Familles recomposées et éducation …

Pour reprendre langue avec le blog je vais aborder un sujet qui n’a rien à voir avec mes préoccupations habituelles, mais auquel je vais appliquer un traitement vaguement paléo.

Il s’agit de l’éducation des enfants.

Et en particulier dans les familles recomposées.

Pourquoi m’intéresser à ça ? Pour plein de raisons.

D’abord, ça a occupé une bonne partie de mon temps libres des 20 dernières années. Ensuite, lors de discussions avec des amis ces derniers temps j’ai régulièrement mesuré la complexité du sujet et son … explosivité : sans doute un des domaines où c’est le plus facile de se foutre sur la gueule et de monter dans les tours plus vite qu’en écrasant l’accélérateur au volant d’un V8. Et pourtant : ça ne sert à rien, à part mettre des coups de boutoir dans la relation de couple, alors qu’on peut en tirer quelques leçons générales sur la vie, l’amour, la tolérance.

Par où commencer ?

L’enfant précieux et la responsabilité parentale

Les enfants sont devenus super importants pour les parents. Il y a quelques dizaines de milliers d’années, ou quelques centaines, il était normal d’en perdre une grande partie et si le tiers survivait c’était suffisant pour assurer le renouvellement de la tribu ou l’aide pour les vieux jours.

Aujourd’hui on en a peu, deux en moyenne, on veut qu’ils soient parfaits, et on est persuadés qu’en tant que parents nous avons un rôle déterminant dans leur devenir.

Les enfants sont certes fondamentaux pour … la survie de l’espèce, mais le gène égoïste vient nous jouer des tours et parfois détourner notre cortex de ses fonctions principales !

Les parents modèlent l’enfant… ou pas ?

Croyance classique : il y des bonnes et des mauvaises stratégies éducatives, universelles. Si on fait ce qu’il faut, il/elle sera polytechnicien / champion sportif / capitaine d’industrie / insérer ici votre propre fantasme/ en général quelque chose que vous auriez voulu faire ou que vos parents auraient voulu que vous fassiez. Et sinon peintre en bâtiment (menace préférée de ma mère, allez savoir pourquoi), drogué, SDF, etc.

L’éducation est un processus frustrant pour l’éduqué, puisqu’elle comprend toujours un certain niveau de contrainte. Nous avons donc tous « souffert » de notre éducation. Plus ou moins, bien sur. Un père alcoolique qui bat sa femme devant les enfants est plus traumatisant qu’un instituteur qui traite ses enfants comme des bêtes de foire en leur bourrant le crane pour les exhiber lors du repas avec les cousins cousines du dimanche. Mais la frustration / douleur perçue est toujours subjective et pas liée à la réalité. Il n’est pas rare d’avoir des souvenirs « traumatisants » et quand on en parle avec les parents ils n’en ont aucun souvenir. Expérience vécue en tant qu’enfant et parent, et je ne pense pas faire exception à la règle.

90% des amis avec qui je discute disent avoir essayé de faire mieux/ différemment pour éduquer leurs enfants que leurs propres parents avec eux.

Le « différent » est souvent un contre-pied. On m’a dit que c’était mal de gagner de l’argent, j’ai mis 30 ans à réaliser que c’était une connerie, la première chose que je vais faire c’est expliquer à mes enfants qu’il faut gagner de l’argent … au risque de leur donner envie de faire le contraire, par goût de la contradiction, recherche d’un territoire personnel ou peur de ne pas y arriver.

En fait on ne sait jamais comment le stimulus « conscient » va influencer la construction psychique de l’enfant.

Mon fils j’ai un conseil à te donner, il faut que tu gagnes de l’argent pour pouvoir nourrir ta famille dans les meilleures conditions possibles …

Papa, j’y arriverai jamais. Ca m’intéresse pas et en plus, je ne ferai jamais aussi bien que toi (alors je préfère éviter de me confronter à cet échec potentiel)

Boris Cyrulnik, dans un livre dont j’ai oublié le titre explique que l’environnement interagit massivement avec la chimie interne du sujet. Un enfant sera plus ou moins intrépide en fonction de la quantité de sérotonine qu’il fabrique. (note: cette théorie précise est contestée ici) L’enfant intrépide doit être invité à la prudence. Le peureux doit être poussé à sortir un peu de sa zone de confort. Mais nous n’avons en général pas le recul pour adapter notre attitude, et d’ailleurs on essaye souvent d’élever toute la fratrie de la même manière, par souci d’équité.

Autre exemple : un enfant a une confiance en lui ou une intelligence supérieure à la moyenne. On peut tout à fait imaginer que c’est chimique à la base, si vous ne me croyez pas voyez les effets de l’alcool et de la cocaïne sur les gens … Il va s’endormir sur ses lauriers si on le complimente souvent : tout trouver facile et ne jamais rien creuser, et un jour se prendre un gros râteau. Il faudrait le challenger. Celui qui manque de confiance aura au contraire besoin d’être rassuré. Et si vous avez les deux exemplaires à la maison, vous êtes mal (c’est pas juste !!!)

Moralité : comme on ne sait pas vraiment ce que notre attitude de parent induit, ce n’est pas la peine de se prendre la tête. Un amour sincère, de l’écoute, de l’attention bienveillante sans se faire piétiner et des limites, et roulez petit bolide. Les théories éducatives, c’est comme la diététique, les modes changent tous les 20 ans et pourtant la société progresse, alors ça ne doit pas être si grave.

Protéger ou laisser la vie donner des leçons ?

Une autre difficulté est que notre instinct de parent est de tout faire pour protéger nos enfants, notamment des rudesses de la vie. Instinct normal dans un environnement plein de dangers avec un petit d’une immense fragilité. Le petit d’homme est le primate le plus longtemps dépendant des parents, une des raisons plausible pour avoir tendance à accumuler plus de gras que les chimpanzés. Instinct dysfonctionnel dans un environnement hyper-protégé. Mais c’est difficile de mettre ses enfants délibérément hors de leur zone de confort juste pour les endurcir. On peut y arriver en partie avec le sport, mais ça n’a rien à voir avec le niveau de difficulté rencontré dans la vie des chasseurs cueilleurs et/ou les rites de passage dans les tribus primitives, où il y a des réels enjeux de vie ou de mort.

Actuellement aux US les parents peuvent aller en prison si ils laissent leurs enfants jouer dehors sans surveillance, par crainte de violeurs et autres kidnappeurs, dont la probabilité est infime mais le danger perçu élevé, à cause de la télévision. Du coup les gamins vivent en vase clos, ne grimpent plus aux arbres et ne se filent plus des avoinées.

Ce qui est sur c’est que beaucoup de « grands hommes » ont eu des enfances à chier, et que ça leur a donné une niaque d’enfer. Par exemple Elon Musk, mais on peut aussi citer Steve Jobs ou Larry Ellison …

Et le conjoint dans tout ça ?

Là ou ça se corse, comme dirait Napoléon Bonaparte (oui je sais elle est archi nulle) c’est qu’en général on est deux pour élever des enfants et … pas d’accord sur ce qu’il faut faire. Et si un des deux n’est pas le parent biologique, ça amplifie le problème. Et le gène égoïste montre ses allèles peu amènes.

Le choc des systèmes de croyance

Le parent biologique revendique toujours la maitrise de l’éducation « in fine », ce qui est assez logique. Mais quand le compagnon ou la compagne, en toute bonne foi, explique «c’est complètement con ce que tu fais avec ton fils/ta fille, je te préviens j’irais pas avec toi lui amener des oranges en prison » ça dérape assez vite.

Le parent fait ce qu’il peut et ce qu’il pense être juste compte tenu de son système de croyances et sa propre histoire personnelle d’enfant.

Chaque protagoniste a son propre système de croyances. Ca a un double effet kiss cool : ça crée de la de la tension puisque ce n’est pas « ce qu’il faut faire », et de la dissonance cognitive en prime (qui a raison?)

L’option de sortie rationnelle est le lâcher prise d’un côté ou de l’autre : mais il faut la capacité de chacun de questionner son système de croyance sans se sentir totalement agressé.

En général on n’y arrive pas et ça part en vrille sur :

Retour à l’envoyeur : « Toi de toute façon ce que tu fais avec ton enfant ça vaut pas mieux / insérer vacherie bien sentie sur un défaut de l’enfant et/ou un comportement inadéquat du partenaire vis à vis de sa progéniture »

Tentative de clore le débat : «J’ai pas envie d’entendre ça, ça me saoule, de toute façon c’est des conneries, t’y connais rien», qui va donner envie à l’autre d’enfoncer le clou en se disant que ça va finir par rentrer … et entrainer une escalade.

Qui peut passer par une apparition par la fenêtre de l’ex-conjoint qui partage la garde : «de toute façon ton ex fait n’importe quoi avec ton enfant et tu ne t’en rends même pas compte».

Que ce soit vrai ou faux, c’est une bonne manière d’allumer un autre étage de la fusée, avant de lâcher la charge utile avec «de toute façon ton ex tu ne sais pas lui tenir tête/lui imposer ce que tu penses/tout autre sujet qui montre une soumission suspecte à celui ou celle avec qui on a un jour mélangé son ADN et fabriqué de la vi

Arrivé à ce point dans la discussion le cortex préfrontal est en bypass total, enfin, pas tout à fait … mais pas loin.

L’agressé part panser ses plaies et l’agresseur vient, en toute bonne foi, de raccourcir les télomères de la relation. Et hop, un peu de vie en moins …

Il y a souvent une dissymétrie dans la perception de l’agression :  en fonction du caractère de chacun on va se sentir « libéré » après avoir sorti quelques vacheries bien senties ou au contraire avoir besoin de panser ses plaies pendant quelques heures ou quelques jours.

Comment gérer ça le moins mal possible ?

En évitant de donner des avis non sollicités. Si je me sens en difficulté dans ma relation éducative, je vais demander conseil à mon conjoint, des amis, etc. Si j’ai l’impression de faire ce qu’il faut, je n’ai nulle envie qu’on m’explique qu’il faudrait faire autrement, et ça va m’énerver très vite.

Il faut comprenant que tout cela, ce ne sont que des croyances, de l’égo, et que l’avis divergent a avant tout pour but de rassurer celui qui l’émet. Qui donc n’est pas si sur que ça de son coup …

Si possible recentrer sur l’impact sur soi, plutôt qu’une critique frontale. Passer de «c’est nul que tu laisses ta fille faire ça» à «ça me dérange que ta fille me pique mes fringues sans me demander mon avis, parce que c’est mes fringues, pas un libre-service»

Et si l’avis non sollicité arrive, essayer de le prendre avec bienveillance et pas comme une agression … même si c’en est une !

Il faut accepter que l’autre soit différent, ne fonctionne pas pareil. Nous avons la tendance totalement instinctive de projeter notre propre fonctionnement mental dans tout ce qui nous entoure, c’est pour ça que plein d’humains ont des amis imaginaires. C’est très difficile à identifier, parce que câblé profondément – et a été très utile à notre survie en tant qu’espèce. C’est un des fondements de l’empathie. Il m’a fallu avoir un enfant handicapé pour me rendre à l’évidence …

La vraie preuve d’amour est d’accepter la différence de l’autre. Pour vaguement paraphraser Voltaire «Je trouve que ce que tu fais/pense est complètement con, mais comme je t’aime/te respecte, je vais te laisser faire, tu as sans doute une bonne raison de te comporter de la sorte, même si je ne la comprends pas». Force plus !

Derrière tout cela je ne serais pas surpris qu’il y ait un soupçon de compétition intersexuelle – cet enfant, tu l’as fait avec une autre femme/homme, il a ses gènes, pas les miens. Il y a parfois des jalousies bizarres: «pourquoi tu t’occupes de ton enfant et pas de moi» souvent entendu … qui m’y font penser. Et si vous trouvez que c’est un peu tiré par les cheveux, de toute façon cet enfant rappelle en permanence qu’il y a eu un autre partenaire avant – il pourrait bien en avoir un autre après moi, qui sait ? Ou l’ancien partenaire pourrait revenir ?

Crainte irrationnelle, mais je viens de regarder dans l’avion une comédie avec Mark Wahlberg qui illustre ça de manière caricaturale : le géniteur des enfants revient chez son ex et fait péter la relation des enfants avec le nouveau compagnon qui s’escrime depuis des années à être « comme un vrai père ». Comme c’est une comédie US ça se termine bien et à la fin tout le monde est pote, mais cette partie n’est pas très réaliste !

Il ne faut jamais chercher à remplacer le parent biologique. Trouver une place « a côté » sans se sentir rejeté ou dépossédé. Et accepter que les enfants du partenaire ne soient pas forcément très avenants. On rappelle toujours la rupture d’un monde idéal perdu où papa et maman s’aimaient d’amour tendre et qui s’est barré en sucette un jour …

Donner ne pas trop attendre de retour – une approche assez zen, en fait.

Conclusion

Et quand ça chie vraiment – se rappeler les priorités : élever les enfants du partenaire de la manière qu’on croit la meilleure, ou aimer le partenaire comme il est, avec ses propres défaillances éducatives … plus ou moins imaginaires ?

Disclaimer

Toute ressemblance avec des personnes existantes est absolument fortuite 🙂

Je précise en passant que tout va bien avec mes enfants et ceux de mon épouse, au cas où vous auriez un doute, mais on a pas tout trouvé du premier coup 🙂

Cet article, publié dans Psychologie evolutionniste, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

7 commentaires pour Familles recomposées et éducation …

  1. Mathieu dit :

    Content de te relire ! Même si le sujet me concerne pas directement (pas d’enfants et pas demain la veille), il est traité de façon intéressante et je me retrouve dans certains points.

    Je suis d’accord sur le fait que nous n’étions pas autant protégés/cajolés que les jeunes d’aujourd’hui (et pourtant je ne suis pas de la même génération que toi – 34 ans), ce qui ne m’a pas empêché de pas trop mal finir (je crois).
    A un moment on a tous fait des erreurs, des conneries, déçu nos parents ou été en grand conflit avec eux, cela est inévitable. Ce qui est important, c’est qu’avec la maturité et le passage à l’âge adulte, on apprenne de ces moments difficiles et retrouve une bonne cohésion familiale. Ceci n’est possible qu’avec un environnement familiale sain, que les parents auront mis en place et suivi depuis le début.

    C’est en tout cas le cas dans lequel je me trouve. J’ai fait passer de sales moments à mes parents, pourtant aujourd’hui je m’entends à merveille avec eux et adore passer du temps / discuter / débattre avec eux. Presque encore plus qu’avec les potes…

    J’ai aussi apprécié l’aspect conjoint « de remplacement », c’est à dire quand les enfants proviennent d’une relation précédente. C’est le cas dans ma famille, où la nouvelle amie tente d’inculquer sa propre façon de faire en contradiction avec la mère biologique, qui forcément fait tout faux… Ce qui résulte d’une ambiance délétère et d’un climat malsain pour les enfants, qui semblent un peu perdus là au milieu et pas vraiment heureux… Alors qu’on pourrait penser que ces trois personnes soient adultes, réfléchis, et pensent plutôt au bien être des enfants plutôt qu’à chercher constamment le conflit… Plus que l’éducation (qui a été identique à la mienne pour l’un d’entre eux), c’est une philosophie de vie qui est là bien différente…A l’opposé de la mienne.
    Celle-ci est probablement aussi influencée par les amis/relations dans la jeunesse… Les parents ne font pas tout.

    Bref pas facile l’éducation, content de ne pas être concerné pour le moment 🙂

    Au plaisir de continuer à te lire. La prochaine fois j’espère quand même que cela concernera de nouveau tes expérimentations sportives, physiologiques ou nutritionnelle 🙂

  2. paleophil dit :

    Ha merci ! Oui là c’était un essai … j’ai quelques trucs en réserve, notamment le compte rendu de mon stage de survie avec le CEETS qui pour le coup est bien plus dans la ligne éditoriale du blog. Et une polémique potentielle le le low-carb/HCLF intéressante avec des résultats d’expérimentations qui pourraient contredire mes propres croyances. Ca va être compliqué ça 🙂

  3. paleophil dit :

    dans la foulée du post, un article de recherche qui corrobore ce que je raconte :
    https://theconversation.com/pour-etre-un-bon-parent-il-ny-a-pas-de-recette-unique-57935

  4. nfkb (@nfkb) dit :

    Je profite que tu entrouvres la porte pour jeter quelques cailloux sur les propos à-la-Dolto et/ou les délires de psychanalystes qui ont bien pollué notre façon de voir les choses avec leurs memes.

  5. Anais dit :

    Merci pour le lien, je n’ai regardé que le début du film.
    Il me semble étrange d’attribuer les causes de l’autisme à des problèmes d’ordre psychanalytique, je pensais que les choses avaient évolué à ce sujet. Je n’ai aucune certitude mais il y a forcément des facteurs autres que la relation mère/enfant, soyons sérieux… J’ai bien ma petite idée la-dessus mais ça n’est qu’une supposition regroupant de multiples facteurs intriqués, peut-être on en discutera un jour!
    Pour ce qui est du gourou Lacan et de la psychanalyse en général, je ne partage pas votre point de vue (même si je n’adule absolument pas Lacan, je pense même qu’il est très critiquable, je m’en fous un peu en fait je crois!). Je n’ai aucune théorie la-dessus, juste du vécu; la psychanalyse a changé ma vie pour ne pas dire m’a sauvé la vie! Pour moi, cela ne repose pas sur de la science, au sens où l’on ne pourra jamais véritablement expliquer l’inconscient. Quand on fait une psychanalyse, il faut accepter justement cette part de mystère, de perte de contrôle. Ce qui se passe sur le divan d’un psychanalyste, on ne peut pas l’expliquer, juste le vivre (ou pas). Je pense que seules les personnes en souffrance psychique intense ont une raison de se lancer dans une aventure pareille car c’est un sacré pari et parmi toutes celles qui la tenteront, une partie au moins n’arrivera pas au bout ou n’y arrivera jamais. C’est en ça ou à mon sens, c’est un sacré pari et un pari qui coûte cher!
    Mais quand on a tenté un travail analytique et qu’on a réussi, c’est une sacrée victoire!
    Par contre, je ne cherche plus à convaincre personne, je comprend totalement qu’on puisse être sceptique. Il faut le vivre pour pouvoir en parler, comme l’accouchement peut-être!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s