Semaine d’entrainement, suite … (pour les matheux)

Après la sortie longue de 2:15 et la sortie en apnée avec les poids, fini de rigoler : Mercredi j’avais un 10 fois 400 à faire en 1:29. Et ce matin 1:15 en endurance.

On ne le dira jamais assez, le fractionné court, moi ça me met dans un état de superposition quantique total. Avant la séance, je fais semblant de rien. « Ah, des 400, demain ? tiens donc ! et à quelle allure ? ah, 1:29, soit 95% de ma VMA, fort bien ! »

Après je me jette sur mon tableau excel pour voir les temps de passage au 100, qui est la seule technique que j’ai trouvé de fiable,  à part avoir un entraineur qui me suit partout avec un chrono, mais ça, ça sera dans une autre vie. 89 divisé par 4, ça fait environ 22,25.

Comment je mesure le quart de seconde en passant à 16 à l’heure, ma foi, je ne sais pas. Ca fait toujours une excuse pour maudire Jean. Il pourrait au moins me donner un compte rond, ce con ! Je vais opter pour 22 secondes au 100, ce qui me fera raccourcir de 1 seconde. Je les ferai en 1:28 mes 400, na. Et même moins, si je veux !

Je me rappelle que quand je m’entrainais tout seul il y a 15 ans j’arrivais à faire des 400 en 1:24. Bon, c’est l’allure de Carmen sur un semi pendant plus d’une heure, alors on va se calmer et essayer de se focaliser sur ce qu’on peut faire.

Maintenant je n’ai plus peur de mourir d’un arrêt cardiaque en plein milieu d’un 400. Ca  aurait un certain panache, reconnaissons le,  mais énerverait sans doute le gardien du stade « Ha mais c’est le fou qui venait torse nu ! ben ça lui a pas réussi de mettre un t shirt, hein, il aurait mieux fait de rester à la maison et de regarder le foot en buvant de la bière. et moi je vais avoir des emmerdes avec l’assurance, en plus »

Non, non … j’ai peur d’autres choses. Une peur bêtement narcissique : ne pas y arriver, avoir le coeur qui  plafonne à la troisième passe, et impossible d’aller plus vite, et au lieu de passer en 22, on passe le premier 100 en 23, et le deuxième en 48 … et on termine en 1:40 la mort dans l’âme. Les boules.

Et puis, surtout, la peur de me blesser. Comme j’ai régulièrement eu des pets lors de séances rapides, je suis un flippé de la contracture, un angoissé du claquage. En réalité si l’entrainement est trop lourd ou inadapté, ça peut arriver n’importe quand  – ça m’est d’ailleurs arrivé lors d’une sortie en endurance 5 jours après avoir fait le fou.

Donc avant la séance  je procrastine avec vigueur. C’est une des mes grandes qualités de toute façon, mais là je mets le turbo. « Allez, on va regarder les mails avant d’y aller quand même … Oh, c’est pas la peine d’arriver trop tôt, le stade va être fermé. Tiens, je me reprendrai bien un petit café moi ! Quelles chaussures je vais mettre aujourd’hui ? » etc, etc.

Mais j’ai une réunion à 11 heures alors à moment donné il faut bien se jeter à l’eau. La bonne nouvelle c’est qu’il fait un temps magnifique, grand soleil même si frais. Je suis habillé aujourd’hui de toute façon, t shirt obligatoire.

Sur le stade il n’y a absolument personne. La piste est mouillée. Un petit tiraillement terrifiant dans le mollet gauche apparu au bout de 5 minutes a gentiment disparu, ouf, mais je vais quand même me forcer à faire tous les éducatifs histoire de mettre toutes les chances de mon côté.

Comme avant une course, juste avant de démarrer je me sens mou, sans énergie.

Et puis hop, c’est parti. Il y a une espèce d’automatisme sur les vitesses de course – se réguler à 2 ou 3 secondes sur 100 mètres n’est pas évident mais on y arrive, mais je sais que si le premier 100 est calé, je peux rester sur une vitesse constante sur les 300 mètres restants. Et une fois que la série est démarrée, je suis tendu vers l’objectif de la finir, dans les meilleures conditions possible; je n’oserai pas dire le plus vite possible – parce que je ne peux pas aller plus vite !

Il y a tellement à penser et à oublier à la fois lors de ces 400 mètres. La posture, l’attaque du pied, la position du bassin, les abdos, les fessiers, et surtout le mouvement des bras. Ha, les bras ! plus on les envoie en arrière et plus ils nous font partir vers l’avant. Et puis la respiration aussi (je respire de manière impaire 2+3 puis 1+2 sur la fin); et bizarrement, pas l’impression d’aller vite. Je veux dire  : c’est un 400, pas un sprint.

Et j’ai le soleil en pleine poire sur les 100 mètres d’arrivée, avec le reflet dans l’humidité de la piste je ne vois rien, mais bon, 1;27 au chrono et une relative aisance.

Jean m’a dit d’être attentif à la récupération, j’ai droit à une minute et il faut que je descende d’au moins 20 pulsations.

FC_1

Dans le mille … heu, le 400 !

Les deux ou trois premiers de la série sont toujours déterminants pour la suite (et pour le moral). En fait, si je suis pile sur le temps ou un tout petit peu en avance, ça roule. Si je rame d’une ou deux secondes, ça se gâte.

Mais la série va se faire sans encombre; je compte et je recompte sur mes doigts les « laps » pour être sur de ne pas en rater un (ni d’en faire un de trop), et je vois bien que sur les derniers j’asymptote près de ma FCmax – je grimpe de 1 ou 2 puls à chaque fraction, pour finir à 185, mais toujours avec mes 25 puls de récup en 1 minute.  Je ferai le dernier en  1:24:72 avec pour le coup un sprint sur la fin.

Super séance ! Evidemment après avoir agonisé pour y aller, quand on l’a fait et bien fait, le retour au bercail est joyeux. I did it. Et même : I made it !

Comme je me suis senti bien, je veux voir si ma méthode de calcul FC/V permet de matérialiser ça. Je vais donc faire une comparaison avec une autre séance de 400 que j’avais faite fin Septembre.

La fonction « compare » du logiciel Garmin est assez pourrie :

ou j'ai mis mes lunettes 3D, bordel ?

ou j’ai mis mes lunettes 3D, bordel ?

On voit que je monte moins vite en FC et que je vais plus vite (séance récente = bleu, séance il y a un mois = rouge) mais comme sur les temps de récup je ne cours pas la même distance, les courbes se décalent.

Mais Excel est mon ami 🙂

je rentre les vitesses moyennes (recalculées sur les temps avec une distance de 400 parce que le GPS est capable de me dire que j’ai couru 395 ou 403 mètres …) et les FC moyennes, et je refais une moyenne de tout ça, que je vais comparer entre les deux séances.

Ca donne le résultant suivant :

Tableau, tableau, dis moi que je suis le plus beau !

Tableau, tableau, dis moi que je suis le plus beau !

Et là, ça parle ! avec une FC moyenne sur toutes les fractions de 172, et les mêmes temps de récup (1 minute), j’ai tourné à 16,7 de moyenne au lieu de 15,7 il y a un mois. Ca fait un kilomètre heure ça Madame – ou 6% de performance en plus.

Ramené à une allure marathon, ça fait passer de 12,6 (3:21, mon temps à Paris) à 13,4 (qui ferait un joli 3:09).

Bon : j’ai la banane, là. Faut juste que je ne me blesse pas.

Ma sortie de ce matin (1:13 à 10,3 et 136 pulsations, coefficient de qualité 13,2 – pas top mais mieux que la moyenne) était plutôt bien dans les clous, et surtout, sans douleur.

Prochaine étape : 3 * 3000 Samedi. A suivre …

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2 commentaires pour Semaine d’entrainement, suite … (pour les matheux)

  1. Julien dit :

    Je dois avouer qu’ à part l’analyse scientifique de la séance 😉 tout ce qui est en amont de la séance décrit bien la souffrance mentale que représente aussi mes séance de piste!!!!

    • paleophil dit :

      ha ha ! je me sens moins seul subitement. Mais je pense que c’est pareil pour tout le monde, j’en parlais avec Carmen Oliveras et elle a aussi ses séances détestées ! L’analyse scientifique c’est pour pouvoir en profiter encore plus après, c’est comme les commentaires après l’amour 🙂

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