Tutti Frutti de Juillet

Comme j’ai envie d’écrire des tas de choses et que je n’ai décidément pas le temps, je vais vous faire un post à la mode Rémi : tutti frutti en quelques paragraphe. Exercice inédit pour moi qui qui aie une certaine tendance au post boursouflé 🙂 On va voir si j’y arrive !

Achille mon ennemi

Après une semaine géniale en Italie (le lac de Côme, fabuleux) pendant laquelle je n’ai pas voulu écouter une douleur croissante du tendon d’Achille gauche, une séance de 5 fois 1000 qui devait être une « consécration » du plan d’entrainement et de l’augmentation de mes performances s’est arrêtée brusquement pour cause de douleur insupportable. 4 séances de cryo espacées de 48 heures n’ayant rien changé et étant un gros branleur quand il s’agit de faire du Stanish ou de prendre rendez vous avec un kiné pour faire des ondes de choc, je me suis mis à faire plus de vélo. Je me suis retrouvé à faire des tours de Longchamps, j’ai vachement aimé et comme j’en ai vite eu marre de faire ça avec un VTT, je me suis acheté la semaine dernière un vélo de route.

Cryo or not cryo ?

J’ai été assez déçu par l’inefficacité totale de la cryo sur ma tendinite. En plus à peu près en même temps Renaud a posté un article qui montrait l’effet contre productif de l’immersion dans l’eau froide pour les blessures. Je ne sais pas si il faut dire que ça m’a refroidi ou que chat échaudé craint l’eau froide ?

Véli vélo

Alors la route c’est un autre monde évidemment. Passé l’impression d’être un pingouin lors du premier clic des pédales, la douleur énorme au genou gauche après les premiers 40 bornes (et un 5 :45 au tour à Longchamps :-)), tout se met en ordre. 130 bornes dans le WE, même pas mal. Beaucoup de plaisir à me tirer la bourre avec les autres cyclistes, quelques frayeurs de peloton, et cet espèce de fusion bizarre avec la machine, bien plus qu’avec le VTT (faut dire, j’ai les pieds collés aux pédales, c’est pas rien quand même). Une fois que j’aurai appris à déboucler mes chaussures, on pourra dire que je suis dépucelé et que les histoires sérieuses commencent. En tous cas, un outil génial pour faire de l’endurance sur la durée sans se dézinguer les articulations. Maintenant il y a tout un monde qui s’ouvre, de performance, de calculs divers et avariés, d’outils et de capteurs (pour faire des calculs), d’accessoires. Et d’apprentissage de stratégie (entre sucer la roue et envoyer la purée, si j’ose dire).

On regarde passer … les coureurs

A Longchamps il y a aussi quelques coureurs en ce moment. Le truc frappant quand on les voit à partir d’un vélo (on en croise beaucoup plus qu’en courant, évidemment) c’est que 95% d’entre eux donne l’impression d’être en souffrance physique, avec des postures et des poulaines épouvantables. Entre les chaussures qui raclent les graviers, la bouche grande ouverte genre poisson rejeté sur la plage par une grosse vague, et le dos tout courbé qui va avec la posture ratatinée. On ajoute un casque Beats bien voyant par dessus (et/ou un camelback de 2 litres) et l’image est complète.

On a envie de s’arrêter, de les interviewer et de leur demander pourquoi ils se soumettent à ce que parait une telle torture. Pour maigrir et/ou rester en forme, sans doute. Bon, il vaut mieux faire ses 10.000 pas quoditiens en ayant l’air de souffrir le martyre que de regarder le tour en buvant de le bière et en se bâfrant de chips. Mais si on n’aime pas courir, ce qui est au moins aussi respectable que de croire en des entités imaginaires et toutes puissantes, il y a d’autres manières des bouger son corps pour en récupérer les bénéfices attendus. On peut tout simplement marcher, et si on veut monter dans les tours cardiaques, faire un peu de muscu, de natation, de vélo, ou de MovNat.

Comme pour tous les sports, il y en course à pied a des techniques et un savoir faire pour que l’exercice soit efficace (ce qui est quand même un enjeu fort) sans qu’il vous casse (tiens je fais des alexandrins maintenant). Mais il est vrai qu’on peut le pratiquer (mal) sans aucun apprentissage. Ce qui n’est pas le cas du vélo de route avec pédales automatique, qui est un ticket d’entrée minimal et pas donné à tout le monde.

Bref, j’ai envie de leur dire : « si ça vous fait si mal, faites un autre sport. Et si ça ne vous fait pas mal, apprenez la gestuelle correcte et vous en tirerez plus de plaisir, et essayez de sourire quand vous croisez un cycliste 🙂 »

On regarde passer … les cyclistes

Au niveau vélo c’est aussi très varié. Des papys sur des vélos peugeot vintage comme celui que j’ai eu pour mes 12 ans et qui couinent autant que leurs articulations, des papys sur des vélos de course « sérieux » (j’ai l’impression qu’il y a plus de vieux cyclistes que de vieux coureurs, ce qui est assez logique vu que c’est un sport porté), des femmes, des gros (sport porté encore), des mecs bariolés comme les coureurs, et quelques fixies rutilants… j’ai aussi vu des handisports (chapeau), des skateurs « inline » (franchement ça devrait être interdit à cet endroit vu l’espace qu’ils prennent. Quand il y a un peloton qui déboule en même temps c’est assez flippant), voire même papa et ses enfants avec vélo avec roulettes, ce qui est aussi extrèmement dangereux à mon avis. Et puis, moi j’ai la chance de pouvoir venir à vélo, mais la plupart des coureurs viennent en voiture, et il y a un paquet de mobil-homes côté Pont de Puteaux, cyclistes venant de loin ou juste curieux, comme ce matin, un vieux couple dans des fauteuils pliants qui nous regardent passer. Marrant.

Pro de la pro… crastination

Pourquoi m’est il aussi difficile de faire des choses simples, pas très importantes mais quand même ? Dans ma todo list il y a diverses activités médicales ou paramédicales (aller voir le podologue pour me débarrasser des habitants involontaires des mes ongles des pieds, chez le kiné pour faire des ondes de choc, chez l’oncologue pour faire un bilan, etc.), légales (refaire ma carte d’identité et mon permis de conduire, changer de banque, …) et tout cela est toujours remis aux calendes grecques. J’en suis à me dire qu’il faut que je prenne une semaine de vacances pour que je m’occupe de tout ça. Pour autant j’ai des priorités que je gère, familiales et professionnelles et personnelles. Peut être l’impression que j’ai toujours des trucs super-importants à faire au bureau me fait procrastiner ? Je n’en sais rien. C’est grave docteur ?

Confiance, interprétation et théorie de l’esprit

Certaines avanies récentes dans mon environnement me font réaliser à quel point la confiance est importante dans les relations entre humains, que ce soit dans le couple, la famille ou au travail. J’ai pas mal gambergé sur le sujet récemment, et ça mériterait un post complet, que dis-je, un roman, mais ça sera pour plus tard. Je peux résumer les choses comme ça :

  • La réalité n’existe pas;
  • Le cerveau humain est une machine à interpréter et à générer du sens;
  • Vu la diversité des cerveaux humains, la probabilité qu’un même événement soit interprété/perçu différemment par les protagonistes de l’événement en question est assez faible ;
  • On se regroupe et se réassemble en fonction d’une lecture commune de l’événement et on pense que celui/ le groupe qui analyse l’événement différemment est con / manipulateur / manipulé;
  • C’est là que la théorie de l’esprit entre en compte et rend tout le monde fou. Il n’est pas d’accord avec moi et argumente. Est-ce qu’il a compris un truc que je n’ai pas compris, ou est-ce qu’il me manipule parce que si je me rends à son analyse de la situation je deviens un de ses alliés, et je renforce sa propre perception de la réalité ?
  • Des divergences répétées et amplifiées d’analyse de faits et d’attitudes amènent au final à la rupture : on n’est d’accord sur rien ! Si il n’est jamais d’accord avec moi alors que je pense avoir raison dans mon analyse de la réalité, c’est que c’est un con ou qu’il m’en veut !

La confiance dans tout ça ? Ben justement elle permet de désamorcer tout ce bordel récursif. Si j’ai confiance dans la personne je part du postulat qu’elle ne me veut pas de mal et donc, si nous ne sommes pas d’accord, ça mérite de se poser et de réduire les divergences, ou à tous le moins de les analyser. Dans l’interaction interindividuelle, il y a toujours le risque de se faire baiser par l’autre. Rappelons que le mensonge est un sous-produit de la conscience et de l’intelligence. (Que celui qui n’a jamais menti lève la main !!!). La base de la manipulation c’est de dire quelque chose à quelqu’un pour produire une réaction chez lui qui ne serait pas celle qu’il aurait si on lui disait la vérité. Si X me dit A, est-ce parce que A est vrai ou parce que X pense que si je crois que A est vrai, il obtiendra quelque chose de moi (respect, obéissance, travail nocturne, trahison) ?  Mais si X sait que je peux faire cette analyse, on monte d’un niveau dans la récursivité. Au lieu de se parler pour résoudre un problème commun, qui est en gros une des fonctions de base de l’interaction sociale, on passe son temps à se demander mutuellement « il me dit ça parce c’est vraiment ce qu’il pense, ou parce qu’il veut que je pense telle ou telle chose ?». Quand les deux interlocuteurs sont dans ce mode là, le dialogue devient totalement improductif, et subséquemment la productivité se barre en sucette à vitesse V. La confiance est un moyen, le seul que je connaisse en fait,  qui permet de faire descendre cette mayonnaise. Et elle permet aussi cette chose intéressante, le respect de l’autre :  si il dit ça, j’ai peut-être un truc à y apprendre parce que mon postulat de départ n’est pas «c’est un con » mais « c’est une personne qui pense différemment de moi»

Si le sujet vous intéresse, j’ai écrit un post assez mahousse sur le sujet de la confiance et de la manipulation en fin d’année dernière, il se trouve ici. C’est pas que je radote, mais presque 🙂 et c’est une question assez récurrente en ce moment dans mon environnement …

Religion et libre arbitre

Ecouté en voiture quelques podcasts de Sam Harris récemment, dont une interview de Jerry A. Coyne, biologiste spécialiste de l’évolution qui vient de sortir un livre appelé «Faith vs. Fact : why science and religion are incompatible», qui a quelques belles reviews de lecteurs sur Amazon ici. Un titre pareil ne peut que me plaire parce que c’est exactement ce que je pense et je me fais régulièrement tôler sur le sujet pour intolérance intolérable :-). Je n’ai pas le temps de faire un compte rendu détaillé mais que vous soyez religieux ou athée ça vous fera réfléchir. Il y aussi un podcast avec une interview de la fille d’un hypra-intégriste catho aux US qui est super intéressant, montrant ce qui se passe de l’intérieur dans un groupe qui prend la bible de manière littérale. Fascinant, et permettant d’approcher ce qui se passe dans l’intégrisme : mélange de terreur et d’exaltation, et preuve, si il le fallait, que si, la religion oriente les comportements des gens, et profondément, même (et surtout) les intégristes. Quand au libre arbitre … j’en parlerai la prochaine fois, c’est encore trop compliqué 🙂

Musique

Vu hier soir « Jersey Boys » l’histoire de « Frank Valli and the 4 seasons », filmé par Clint Eastwood himself, d’après un musical de Broadway écrit par le chanteur et le compositeur du groupe. Incroyable. Une palanquée de chansons dont je ne connaissais que les covers (dont le sublime « too good to be true »). Tout est vrai dans le film et c’est une histoire remarquable. Moi qui croyait que c’est les Beach Boys qui avaient inventé le falsetto qui tue, je fais mon mea culpa. Et grâce à Qobuz et Phantom, j’ai pu écouter tout ça à donf après avoir vu le film. Même si je n’ai pas réussi à faire fonctionner le câble de fibre optique :-). Bon. j’ai quand même fait 1700 mots et passé deux heures. Mais j’ai une excuse, j’ai regardé l’arrivé du Tour de France 🙂 Et je pédale en écrivant 🙂

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9 commentaires pour Tutti Frutti de Juillet

  1. nfkb0 dit :

    tu as (déjà) acheté un HT ?

      • paleophil dit :

        J’ai un elliptique à la maison dans mon garage et j’en ai fait beaucoup quand j’ai repris la course à pied il y a quelques années. Là il prend la poussière. Je suis devenu férocement outdoor. Il y a quelques années j’avais installé une chaine hifi dans mon garage et je pédalais avec frénésie en regardant des vidéos des stones ou en écoutant des podcasts. Ca m’a passé. J’ai peut être tort. Si je suis dans un environnement hostile je vais par contre aller assez naturellement dans une salle de gym et faire du stepper ou du tapis. Toi c’est une une part de ta routine d’entrainement ?

  2. nfkb (@nfkb) dit :

    Salut,

    ça n’est pas vraiment une routine mais j’essaye de me botter le cul pour en faire de temps.
    C’est particulièrement bien pour faire des exercices courts ciblés sur l’intensité.
    Je le sors plus facilement quand je suis coincé pour des histoires d’astreintes ou pour répondre à certaines obligations familiales.
    J’utilise l’application Trainer Road que je trouve très bien.
    Bye

  3. Silber dit :

    Bravo pour s’être mis au vélo de route! Une autre ambiance, et nettement moins traumatisant que la CAP – sauf en cas de chute!

    Ca m’a rappelé mes premières expériences à Longchamp, il y a une dizaine d’années…
    http://silberblog.graphz.fr/longchamp/

    Depuis, j’y vais plus trop, car je trouve ça un peu trop dangereux… j’ai complètement cassé mon vélo dans un crash de peloton la dernière fois que j’y suis allé et le mec devant à l’hosto pour 6 mois. Prudence!

    • paleophil dit :

      je viens de lire ton post, du coup. 2006 – presque 10 ans. Super texte, comme les autres, tu as une capacité lyrique sur la description de l’effort qui est remarquable. C’est vrai que le peloton devient une espèce de monstre multicellulaire – et j’ai déjà les jetons dans un peloton de Juillet, alors en pleine bourre, j’imagine même pas. Et étant sorti depuis deux fois en vallée de Chevreuse, je mesure la différence et ce plaisir de simplement se déplacer – ce qui n’empêche pas de se mettre dans le rouge de temps en temps. Tu continues à faire du vélo de route quand même ?

      • Silber dit :

        Merci pour le commentaire sur Longchamp. Je ne peux plus courir, mais le vélo (et la nat) ça va, je continue, sans esprit de compétition désormais. Et donc le vélo plutôt en Chevreuse qu’à Longchamp – ou en ce moment dans le Gers… Longchamp, c’estt bien pour faire du rythme, apprendre à rouler en peloton, mais c’est pas très bucolique!
        Si tu apprécies la lecture sur le sujet, voilà comment j’avais découvert la Chevreuse (et le cyclisme) il y a une douzaine d’années:
        http://silberblog.graphz.fr/les-tribus-du-cyclisme/

      • paleophil dit :

        Je viens de passer un peu de temsp à regarder (c’est bien de ne pas déjeuner, ça laisse du temps pour faire autre chose). Désolé de voir que tu ne peux plus courir (ça ne se soigne pas l’arthrose de hanches ?) et confirmation d’une pensée personnelle qui est que si un jour je ne peux plus courir je ferai effectivement du vélo et de la natation. Et moi qui me prenait pour un geek, les calculs de résistance du vent m’ont remis à ma place. A un de ces jours en vallée de chevreuse 🙂

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