Réveries coursapiesques

Introduction intellectuelle (mais ça ne va pas durer)

Une des questions métaphysiques souvent posées, et un argument pour l’existence de dieu, est la complexité croissante des êtres vivants, avec homo sapiens au sommet de la pyramide. C’est sur que quand ouvre un bouquin de biochimie (merci nkbf0) et qu’on regarde comment fonctionne le métabolisme humain, la complexité du système laisse rêveur, enfin, songeur.

Molécule de carbone, mon amour :-)

Molécule de carbone, mon amour 🙂

Je ne vais pas vous refaire le coup du principe anthropique. En ce qui me concerne cette complexité « empilée » serait plutôt justement une preuve du contraire, la complexité fonctionnant elle même dans un réseau de contraintes biologiques et physiques.  Par exemple, la membrane d’une cellule ne peut pas augmenter de taille indéfiniment pour des raisons physiques (pensez à une bulle de savon), donc au delà d’une certaine taille, il est plus efficace d’avoir plusieurs cellules connectées entre elles qu’une seule grosse cellule. Cet argument peut justifier de l’apparition des êtres multicellulaires, plus efficients et moins consommateurs d’énergie que les colonies unicellulaires, et en plus, comme une société humaine, capables de spécialiser les cellules ensuite.

De toute façon quand on regarde un bouquin de biochimie on voit partout des oxydo-réductions et toute la génération d’énergie du vivant pourrait se résumer à de l’arrachage d’électrons… Tout ça fait de quoi rêvasser quand on est en train de courir (combien d’électrons arrachés dans les mitochondries de mes quadriceps quand je cours à 12 à l’heure ? qui fera le calcul ?) mais ma réflexion initiale sur la complexité était bien plus prosaïque, ou poétique, selon la manière dont on regarde le verre …

In vino veritas

Hier j’étais en train d’acheter du vin et je goûte donc diverses bouteilles … tout est bon, on achète, on goûte, etc. A moment donné le caviste sort une bouteille qui nous interpelle tous. Devant nos visages emplis de questions, il nous dit « ha ben oui, c’est pas la même gamme, celui là est beaucoup plus complexe« . Et la pelote de la complexité se déroule dans ma tête. C’est vrai que nous apprécions les aliments, vin inclus, qui ont une saveur complexe, disons que nous le valorisons plus. La différence entre un picrate à 3 euros et un bon vin à 20 ou 30 va sans aucun doute être la complexité de ses arômes, on reconnait plein de parfums différents etc. La casquette à boulons le lendemain aussi en cas d’abus, mais c’est un autre sujet.

Je me suis dit aussi que dans le registre des instruments de musique c’est la même chose; Les débats sont passionnés à propos de la complexité du son généré par telle ou telle guitare ou ampli ou modeleur (sujet immensément débattu chez les aficionados : est-ce qu’un modeleur, donc un programme, peut rendre compte de la complexité du son généré par un tube à vide, arracheur d’électrons lui aussi …. mais plein de défauts qui font la « beauté » et la « complexité » du son. Ca mériterait un autre blog mais il faut que je vive un peu aussi 🙂 pour les curieux vous pouvez faire axefx vs kemper sur google et vous ballader là dessus pendant des heures. Tout n’est pas passionnant, parce qu’on retrouve une autre caractéristique des humains : moi avoir raison, toi avoir tort, moi casser ta sale gueule si toi croiser mon chemin … hélas)

Je cherche moi-même, quand je joue, à avoir une complexité, une richesse  qui n’a pas à voir avec une quantité d’effets mis sur le son pour le trafiquer, non, une complexité « immanente » si je peux dire, naturelle et quand ça marche c’est une forme d’extase, en tous cas de plaisir sensuel.

Bon cette histoire n’a pas forcément queue ni tête, mais je me disais que peut-être nous apprécions la complexité parce qu’elle stimule plus de zones du cerveau … un espèce de mini synesthésie qui nous fait du bien.

Ontogenèse, phylogenèse … des blessures ?

Quand on a un petit peu de culture générale en biologie, on a entendu la phrase « l’ontogenèse résume la phylogenèse » que personnellement je comprends comme « on repasse par tous les stades du vivant lors de la création d’un individu ». le foetus humain est d’abord unicellulaire, puis similaire à un foetus de poisson, puis de petit mammifère, etc … bref chaque individu vivant est repassé par tous les stades de la vie lors de sa conception (ce qui est quand même assez incroyable quand on se pose et qu’on y pense 2 minutes)/

En courant aujourd’hui, j’ai eu l’impression de sentir toutes mes différentes blessures plus ou moins récentes : petite douleur au tendon d’Achille gauche, réveil de la déchirure aponévrotique à la hanche droite, tension dans le mollet droit, l’une après l’autre, hop, qui se rappellent à mon bon souvenir et puis disparaissent.

Bon je fais le malin là mais évidemment à chaque fois qu’une douleur apparait, comme tous les coureurs j’ai juste peur qu’elle empire et qu’elle devienne insupportable et donc je remercie mon organisme de son immense capacité d’adaptation au stress que je lui inflige (j’ai failli dire que je bénissais quelqu’un et je me suis ressaisi au dernier moment. c’est dingue comme ce truc de remercier un grand autre pour ce qui fonctionne bien est engrainé dans notre cerveau, nom de dieu :-)).

En fait ça n’a pas grand chose à voir avec l’ontogenèse et la phylogenèse, ou alors est-ce qu’une sortie longue est une métaphore de l’existence ?

Et si on courait, un peu ?

Parlant de sortie longue, après un peu d’hésitation, n’ayant pas de piste de 400 sous la main (et préférant nettement crapahuter sur des longues distances que bouffer de la piste tout seul, il faut quand même le dire), je me suis embarqué ce matin pour mon tour classique de 15 bornes quand je vais voir mes parents. j’ai mis des skins sur les mollets histoire de me rassurer un peu (effet placebo, anyone ?) mais je dois dire que j’étais content de ma sortie même si évidemment pour ce qui est de l’endurance, on repassera. à 159 de pulsations moyennes … c’est pas sérieux, mais bon.

Endurance, vraiment ?

Endurance, vraiment ?

Peut-être que je me lamenterai sur ma connerie dans une semaine avec une nouvelle blessure, mais là c’était presque parfait : toujours à plus de 180 foulées par minute, une bonne concentration sur la foulée, la posture etc.

Evidemment avec la fatigue le temps de contact au sol et la cadence diminuent (mais ça monte aussi …) et c’est super intéressant de « sentir » la cadence, parce que sur des variations de quelques % (entre 170 et 180 disons) c’est pas évident à sentir. Mais facile à voir avec le garmin, en supposant que les infos qu’il délivre sont précises….

Keep the beat :-)

Keep the beat 🙂

Bref, je ne me lasse pas de la 620. J’ai pu courir 15 bornes ce matin. J’ai essayé de faire des burpees ensuite mais là … mes quadriceps ont crié grâce. La séance de muscu attendra encore un peu. Procrastination, quand tu nous tiens …

 

 

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7 commentaires pour Réveries coursapiesques

  1. nfkb (@nfkb) dit :

    j’aime bien ce billet synthétique des réflexions que l’on a en courant, je connais ça 🙂 et j’en profite pour te rappeler qu’en matière de sport d’endurance ça a *aussi* du bon de courir un peu lentement si on croit aux vertus de la polarisation de l’entrainement 😉

    • paleophil dit :

      bin j’essaye … la focalisation sur la cadence rend quand même difficile de courir à moins de 75% de la FC max mais ça va venir …

      • nfkb (@nfkb) dit :

        je te propose de raccourcir la foulée drastiquement, j’aime bien la sensation d’être monté sur une petite roue qui tourne vite. Comme en vélo faut mouliner

  2. paleophil dit :

    et accélérer encore la cadence ??? mon petit coeur va exploser 🙂

    • nfkb0 dit :

      nan en cadence t’as l’air super mais en **ayant l’impression** de faire des plus petits pas ça fonctionne (chez moi) pour limiter l’emballement de la machine. Ca donne l’impression de mouliner, c’est curieux mais en s’aidant des bras on finit par s’habituer

  3. Tommies dit :

    Ou raccourcir la foulée en imaginant avoir les lacets noués l’un à l’autre

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