Souvenirs, souvenirs … compte rendu du marathon de NY 2011

Stress matinal

Réveil toutes les heures à partir de deux heures du matin. C’est New-York. Je pense à mes tendons douloureux (malgré les exercices – que je n’ai pas faits sérieusement, il faut l’admettre) lors du massage la veille avec ma nouvelle méthode miracle, le bâton à roulettes (!). Est-ce que ça va tenir 42 kilomètres ? Reviennent en mémoire les douleurs épouvantables dans les fléchisseurs des hanches lors du marathon de Cheverny l’an dernier à partir du 25ème kilo, l’épuisement à partir du 30ème lors du marathon de Paris en Avril, cette voix insidieuse qui s’instille et qui dit « allez, arrête toi, tu es fatigué, tout ça est vain, bois un coup … »   dans compter les douleurs aux mollets lors des premiers entrainements en VMA, faits la fleur au fusil et sans échauffement dans la brume matinale du parc de Saint Cloud. Bref, je flippe, et je me demande comment mon corps va réagir à l’épreuve que je m’apprête à lui infliger.  Mon compagnon de chambre a des rituels carrément cognés, genre jambes en l’air pendant ½ heure, étirements acrobatiques et crèmes diverses, et ça ne me rassure pas vraiment.

Décisions …

Hier j’ai acheté des gels et une ceinture gourde, jamais testés, après avoir agonisé sur l’utilisation du Camelbak en course. Au moment fatidique, on se rend compte qu’on ne sait pas grand-chose : le monde de la course à pied étant une belle métaphore de la réalité, les avis contradictoires abondent sur tous les sujets importants : étirements, hydratation, alimentation, amorti … Moi j’ai opté pour pas d’étirements, hydratation mini, des gels et les Adizero, très légères mais avec peu d’amorti, mais jamais testées sur plus de 25 bornes. Bah, en 1997 j’avais des Diadora, conservées précieusement, et elles n’amortissaient pas des masses non plus !

Préparatifs

Réveillé bien avant l’heure, j’ai le temps de prendre une douche, complètement inutile, de fulminer contre la ceinture porte dossard (impossible de clipser le dossard dessus et en plus ça me serre trop et quand on le met ça déchire le dossard, saloperie !) ; de me rendre compte que j’ai merdé avec les épingles à nourrices quand je n’arrive pas à enfiler le t-shirt et que j’ai l’impression de mettre une camisole de force ; de me demander dans quelle poche je vais mettre mes 6 gels que j’ai achetés hier, n’en ayant aucune…et avec tout ça je suis à la bourre pour le petit déj avant le bus. Du coup je n’ai pas le temps de me prendre la tête, j’opte pour deux croissants et un grand café avec plein de miel dedans –le départ de la course n’est pas avant 9h40 j’aurai le temps de digérer et de continuer à me gaver de maltodextrine d’ici là, en espérant que le mélange ne me fasse pas gerber !

Autobus

Nous nous entassons dans les bus pour une bonne heure de route au soleil levant. Le peuple des marathoniens est toujours intéressant : un breton drapé dans ses emblèmes régionaux qui fait son 10ème NY, un tous les deux ans nous  explique les vertus du Breizh Cola. Je réalise juste que le bus va loin ! Je n’avais pas compris que le départ et l’arrivée étaient à deux endroits aussi éloignés. Je calcule que pour emmener 45.000 personnes il faut bien 400 bus ! A l’arrivée voitures de pompiers rutilantes et clignotantes et Harley avec flics obèses mais pour une fois plutôt joviaux, et plein de volontaires enthousiastes « yeah ! you’re great ! you can do it », phrases que nous entendrons tout au long du parcours ! Magie du volontarisme américain.

Woodstock

Arrivé au départ spectacle étonnant de coureurs / campeurs ensevelis dans leurs duvets et couvertures de survie par 5 degrés dans l’herbe et la paille (ont-ils dormi sur place ?) et le grand cirque habituel pré marathon boisson / pipi / pommade / étirements. Comme on est aux US le pipi n’est autorisé que dans des lieux spécifiques, il doit y avoir plusieurs centaines de chiottes portables et tout fonctionne comme sur des roulettes.

Corral

Nous nous retrouvons dans le corral de départ ; Franck et moi avons « triché » pour être tous ensemble, normalement nos dossards ne nous le permettaient pas. Thierry n’a pas arrêté de me chambrer sur mon dossard « Elite »   (1-135) et je ne sais vraiment pas pourquoi j’ai un tel numéro et ça me met la pression ! Il reste encore plus d’une heure à attendre… Autour de moi, une foule diverse et bigarrée de toutes nationalités et apparences physiques, un Indien d’Amérique du Sud avec un casque à plumes, un mexicain, des japonais, des italiennes qui font une expérience scientifique et qui courent avec des capteurs, dont une fait un marathon par mois … Nous portons tous de vêtements d’attente : vieux sweat, pyjama en rayonne dorée (!!!), sac poubelle customisé, tout y passe, un vrai défilé de mode recyclable. C’est beaucoup moins oppressant que Paris, où on à l’impression d’être dans la fosse à un concert d’AC/DC et où on patauge dans la pisse. Tout le monde s’étire dans tous les sens, je repense à l’article de Blaise Dubois qui explique que ça ne sert absolument à rien, au contraire. Encore une fois je médite sur le caractère toujours changeant des vérités absolues…

Patriotes

Le pont nous domine dans le soleil… dans ½ heure on va partir de là haut… America the Beautiful à capella (« ladies and gentlemen please remove your hats »), c’est assez solennel : un p’tit coup de patriotisme ça fait toujours du bien par où ca passe. Beaucoup de participants sont eux-mêmes en mode exhibition, pas mal de français avec du maquillage bleu blanc rouge, le t-shirt qui dit bien qu’on est français …marrant de voir où le patriotisme va se loger. Tout le monde court, partage les mêmes envies et les mêmes angoisses mais bon, il faut quand même faire partie d’un groupe affiché de manière ostentatoire. Grégarité …

Technologie

Ca y est on va partir dans quelques minutes… Je teste et reteste mon cardio, dont j’ai changé les réglages d’affichage pour être sur d’avoir les bonnes données pour la course : vitesse, allure, FC. Thierry m’a dit qu’il ferait le pacer, nous avons longuement discuté – 5 :10 au kilo ou 5 :20 ? Je lui ai fait une petite fiche avec les temps de passage aux miles et aux kilomètres à partir de mon précieux tableau Excel avec toutes les allures. Il m’a promis de rester avec moi mais je veux lui laisser la possibilité de s’envoler s’il le souhaite. La veille le GPS a buggé : l’écran « looking for satellites » avait disparu … Saloperie de technologie. Un jour je me vengerai en courant pieds nus et sans rien d’autre qu’un petit short mais pour l’instant je suis techno-dépendant et réalise avec horreur que j’ai déjà déchargé la batterie à 20% et me demande si il tiendra jusqu’à la fin de la course.  Le premier gel avant le départ histoire de continuer à me rassurer et à prendre des risques ! Nous voyons démarrer une vague précédente sur la partie supérieure du pont, et juste après le coup de pistolet, et c’est parti.

Verazzano

C’est beaucoup moins compact qu’à Paris, le pont est tellement large, je pars juste 90 secondes après les premiers de la vague. Thierry est devant, il ne faut pas que je le perde, il cavale ce con ! Je réalise que la gourde me gène, le balourd m’emmerde à chaque foulée. Putain, c’est censé être un produit professionnel ! En plus mon GPS me donne des infos complètement fausses, nous sommes sur un pont qui doit faire une belle cage de Faraday. Et Thierry qui part devant, merde, merde, est-ce qu’il va réussir à tenir sur une allure d’escargot pendant 4 plombes avec moi ? Ca commence bien ! Je me calme en me concentrant sur la bonne nouvelle du jour : ma FC est basse, je suis à 130. Je vide ma gourde sur le côté, hop, au moins ça ne m’emmerdera plus, et je laisse Thierry filer devant, on verra bien ce qui se passe.

Le pont dure une éternité, 2 kilomètres pour être précis, je commence à monter en température, me débarrasse du blouson jetable, constate que tout va bien et rejoins Thierry au premier mile, qu’on torche plus vite que prévu – une fois le GPS recalibré nous sommes à 5 :10 au kilo, un peu rapide. Le pont passé, nous commençons a être sur la route et c’est assez dingue, il y a des gens partout en train de « cheerer » à l’américaine. On a plus l’habitude de les parcourir en voitures, ces rues, et là nous sommes au milieu de larges avenues, c’est cool.

Après deux miles nous rejoignons l’autre partie des coureurs partis sur le tablier haut du pont. Ca redevient super dense pendant quelques centaines de mètres et ensuite le flot de coureurs s’espace et on n’a pas besoin de slalomer pour rester à son allure, c’est agréable.

Thierry fait le timekeeper à chaque mile « on est bien, on est bien » … Un peu trop rapides mais bien quand même. Franck caracole devant nous et nous nous faisons la réflexion qu’il va le payer sur la fin, ce qui sera le cas. Moi je continue à m’étonner de ma FC, 145 après 30 minutes de course.

Bobos

Quelques tensions et mini douleurs apparaissent puis disparaissent, par ci, par là, j’y suis très attentif. Je sais que ça peut partir en 5 minutes ou s’amplifier jusqu’à devenir intolérable et on ne sait jamais ce qui va se passer. Je me focalise sur le souvenir des derniers entrainements avec les douleurs sous contrôle.  Entre l’écoute du corps et la volonté de dépassement de soi la marge est assez étroite ! Cette crainte ne va pas me lâcher de toute la course, mais au moins ça m’oblige à être prudent.

Méditation

Très concentré sur mes sensations, je ne dis pas grand-chose, Thierry non plus. Nous échangeons quelques mots de temps en temps, utilitaires (tu veux boire au ravito ? attention tu accélères ! on est bien, là, on est bien), de temps en temps un petit commentaire sur un coureur ou plutôt une coureuse, un joli derrière que nous dépassons ou qui nous dépasse, un gars en chaussures minimalistes …. Thierry boit quelques gorgées de temps en temps, moi j’y vais mollo aussi sur les ravitos, et j’ai décidé de ne pas m’arrêter donc je m’en fous partout à chaque fois, mais j’ai l’impression de grappiller quelques secondes précieuses.  Je surveille le GPS, toujours entre 5 et 5 :10 au kilo, et la FC qui reste tranquillement aux alentours de 145 – 150, même après une heure. Est-ce l’entrainement, le gel, les chaussures ? En tous cas ça roule. Thierry lui est à 120 …

Il y a de la musique partout, des groupes de rock, de jazz, des chorales. Guitares électriques, batteries, sonos de fortune à fond les gamelles avec distorsion à tous les étages … Je dis à Thierry que je ferais bien une animation musicale au Semi de Boulogne ; l’an dernier j’avais repéré un groupe dans ma tranche d’âge qui jouait des vieux trucs de blues, c’était cool et je m’y serais bien vu. Ca doit être marrant d’être à un point fixe et de voir passer tous les coureurs … on pourrait jouer « Run Baby Run » de Sheryl Crow ! Le seul endroit qui est moins bruyant est le quartier juif orthodoxe, Bay Ridge, où on est un peu dans un autre monde avec les costumes noirs et les tresses. Le temps s’étire doucement avec les miles, je suis à la fois complètement dedans, attentif à ma foulée et ma posture et un peu flottant par rapport à tous les stimuli extérieurs.

Semi

20K en 1 :43, arrive le semi – 1 :50, ca fait le marathon en 3 :40 si je continue comme ça ; toujours à 150 pulsations, je commence à me sentir en confiance et à me dire que je peux vraiment le faire ! Arrive un autre petit pont, le Pulaski bridge, facile à avaler, qui nous fait passer de Brooklyn au Queens. Pas mal de bifurcations à angle droit et 3 miles plus loin on arrive en face du QueensBorough bridge, un gros morceau, Thierry m’a prévenu. Je m’en rends compte après quelques centaines de mètres, il va finir quand ce truc ? Ca n’arrête pas de monter, c’est oppressant, je sens une tension  dans ma poitrine et l’espace d’un instant je me demande ce qui m’arrive. Le spectre de l’ami de mes parents décédé au Marathon de NY il y a 30 ans (c’était un grand sportif, si, si) et tous les articles d’ Art de Vany sur les méfaits des sports comme le marathon ou l’Ironman me traversent l’esprit, rapidement. C’est vrai, il y a régulièrement des morts dans les marathons, y compris chez des athlètes, mais bon, c’est encore plus dangereux de ne rien faire, et je me sens en vitesse de croisière, pas du tout dans le rouge, et la tension se dissipe, pendant que je double allègrement les premiers coureurs qui crampent dans la montée et qui s’arrêtent en grimaçant. Au bout de quelques longues minutes on atteint le point d’inflexion mais j’ai perdu des précieuses secondes (6 :37 au kilo dans la montée !) et ça redescend, ouf, j’ai envie d’accélérer et Thierry me retient.. En bas du pont virage à 90, foule super compacte, hurlements, applaudissements, j’ai les larmes qui me montent aux yeux, c’est idiot mais super émouvant sans que je sache très bien pourquoi.

1st Avenue

Bam, la première avenue de Manhattan. 16ème mile, il en reste 10, dans la tête c’est moins que 16 kilos mais  c’est le faux plat de la mort : 4 miles en ligne droite. A partir de maintenant je peux me mettre en comte à rebours ! Je commence à entrer dans des territoires d’efforts assez raréfiés, mais toujours tranquillement à 150 pulsations, pas de crampes, les tendons d’Achille raides mais si ça avait du empirer ça serait déjà arrivé, je pousse un peu et fais quand même le 27ème kilo en 5 :08. C’est à ce moment que Thierry, peu disert depuis un moment, me souffle qu’il souffre le martyre avec son tendon depuis un bout de temps et qu’il va lever le pied, et qu’on se retrouvera à l’arrivée. Merde. Pour en avoir eu je sais que cette douleur est assez intolérable et qu’elle empire à chaque foulée. J’’hésite une fraction de secondes à rester avec lui, mais il ne me laissera pas, on n’est pas dans le Ténéré et j’ai salement envie de faire moins de 3 :45 ! Je continue donc en me disant que je peux me lâcher un peu au niveau vitesse, mais j’ai beau vouloir accélérer mes jambes font de la résistance et j’ai du mal à rester sur les 5 :20. Un autre pont approche,  le Willis Avenue bridge, qui nous emmène dans le Bronx – mot magique qui me rappelle les vieux Rock and Folk avec tous les musiciens de mon adolescence qui en viennent.  En descendant du pont, dans le virage qui renvoie vers la 5ème avenue, un groupe de pom pom girls avec YMCA à fond la caisse. Les coureurs essayent tant bien que mal de faire la chorégraphie qui a fait le tour du monde, dans le contexte c’est plutôt marrant. Ils ne savent pas que la chanson, comme le groupe, a été composée par deux français !

Mur

Là ca se corse. Je suis au-delà des 20 miles, soit 32 kilos, donc en train de foncer vers le fameux mur. Ah le mur ! Toutes les histoires et théories: panne sèche de glycogène, accumulation fatidique d’acide lactique, difficulté à passer sur la « réserve » de gras, problèmes de neurotransmetteurs … j’ai cru à chacune de ces théories à un moment ou à un autre et elles doivent toutes être un peu vraies. J’essaye de faire un peu de calcul mental : « sachant que la réserve initiale de glycogène mobilisable est d’environ 300 grammes dans les cuisses et autant dans le foie, et que je prends un gel toutes les 45 minutes contenant 37 grammes de sucres, au bout de combien de temps je suis complètement à sec ? ». Je n’arrive pas vraiment à faire les calculs, mais je sens que mes jambes sont de plus en plus raides et que je ralentis, 5 :40 au 34ème ; 5 :30 au 35ème. Dilemme : ma FC reste raisonnable, aux alentours de 160, je peux monter au moins à 175 vu ce qui me reste à parcourir mais je vais avoir les boules si j’ai un gros bobo qui m’oblige à m’arrêter. J’opte pour la prudence en me disant que 3 :50 est jouable, je m’arrête carrément au ravitaillement du 38ème (bam ! 45 secondes de perdues), et je repars – plus que 4 bornes !

Central Park

Ca y est : la 5ème avenue rejoint Central Park. Ca sent l’écurie ! de plus en plus de monde, je ne sais plus vraiment ce qui se passe, juste qu’au bout on rentre dans Central Park et qu’après c’est presque fini !On arrive dans le 24ème mile, ca tourne et ça monte et ça descend. J’essaye de doubler autant que je peux, il y a maintenant plein de coureurs arrêtés ou marchant sur le bord, je compte les minutes en me disant que c’est moins qu’un 3.000 en fractionné, sauf que d’habitude je n’ai pas 40 bornes dans les pattes ! Une femme brandit un écriteau « Pain is temporary, pride is forever » c’est bien vu, je vais m’en souvenir !

Arrivée

Nous sortons du parc pour entrer dans la 59ème rue, une foule super compacte, et maintenant il y a les panneaux : plus que 800 yards … Merde, c’est combien de mètres un yard ??? Plus que 400, l’arrivée est visible allez je pousse un peu, je vais faire les derniers 200 mètres en 4 :50 au kilo, ma vitesse la plus rapide de toute la course. Je termine en 3 :48 :39 sur mon cardio et le classement sera de 3 :49 :51. Même pas mal !

Survival

Hop la couverture de survie « finisher » le sac aussi avec une bouteille de Gatorade aux protéines (tiens donc) que j’enfile sans respirer. J’ai assez peu bu pendant la course, surtout pour diluer les gels, et mon estomac est modérément content. Je veux m’arrêter pour m’étirer un peu mais on me conseille de continuer à marcher, à juste titre Il y a des gens arrêtés partout, des qui sortent des tentes médicales avec des sacs de glace scotchés aux mollet, aux genoux, quelques flaques de vomi … l’atterrissage est dur, et il faut marche un sacré bout de temps pour retrouver les sacs, je ne sais pas exactement combien de temps mais sans doute au moins un kilomètre et il commence à faire froid, à l’ombre. Je cherche Thierry dans la foule, mais on est tous comme des pingouins avec notre couverture en aluminium … mais on finira par se retrouver devant le camion UPS avec les sacs.

Epilogue

Super course, bonheur de ne pas se sentir blessé, d’avoir contenu les problèmes éventuels et tenu mon objectif. Faire un marathon sans être explosé à la fin, même si ça prouve qu’on aurait pu faire mieux, c’est super agréable et je réalise que c’est la première fois que ça m’arrive. Question évidente, combien de minutes aurais-je pu gratter si j’avais allumé un peu plus, mais ça, je le saurai la prochaine fois !!!

En passant | Cet article a été publié dans Compétition. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s