Course, course, quand tu nous tiens … hommage à Zatopek

Dans le corps blanc et maigrelet d’Emil s’écrit un style qui défie les grammaires. C’est comme si il allait tomber et qu’il se reprenait avec les bras. la cloche sonne pour indiquer le dernier tour. C’est alors qu’il accélère d’une manière simple et sans concession par l’art de devenir une toupie et de dégager une énergie cinétique hors norme. La tête est prise dans le mouvement des bras, elle est surtout emportée par l’énergie du haut du corps. Les jambes s’accélèrent. Alors les bras de viennent gigantesques, ils sont désormais seuls au monde (…) tant ils règlent la cadence de toute la course. Les bras s’en vont, irrésistibles, dans le dernier virage. Ce sont eux qui tirent tout le corps de Zatopek. 

Extrait de Guillaume le Blanc « Courir – méditations physiques »

Je cours, je pense, je suis ...

Je cours, je pense, je suis …

Mon père m’offre un bouquin sur la course à pied écrit par un philosophe. C’est bien pour moi, ça. Je le feuillette rapidement et je tombe sur ce portrait tellement bien écrit de Zatopek…

Courir comme Zatopek ?

Courir comme Zatopek ?

Lui aussi il est torse nu !

Lui aussi il est torse nu !

Du coup, je me rappelle que Thierry m’a prété il y a quelques temps « Courir », un roman sur la vie de Zatopek, dont on parle d’ailleurs dans Zatopek, le magazine (je ne sais pas si vous suivez …) et que je dévore dans le week-end, parsemé de la recherche d’images d’archives sur Zatopek à Helsinki. C’est fou ce qu’on trouve sur YouTube. Cette image de l’homme grimaçant, dans la douleur, mais qui en même temps avait cette aisance incroyable, donnant l’impression que c’était juste une histoire de volonté.  Le livre ne parle pas tellement de course, en réalité, mais rend le bonhomme très attachant et donne envie d’en savoir plus (et ne fait pas regretter de ne pas avoir grandi dans un pays communiste). Qu’est ce-ce qu’ils en ont chié !

La locomotive ...

La locomotive …

Au delà de ses qualités physiques indéniables et involontaires, Zatopek avait une régime d’entrainement absolument hallucinant … Inventeur du fractionné, il lui arrivait de faire 80 fois 400 sur une séance d’entrainement … à l’époque c’était vraiment un sport de furieux.

Un style, heu, très personnel !

Un style, heu, très personnel !

Ces photos en noir et blanc ont un espèce de charme désuet incroyable, quand on compare à l’équipement actuel … surtout les chaussures … quand ils en ont :-)

Abebe Bilika en 1960, pieds nus ...

Abebe Bilika en 1960, pieds nus …

Bon tout cela ne m’a pas empêché de courir ce week-end, au contraire ! Une séance x run qui commence sous la bruine et se termine sous un grand soleil. Jean me propose de faire quelques tours de piste et je me retrouve assez naturellement à vouloir les faire vite, enfin disons le moins lentement possible, mais sans le chrono histoire de ne pas me mettre la pression. Je suis en train d’intégrer le changement de posture, j’ai même droit à quelques compliments (pas trop, il ne faudrait pas que cela devienne une habitude …).

Et toujours sur le métier remettre l’ouvrage : quoi de plus con que de faire des montées de genoux ? Hé bien, il y a l’art et la manière de les faire. Je ne me propulse pas assez vers le haut. Et c’est vrai en plus. The devil is in the details … 

C’est comme le tir à l’arc, comme les gammes sur la guitare. D’ailleurs, ça s’appelle aussi des gammes. Faire ses gammes … le travail répétitif qui permet de mettre les circuits neuronaux en ordre de marche et ensuite de pouvoir faire autre chose justement.

Ce dimanche après midi j’ai passé un peu de temps à bosser « can’t you hear me knocking», morceau de « sticky fingers » que j’adore et, prenant de temps de déchiffrer un bout de ce solo tellement lyrique de Mick Taylor, découvre une manière qu’il a de faire sonner la quarte montée d’un ton, la septième et l’octave tous ensemble, bon sang, mais c’est bien sur, j’écoute ce morceau depuis 40 ans et je n’avais jamais vraiment essayé de comprendre alors que ce solo est un de mes préférés.

Du travail, du travail, comme Emile qui courait en apnée jusqu’à tomber dans les pommes.

En attendant Samedi je boucle mes 400 en 1:30, 1:32, ce qui me réjouit compte tenu du fait que j’ai peu couru depuis 8 semaines et que j’ai quelques kilos en trop. Jean trouve que ma position est bonne, j’arrive à bien sentir le rôle du pied, voire à sentir mon pied qui bouge dans la chaussure quand j’arrive à me détendre un peu.

Evidemment la foulée dynamique et enroulée sollicite beaucoup les mollets et je me réveille Dimanche matin avec deux bouts de bois sous les genoux. Mais pas de douleurs dans les hanches.

Ayant papoté Samedi avec JPRR de sa vie de blogueur survolté (et oui, les marques s’arrachent les blogueurs populaires, qui sont plus crédibles que les publicités et moins chers que les journalistes), j’avais envie de poursuivre la conversation et il m’a proposé de me retrouver au Bois de Boulogne. Je suis plutôt solitaire lors de mes sorties longues dans Paris mais un peu de changement ne fait pas de mal et je décide donc de prendre la voiture pour me rendre à l’Hippodrome de Longchamp.

Evidemment comme d’habitude j’arrive en retard et il n’y a personne au point de rendez-vous. Mais le mérite des boucles, c’est que le début et la fin sont au même point et je pars faire un tour en me disant que je vais bien les retrouver.

Cette boucle est impressionnante parce qu’il y a quelques centaines de cyclistes qui tournent, par grosses grappes … Comme il y a des coureurs de tous niveaux il y a toujours des personnes à doubler, ce qui est toujours sympa.

Mon idée initiale était de faire une sortie en endurance pépère histoire de consommer un peu l’acide lactique dont mes mollets regorgent mais ça ne va pas se passer tout à fait comme ça.

D’abord Momo (vainqueur du Semi de Boulogne l’an dernier dans sa tranche d’age), que je vois de loin tous les Samedis en train de voler sur la piste du stade Suzanne Lenglen me passe en me demandant pourquoi j’ai pas de T shirt X run (bonne question), mais évidemment ça me fait monter dans les tours même si je n’essaye pas de le suivre.

Peu de temps après je me fais rattraper par Yves Cadio (sub 3 au marathon) qui se fait une tranche de « moyen » (le M de LMVL). Je lui emboite la foulée et je vais du coup faire 20 minutes à 14 à l’heure. Puls à environ 160, c’est pas mal, on arrive à discuter. Comme après il doit faire un V, là je sais que je vais exploser donc je bats prudemment en retraite et retrouve JP qui était pas loin derrière.

Lui c’est un V qu’il fait, mais comme nous avons une VMA comparable, me voilà reparti pour une boucle à 14 à l’heure. Au bout d’un moment nous ralentissons un peu après avoir discuté de la vie, du travail, et de toutes les choses qu’on peut se raconter entre coureurs. Lui va repartir pour faire quelques tours de plus, et moi je m’en rentre chez moi après avoir au final fait une sortie assez brutale puisque j’aurai fait 16 bornes à 4:55 au kilo, arrêt pipi inclus. Pas mal pour une reprise …

Toujours trop vite ...

Toujours trop vite …

Evidemment les mollets seront encore très durs Lundi et Mardi.

Je m’oblige à faire une vraie sortie lente aujourd’hui entre midi et 2, seul parce qu’avec d’autres ce n’est pas possible, sauf si ils avancent naturellement moins vite. Mais si mon comparse est meilleur que moi, c’est pas possible, on finit toujours par se tirer la bourre. Je vais tenir entre 125 et 140, avec un mollet un peu raide, j’espère que mon week-end survolté ne me prépare pas une contracture, surtout que je vais refaire un test VMA ce Samedi, ce qui me fait toujours terriblement flipper.

Demain je referai une sortie super lente … et on verra bien ce qui se passe. Je me demande si Zatopek avait aussi mal aux mollets ?

A part ça Garmin est en train de revamper le site Garmin Connect … va t’on bientôt avoir de nouvelles fonctionnalités ? Depuis le temps que je voudrais pouvoir éditer les fichiers de points pour virer les artefacts … en tous cas je viens de voir de graphes avec calcul de cadence et de taille moyenne de foulée, ça sent la 620 ça …

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4 réponses à Course, course, quand tu nous tiens … hommage à Zatopek

  1. serge dit :

    "…Mon idée initiale était de faire une sortie en endurance pépère histoire de consommer un peu l’acide lactique dont mes mollets regorgent mais ça ne va pas se passer tout à fait comme ça…"

    http://e-s-c.fr/sujets/CP%20-%20Acide%20lactique.pdf

  2. paleophil dit :

    OK … je savais qu’il y avait quelques idées fausses sur le sujet, le document a l’air très synthétique, merci. Reste la question : pourquoi j’ai des jambes de bois le lendemain ? Mais je vais déjà lire l’article, il y a peut être la réponse dedans …

  3. Serge dit :

    Sans rentrer dans les détails:
    - Destruction de cellules musculaires (des fibres musculaires striées)
    - Ions hydrogène (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fartlek)

    L’alcool provoque aussi une vasodilatation cutanée qui détourne le sang nécessaire au muscles. Il ralenti aussi le recyclage des lactates et donc augmente la sensation de "jambes de bois".

    Je cours donc rarement…

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