animistes au « summum » du Dzogchen, il y en a pour chaque niveau de maturité intellectuelle et conceptuelle. En cela la « religion » bouddhiste est très pragmatique et peut offrir un support à chacun.

    Rien qu’en restant dans UN bouddhisme tel que le Zen, tu as des différences importantes (mais au fond superficielles) entre les enseignements des divers courants. Par exemple, le courant Rinzaï a recours aux fameux Koans comme outils d’éveil alors que l’école Sôtô les ignore quasi totalement.

    Un très beau texte, très inspirant, pas forcément simple à comprendre… mais comprendre n’est pas le but 😉
    Il figure en bonne place dans mes favoris : http://www.bouddha.ch/shinjinmei.htm (ou pour une traduction différente : http://www.zen-azi.org/node/276)

  8. paleophil dit :

    Ben Nfkb je te trouve un peu mou de la rotule 🙂 .
    Est-ce la froidure actuelle en Europe ?

    Bon ceci dit je m’enflamme tel le Monsieur Jourdain sur des thématiques qui sont archi rebattues dans le milieu médical donc mon aspect candide est peut-être un peu casse-couilles. Donc je ne vais pas relancer la machine sur l’homéopathie. Il y a 3000 commentaires sur le sujet sur l’excellent post qu’a relayé Mathieu. Deux choses m’intéressent : une problématique sociale de santé publique (qu’est-ce qu’on rembourse et selon quels critères – sachant que tous les systèmes de santé modernes sont plus ou moins au bord du gouffre). Je n’ai pas plus envie de payer pour des délires médicaux que le denier du culte. Et une question plus sur le fonctionnement de l’esprit humain, le rôle de la croyance, l’invention de la science et de la rationalité, qui me paraissent de plus en plus importants, et comment je m’inscris là dedans.

    Josh Mittledorf, moi ça m’intrigue parce que je suis de plus en plus vieux 🙂 (comme toi) mais à une période de ma vie où ça se voit plus … et donc où ça pose plus la question de « quoi faire pour éviter trop de dégâts » sachant que j’ai des potes de mon âge qui ont déjà un pied dans la tombe et que mon père m’a répété à l’envi « la vieillesse est un naufrage », même si il a aujourd’hui 80 balais et est relativement encore en forme. Et en tant qu’informaticien je suis très sensible à l’idée de « programme », au fait que nous sommes une masse d’information régie par un programme certes complexe mais programme quand même, et qu’un programme, ça réagit aux données qu’on lui fournit et qui si on change les données, le programme change ses résultats. D’où les fantasmes sur le bio-hacking et tout le bordel. Un modèle quand même plus intéressant que la voiture qui rouille et les tuyaux qui se remplissent de caca et finissent par se boucher.

    Les explications sur la théorie de l’esprit, ça viendra mais je ne suis pas encore très clair sur le sujet. En gros, c’est l’idée que nous passons le plus clair de notre temps à imaginer ce qui se passe dans la tête des autres, et à y projeter ce qui se passe dans la notre, et à nous comporter vis à vis des autres en anticipant la réaction qu’ils vont avoir en fonction de ce que nous pensons qu’il va se passer dans leur tête par rapport à la manière dont nous agissons vis à vis d’eux. Avec des niveaux de récursivité (mensonge, crainte du mensonge, etc. ) qui rendent le truc très compliqué. Je viens de vivre des moments assez pénibles au travail avec un collègue très manipulateur qui croyait qu’on le manipulait même quand on lui disait la vérité et refusait d’admettre qu’il était lui même en train de vouloir manipuler tout le monde. D’où mon intérêt subit pour le sujet, que je trouve fertile au delà de mes soucis professionnels 🙂

    C’est quoi une TH ?

    Moi aussi j’aime le jus de citron. Surtout avec du rhum et du sucre et des glaçons 🙂

    Une alternative au Dalai Lama : Sam Harris. http://www.samharris.org/waking-up
    Il y a aussi André Compte Sponville. http://www.amazon.fr/Lesprit-lath%C3%A9isme-Introduction-spiritualit%C3%A9-sans/dp/2226172734

    Et excellente année 2015 à toi 🙂

    • Renaud dit :

      Excellent Sam Harris, et Compte-Sponville est pas mal aussi 😉
      Du moins le peu que j’ai lu.

    • nfkb (@nfkb) dit :

      J’ai écrit « mode du jus de citron » car je vois cette pratique fleurir à droite à gauche. Après j’aime ça aussi, je trouve juste les discours sur les toxines, le foie et cie complètement bullshit.

      TH=transplantation hépatique

      Ok pour la théorie de l’esprit. Ton collègue a une personnalité paranoïaque. #diag

      enjoy your holidays dude !

      PS je suis mou de la rotule mais je me tape plein de gardes (‘core ce soir) parce que c’est toujours comme ça pendant les vacances scolaires… (et puis si mon genou est mou mes tendons d’Achille vont bien gniakr gniark gniark)

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