J’aime, j’aime pas …

La nourriture est un sujet important pour les humains. Chacun a ses goûts, qui déterminent principalement ce que nous allons accepter de manger ou pas.  Dans l’alimentation moderne occidentale, les glucides en général et les aliments sucrés en particulier ont une place importante. D’un point de vue évolutionnaire (évolutionniste ?) c’est assez normal : les glucides étaient une source d’énergie très rare il y a 50.000 ans : essayez donc de choper du miel dans une ruche ! Sinon nos ancêtres mangeaient des légumes et de la viande et le gras qui va avec (certaines théories disent d’ailleurs que le développement massif de notre cerveau par rapport aux autres primates est associé à la forte consommation de protéines dans notre régime).

Mais aujourd’hui les aliments sucrés sont partout dans les rayons des magasins. Alors on se jette dessus, sans réaliser que notre organisme n’est pas construit pour ingurgiter des tonnes de sucre (littéralement : aux US l’individu moyen mange 80 kilos de sucres simples par an) et fabriquer les litres d’insuline nécessaires pour métaboliser tout ça. Mais c’est pas grave parce que c’est ce qu’on trouve bon, et c’est ça qui compte.

Notre goût, formé pendant quelques centaines de milliers d’années pour nous éloigner des aliments toxiques (charognes, poisons divers) nous piège aujourd’hui en nous attirant vers des aliments qui nous sont néfastes. Quand on y réfléchit un peu, les aliments sont avant tout le carburant dont notre corps a besoin pour fonctionner, et c’est une logique inconsciente que nous avons totalement oubliée. Le plaisir est un « bénéfice secondaire », censé nous attirer vers ce dont nous avons besoin. Mais comme aujourd’hui les rayons des magasins regorgent d’aliments « turbochargés » (bourrés de sucres et d’adjuvants divers qui font exploser nos circuits de récompense), nous mangeons trop et surtout très mal.

La couche de culture que nous avons ajoutée sur un processus à l’origine  instinctif et efficace nous piège. En plus nous sommes aussi conditionnés par un discours ambiant (« le gras fait grossir » …) globalement faux et largement manipulé par les intérêts financiers des grandes entreprises alimentaires et agricole. Par exemple l’idée que le lait permet d’avoir des os plus solide parce qu’il contient du calcium est une connerie. Mais comme ça fait 50 ans qu’on l’entend, difficile de le remettre en question.  Reprendre conscience que le « bon » est avant tout ce qui est bon pour notre organisme est une nécessité vitale et quand on l’oublie … il suffit de se balader aux US 1/2 heure pour voir le résultat.

Pour autant ce n’est pas facile. D’abord nous tenons à notre libre arbitre (je fais ce que je veux), ensuite nous sommes manipulés par notre propre biologie (plus on mange de sucre, plus on en veut) et puis les contraintes sociales sont là. Difficile de refuser un plat de pâtes lors d’un diner entre amis, et si on commence à expliquer que ce n’est pas bon pour la santé, ça tue l’ambiance !

Et j’ai beau avoir lu récemment que les abats sont d’excellentes sources de minéraux et autres molécules, je ne suis pas encore prêt à me taper une cervelle d’agneau au petit déjeuner accompagnée d’un bouillon fait avec une réduction d’os.

C’est un peu la même logique que le sexe. Nous avons évolué pour aimer avoir des rapports sexuels, ce qui est logique parce que nous n’en avions pas, notre espèce aurait disparu, et c’est un truc tellement étrange quand on y pense (le coït est une des nombreuses méthodes de reproduction sexuée, et la seule qui implique une proximité physique) qu’il a du falloir avoir une sacrée activation des circuits de récompense de notre cerveau pour passer à l’acte. Pour autant, on ne pense pas qu’on est potentiellement en train de se reproduire quand on fait l’amour – au contraire. Le désir nous emporte et court-circuite notre rationalité. Et nous avons besoin de nous faire plaisir pour être heureux.

Bref ça vaut la peine de prendre un peu de recul par rapport à ce que nous aimons. Et de tester des aliments que nous n’avons pas forcément envie de manger, et de voir si nous sommes vraiment malheureux si nous supprimons des aliments auxquels nous sommes habitués.

Je n’aurais jamais cru que je pourrai me passer de pâtes, étant donné que ça a été un de mes aliments de base pendant 30 ans (on n’est pas marathonien pour rien). et finalement, je n’en mange plus et ça ne me manque pas du tout. Comme quoi …

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