La nourriture, ce n’est pas ce que vous croyez …

Dans des posts précédents, j’ai mentionné cette découverte incroyable faite il y a quelques mois par moi-même personnellement : la nourriture, c’est de l’énergie.

Certes, c’est bon, pas bon, chacun a ses préférences et ses dégoûts, mais indépendamment de cette couche culturelle qui est un peu l’arbre qui cache la forêt, fondamentalement, la bouffe, c’est de l’énergie stockée qu’on ingère et qu’on transforme pour nous alimenter … en énergie justement.

Contrairement à une voiture dont le réservoir déborde quand il est trop plein, celui du corps humain s’agrandit … sous forme d’adipocytes, manière très compacte et efficace de stocker l’énergie : il y a quasiment autant de calories dans un kilo de gras et dans un litre d’essence (9.000 contre 10.500).

On peut fonctionner pendant 5 à 7 jours avec 9.000 calories … si on pouvait fabriquer des moteurs de voiture qui marchent au gras, ça serait cool : une liposuccion, 300 kilomètres, et hop !

Bon je m’égare un peu là.

En lisant récemment des posts d’Art de Vany et Nassim Nicholas Taleb sur Facebook je fais une autre découverte (je vais finir par avoir le prix Nobel de diététique orthogonale, moi j’vous dis).

La nourriture, c’est de l’information.

Damned. Signe de confusion et de télescopage entre mon métier ? Burnout ? Que nenni mes amis.

Nous sommes nous-mêmes un système d’information : système qui suit quelques règles fixées (une partie du code génétique) et ensuite se développe et réagit avec une finesse et un niveau de complexité incroyable à son environnement.

Evolution et transformation sont co-construites par la réaction du système aux interactions avec l’extérieur. Les connexions des neurones constituées dans le cerveau sont influencées par les expériences vécues, dont la perception est elle-même influencée par les taux moyens de neuro-transmetteurs et d’hormones, eux même partiellement déterminés par nos gènes etc.

Suite vertigineuses de boucles de rétroactions imbriquées et qui au final arrivent assez bien à converger, puisque je suis là devant mon ordi dans un train en train d’écrire ce post malgré une connexion 3G absolument pourrie.

L’alimentation, au même titre que nos perceptions, est une information que nous envoyons à notre corps.

On parle facilement dans le langage courant d’aliment plaisir (ou réconfortant), d’aliments addictifs, etc. Mais ça va évidemment bien plus loin. Et le point qui m’a fait tilter en lisant le post de Taleb, c’est que le fait de ne pas manger est aussi une information importante. Ne pas manger, c’est une information, c’est aussi du « silence » pour l’organisme qui doit toujours avoir à faire avec le « bruit métabolique » de l’alimentation.

Pensez y la prochaine fois que vous mangez : la composition chimique de vos aliments est une information que vous donnez à votre organisme, qui va l’interpréter et y réagir.

Pensez aussi à la manière dont vous réagissez quand vous êtes bombardés de pubs dans votre navigateur internet avec des popups dans tous les sens. Et à contrario comme on peut apprécier le calme d’un matin d’été dans le silence … Cherchez de quels éléments ces deux situations peuvent être des métaphores … Comme dit Taleb, jeûner c’est comme du silence après avoir été à Times Square et/ou écouté les infos à la télé.

Le jeûne : forme de méditation pour le système digestif ?

Je vous laisse méditer là-dessus et digérer tout ça 🙂

Ok elle était facile et un peu nulle mais c’était tellement tentant 🙂 Ceci dit ce post est un peu bizarroide, j’en conviens.

 

 

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15 commentaires pour La nourriture, ce n’est pas ce que vous croyez …

  1. nfkb0 dit :

    Je comprends l’idée mais j’ai quand même en tête que certaines cellules développent des mécanismes de protection en cas de jeûne.

    En tout cas c’est un des concepts que j’ai retenu de ce que j’ai lu sur le sujet.

    Qui dit protection, dit limiter la casse.

    Un peu de silence oui, mais pas trop. L’Homme reste un animal grégaire 😉

    • paleophil dit :

      L’avis du médecin sportif qui réfléchit et qui ne débite pas bêtement des fadaises nutritionnelles (comme mon généraliste) m’intéresse :-). Il semble justement que le mécanisme de protection participe de la « réparation » des cellules et de la non prolifération de celles qui sont abimées (ou qui n’en font qu’à leur tête, comme les cellules cancéreuses). Carence énergétique (même temporaire) = on ne sait pas combien de temps il va falloir tenir alors autant rester en bon état. Energie en abondance : tout baigne, proliférons. Basé sur les études des vers … mais aussi de singes (une étude dont je ne me rappelle plus la provenance compare le « vieillissement métabolique » de deux groupes, un qui mange ce qu’il veut et l’autre qui est en restriction calorique et ceux qui vieillissent et meurent le plus vite ne sont pas ceux qui sont sous alimentés. J’ai aussi vu des études sur l’activation de certains gènes protecteurs liés à la réduction des apports glucidiques. A part ça, sous influence Talebienne je dirais que notre métabolisme est tellement efficace pour stocker l’énergie qu’il est surement adapté à de grandes fluctuations au niveau apports énergétiques, et que donc restriction et bombance sont sans doute une approche assez naturelle pour les prédateurs que nous sommes (étions …). le blog de josh mitteldorf dit des choses intéressantes sur le sujet http://joshmitteldorf.scienceblog.com

      • nfkb (@nfkb) dit :

        hello,

        Pour moi la restriction calorique au long cours et jeune thérapeutique n’ont pas tout à fait les mêmes objectifs. Je ne sais pas s’il faut y voir le même concept à des « doses » différentes.

        Concernant la fameuse étude de Science sur les macaques, elle a évidemment beaucoup fait buzzé, la fameuse photo étant frappante : http://www.nfkb0.com/2011/01/28/les-sirtuines-et-le-resveratrol-nouvelle-source-de-jouvence/ et puis d’autres ont eu des résultats négatifs, et puis en avril dans Nature on avance dans la saga avec http://www.nature.com/ncomms/2014/140401/ncomms4557/full/ncomms4557.html
        Le concept est séduisant mais comment tenir au long cours avec toute cette énergie disponible ?

        A propos du jeune thérapeutique, j’avais plutôt imaginé/compris/fantasmé que les cellules normales ralentissaient leur métabolisme pendant que les mauvaises cellules cancéreuses, dérégulées et dépendantes des apports en glucides souffraient de ne pas pouvoir activer ces mécanismes de protection. Mais je connais mal ce vaste sujet je raconte probablement des conneries. A coup sûr vous aviez vu ça http://www.arte.tv/fr/le-jeune-une-nouvelle-therapie/6412058.html
        Il ne faut quand même pas oublier que les cellules du système immunitaire et de l’intestin qui sont fortement intriquées (cf plaques de Peyer) sont celles qui se recyclent le plus rapidement dans l’organisme, que se pass- t-il si on jeune trop souvent ? s’expose-t-on à un risque infectieux accru si stress (cf patient dénutri et intervention chirurgicale) ? comment se transforme notre microbiome intestinal ?

        Bref, je serais plutôt enclin à me modérer au quotidien et à prendre des mesures plus drastiques en cas de maladie sévère. En total contradiction avec les recommandations médicales actuelles je me demande d’ailleurs si l’anorexie développée par les patients cancéreux n’est pas un mécanisme primitif de défense. En tout cas on commence tout juste à parler d’un possible rôle de l’alimentation artificielle dans le développement du cancer (risque d’apporter des polyamines ?) Il y-a-t-il un nouveau paradigme à démonter 😉 ?

        En conclusion (et ça me donne une idée de billet tout ça) je pense qu’encore une fois la voie du milieu est probablement la meilleure. Plusieurs exemples :
        – trop d’hydratation en course est néfaste
        – trop de glucides dans notre monde occidental
        – trop de protéines ne serait pas top non plus (paléo mais pas trop 😉 cf Valter Longo http://news.usc.edu/59199/meat-and-cheese-may-be-as-bad-for-you-as-smoking/
        – trop de footing et on ne sait plus courir vite
        – trop de travail au seuil et on fatigue
        – trop de HIIT au long cours et les coronaires en souffriraient ?
        – trop de routine tue
        – trop d’information nuit au signal
        – etc.

        P.S. merci pour la gentille introduction à votre réponse. Un mécanisme corporatiste atavique me fait répondre que le médecin fait souvent de bonnes choses avec son bon sens sans avoir des connaissances pointues sur un sujet. Le dialogue placebo étant souvent mieux que la technicité de haute volée. Moi selon le patient en face (et le degré de mon retard en consult’) je brode et je joue de syllogismes cf http://2garcons1fille.wordpress.com/2014/04/21/marc-et-sophismes/ ou je réponds « je ne sais pas ». Là aussi il y a beaucoup à dire… (encore un autre sujet de billet)

      • paleophil dit :

        Ah une réponse comme on aime en trouver au réveil après avoir écrit un post le soir. Qui donne à réfléchir, et des piste pour creuser les sujets. Je vais regarder avec intérêt le documentaire sur le jeune (à ce propos, il y a eu une excellente émission sur Antenne 2 sur la santé, qu’on peut voir en replay http://www.france2.fr/emissions/les-pouvoirs-extraordinaires-du-corps-humain/diffusions/06-05-2014_234069.
        ce que j’ai compris sur le jeune ou la restriction calorique (sachant que j’ai fait des études d’ingénieur, pas de médecine) c’était que cela activait des gènes qui avaient pour fonction de réparer les cellules endommagées, comme le FOXO3 (je crois que j’ai fait un post là dessus).
        Pour le médecin et son rôle … ma position personnelle est très ambivalente ! J’ai un beau-frère cardiologue, mon fils est en 2ème année … je vois ce qu’il apprend et comme il apprend, et l’immense complexité de la machine humaine, avec ses boucles de rétroaction dans tous les sens. et je commence à voir émerger les « reflexes » de la voie du milieu comme dans ce que vous écrivez 🙂 qui est finalement du bon sens. Je sais aussi que 60% des patients d’un généraliste viennent parce qu’ils ont besoin de parler et que notre culture préfère la pilule magique à l’effort sur soi. A ce propos, révisant le cours sur le diabète en première année avec mon fils, j’étais frappé de voir que le corps médical estimait que la maladie était traitable par la diète (low carb) mais que tout le monde savait que les patients ne voudraient pas le faire, donc … autant filer des médocs. Bref c’est une coévolution et donc une coresponsabilité. Mais l’aspect grégaire amène aussi à des comportements de masse qui ne sont pas forcément bons pour les patients, le médecin qui sort du protocole se mettant en risque. J’ai entendu nombre d’interviews de médecins US qui expliquaient comment ils avaient recommandé à leurs patients statines et régime pauvre en graisse, s’étonnaient de l’absence de résultat sur le cholestérol, avant de se rendre compte eux même que ce n’était pas la bonne méthode … mais avec les budgets marketing des labos (avec lesquels j’ai travaillé) difficile de résister. A ce propos j’aime bien Anthony Colpo qui est un grand pourfendeur de mythes médicaux/nutritionnels (il vient de faire un petit pamphlet à propos des céréales complètes qui est un petit bijou)
        Voie du milieu signifie connaitre les extrêmes : et un peu d’irrégularité et de « fractalisation » me parait intéressante … On en reparle, bonne journée !

      • nfkb (@nfkb) dit :

        P.S. je viens d’aller lire un peu Josh Mitteldorf.

        Il va trop vite sur le sel.
        Sa page sur les compléments alimentaires (vitamines, metformine & co) m’inquiète un peu aussi

  2. nfkb (@nfkb) dit :

    Encore beaucoup à dire, je vais essayer d’être synthétique.

    1) A propos des fractales, je n’y connais rien. Suis preneur d’infos, je vais commencer par fouiller votre blog à ce sujet là.
    2) Pour rejoindre des thèmes qui vous sont chers vous pouvez feuilleter Jean Chaline. (pas sûr que ces théories soient très en vogue mais bon). Michel Raymond est divertissant, ça vous plairait aussi.
    3) Sur les capacités d’adaptation de l’homme j’ai vu la pub pour cette émission mais je ne l’ai pas vue. Vous adorerez ce MOOC : https://class.stanford.edu/courses/HumanitiesSciences/EP101/Environmental_Physiology/about
    4) On peut sortir des protocoles, c’est encore un des chouettes trucs en médecine. (cf devise de mon blog 😉 ) mais faut être prêt à affronter les quolibets
    5) Pour les marketings des labos, je suis les principes du Formindep, comme ça ça me fait un problème de moins à gérer : http://www.nfkb0.com/2012/09/11/je-ne-recois-plus-la-visite-medicale/
    6) j’ajoute Colpo (suis pas le seul à avoir un nom bizarre…) à ma wishlist Amazon, avec votre blog je viens d’en reprendre une sacré louche ! J’ai commencé Jared Diamond hier soir. Dans la série bouquins, vous apprécierez peut-être les écrits de Dominique Dupagne que j’aime beaucoup (la revanche du rameur et le retour des zappeurs = les gars comme nous ;)) Sinon vous me faites parfois penser à Xavier Maniguet qui était précurseur dans les 80′ de ce que nous essayons de mettre en pratique.
    7) Pour enfoncer le clou sur les compléments alimentaires (Josh M), j’ai fait un bon tour d’horizon de ces trucs dans les 3-4 dernières années, ma conclusion : http://www.nfkb0.com/2014/02/08/les-complements-alimentaires-sont-inutiles/

    A bientôt

    • paleophil dit :

      Bon je ne connais ni Chaline, ni Raymond, ni Dupagne, ni Maniguet. Gasp. C’est intéressant parce que je suis très US centric et je ne connais pas les penseurs français sur ce genre de thème. Si, j’ai juste découvert par hasard Seignalet, dont les théories rapprochent de la démarche paléo de manière étonnante, enfin, ou complètement logique, selon la manière dont on voit les choses.
      A part ça les MOOC sont une chose géniale … j’ai travaillé dans le domaine du e-learning et de la formation en ligne pendant plus de 10 ans, je suis resté un peu abasourdi des méthodes pédagogiques à l’université française (une fille en droit, un fils en médecine, qui révisait ses cours sur son ipad en regardant la vidéo du prof). Les américains ont compris avant tout le monde l’intérêt de partager ce type de savoirs, même si je ne pense pas que ce soit par pure philanthropie. J’ai suivi rapidement quelques cours de neurologie et de diététique l’année dernière sur coursera. Ceci dit les MOOC français commencent à arriver aussi …

  3. nfkb (@nfkb) dit :

    damned, j’ai encore un PS, à propos de médecine et d’environnement familial, je serais curieux de savoir ce que pense votre compagne de la dernière image de ce billet 😉 http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=2329

    • paleophil dit :

      j’ai bien lu le post … et vu cette collision entre l’origine du monde et un basketteur en pleine action … je ne suis pas sur de comprendre le rapport ?

      • nfkb0 dit :

        J’ai cru comprendre que votre épouse est psychanalyste. Je pense que ce genre d’image doit inspirer les analyste c’est tout 😉

      • paleophil dit :

        Ah OK. Mon ex épouse est psychanalyste, et nous avons divorcé il y a une 15aine d’années. Effectivement je comprends mieux. L’Origine du monde était dans le cabinet de Lacan caché sous un autre tableau si on en croit la légende …J’ai pris beaucoup de distance vis à vis de ce type de théorie auto réalisatrice et difficile à prouver, même si des découvertes récentes comme l’effet de la méditation sur la physiologie confirment l’influence du « psycho » sur le « soma » … ou plus simplement … qu’il n’y a pas de séparation puisque le psycho fait partie du soma : la fonction primaire du cerveau est justement de piloter l’organisme, la conscience étant un bonus « gratuit » mais amenant un sacré avantage du point de vue de l’évolution. Bref, une théorie qui peut amener des résultats (parfois) en étant basé sur des prémisses totalement faux. Mais ce n’est que mon avis. Mon épouse actuelle a vécu longtemps aux US, et je pensais au basketteur comme métaphore américaine. En fait ce tableau me décrit assez bien, si on remplace le panier de basket par une paire de five fingers et si on rajoute quelques filaments d’ADN sur le tableau 🙂

  4. Renaud dit :

    Il y a pas mal d’études faites pour essayer de déterminer ce qui, dans la restriction calorique, produit l’allongement de la longévité. Globalement, il apparaît que ce serait principalement la restriction protéique, et non la limitation des lipides ou glucides. Partant de ce constat, d’autres études ont été faites (d’abord sur des insectes et autres microbestioles, puis dernièrement sur des souris) pour tenter de juger l’effet de ratios variables de nutriments. Ces études tendent à montrer que ces ratios on plus d’importance que la restriction calorique elle-même.

    La dernière étude porte le titre prometteur de « The Ratio of Macronutrients, Not Caloric Intake, Dictates Cardiometabolic Health, Aging, and Longevity in Ad Libitum-Fed Mice » ! Rien de moins ! http://www.cell.com/cell-metabolism/abstract/S1550-4131(14)00065-5

    Elle cible le ratio glucide/protéines comme élément critique. Plus ce ratio est élevé, meilleure est la longévité. Les éléments exposés par l’étude sont assez épatants, et vraiment intéressants. Mais lorsqu’on creuse dans l’annexe des données supplémentaires, les choses apparaissent un peu moins tranchées. En l’occurrence, on s’aperçoit que (avec [P]rotéines/[L]ipides/[G]lucides) :
    – La palme de la meilleure longévité, à 157 semaines, revient à 5%P/20%L/75%G
    – La seconde place revient, à 154 semaines, revient à 5%P/75%L/20%G
    La troisième place (152 semaines) est une variante plus dense caloriquement de la première diète.

    Hourra… « low protein » domine magistralement le classement !

    Mais en 4ème place, 152 semaines aussi, c’est 14%P/29%L/57%G un ratio assez représentatif de la diète occidentale.

    Et en 5ème place, à 151 semaines, on passe à 42%P/29%L/29%G… un vrai « high protein » relativement « low carb ».

    L’écart n’est pas gigantesque avec le trio de tête ! La dernière est aussi la diète qui donne la meilleure longévité médiane… mais on s’en fout un peu, car on sait que les diètes pauvres en protéines sont délétères dans les années de croissance… il est donc attendu que les 3 premières scorent mal sur la médiane. Restons concentrés sur la longévité maximale.

    On observe aussi que toutes les diètes donnant une longévité haute ou moyenne sont à densité calorique moyenne ou élevée. Le tableau S2 de l’annexe où on trouve ces résultats est éloquent : les 6 pires diètes (de 100 à 119 semaines) sont toutes de basse densité calorique, avec des ratios très variés.

    Que peut-on déduire de tout ça ? Est-ce que ça s’applique à l’homme ? Pas simple !

    Moi je retiens que l’optimum semble être une restriction protéique, mais que ça se joue à pas grand chose. Et ce pas grand chose pourrait en plus être dépendant du choix des sources de protéines/lipides/glucides. L’approche « basse protéine » semble ne faire gagner que 4-5% de longévité par rapport aux ratios « occidentaux » et « high protein » : on a sans doute des variations du même ordre en variant l’activité physique, ou la qualité (micro)nutritionnelle de la diète, etc. Peut-être qu’en jouant sur la proportion de méthionine ou de glycine… mais je m’égare…

    Enfin, il y a réellement matière à cogiter…

    Je trouve déjà à ruminer quand je contraste les observations que j’ai livré avec ce qu’expose officiellement l’étude !

    Je constate tout de même que la quasi totalité des peuples des « blue zones » (populations ayant une longévité exceptionnelle avérée) se nourrit grossièrement sur le schéma « peu de protéines » (surtout animales) et « plein de glucides ». Mais je garde aussi à l’esprit que presque aucun peuple réellement étudié/étudiable n’a eu de diète « high fat »… et qu’il est donc peu étonnant de ne pas en trouver ayant une longévité poussée : échantillon trop faible. Rien ne prouve, donc, que ça ne soit pas possible. Par contre, à la lumière de tout cela, ceux qui affirment que les glucides sont intrinsèquement des poisons ont autant de crédibilité qu’un nématode prépubère commentant Freud.

    Sinon, je suis aussi de l’avis que la restriction calorique au long cours et le jeûne ponctuel agissent de manières différentes, même s’ils partagent certains mécanismes.

    • nfkb (@nfkb) dit :

      merci pour le partage de cette étude !

      En tout cas une chose m’apparait frappante à la lecture de ces données : nos esprits analytiques sont déboussolés.

      Ainsi je crois qu’il faut prendre du recul et avoir une approche plus globale, plus soumise à l’aléatoire cher à NNT, plus soumise au feeling : un jour un bon bolus de prot, le lendemain plutôt light, une orgie de pain-confiture le surlendemain… bref une seule chose m’apparait claire : en creusant un seul sillon et misant tout sur lui on risque de passer à côté de la récolte si on s’est planté.

      Varions les apports alimentaires, les plaisirs, les rythmes, les rencontres !

      • paleophil dit :

        Renaud est un grand détecteur d’études 🙂 celle là est particulièrement désagréable pour le grand pourfendeur de glucides que je suis 🙂 mais je commence à apprendre à vivre avec et donc relativiser mes certitudes toutes neuves. Mais c’est vrai qu’au final il faut réapprendre à manger …

      • Renaud dit :

        Phil, elle est pas si désagréable que ça je trouve. Certes, elle interdit radicalement la diabolisation (dans l’absolu) d’une diète riche en glucide, mais en même temps les diètes 75% glucide et 75% lipides sont dans un mouchoir de poche !

        Il faut bien garder à l’idée qu’il y a vraiment trop de facteurs qui interagissent dans l’alimentation pour qu’un seul soit vraiment largement déterminant. C’est aussi la raison pour laquelle les études contrôlées sur la nutrition sont quasiment impossible à conduire de manière conclusive : il est presque impossible de bouger UN SEUL paramètre dans une diète sans que ça entraîne des changements potentiellement significatifs ailleurs.

        Et ensuite il faut ajouter les autres facteurs non alimentaires…

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